Philippe-Laurent Roland

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Philippe-Laurent Roland

Description de cette image, également commentée ci-après

Autoportrait, vers 1785, marbre, Metropolitan Museum of Art, New York.

Naissance 1746
Pont-à-Marcq
Décès 1816
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Sculpteur
Maîtres Augustin Pajou
Élèves David d'Angers

Philippe-Laurent Roland, né à Pont-à-Marcq en 1746, mort à Paris en 1816, est un sculpteur français.

Fils de tailleur et d'aubergiste, il entre en 1764 dans l’atelier d’Augustin Pajou, lequel lui confiera dès lors les travaux d’ornement du Palais-Royal et de la salle de spectacle de Versailles. Il obtiendra également en 1784 la charge de décorateur-sculpteur pour les appartements privés de Louis XVI et de Marie-Antoinette à Versailles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe-Laurent Roland commence sa formation à l'École de Dessin de Lille dans sa région natale. En 1764, part pour Paris et rejoint l'atelier d'Augustin Pajou avec lequel il entretiendra une collaboration de près de quarante ans. Il collaborera avec lui à la décoration du palais de Versailles et du Palais-Royal.

Le séjour à Rome (1771-1776)[modifier | modifier le code]

Entre 1771 et 1776, Roland se rend pour cinq ans à Rome à ses propres frais, n’ayant jamais été, a contrario de son maître, un académicien au sens strict. De son séjour romain, peu de dessins ont pu être explicitement attribués à l’artiste, ce qui est pourtant surprenant si l’on considère l’importance de cette pratique aux yeux de son mentor Pajou. Néanmoins, quelques biographes de Roland nous permettent aujourd’hui de retrouver tout au plus trois travaux que l’artiste aura réalisé durant son séjour : un Buste d’une jeune fille ayant appartenu à Rodolphe Kann[1], un Garçon endormi[2], et le buste d’un Vieil homme[3] qui aura sans doute servi de pendant au buste précédent. Il est probable que ces deux dernières œuvres aient été exposées au Salon de 1783 sous l'appellation de « deux bustes d'étude ». L’éducation donnée par son mentor transparaît particulièrement dans le travail effectué par le sculpteur sur son étude du vieil homme lorsque l’on confronte ce dernier à la Tête de vieil homme barbu réalisée par Pajou en 1761[4].

Le retour en France[modifier | modifier le code]

À son retour en France, Philippe-Laurent Roland concentre principalement ses efforts sur les réalisations en marbre et, selon Quatremère de Quincy, il devient immédiatement le praticien préféré de Pajou qui « l’appliquoit avec prédilection à tous ses ouvrages en marbre ». Cette relation privilégiée profitera ainsi aux deux sculpteurs trouvant pour l’un un assistant, pour l’autre un maître toujours source d’enseignement, bien que ce dernier dès son retour d’Italie, lui aura conseillé de devenir plus indépendant.

Une autre rencontre pourrait avoir influencé la carrière du sculpteur. En 1777, Philippe-Laurent Roland épouse Thérèse-Françoise Potain, fille de Nicolas-Marie Potain, architecte et contrôleur général des Bâtiments du Roi et dont la deuxième fille, Marie-Adrienne Potain, épouse Pierre Rousseau, également architecte, avec qui il collaborera sur le chantier de l’hôtel de Salm[5] dès 1783. Le lien est étroit mais suffisant au regard de James David Draper dans son étude sur les liens entretenus entre Pajou et Roland, pour réattribuer à Roland un buste « faussement » signé Houdon, représentant son beau-frère, Pierre Rousseau[6]. On doit également remarquer que Rousseau et Roland se trouvèrent à la même période en Italie, entre 1773 et 1775, aucune preuve cependant n’étaye une éventuelle correspondance entre les deux artistes. Cette réattribution se fonde non seulement sur des caricatures de l’architecte réalisée par François-André Vincent, mais également, par une approche stylistique, sur la ressemblance de ce buste avec l’autoportrait du sculpteur réalisé également vers 1785[7].

Philippe-Laurent Roland et l'Académie[modifier | modifier le code]

Contrairement à Augustin Pajou, Roland ne deviendra jamais académicien. Seules quelques transcriptions des séances de l'Académie royale de peinture et de sculpture retracent le parcours du sculpteur qui obtient le la troisième médaille du quartier. La seconde ayant été attribuée à Simon-Louis Boquet avec qui il collaborera vers 1783-1784 sur le chantier de l'hôtel de Salm.

Le , Philippe-Laurent Roland est agréé par l'Académie à l'âge de trente-cinq ans, puis, le , l'artiste présente l'esquisse de Samson ébranlant la colonne du Temple des Philistins et dont un modèle sera agréé par l'Académie le . Il ne terminera cette œuvre que bien après la suppression de l'Académie et n'achèvera pas dans les délais son morceau de réception, Caton d'Utique.

Sous la Révolution, il participe à la fondation de l'Institut de France et devient professeur à l'école des beaux-arts de Paris le en remplacement de Louis Boizot : il le restera jusqu'à sa mort, survenue brutalement dans son atelier en 1816, et aura pour successeur Pierre Cartellier[8].

Style[modifier | modifier le code]

Son style néoclassique influencé par la sculpture antique mais avec une certaine recherche réaliste s'est exprimé surtout dans le travail du marbre et de la terre cuite. Son œuvre constitue une bonne illustration de la continuité entre la fin du XVIIIe siècle et la première moitié du XIXe siècle.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Chantiers de décoration[modifier | modifier le code]

Portraits[modifier | modifier le code]

  • Buste de jeune fille, v. 1774, plâtre, H. 48,9 cm, Paris, musée Cognacq-Jay.
  • Garçon endormi, v. 1774, terre cuite peinte, New York, Metropolitan Museum of Art.
  • Buste de vieil homme ou Étude de vieillard, v. 1774, terre cuite, H. 75 cm, Angers, musée des Beaux-arts.
  • Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (collaboration avec Augustin Pajou), 1775, marbre, 42x43x36 cm, Paris, Muséum national d'histoire naturelle.
  • Denis Diderot, v. 1780, terre cuite, Berlin, Deutsches Historisches Museum.
  • Caton d'Utique, 1782 (esquisse pour le morceau d'agrément), terre cuite, 22x27x13 cm, Paris, musée du Louvre, Département des sculptures.
  • Pierre Rousseau, v. 1785, marbre, H. avec piédouche : 51,5 cm, collection particulière.
  • Autoportrait, v. 1785, marbre, H. 52,7 cm, New York, Metropolitan Museum of Art.
  • Joseph-Benoît Suvée, 1788 (exposé au Salon de 1789), terre cuite, 54x43x30 cm, Paris, musée du Louvre, Département des Sculptures.
  • Denis-Sébastien Leroy, An V (1796-1797), terre cuite, 53x45x28 cm, Paris, musée du Louvre, Département des Sculptures.
  • Bacchante chevauchant un bouc, 1796, terre cuite, H. 40 cm, New York, Metropolitan Museum of Art.
  • Augustin Pajou, 1800, marbre, H. 56,5 cm, Paris, musée Jacquemart-André, Abbaye de Chaalis.
  • Homère, 1801, terre cuite, H. 25,2 cm, Valenciennes, musée des Beaux-arts.
  • Lise Roland, 1805 (exposé au Salon de 1806), marbre, 56x25,5x18,5 cm, Paris, musée du Louvre, département des Sculptures, n° INV. RF 3676.
  • Napoléon empereur, 1807, Paris, chapelle du collège des Quatre-Nations, actuel Institut de France.
  • Homère, 1812, marbre, H. 209 cm, Paris, musée du Louvre, Département des sculptures.

Reliefs[modifier | modifier le code]

  • Un panneau (d'après un modèle de P.-L. Roland, gravé par Nicolas-François-Daniel Lhuillier), v. 1776, chêne peint imitant le bronze, 74,9 x 165,1 cm, New York, Metropolitan Museum of Art.
  • Une paire de dessus de miroir (d'après un modèle de P.-L. Roland, gravé par Daniel Aubert), v. 1777, chêne peint et doré, 58,7 x 121,0 cm, New York, Metropolitan Museum of Art.
  • Louis XVI, 1787, marbre et bois doré; diamètre: 70 cm, avec cadre: 151 x 158 cm; New York, Metropolitan Museum of Art.
  • Médaillon représentant Augustin Pajou, 1803-1809, bronze, diamètre: 30,5 cm, New York, Metropolitan Museum of Art.

On lui doit aussi l'allégorie de la Loi dans le péristyle du Panthéon ou l'Athéna du Palais Bourbon.

Son ami Augustin Pajou a sculpté son visage en 1797[9] et son élève David d'Angers a écrit une biographie de son maître.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James David Draper, « L'art français au Metropolitan. Les terres cuites néo-classiques », Connaissance des arts, no 467, janvier 1991, p. 91-99.
  • James David Draper, « Pajou and Roland », in Augustin Pajou et ses contemporains, Actes de colloque [Paris, musée du Louvre, 7-8 novembre 1997], Guilhelm Scherf (dir.), éd. La documentation Française-musée du Louvre, Paris, 1999, p. 537-558.
  • James David Draper, « Philippe-Laurent Roland in The Metropolitan Museum of Art », Metropolitan Museum Journal, vol. 27, 1992, p. 129-147.
  • Charles Gabet, Dictionnaire des artistes de l'école française au XIXe siècle, Peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin, lithographie et composition musicale, Librairie Madame Vergne, Paris, 1831, p. 607-608.
  • Jean-Jacques Gautier, « L'art des sculpteurs de Bagatelle », L'Estampille - L'Objet d'art, no 252, novembre 1991, p. 64-83.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marbre non localisé, versions en plâtre, vers 1774, hauteur 48,9cm, Paris, musée Cognacq-Jay et Baltimore, Museum of Art.
  2. Marbre non localisé, version en terre cuite peinte, vers 1774, Metropolitan Museum of Art, New York.
  3. Terre cuite, vers 1774, hauteur 75 cm, musée des Beaux-arts d'Angers.
  4. Terre cuite, 56,1 x 43,6 x 28,5cm, Londres, Victoria and Albert Museum.
  5. Aujourd'hui palais de la Légion d'honneur.
  6. Marbre, vers 1785, hauteur avec piédouche : 51,5cm, collection particulière.
  7. Marbre, hauteur 52,7cm, Metropolitan Museum of Art de New York.
  8. Frédéric Chappey, « Les Professeurs de l'École des Beaux-Arts (1794-1873) », dans: Romantisme, 1996, n°93, p. 95-101.
  9. Conservé au musée du Louvre