Amarante (plante)

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Les amarantes ou amaranthes (Amaranthus) sont des plantes annuelles de la famille des Amaranthacées appartenant au genre Amaranthus, dont certaines espèces sont cultivées comme plantes potagères, pour leurs feuilles comestibles à la manière des épinards ou pour leurs graines, et parfois comme plantes ornementales pour leur floraison en épis spectaculaires.

Certaines espèces sont des mauvaises herbes communes dans les champs cultivés. L'amarante s'est fait connaître du grand public lors de l'apparition, en Géorgie (États-Unis), d'une population résistante à l'herbicide Roundup. La plante s'y est adaptée et s'est multipliée dans les champs traités avec l'herbicide Roundup par une plus grande capacité de résistance. Lors de la découverte de cette population, l'hypothèse (contestée par certains articles scientifiques coécrits avec les semenciers) d'un transfert horizontal de gènes depuis les maïs OGM résistant à l’herbicide s'est répandue dans la presse et les blogues[1],[2],[3]. En fait, la résistance serait due une amplification génique, la multiplication du gène de l'enzyme cible du glyphosate, l'EPSPS (5-énolpyruvylshikimate-3-phosphate synthase).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Amaranthus vient du nom de cette plante en grec ancien, ἀμάραντος, « amarante ou immortelle », nom formé du préfixe privatif a-, « sans », sur le verbe qui signifie « flétrir, se faner »[4] : en effet, l'amarante a la réputation de ne pas se faner, et pour cette raison, représente un symbole de l’immortalité[réf. souhaitée]. Certaines espèces sont d'ailleurs utilisées dans les bouquets secs.

Historique[modifier | modifier le code]

Depuis très longtemps, diverses espèces d’amarantes sont cultivées pour l’alimentation en Asie, en Amérique et en Afrique. Ainsi, Amaranthus caudatus, A. cruentus et A. hypochondriacus jouèrent un rôle alimentaire important dans les civilisations précolombiennes, aussi bien en Mésoamérique (chez les Mayas et les Aztèques, notamment) qu'en Amérique du Sud (chez les Incas par exemple).

En Mésoamérique[modifier | modifier le code]

Depuis plusieurs millénaires[5], les graines ont été consommées grillées (comme le pop-corn) ou sous forme de farine tandis que les feuilles étaient cuisinées comme légumes verts.

Ainsi que l'explique D. Guillet (2002, p. 373) : « La culture de l'Amaranthe fut à son apogée durant l'Empire Aztèque. Pour le peuple Aztèque, l'Amaranthe possédait une valeur nutritionnelle, thérapeutique et rituelle. »

Après la conquête espagnole du Mexique, sa culture fut interdite car elle servait dans divers offices religieux aztèques[6]. Du fait de cette interdiction et de la violente répression qui sévit durant plusieurs siècles à l'encontre des jardiniers qui continuaient à cultiver cette plante, l'Amaranthe a, depuis le XXe siècle, presque totalement disparu de l'alimentation mexicaine, alors même qu'elle entrait dans la constitution de très nombreux plats aztèques (tamales, tortillas, sauces et boissons). L'utilisation traditionnelle de graines d'amarante dans la confection de têtes de mort en sucre pour le jour des morts perdure toutefois.

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Amarante, graines
Valeur nutritionnelle moyenne
pour 100 g
Apport énergétique
Joules 1540 kJ
(Calories) (365 kcal)
Principaux composants
Glucides 56,8 g
- Amidon 55,1 g
- Sucres 1,47 g
- Fibres alimentaires  ? g
Protides 15,8 g
Lipides 8,81 g
- Saturés 2138 mg
- Oméga-3 81 mg
- Oméga-6 4031 mg
- Oméga-9 2143 mg
Eau 11,1 g
Cendres totales 3,25 g
Minéraux & Oligo-éléments
Calcium 214 mg
Cuivre 1,6 mg
Fer 9,0 mg
Magnésium 308 mg
Manganèse 3,0 mg
Nickel 0,160 mg
Phosphore 582 mg
Potassium 484 mg
Sodium 26 mg
Zinc 3,7 mg
Vitamines
Vitamine B1 0,800 mg
Vitamine B2 0,190 mg
Vitamine B3 (ou PP) 1,2 mg
Acides aminés
Acide aspartique 1233 mg
Acide glutamique 2363 mg
Alanine 574 mg
Arginine 1314 mg
Cystine 310 mg
Glycine 1110 mg
Histidine 396 mg
Isoleucine 557 mg
Leucine 866 mg
Lysine 847 mg
Méthionine 314 mg
Phénylalanine 6410 mg
Proline 604 mg
Sérine 890 mg
Thréonine 561 mg
Tryptophane 196 mg
Tyrosine 533 mg
Valine 633 mg
Acides gras
Acide myristique 8 mg
Acide palmitique 1679 mg
Acide margarique 70 mg
Acide stéarique 250 mg
Acide arachidique 90 mg
Acide béhénique 41 mg
Acide oléique 2143 mg
Acide linoléique 4031 mg
Acide alpha-linolénique 81 mg

Source : Souci, Fachmann, Kraut : La composition des aliments. Tableaux des valeurs nutritives, 7ème édition, 2008, MedPharm Scientific Publishers / Taylor & Francis, ISBN 978-3-8047-5038-8

Le genre Amaranthus comprend une soixantaine d'espèces, originaires principalement des régions tropicales et tempérées d'Amérique et d'Asie, dont :

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Le poème en vers no LXXIX intitulé Bruxelles d'Arthur Rimbaud, daté de juillet 1872 commence par « Plates-bandes d'amarantes »[7].

Dans son album de 2007, Dark Passion Play, le groupe de metal Nightwish consacre une chanson entière (Amaranth) à cette espèce, « Caresse l'unique, celle qui ne fane jamais, (...) caresse l'unique, l'amarante cachée, dans la terre de l'aube. »

Début 2011, le groupe de metal Amaranthe sort son premier album éponyme en référence à cette plante.

Le béret des parachutistes Français est appelé « béret amarante », tant pour sa couleur rappelant la plante, que pour la symbolique d'immortalité s'y rattachant.

On parle aussi de la fleur d'Amarante dans le jeu de rôle Vampire : la Mascarade de l'univers Le monde des ténèbres créé par White Wolf Publishing. La fleur est connue pour annoncer la diablerie, d'ailleurs la diablerie porte également le nom de « l'Amarante ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain, l'Amarante était le nom donné au 8e jour du mois de vendémiaire[8].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le cas des Amarantes résistantes est dû à une plus grande résistance sur PNAS en anglais.
  2. France24 - Les "super mauvaises herbes" menacent la patrie de Monsanto
  3. Gaëlle Dupont : « La mauvaise graine de Monsanto », dans Le Monde, 19 octobre 2010, p. 20.
  4. Dioscoride, 3, 9 ; 4, 55 et 57.
  5. Comme l'indique D. Guillet (2002, p. 373), « la culture d'amaranthe remonte à un lointain passé (...) puisque des graines d'amaranthes cultivées ont été découvertes dans les grottes de Tehuacan Puebla au Mexique et datées à 5500 ans. »
  6. D. Guillet (2002, p. 373) précise à ce sujet : « Sur le plan rituel, l'Amaranthe était la plante sacrée par excellence. Durant certaines fêtes religieuses, des figurines élaborées à partir de la pâte d'Amaranthe étaient offertes aux dieux du panthéon aztèque et étaient parfois consommées lors de certains rituels religieux rappelant le rite catholique de l'Eucharistie. (...) La valeur sacrée de l'Amaranthe suffit sans doute à expliquer que sa culture fut l'objet de répressions directes ou indirectes, de la part de la chrétienté désireuse d'extirper la vieille religion hérétique »
  7. Arthur Rimbaud, Œuvres complètes, Gallimard, Éd. La Pléiade, 1963, p. 136.
  8. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 19.

Références[modifier | modifier le code]

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