Éclectisme égyptien

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Quai de Saint-Pétersbourg, avec deux sphinx d'Amenhotep III ramenés d'Égypte en 1832.

L'éclectisme égyptien (ou style éclectique égyptien) est un style architectural, apparaissant à l'origine comme une variation de l'éclectisme, et qui fait référence aux motifs et à l'imagerie de l'Égypte ancienne. Il offre des exemples concrets de l'image mouvante de l'Égypte dans l'imagination européenne. En partie à cause de son association avec le culte de la mort dans l'ancienne Égypte, et en partie parce que, à la différence du renouveau grec, ses valeurs morales et politiques ne viennent pas des Lumières ou d'un lieu d'origine pouvant être perçu comme égalitaire telle la culture aristocratique littéraire ou la démocratie, le goût pour l'éclectisme égyptien n'a jamais été très populaire ; néanmoins, il a laissé sa marque en Europe et en Amérique du Nord. On distingue plusieurs périodes de ce style.

Première période[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

La première vague d'égyptomanie a été inspirée dès 1798 par l'expédition en Égypte de Bonaparte et immortalisée dans la Description de l'Égypte en 1809. Le goût français pour l'Égypte s'est cantonné surtout au mobilier et à des objets décoratifs.

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

À Londres, l'intérêt purement archéologique mêlé de ferveur impériale donna l'Egyptian Hall de Londres, terminé en 1812, et la galerie égyptienne conçue par Thomas Hope, expert en la matière, pour exposer ses antiquités égyptiennes, et, illustré de gravures venant de ses dessins méticuleux, dans ses meubles de maison (1807), une des bases du style Régence en ce qui concerne le mobilier britannique. Avec l'ouverture du cimetière de Highgate, avec ses avenues égyptiennes, le style égyptien rencontra une popularité particulièrement bien adaptée au contexte mortuaire, notamment avec le portail du cimetière.

Russie[modifier | modifier le code]

Le musée régional de Krasnoïarsk au centre de la Sibérie

Cette vague, d'abord associée aux découvertes de Champollion, a produit des monuments similaires :

Deuxième période[modifier | modifier le code]

Une seconde vague d'égyptomanie se développa dans les années 1840 et 1850.

États-Unis[modifier | modifier le code]

De cette période, seulement quelques bâtiments existent encore aujourd'hui aux États-Unis :

Troisième période[modifier | modifier le code]

Les expéditions qui ont conduit à la découverte en 1922 du trésor du tombeau de Toutânkhamon par l'archéologue Howard Carter ont amené la troisième vague d'égyptomanie. Cet engouement des années 1920 pour l'Égypte est parfois considéré comme un avatar de l'Art déco. Ce regain d'intérêt pour les motifs égyptiens s'est retrouvé aussi bien dans le design et l'ameublement que dans l'architecture.

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • Le hangar de Reebie à Chicago se caractérise par deux statues de Ramsès II et l'utilisation précise des images de hiéroglyphes de l'ancienne Égypte. Des bas-reliefs en plâtre dépeignent le transport par barges des céréales dans l'ancienne Égypte. Le hangar est un des meilleurs exemples du pays du plus pur style académique de l'éclectisme égyptien dans l'architecture commerciale, et a été désigné comme faisant partie des monuments remarquables de Chicago et mis sur le registre des lieux historiques nationaux.

Russie[modifier | modifier le code]

Actuellement[modifier | modifier le code]

La pyramide du Louvre à Paris et le musée égyptien de la Rose-Croix à San José en Californie sont des exemples actuels d'une résurgence d'un style éclectique égyptien. En outre, le jardin de la Rose-Croix, toujours à San José, contient de nombreux exemples architecturaux du renouveau égyptien.

Images[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]