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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec épeautre.

L’engrain ou petit épeautre (Triticum monococcum) est une plante de la famille des poacées (graminées), première céréale domestiquée par l'homme, vers -7500, au Proche-Orient, avec le blé amidonnier[1].

L'engrain a une faible teneur en gluten (environ 7 %) et est panifiable mais lève peu.

Le croisement « spontané » en situation de culture de l'engrain et d’Aegylops tauschii a donné la famille des blés panifiables à forte teneur en gluten (voir taxonomie du blé) : il s'agit en l'occurrence d'une grande partie des blés cultivés actuels (à confirmer).

Origine[modifier | modifier le code]

Cette espèce est originaire d'Asie Mineure (Anatolie, Mésopotamie). Elle était déjà cultivée environ 7 500 ans avant Jésus-Christ. Sa culture était répandue en Europe, mais elle a fortement régressé depuis le début du XXe siècle. On la trouve aujourd'hui en Haute Provence où elle a été redécouverte par le grand public dans les années 1990, et où elle est le plus souvent cultivée en agriculture biologique. Elle y côtoie les champs de lavande avec laquelle elle est en rotation comme avec diverses légumineuses (pois chiches, lentilles).

Son développement actuel apporte une diversification aux exploitations lavandicoles mises en difficulté par le dépérissement.

Description[modifier | modifier le code]

Aspect général

L'engrain cultivé est une plante de taille moyenne pouvant atteindre 150 cm. Les épillets contiennent généralement un seul grain (d'où le nom français d'engrain pour "un grain", idem en allemand : Einkorn).

Culture[modifier | modifier le code]

C'est un blé vêtu à faible rendement, adapté aux sols pauvres et arides. Son cycle de végétation est très long et se déroule presque sur une année complète. La nécessité de le décortiquer réduit encore le rendement net puisque le taux de balle dans le grain est proche de 40 %.

Seule céréale qui n'ait subi aucune modification génétique depuis son origine, c'est désormais une culture relique. En Haute Provence, la culture du petit épeautre a été relancée dans les années 1990 par un groupe de producteurs qui ont créé en 1997 le Syndicat du Petit Épeautre de Haute Provence, pour faire face aux pratiques déloyales de certains distributeurs d’épeautres qui, soit font passer le grand épeautre pour du petit épeautre, soit importent de provenances diverses des petits épeautres qui n'ont pas la même qualité.

Cette démarche s'est traduite par la mise en place d'une IGP « Petit Épeautre de Haute Provence » qui définit une zone géographique de 235 communes sur les départements de la Drôme, des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes et du Vaucluse à plus de 400 mètres d'altitude et édicte des règles garantes de la plus haute qualité, notamment une rotation des cultures autorisant l'implantation du petit épeautre une fois au maximum tous les trois ans.

La culture précédant le petit épeautre de Haute Provence ne doit pas être une céréale à paille.

Utilisation pour l'alimentation humaine et animale[modifier | modifier le code]

Petit épeautre des Alpes provençales

Le grain de petit épeautre est tendre. Il se cuisine comme du riz et accompagne avantageusement salades, légumes, ou viandes. Il se distingue par une teneur en gluten de 7 %[2], réduite par rapport au froment ; il n'est toutefois pas conseillé en cas de maladie cœliaque ni d'intolérance au gluten[réf. nécessaire], bien que la forme de gluten qu'il contient semble beaucoup moins problématique que celle des blés modernes[3]. La farine de petit épeautre entre dans la composition de pains, gâteaux ou pâtes.

En Allemagne et en Suisse, on s'en sert pour fabriquer un type de bière, l'emmerbier, dont la recette s'apparente à celles des anciens Égyptiens ou Mésopotamiens.

Il est encore cultivé en Espagne pour l'alimentation du bétail (fourrage).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mazoyer et Roudart (2002), p. 105
  2. Valeur nutritionnelle du petit épeautre - syndicat du petit épeautre de Haute-Provence
  3. (en) D. Pizzuti, A. Buda, A. d'Odorico, R. d'Incà, S. Chiarelli, A. Curioni et D. Martines, « Lack of intestinal mucosal toxicity of Triticum monococcum in celiac disease patients », Scandinavian Journal of Gastroenterology, vol. 41, no 11,‎ 2006, p. 1305–1311 (PMID 17060124, DOI 10.1080/00365520600699983)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]