Mathieu II de Montmorency

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Mathieu II de Montmorency
Gravure représentant Mathieu II de Montmorency, 1788.
Gravure représentant Mathieu II de Montmorency, 1788.

Titre Baron de Montmorency
Grade militaire Connétable de France (1218)
Biographie
Naissance vers 1174
Décès 24 novembre 1230
Bretagne

Blason Mathieu II de Montmorency.svg
Sceau de Mathieu II de Montmorency (1224)

Mathieu II de Montmorency[1],[2] dit le Grand Connétable († 24 novembre 1230), fils de Bouchard V de Montmorency, seigneur de Montmorency et de Laurence de Hainaut, fille du comte Baudouin IV de Hainaut.

Petit-fils de Mathieu Ier de Montmorency, il était seigneur de Montmorency, d'Écouen, de Conflans-Sainte-Honorine, d'Acquigny[3] et d'Attichy. Il fut nommé connétable de France en 1218.

Biographie[modifier | modifier le code]

avant 1214, d'or à la croix de gueules cantonnée de quatre alérions d'azur
après 1214, d'or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur

Conquête de la Normandie[modifier | modifier le code]

Matthieu II est l'un des plus grands notables guerriers de son temps. Armé chevalier par Baudouin V, Comte de Hainaut, il participe à la conquête de la Normandie. Philippe Auguste avait cité devant la cour des pairs de France Jean sans Terre, devenu roi d'Angleterre, pour le meurtre d'Arthur, légitime héritier du trône de Bretagne. Après le refus de comparaitre du roi Jean, le roi de France marcha sur la Normandie, dont il avait fait prononcer la confiscation, ainsi que toutes les autres possessions du roi d'Angleterre qui étaient situées en France. Mathieu suivit Philippe Auguste, et signala sa valeur principalement au siège et à la prise de la forteresse de Château-Gaillard près des Andelys, le 6 mars 1204. Après avoir été séparée près de trois cents ans, et après la capitulation de Rouen le 24 juin 1204, toute la Normandie était conquise et réunie à la couronne de France.

Bataille de Bouvines[modifier | modifier le code]

Mathieu de Montmorency prit part à toutes les guerres jusqu'au 27 juillet 1214, date de la célèbre bataille de Bouvines dont la victoire lui revenait en grande partie. Il commande l'aile droite de l'Ost français en compagnie du Duc de Bourgogne et du Comte de Beaumont. Au cours de cette bataille, il enleva de sa main, selon la chronique de Flandres, douze étendards à l'armée impériale[4].

Croisade des Albigeois[modifier | modifier le code]

La croisade contre les Albigeois et le comte Raymond VI de Toulouse, commencée en 1209, durait toujours lorsqu'en 1215 Mathieu se joignit aux croisés et trouva plus d'une occasion de signaler son courage. Pendant cette campagne, il réhaussa en maintes occasion l'éclat de son titre de connétable et en fit la première dignité du royaume.

Sous le règne de Louis VIII, Mathieu jouit de la plus grande autorité. Il seconda le roi dans le projet qu'il avait de chasser de France les Anglais.
Alors que Louis VIII combattait les Albigeois, c'est lui qui était à la tête, en 1224, de l'armée royale durant la campagne de Saintonge contre les Anglais. Il s'empara de Niort, de Saint-Jean-d'Angély, du Limousin, du Périgord, de l'Aunis et de la Rochelle.
Il porta ensuite assistance au roi de France dans sa lutte contre les Cathares. Mathieu marcha contre eux et les combattit jusqu'à raccommodement qui eut lieu en 1226. Louis VIII n'existait déjà plus : à l'approche d'une mort prématurée, ce monarque, plein de confiance dans les talents et la fidélité de Montmorency, lui avait instamment recommandé son fils encore en bas âge.

Mathieu jura de soutenir l'enfant de son roi et de verser pour lui s'il le fallait, jusqu'à la dernière goutte de son sang. II eut bientôt l'occasion d'accomplir son serment quand les grands vassaux de la couronne crurent pouvoir profiter de la minorité du roi et de là régence d'une femme. Mais l'intrépide Blanche de Castille, aidée des conseils du légat du pape et surtout de l'épée de Montmorency, les réduisit à l'obéissance et conserva dans toute son intégrité le pouvoir de son fils.

Mort[modifier | modifier le code]

En 1227, Matthieu écrase les Comtes de La Marche et de Champagne, attaque le Comte de Bretagne et s'empare de Bellême en 1229, dans le Perche, puis pénètre en Anjou. Il trépasse au retour et est enseveli en l'abbaye du Val le 24 novembre 1230.

Grand connétable[modifier | modifier le code]

Matthieu II mérita le surnom de Grand Connétable par son courage, par son habileté dans les affaires et plus encore par ses vertus. Un trait de ce personnage, peut-être plus intéressant que ses victoires, c'est que, moyennant une légère redevance, il affranchit tous ses vassaux des corvées, des tailles, et des impositions que les barons étaient alors en possession d'exiger : bienfait immense, car plus de six cents fiefs dépendaient de la seule baronie de Montmorency.

Le connétable de Montmorency ne prenait que le titre de baron[5], et, par ses alliances et celles de ses ancêtres, il se trouvait grand-oncle, oncle, beau-frère, neveu, petit-fils de deux empereurs, de six rois, et allié de tous les souverains de l'Europe.

Cette parenté est l'exemple le plus frappant de l'illustration de la maison de Montmorency, qui ne le cède qu'aux maisons souveraines, et qui a donné à la France six connétables, onze maréchaux, quatre amiraux, des grands maîtres, des grands chambellans, etc.

Famille de Laval[modifier | modifier le code]

Il épouse en 1218 Emma de Laval. Le roi de France voulait pourvoir d'une manière plus assurée à la succession de la baronnie de Laval. Matthieu qui était veuf, avait de Gertrude de Nesle, sa première femme, des enfants qui devaient hériter de son nom. Il consentit donc à ce que le premier-né d'Emma prît le nom de Laval. Lui-même s'obligea à adopter celui de Guy de Laval dans tous les actes publics. Il signa en effet ainsi une donation qu'il fit plus tard à l'abbaye d'Evron, en présence d'Emma et d'Havoise de Craon, sa belle-mère.

Mariages et enfants[modifier | modifier le code]

Marié en premières noces (1193) avec Gertrude de Soissons († 1220), fille du comte Raoul II de Soissons, divorcée du comte Jean de Beaumont († 1222). Ils eurent :

  1. Gertrude († 1256)[réf. nécessaire].
  2. Bouchard VI de Montmorency († 1243).
  3. Mathieu († 1250), seigneur d'Attichy et comte de Ponthieu par son mariage avec Marie de Ponthieu.
  4. (Jean)

Marié en secondes noces (1218) avec Emma de Laval (1200-1264), dame de Laval. Ils eurent :

  1. Guy VII de Laval (1219 – 1265), baron de Vitré, seigneur de Laval (1264-1265), seigneur d'Acquigny, de Hérouville, d'Aubigné et d'Olivet.
  2. Avoise († 1270) qui épousera Jacques de Château-Gontier en 1239.

Le connétable était grand-oncle, oncle, beau-frère, neveu, petit-fils de deux empereurs, de six rois, et allié de tous les souverains de l'Europe ; il prenait comme ses ancêtres la qualité de sire de Montmorency, par la grâce de Dieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Mathieu de Montmorency (dit le Grand Connétable) sur le site Medieval Lands
  2. Généalogie de Mathieu II dans l'Histoire de la maison de Montmorenci de Joseph Louis Ripault Desormeaux, p. 29,30,31
  3. Première moitié.
  4. Ce haut fait d'armes explique les armes des Montmorency, qui portent « d'or, à la croix de gueules, cantonnée de seize alérions d'azur » Ces douze étendards étaient ornés de l'aigle de l'empire. Le roi permit à Mathieu d'ajouter à ses armoiries douze aigles ou alérions, pour conserver le souvenir de cette belle action. Les quatre aigles qui ornaient déjà les armes de la maison de Montmorency passèrent à seize au lendemain de la victoire de Bouvines.
  5. Plus tard ses descendants prirent les titres de premier chrétien, premier baron de France. Celui de premier chrétien de France ne peut venir que de la tradition dont il a été parlé au commencement de l'article  ; l'autre a plus de fondement. Ce fut Jacques de Montmorency qui le prit en 1390, et seulement après avoir prouvé au parlement qu'il était le plus ancien baron du royaume. Ce titre est donné aux Montmorency dans plusieurs ordonnances de nos rois

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

« Mathieu II de Montmorency », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]

Thierry RIBALDONE : Châteaux et guerriers de la France au Moyen Age, Tome 3 Grandes Figures de la Chevalerie et Chevaliers Brigands, les barons de Montmorency (vers 950 - 1531), Ed. Publitotal Strasbourg 1981, p.228