Château de Dourdan

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Château de Dourdan
Image illustrative de l'article Château de Dourdan
Vue extérieure du château, le châtelet en second plan
Période ou style Médiéval
Type château fort
Début construction 1220
Fin construction 1222
Propriétaire initial Philippe-Auguste
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel Commune de Dourdan
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1964)[1]
Coordonnées 48° 31′ 47″ N 2° 00′ 40″ E / 48.529738, 2.011153 ()48° 31′ 47″ Nord 2° 00′ 40″ Est / 48.529738, 2.011153 ()  [2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Hurepoix
Région Île-de-France
Département Essonne
Commune Dourdan

Géolocalisation sur la carte : Essonne

(Voir situation sur carte : Essonne)
Château de Dourdan

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Dourdan

Le château de Dourdan est un ancien château fort du début du XIIIe siècle dont les vestiges se dressent dans l'ancienne province de Hurepoix sur la commune de Dourdan dans le département de l'Essonne et la région Île-de-France, à quarante-six kilomètres au sud-ouest de Paris.

Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du 9 décembre 1964[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Dourdan est situé dans le département français de l'Essonne sur la commune de Dourdan, au centre-ville dans la région naturelle du Hurepoix qui se caractérisait au Moyen Âge par une forêt dense, encore conservée aujourd'hui. Il est situé au creux de la vallée de l'Orge à moins de deux cents mètres au nord du lit de la rivière approximativement à une altitude de cent mètres sur un terrain argileux. Il fait aujourd'hui face à la place Charles de Gaulle occupée par la halle et bordée par l'église Saint-Germain. Autrefois, il était au centre la ville, entourée par les fortifications.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Xe siècle, Dourdan faisait partie des fiefs de Hugues le Grand qui y fit construire un castelet en bois, situé à centaine de mètres au nord-ouest de l'actuel château[3], où il s'éteint en 956. Cette construction perdura suffisamment longtemps pour que Louis VII (1120-1180) en fasse, dit-on, une de ses résidences de chasse.

Entre 1220 et 1222, un nouveau château fut construit à la demande de Philippe-Auguste à l'emplacement du château capétien. Château le plus abouti de Philippe-Auguste, il reprend les caractéristiques des châteaux philippiens de l'époque, comparable aux châteaux de Gisors ou d'Angers et dans une moindre mesure au Louvre. Caractéristique de l'architecture militaire de cette époque, il était bâti sur un plan carré, protégé par des tours d'angles et un donjon isolé. Le château était entouré d'un fossé qui isolait également le donjon.

En 1240, Louis IX l'offrit à sa mère Blanche de Castille puis en 1260 à sa femme Marguerite de Provence. Ce fut ensuite un rendez-vous de chasse pour Philippe le Hardi et Philippe le Bel qui le donna en 1307 à son frère le comte d'Évreux.

En 1314, à la suite du scandale de la Tour de Nesle, Jeanne II de Bourgogne, un temps compromise fut enfermée dans le donjon du château. Le château devint la propriété de Jean Ier de Berry en 1385 qui fit ajouter les fortifications de la ville. Cela n'empêcha pas, pendant la Guerre de Cent Ans, le pillage de la ville par les Anglais en 1428 et l'emprisonnement en 1430 d'Étienne de Vignolles dit La Hire, compagnon de Jeanne d'Arc dans le donjon avant son évasion en 1431.

En 1477, Louis XI réintégra le château au domaine royal, ce qui fut suivi par une série de sièges durant les affrontements entre Armagnacs et Bourguignons. En 1512, pour rembourser la dette du roi, le domaine revint à Louis Malet de Graville jusqu'à sa mort où il fut rendu à Louis XII. Il faisait partie en 1522 de la succession en faveur de François Ier qui le donna en 1526 à sa favorite Anne de Pisseleu, comtesse d'Étampes. Récupéré en 1547 par Henri II, il fut vendu à François de Guise.

En 1567, au cours des guerres de religion, les protestants saccagèrent la ville, le capitaine des forces se réfugia dans le donjon qui fut pris le 17 mai 1591. Il fut alors donné par Henri IV à son surintendant des finances Nicolas Harlay de Sancy qui fit construire les bâtiments accolés aux courtines sud, puis au duc de Sully qui fit combler le fossé entourant le donjon et ajouter les écuries.

En 1611, Louis XIII racheta le château pour le donner à sa mère Marie de Médicis qui fit construire en 1624 un corps de garde pour loger les mousquetaires. En 1652, Louis XIV l'offrit à sa mère Anne d'Autriche, puis en 1672, il revint à Philippe d'Orléans qui le transforma en 1690 en prison royale. Le château accueillit jusqu’à 300 prisonniers comme l'indiquent les registres d’écrou de la période révolutionnaire.

En 1792, le château devint propriété du département français de Seine-et-Oise qui maintint la prison jusqu'en 1819 où elle fut déclassée en prison municipale accompagnée d'un dépôt de militaires jusqu'en 1852, date du rachat par Amédée Guénée, qui le transmet à son cousin Ludovic Guyot, lui-même le laissant à son fils Joseph Guyot. En 1961, sa fille la comtesse Gaillard de la Valdène le vendit en viager à la commune de Dourdan.

Suivit alors une période de restauration, le 9 décembre 1964 le château fut classé aux monuments historiques[4], en 1972, la tour nord-est fut restaurée, entre 1975 et 1977, les fossés entourant le donjon furent dégagés, entre 1980 et 1982, la toiture et une partie de la façade côté cour furent refaites, suivies entre 1983 et 1984 du donjon, d'une tour d'angle et des courtines et de 1986 à 1987 de la réfection de toutes les façades côté cour, et des meurtrières du châtelet[5].

Architecture[modifier | modifier le code]

Plan du château

Le château est bâti sur un plan carré de soixante-dix mètres de côté, augmenté de fossés larges de douze mètres et profonds de sept, équipés d'une contre-escarpe maçonnée et enjambés par trois ponts. Il était protégé par six tours, deux au nord-est dont une reliée à l'extérieur par un pont, trois au sud-ouest, une au nord-ouest, auxquels s'ajoute un châtelet fortifié ouvrant au sud-est par un pont-levis et le donjon à l'angle nord. Toutes ces tours étaient rehaussées de toits en poivrière. Les courtines avaient une épaisseur de trois mètres soixante-quinze et une hauteur de dix mètres.

Le donjon, pièce maîtresse du château, mesurait environ trente mètres de hauteur à partir du fossé et vingt-deux depuis la cour jusqu'au sommet du toit pour un diamètre de treize mètres soixante et une épaisseur des murs fixée à trois mètres soixante-quinze. Les soubassements sont en grès taillé, l'assise en calcaire de Beauce. Aujourd'hui, la hauteur du donjon n'est plus qu'à vingt-cinq mètres des fossés et dix-huit de la cour. Il était à la conception séparé du reste du château par un fossé propre, enjambé par deux pont-levis, l'un vers l'intérieur du château, l'autre vers l'extérieur qui débouchait au premier étage par des portes ogivales. Ce premier étage est entièrement occupé par la salle commune d'un diamètre de six mètres, sous une voûte à croisée d'ogives à six pans haute de huit mètres quarante-cinq. Cette salle était équipée d'une cheminée à pilastre avec un four, un moulin à bras, un puits enchâssé dans le mur profond de dix mètres cinquante. Elle était artificiellement séparée par un plancher permettant d'en doubler la surface pour la garnison. Un escalier rampant intégré à la muraille large d'un mètre vingt-cinq, comptant quarante et une marches conduisait à la salle supérieure, une chambre, elle aussi munie d'une cheminée, haute de six mètres cinquante-cinq sous une voûte à croisée d'ogives. un escalier en vis conduisait à la salle supérieure, salle de guet de six mètres de diamètre. Au-delà se trouvaient les combles surmontés d'un clocher.

La cour était équipée d'une chapelle dédiée à Jean le Baptiste, suivie d'un hôtel particulier d'habitation en « U », complété à l'est par une terrasse couverte[6].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Guyot, Chronique d'une ancienne ville royale, Dourdan, capitale du Hurepoix, Éd. Auguste Aubry, 1869.
  • Jean Mesqui, Île-de-France Gothique 2 : Les demeures seigneuriales, Paris, Picard,‎ 1988, 404 p. (ISBN 2-7084-0374-5), p. 180-186.
  • Denis Humbert, « Le château de Dourdan », Congrès archéologique de France, Paris, Société archéologique de France / A. Picard, vol. 103 « 103e session tenue en Île-de-France en 1944 »,‎ 1945, p. 236-245 (ISSN 00698881)
  • Joël Jacquet et Philippe Cusset (illustr.), L'Essonne des châteaux, Montgeron, Éd. Patrimoine insolite,‎ 1996, 40 p. (ISBN 9782914723008)
  • Gil Sargos, Brève histoire du château de Dourdan au Moyen Âge, Éd. Les amis du château de Dourdan et son musée, 1999.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]