Émirat de Sicile

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Émirat de Sicile
Emirato di Sicilia

إمارة صقلية arabe

9481091

Drapeau
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L'Italie en l'an 1000.

Informations générales
Statut Monarchie (Émirat)
Capitale Balharm (Palerme)
Langue Arabe sicilien
Religion Islam (Chiisme)
Histoire et événements
948 Création de l'Émirat de Sicile.
1044 Fin du règne des Kalbites - Début de la période des caïdats.
1091 Prise de Noto par Roger de Hauteville. Fin de l'Émirat de Sicile.
Émirs
(1er) 948-953 Hasan Ier ibn `Alî al-Kalbî
(Der) 1040-1044 Hasan II as-Samsâm ibn Yûsuf

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'Émirat de Sicile était un État musulman établi sur l'île italienne de Sicile entre 948 et 1091. Les émirs de Sicile étaient vassaux des califes fatimides.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Sicile musulmane pré-émiratique[modifier | modifier le code]

Les premières incursions musulmanes en Sicile[modifier | modifier le code]

En 535, le général byzantin Bélisaire, après avoir détruit le royaume vandale établi en Afrique du nord, débarqua en Sicile, prit Palerme puis conquit le reste de l'île, alors dépendance du royaume ostrogoth d'Italie. La Sicile devint à cette date une province de l'Empire byzantin. Cependant, la puissance de celui-ci allant déclinant, la Sicile fut envahie par les forces du calife Othmân ibn Affân en l'an 652. Cette première incursion fut de courte durée et les musulmans quittèrent l'île peu de temps après.

À la fin du VIIe siècle, lors de la conquête du Maghreb, les Arabes prirent le port de Carthage, ce qui leur permit de construire des chantiers navals ainsi qu'une base permanente à partir de laquelle ils pouvaient désormais plus aisément attaquer la Sicile.

Autour de l'an 700, l'île de Pantelleria fut prise par les Arabes, et seules des discordes internes les empêchèrent d'envahir la Sicile. Des accords commerciaux furent contractés avec les Byzantins, ces derniers espérant ainsi que leurs ennemis renonceraient à conquérir l'île. Ils furent donc autorisés à échanger librement des biens dans les ports de Sicile. Malgré ces accords, les flottes musulmanes procédèrent à des attaques répétées en 703, 728, 729, 730, 731, 733 et 734 (ces deux dernières incursions se heurtèrent à une importante résistance des Byzantins).

La première véritable expédition de conquête musulmane se déroula en 740. En effet, cette année-là, le prince Habib, qui avait participé à l'attaque de 728, parvint à s'emparer de Syracuse. Prêts à conquérir toute l'île, les Arabes furent contraints de rentrer en Afrique du nord en raison d'une révolte berbère. En 752, une nouvelle attaque contre Syracuse eut lieu, non pas pour conquérir la cité, mais pour la mettre à sac.

La révolte d'Euphemius et la conquête de la Sicile par les Aghlabides de Kairouan[modifier | modifier le code]

En 826 Euphemius, amiral de la flotte byzantine en Sicile, contraignit une nonne à l'épouser. L'empereur Michel II eut connaissance de ce scandale et ordonna à son général sur l'île, Constantin, de mettre fin à ce mariage et de châtier Euphemius en lui faisant trancher le nez. Mais celui-ci se dressa contre Constantin, le tua et occupa Syracuse. Défait à son tour par les troupes impériales peu après, il fuit en Afrique du nord. Il offrit la Sicile à Ziadet-Allâh Ier, émir aghlabide de Kairouan qui régnait sur tout l'Ifriqiya, en échange de la vie sauve et d'un poste de général. L'émir accepta de s'emparer de l'île et de la donner à Euphemius contre un tribut annuel.

Ziadet-Allâh Ier confia la mission de conquérir la Sicile à un cadi âgé de 68 ans, Asad ibn al-Furât ibn Sinân. L'armée musulmane était composée d'Arabes, de Berbères, d'Andalous, de Crétois et de Perses. Elle était constituée par 10 000 fantassins, 700 cavaliers, 100 navires, ainsi que par la flotte et les cavaliers d'Euphemius. Une première bataille contre les troupes loyales byzantines eut lieu le 15 juillet 827 à Capo Granitola, sur le territoire de Mazara del Vallo, qui se solda par une victoire d'Asad ibn al-Furât ibn Sinân.

Par la suite, ce dernier conquit tout le sud de la Sicile et arriva devant Syracuse. La cité fut assiégée pendant une année. Malgré une mutinerie au sein de ses troupes, Asad réussit à défaire une grande armée byzantine venue de Palerme, soutenue par une flotte vénitienne dirigée par le doge Giustiniano Participazio. La peste se déclara alors dans les rangs musulmans et emporta Asad ibn al-Furât ibn Sinân lui-même. Ces derniers levèrent alors le siège de Syracuse et se replièrent vers le château de Mineo. Par la suite, ils reprirent les hostilités, mais échouèrent dans leur tentative de prendre Castrogiovanni (aujourd'hui Enna), offensive au cours de laquelle Euphemius mourut. Ils retournèrent alors à Mazara.

En 830, ils reçurent en renforts des troupes berbères et andalouses, soit au total 30 000 hommes. Les musulmans ibériques vainquirent les Byzantins commandés par Teodotus en juillet ou août de cette année. Mais ils furent frappés par la peste, comme l'armée de Asad ibn al-Furât deux ans plus tôt. Ils se replièrent vers Mazara del Vallo, puis retournèrent en Afrique. Les Berbères eurent plus de fortune. Envoyés pour attaquer Palerme, ils réussirent à prendre la cité après un long siège, en septembre 831. Elle prit le nom de al-Madinah Balharm et devint la capitale de la Sicile musulmane.

La conquête du reste de l'île fut très difficile. Les Arabes rencontrèrent de fortes résistances et il fallut encore 70 ans pour s'en emparer en totalité. Messine tomba en 843. Syracuse, résidence des stratèges du thème de Sicile, résista à un long siège et fut prise en 878. La dernière place forte byzantine conquise, Taormina, tomba le 1er août 902. La puissance byzantine ne garda en Sicile qu'une ultime place forte, Rometta, qui ne fut prise que bien plus tard, par les Kalbites en 965, après un siège commencé en 963.

La Sicile province de l'émirat aghlabide de Kairouan[modifier | modifier le code]

Le Palais des Normands, l'ancienne forteresse résidence des gouverneurs puis des émirs de Sicile, restructurée et agrandie sous Roger II.

Les territoires musulmans de Sicile constituèrent une province de l'émirat des Aghlabides. Ceux-ci régnaient déjà, depuis leur capitale Kairouan, sur de vastes territoires en Afrique du nord, l'Ifriqiya. Sunnites, ils reconnaissaient l'autorité du calife abbasside de Bagdad, dont ils étaient les vassaux.

La Sicile était administrée par un gouverneur, ou wâli, qui résidait à Balharm (Palerme) depuis la conquête de cette ville en 831. Les gouverneurs, dont la forteresse sera sous le comte normand Roger II de Sicile restructurée et agrandie pour former le Palais des Normands, dirigeaient l'administration, l'armée et la justice. Ils nommaient les gouverneurs des principales villes, les juges (cadi, qādi) les plus importants et les arbitres (hakam) compétents pour résoudre les petits litiges privés.

Après l'invasion musulmane, les populations vivant en Sicile étaient constituées principalement de natifs siciliens, d'Arabes, de Berbères, de Perses, et de rares Turcs provenant d'Asie centrale.

Les musulmans ne cherchèrent pas à islamiser directement la Sicile, même si indirectement ils utilisèrent toutes les opportunités pour le faire. La partie occidentale de l'île se convertit à environ 50 %, tandis que la partie orientale resta en grande partie chrétienne. Il existait également à cette époque un nombre significatifs de Juifs en Sicile. Les chrétiens se virent appliquer le statut juridique de la dhimma, qui les autorisait à pratiquer leur culte de manière privée et dans les églises déjà existantes. Selon Michele Amari, "il était interdit aux dhimmi (chrétiens soumis à la dhimma) de porter les armes; de monter à cheval, de mettre des selles sur leurs ânes et mulets; de construire leurs maisons plus grandes ou mêmes aussi grandes que celles des musulmans; de porter des prénoms musulmans ou d'utiliser des cachets avec le lettrage arabe. Par ailleurs, il leur était interdit de boire du vin en public, d'accompagner leurs morts au cimetière avec la pompe funèbre et les lamentations. Il était interdit aux femmes d'entrer dans les bains publics fréquentés par les femmes musulmanes, ou de rester si des femmes musulmanes arrivaient. Et afin qu'ils n'oublient à aucun moment leur statut inférieur, les dhimmi devaient inscrire sur leur porte une marque distinctive, porter également un signe distinctif sur leurs vêtements, utiliser des turbans avec une couleur distincte et surtout porter une ceinture en cuir ou en laine. Dans la rue, ils devaient laisser le passage aux musulmans. S'ils étaient assis en groupe, ils devaient se lever à l'arrivée ou au départ d'un musulman. Il était interdit de montrer des croix en public, de lire l'Évangile si fort que les musulmans pourraient l'entendre, de parler avec eux du Messie; ou de faire sonner les cloches vigoureusement ou de frapper dans les mains bruyamment"[1]. Les dhimmi devaient également payer le djizîa (un impôt par tête) et le kharâj (un impôt foncier).

La Sicile province du califat fatimide de Mahdia[modifier | modifier le code]

En 909, ‘Ubayd Allâh al-Mahdî, imam chiite des ismaéliens venu de Syrie et prétendant descendre de Mahomet par sa fille Fâtima az-Zahrâ’ et son gendre `Alî ibn Abî Tâlib, renversa les Aghlabides de Kairouan, et fonda la dynastie des Fatimides. Chiite, il contestait la légitimité du calife abbasside de Bagdad, sunnite, rejetait son autorité et se proclama lui-même calife à Mahdia en 909, où il établit officiellement sa capitale en 921.

La Sicile devint alors une province de ce califat, un wali pro-Fatimides étant nommé à Palerme, `Alî ibn Ahmad ibn Abî al-Fawâris (qui avait déjà été gouverneur de la Sicile quelques années auparavant sous les Aghlabides).

L'émirat de Sicile[modifier | modifier le code]

L'émirat kalbite de Sicile[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kalbites.
Les trois valli siciliens.

En 947, le calife fatimide Ismâ‘îl al-Mansûr Billâh avait nommé Hasan ibn `Alî al-Kalbî gouverneur de Sicile. En 948, il lui fut concédé le titre d'émir (amīr). Celui-ci établit alors sur la Sicile sa propre dynastie, les Kalbites (originaires du Yémen), vassale des Fatimides.

La Sicile était partagée à cette époque en trois valli, c'est-à-dire des divisions administratives à la tête desquelles se trouvait un gouverneur nommé par l'émir (le mot valli est dérivé de l'arabe wâli, et non du latin vallis (vallée)). Le vallo de Mazara comprenait toute la partie occidentale de l'île, avec les provinces de Trapani, Agrigente et Palerme (ville de résidence de l'émir). Les limites orientales avec les deux autres valli était constituées par les fleuves Imera Septentrional (ou Supérieur), et Imera Méridional (ou Inférieur, ou encore le fleuve Salso), le long d'une ligne imaginaire formée par les villes de Termini, Polizzi Generosa et Alicata. Le vallo de Mazara faisait environ 11 000 km2 et était le plus grand des trois. Le vallo de Noto comprenait la partie sud-est de l'île, avec les cités de Noto et Syracuse. Le vallo Demone recouvrait la partie nord-est de l'île, autour de la province de Messine. Cette organisation de la Sicile en trois valli subsista bien après les Arabes, jusqu'en 1818.

Au commencement du gouvernement des Kalbites, la Sicile, surtout dans sa partie occidentale, connut une grande prospérité. Les Arabes avaient réalisé des réformes agraires, démantelé les grandes propriétés terriennes (les latifundia) et encouragé la création de petites fermes. Ils avaient également amélioré les systèmes d'irrigation et construit de nouveaux aqueducs. Ils avaient introduit sur l'île l'orange, le citron, la pistache et la canne à sucre. L'île était devenue autosuffisante d'un point de vue alimentaire et exportait même des denrées vers l'Afrique du nord. La Sicile était également une grande région productrice de textiles. Elle était un carrefour et entretenait des relations commerciales avec l'Orient, l'Afrique et les républiques maritimes de la péninsule italienne (Amalfi, Naples, Gaète, Venise).

Palerme, la capitale de l'émirat, comptait sous les Kalbites 350 000 habitants, ce qui en faisait une des villes les plus importantes d'Europe, la deuxième derrière Cordoue, la capitale du califat ibérique, qui en comptait 450 000. En 970, le marchand, voyageur et géographe originaire de Bagdad Ibn Hawqal visita Palerme qu'il décrivit comme la cité des 300 mosquées. La cour kalbite accueillit de nombreux savants, juristes, poètes et linguistes.

Les conquêtes de Georges Maniakès en Sicile entre 1038 et 1042.

L'apogée de l'émirat kalbite fut atteint en 982, date à laquelle l'armée musulmane de Sicile vainquit l'armée impériale envoyée par l'empereur Othon II à la bataille de Stilo, près de Crotone en Calabre. Bien que l'émir Abû-l-Qasim `Alî ibn Hasan trouvât la mort dans cette bataille, un grand nombre d'impériaux furent tués, comme Landolphe IV, prince de Bénévent, Henri Ier d'Augsbourg, le margrave Gunther de Merseburg, l'abbé de Fulda et plusieurs princes d'empire. Othon II dut fuir à la nage et trouva refuge sur un navire grec.

Cependant, après cette bataille, le déclin des Kalbites commença. En effet, si l'éloignement des califes fatimides, qui avaient transporté leur capitale de Madhia au Caire en 973, ville fondée après la conquête de l'Égypte en 969, favorisa une plus grande indépendance, elle rendit également la dynastie sicilienne, qui tirait précisément la légitimité de son pouvoir des Fatimides, plus isolée. Des soulèvements de partisans des Byzantins ou des Zirides d'Afrique du nord ne tardèrent pas à éclater.

L'autorité de l'émir Dja `far II ibn Yûsuf fut contestée en 1015 par son frère Ali, qui réunit une armée de Berbères et d'esclaves Noirs et tenta de le renverser. Cette tentative échoua et Ali fut pris et exécuté. En 1019, Palerme se révolta contre les Kalbites. L'ancien émir Yûsuf, qui avait abandonné en 998 le pouvoir après une attaque qui l'avait rendu incapable pour le donner à son fils Dja `far, démit celui-ci pour confier le gouvernement à son autre fils Ahmad, jugé plus capable de mater le soulèvement. Une quinzaine d'années plus tard, en 1035, une révolte menée par un ziride, `Abd Allâh Abû Hafs, éclata contre ce dernier. Ahmad fut vaincu et tué en 1037.

Le siège de Messine par les Arabes en 1040.

L'année suivante en 1038, une armée byzantine, composée de Grecs et de 300 mercenaires normands, commandée par le général Georges Maniakès, qui entendait profiter de ces troubles, tenta de reprendre la Sicile aux Musulmans. Elle prit un certain nombre de villes sur la côte orientale et Syracuse tomba en 1040. Cette même année 1040, Katakalôn Kékauménos défendit avec succès la ville de Messine, assiégée par les Arabes. Cependant, les Byzantins durent se retirer en 1042.

Cet épisode précipita la chute des Kalbites. Le dernier représentant de la dynastie, Hasan II as-Samsâm ibn Yûsuf, qui avait repris le pouvoir en 1040, dut malgré la reconquête de la côte orientale de l'île en 1042, quitter la Sicile en 1044, contesté de toutes parts par les princes locaux, les caïds (qā'id), qui régnaient en maîtres sur leurs territoires. Il mourut en exil en 1053.

L'émirat sans émir : la période des caïdats[modifier | modifier le code]

Après le départ en 1044 du dernier émir de la dynastie des Kalbites, la Sicile était divisée en quatre caïdats. Aucun des caïds n'usurpa le titre d'émir, mais de fait chacun d'entre eux exerça sur son territoire une souveraineté absolue. Les quatre caïdats étaient les suivants :

En 1065 le fils de l'émir ziride de l'Ifriqiya, Ayyûb ibn Tamîm, était devenu le maître d'à peu près toute la Sicile. Il avait hérité en 1062 de Syracuse d'ath-Thumna (tué cette année-là dans une bataille contre les Normands), ainsi que Palerme et Catane, que ce dernier avait lui-même reçu d'Ibn al-Maklatî en 1061. Il ajouta à ses possessions les caïdats de Trapani et de Girgenti en 1065.

En 1068, après le retrait d'Ayyûb, deux caïds se partagèrent ce qui restait de la Sicile musulmane. Ibn `Abbâd, appelé Benavert dans les chroniques occidentales, établit sa capitale à Syracuse. Un certain Hammûd régnait quant à lui à Castrogiovanni.

La conquête normande et la fin de l'émirat de Sicile[modifier | modifier le code]

Roger Ier de Sicile à la bataille de Cerami en 1063, œuvre de Prosper Lafaye, Salles des Croisades du château de Versailles.

Ces divisions au sein de l'émirat encouragèrent les ambitions des Normands du sud de l'Italie.

En février 1061, Robert Guiscard et son frère Roger débarquèrent en Sicile, avec la bénédiction du pape Nicolas II, et prirent la ville de Messine. La conquête de l'île fut longue et difficile du fait du petit nombre des troupes normandes (rarement plus d'un millier d'hommes). Cependant, les Normands bénéficièrent des divisions des musulmans et du soutien de la population insulaire chrétienne. La conquête de la Sicile fut dévolue plus particulièrement à Roger, désireux de s'y tailler un fief. Il tua dans une bataille le caïd de Syracuse, Palerme et Catane Muhammad ibn Ibrâhim ath-Thumna en 1062 et obtint cette même année le titre de comte de Sicile. L'année suivante à la bataille de Cerami, une petite troupe de chevaliers et de fantassins normands défit une armée musulmane beaucoup plus nombreuse. Cette même année 1063, une flotte pisane détruisit un certain nombre de navires dans le port de Palerme. En 1068, les Normands furent à nouveau vainqueurs contre les Arabes, à la bataille de Misilmeri. Cette victoire ouvrit le chemin de Palerme et permit d'envisager la conquête de l'ouest de la Sicile.

L'ancienne capitale des gouverneurs et des émirs de Sicile, Palerme, fut prise par le comte Roger en 1072, après 241 années de domination musulmane. Cet évènement ouvrit la voie à la conquête de la totalité de l'île. En 1077 Trapani fut prise à son tour par Roger et son fils Jourdain, puis Taormina en 1079.

Cependant, le caïd de Syracuse, Ibn `Abbâd Benavert, menait une résistance acharnée et en 1081 vainquit le gouverneur de Catane, un musulman converti au christianisme. En 1086, il s'opposa en personne au comte de Sicile devant Syracuse, son fief assiégé. Mais, le 25 mai, il mourut accidentellement. Couvert d'une lourde armure, il chuta et tomba à l'eau, coulant à pic à cause du poids de celle-ci. Syracuse finit par tomber en octobre.

Après cet évènement, le caïd de Castrogiovanni, Hammûd, se soumit à Roger et se convertit au christianisme. Le comte normand lui donna de vastes fiefs en Calabre. La conquête de l'île fut achevée en 1091 avec la prise de Noto, ville où s'étaient réfugiés la veuve et le fils de Benavert. La puissance musulmane en Sicile avait définitivement disparu.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (it) Michele Amari, Storia dei Musulmani di Sicilia.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]