Fusarium

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Le nom Fusarium est donné à un genre de champignons imparfaits (deutéromycètes).

Les formes parfaites (téléomorphes) de quelques espèces de Fusarium sont connues, et appartiennent à la classe des Ascomycètes (ordre des Hypocréales, famille des Nectriacées, genres Gibberella, Calonectria, et Nectria). Pour plusieurs espèces de Fusarium, le stade parfait demeure inconnu.

Dans ce genre, plusieurs espèces causent une maladie des plantes, dite « fusariose ». Certaines espèces sont impliquées dans des infections opportunistes chez l'homme. Plusieurs espèces peuvent produire des mycotoxines.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le genre Fusarium tire son nom du latin fusus car ses spores sont en forme de fuseau.

Description[modifier | modifier le code]

Le principal caractère morphologique des Fusarium est la présence de macroconidies fusiformes et cloisonnées.

Impacts agro-économiques[modifier | modifier le code]

Le genre Fusarium regroupe plusieurs espèces phytopathogènes susceptibles d’attaquer un grand nombre de plantes, provoquant des maladies appelées fusarioses.

Ces champignons infectent de nombreuses céréales, graminées et autres plantes, et ils survivent dans les graines, dans les résidus de culture et dans le sol. À l'automne, favorisés par les sols humides, ils envahissent le collet, les racines ou les gaines foliaires. À ce stade, ils peuvent provoquer la pourriture des semences et la brûlure des semis. Au printemps, ils sont favorisés par les sols secs et la forte concentration d'engrais. Les lésions continuent de s'étendre, donnant lieu à la pourriture du collet, de la tige et des racines.

Les semences pourrissent ou les plantules meurent avant leur levée. Chez les plantules qui lèvent, la croissance est stoppée et le collet, les racines ou la base de la tige présentent une pourriture allant du brun au brun rouge.

Le champignon se conserve dans le sol grâce à ses chlamydospores et au mycélium capable de survivre sur les débris. La dissémination se fait au niveau du sol par les eaux de ruissellement, le vent ou les éclaboussures ou les importations dans l'exploitation de terreaux ou de plants contaminés.


Certaines espèces saprophytes sont accessoirement capables de se développer en tant que pathogènes secondaires sur des tissus végétaux sénescents.


Exemples[modifier | modifier le code]

Fusarium avenaceum au milieu d'une pomme quelques heures après avoir été ouverte
  • En Languedoc-Roussillon, un fusarium s'est attaqué à l'asperge et a rendu la terre des parcelles touchées impropres à sa culture plusieurs années.
  • À Madagascar, la fusariose détruit chaque année, des centaines d'hectares de plantation de vanille, mais ces derniers mois l'épidémie a pris une ampleur inquiétante. Elle s'est étendue rapidement d'Antalaha à Andapa en passant par Sambava. Les conséquences de cette épidémie sont encore incertaines. Certains professionnels de la filiale vanille prédisent une chute de la production de vanille.

Toxicologie, écotoxicologie[modifier | modifier le code]

Des champignons du genre Fusarium sont connus pour leur aptitude à synthétiser certaines mycotoxines sur la plante, certaines toxines n'étant synthétisées que par certaines espèces. Les quantités et les types de mycotoxines varient selon les souches de fusarium présents sur les plants. Aujourd'hui, les principales mycotoxines surveillées dans les produits alimentaires sont la déoxynivalénol (DON) et la zéaralénone (ZEA) produites par F. graminearum. On les retrouve à la récolte, dans l’immense majorité des cas en d’infimes quantités (quelques ppm voire ppb), mais des pics de contamination sont parfois observés.

Effets sur l'animal ou l'être humain[modifier | modifier le code]

Depuis une vingtaine d’années, on sait que certaines espèces de Fusarium sont susceptibles de réaliser de graves infections opportunistes surtout chez les personnes immuno-déprimées. Les spores de fusarium aéroportées et inhalés, ou ingérées avec la nourriture, peuvent être une source importante de problèmes de santé,

Les symptômes peuvent inclure la nausée, le vomissement, la diarrhée, la dermatite et hémorragie interne. Les spores peuvent se développer sur les yeux (première cause de kératomycose), dans les sinus, sur la peau et les ongles et sont susceptibles de provoquer de la fièvre des foins et l'asthme. Ils causent fréquemment des lésions de la peau chez les patients brûlés, des mycoses des ongles, de l'otomycose, des ulcères variqueux, le mycétome, des ostéomyélites ou des infections disséminées.

Les infections dues aux Fusarium spp. sont collectivement regroupées sous le terme de « fusarioses ».

Quelques espèces (Fusarium du groupe roseum) peuvent produire de puissantes toxines (mycotoxines), qu'on trouve parfois en concentrations significatives sur des grains ou des produits dérivés. Ingérées par des animaux ou par l'homme, elles peuvent provoquer de graves intoxications alimentaires, éventuellement mortelles, avec risque cancérigène. Ces toxines peuvent affecter les systèmes circulatoire, digestif, cutané et nerveux.

Quelques espèces de Fusarium[modifier | modifier le code]

Espèces de Fusarium pathogènes primaires[modifier | modifier le code]

Fusarium non pathogènes primaires[modifier | modifier le code]

Autre[modifier | modifier le code]

Monographella nivalis var. nivalis ne fait pas partie des Fusarium, mais ce champignon provoque une maladie évoquant la fusariose sur les épis de blé, raison pour laquelle il est souvent confondu avec les Fusarium.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Identifier les champignons transmis par les semences, R.Champion, INRA éditions, 1997.
  • Common Laboratory Seed Health Testing Methods for Detecting Fungi, S.B. Mathur et Olga Kongsdal, publication ISTA, 2003.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]