Tyrosine

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Tyrosine
L-Tyrosin - L-Tyrosine.svg
L ou S(–)-tyrosine

D-Tyrosine.svg
D ou R(+)-tyrosine
Identification
Nom IUPAC acide (S)-2-amino-3-(4-hydroxyphényl)propanoïque
Synonymes

Y, Tyr

No CAS 556-03-6 (racémique)
60-18-4 (L) ou S(–)
556-02-5 (D) ou R
No EINECS 200-460-4
DrugBank DB00135
PubChem 6057
ChEBI 18186
FEMA 3736
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C9H11NO3  [Isomères]
Masse molaire[2] 181,1885 ± 0,0091 g/mol
C 59,66 %, H 6,12 %, N 7,73 %, O 26,49 %,
pKa 2,2 pour l'acide ; 9,11 pour la base et 10,07 pour le groupement phénol [1]
Propriétés physiques
fusion 343 °C (décomposition) [1]
Solubilité 479 mg·l-1 (eau,25 °C) [1]
Thermochimie
S0solide 214,01 J·mol-1·K-1 [3]
ΔfH0solide -685,6 kJ·mol-1 [3]
Cp 216,44 J·mol-1·K-1 (solide,25 °C)[3]
Propriétés biochimiques
Codons UAU, UAC
pH isoélectrique 5,655
Acide aminé essentiel dans certains cas
Occurrence dans les protéines humaines 3,2 %
Précautions
SIMDUT[4]

Produit non contrôlé
Écotoxicologie
LogP -2.26 [1]
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La tyrosine (en abrégé, Tyr ou Y) est l'un des 20 acides aminés participant à la synthèse des protéines. Elle est codée par les codons UAC et UAU dans l'ARN messager. C'est un acide aminé aromatique, polaire du fait de la présence du groupement hydroxyl phénolique qui est faiblement acide.

La tyrosine participe à la synthèse des catécholamines : l'adrénaline, la noradrénaline, la dopamine et la DOPA. Elle est aussi précurseur de la mélanine (pigment qui colore la peau, les poils, l'iris) et des hormones thyroïdiennes (formation de thyronine à partir de deux tyrosines).

Synthèse des catécholamines

Elle est synthétisée par le corps humain, à partir de la phénylalanine, sauf dans un cas, plus ou moins marqué, de phénylcétonurie (maladie résultant d'une accumulation de phénylalanine, dans le sang, dû à l'affaiblissement d'une enzyme hydroxylase: la phénylalanine hydroxylase). Elle est donc indispensable, en présence de phénylalanine[réf. nécessaire] et se trouve être un marqueur signifiant de la présence de phénylalanine dans l'environnement.

Le noyau aromatique de la tyrosine (ou parahydroxy phénylalanine) comprend un groupement hydroxyl qui rend sa chaine latérale moins hydrophobe que celle de la phénylalanine (mais la tyrosine est un acide aminé nettement moins soluble dans l'eau que la phénylalanine). Cette fonction hydroxyle lui permet d'être phosphorylée par des enzymes appelés kinases. La phosphorylation d'un acide aminé a très souvent un rôle de régulation de l'activité de l'enzyme elle-même. La thréonine et la sérine sont deux autres acides aminés pouvant subir la même phosphorylation.

La tyrosine peut également être modifiée en (3-)nitrotyrosine. Cette réaction de nitration peut affecter la tyrosine en tant qu'acide aminé libre ou que résidu d'acide aminé intégré dans une chaîne polypeptidique. In vivo, cette réaction est majoritairement due à l'action de l'acide péroxynitreux (ou péroxynitrite, ONOOH), mais d'autres voies réactionnelles peuvent également aboutir à la formation de nitrotyrosine. In vitro, le tétranitrométhane (TNM) a aussi été utilisé dans ce but. La nitration de tyrosines est généralement vue comme un phénomène pathologique (e.g. l'augmentation de la concentration plasmatique de nitrotyrosine est considérée comme un biomarqueur de phénomènes inflammatoires), bien que la possibilité que cette réaction soit également un phénomène physiologique ait récemment été suggérée.

Applications thérapeutiques[modifier | modifier le code]

Henri Laborit fut un des premiers chercheurs à l'employer et à obtenir les brevets mondiaux d'application thérapeutique, dans le traitement des états de choc, des dépressions, de l'hypertension artérielle et de la maladie de Parkinson. Il dut abandonner car il ne trouva personne à l'époque pour les exploiter.

Trouble du déficit de l'attention[modifier | modifier le code]

L'administration de tyrosine par voie orale, en conjonction avec le 5-HTP (précurseur immédiat de la sérotonine) et un certain nombre de cofacteurs et d'adjuvants[5], a causé une amélioration significative chez 67 % des 85 participants dans un essai clinique sur le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité. À la suite d'un ajustement de la dose basé sur l'excrétion de métabolites urinaires chez ceux qui ne répondaient pas au traitement, le taux de succès s'élevait à 77 %. Il a été fréquemment observé que l'administration de tyrosine n'était pas suffisante, et que la DOPA, sous forme d'extrait standardisé à 40 % de la plante mucuna pruniens (pois mascate) était nécessaire pour atteindre les hausses de catécholamines souhaitées (telles qu'évaluées par la mesure de métabolites urinaires)[6]. Les auteurs de l'étude font remarquer que le degré d'innocuité de ce protocole se compare avantageusement aux méthodes pharmacologiques couramment employées (par exemple, la ritaline)[7].

Aliments sources de tyrosine[modifier | modifier le code]

Comme tous les acides aminés, la tyrosine est présente là où il y a des protéines.

On trouve notamment de la tyrosine dans les aliments suivants :

Cependant, la quantité de tyrosine ingérée ne dépendra pas seulement de ses concentrations dans un aliment donné, mais aussi de la quantité totale consommée. Par exemple, il est plus rare que l'on consomme autant de protéines en mangeant des graines de sésame ou de citrouille que l'on en consomme en mangeant des fèves.

On peut observer de petites étoiles blanches visibles sur la tranche de section de certains fromages[8]. Ce sont des cristaux de tyrosine, qui attestent de la protéolyse qui a eu lieu lors de la maturation du fromage. Cette tyrosine peu soluble dans l'eau se rassemble en fines cristallisations.

Action dans le corps humain[modifier | modifier le code]

La tyrosine intervient dans la synthèse de la mélanine, le pigment naturel de la peau et des cheveux.

Elle a une action sur la dépression ou l’anxiété et intervient dans la formation du neurotransmetteur épinéphrine dans la médullosurrénale[9]. Elle est aussi considérée comme un antioxydant.

Un athlète ou un bodybuilder qui s'entraîne intensivement peut tirer profit d'un complément de L Tyrosine qui, en affectant directement les niveaux de dopamine, peut aider à combattre la fatigue et le stress associés à des séances d'entraînement lourdes et intensives. Certaines études semblent aussi indiquer que la L Tyrosine pourrait être utile dans la perte de poids.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « Tyrosine » sur ChemIDplus, consulté le 8 juillet 2009
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. a, b et c (en) « Tyrosine » sur NIST/WebBook, consulté le 8 juillet 2009
  4. « Tyrosine (l-) » dans la base de données de produits chimiques Reptox de la CSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
  5. Il s'agissait de cofacteurs nécessaires à la synthèse de catécholamines et de sérotonine ainsi que de molécules utiles pour augmenter l'efficacité du traitement : vitamine C : 1 000 mg ; calcium (citrate) : 220 mg ; vitamine B6 : 75 mg ; acide folique : 400 μg ; lysine : 500 mg ; cystéine : 4 500 mg chez les adultes, 2 250 mg chez les enfants ; sélénium : 400 μg chez les adultes et 200 μg chez les enfants. Voir tyrosine hydroxylase et tryptophane hydroxylase.
  6. La DOPA et le le 5HTP sont les précurseurs immédiats de la dopamine et de la sérotonine, respectivement, et les enzymes les synthétisant (tyrosine hydroxylase et tryptophane hydroxylase sont limitantes)
  7. (en) Hinz M, Stein A, Neff R, Weinberg R, Uncini T, « Treatment of attention deficit hyperactivity disorder with monoamine amino acid precursors and organic cation transporter assay interpretation », Neuropsychiatr Dis Treat, vol. 7,‎ 2011, p. 31–8 (liens PubMed?, PubMed Central? et DOI? ; lire en ligne)
  8. http://www.produits-laitiers.com/2012/10/15/question-pas-bete-cest-quoi-ces-cristaux-de-sel-dans-mon-fromage/
  9. (en) McLean A, Rubinsztein JS, Robbins TW, Sahakian BJ., « The effects of tyrosine depletion in normal healthy volunteers: implications for unipolar depression. », Psychopharmacology, vol. 171, no 3,‎ 2004, p. 286-97. (lien PubMed?, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]