Manco Cápac

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Manco Cápac


Manco Cápac (en quechua Manqu Qhapaq) ou Ayar Manco fut, selon certains chroniqueurs, le premier empereur du peuple Inca à Cuzco. Il est le principal protagoniste des deux légendes les plus connues sur l'origine des Incas: la "légende de Manco Cápac et Mama Ocllo" et la "légende des frères Ayar".

Il eut comme épouse principale Mama Ocllo, avec laquelle il engendra son successeur Sinchi Roca, et beaucoup d'autres épouses comme Mama Huaco qui passait pour être une femme belliqueuse[1]. S'il est mentionné dans les chroniques et est le point de départ pour expliquer historiquement l'origine des Incas, son existence (ou non existence) reste un mystère.

Controverse[modifier | modifier le code]

Certains historiens considèrent Manco Cápac comme un personnage mythique, mettant ainsi en doute son existence comme personnage historique. Cependant la majorité des auteurs le considère comme un personnage réel et fonde ses arguments sur des preuves telles que la descendance de sa vraie famille nommée Chima Panaca[2], laquelle avait sa place dans la noblesse Inca jusqu'à la conquête espagnole. Elle s'appuie aussi sur des preuves archéologiques comme son propre palais, "el Inticancha" (appelé aujourd'hui Coricancha) et d'après les chroniques qui furent faites par Manco Cápac. L'histoire officielle dit que Manco Cápac fut un personnage historique.

Rôle principal dans les légendes[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Récit originel#Inca et Pacaritambo.

Manco Cápac est le protagoniste des deux principales légendes qui expliquent l'origine de l'empire Inca. Toutes deux coïncident sur le fait qu'il fut le fondateur du peuple Inca à Cuzco et que son épouse principale fut Mama Ocllo.

Légende des frères Ayar[modifier | modifier le code]

Cette légende Inca de tradition orale raconte que quatre frères, issus de la grotte de Pacaritambo, et leurs quatre épouses arrivèrent à Cuzco après une série d'aventures. Un de ces quatre frères, Ayar Manco réussit à fonder la cité Inca de Qosqo (l'actuel Cuzco) devenant ainsi le premier gouverneur de l'empire Inca et prenant ainsi le nom de Manco Cápac.

Légende de Manco Cápac et Mama Ocllo[modifier | modifier le code]

Cette légende raconte que Manco Cápac et Mama Ocllo, enfants du dieu soleil Inti (lui-même fils de Viracocha, le dieu créateur), frère et sœur et mariés l'un à l'autre, seraient nés de l'écume du lac Titicaca, avec la mission d'apporter la civilisation aux hommes après le grand déluge qui avait tout dévasté et de fonder la capitale du futur empire dans un lieu fertile. Cette capitale serait établie à l'endroit où s'enfoncerait la crosse sacrée de Manco Cápac, ce qui se produisit dans la vallée de la rivière Huatanay, là où se situe Cuzco[2], qui signifie « nombril du monde » en langue quechua. Manco Capac enseigna alors aux hommes l'agriculture et l'artisanat et Mama Ocllo enseigna aux femmes l'art du tissage. Pour remercier le soleil, Manco Capac et Mama Ocllo décidèrent de construire le temple du soleil. Il ordonna ensuite une assemblée des tribus voisines et se présenta comme le fils de Dieu et comme un grand civilisateur.

Cependant, par manque de tradition écrite, hormis celle qui débuta avec la publication de l'œuvre Comentarios Reales de los Incas (commentaires royaux des Incas) de l'écrivain Inca Garcilaso de la Vega, l'authenticité de cette légende en tant que légende inca est mise en doute. Certains affirment même qu'il fut l'auteur de cette légende vers 1609.

Manco Cápac est le protagoniste des deux légendes les plus connues sur l'origine des Incas, cependant l'histoire officielle a sa propre version basée sur des chroniques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Manco Cápac naquit probablement à Tampu tocco[2], lieu d'une des nombreuses périodes de repos que firent les survivants de son ethnie (Taipicala) en échappant aux invasions des Aymaras dans l'Altiplano andin[2]. Son père s'appelait Apu Tambo[2], nom que les chefs locaux prirent ensuite. L'exode lors duquel naquit Manco Cápac dura environ vingt ans pendant lesquels ils parcoururent 500 km seulement, ayant un style de vie semi-nomade[2].

Fondation de la "chefferie" inca[modifier | modifier le code]

Manco Cápac naquit donc pendant d'un lent exode, et quand son père mourut, il dut continuer à diriger son peuple constitué d'une dizaine de familles (ayllus)[2]. Le trajet que parcoururent les Taipicala, selon les versions officielles, concorde clairement avec le trajet décrit dans la légende des frères Ayar[2]. En arrivant dans la vallée de Cuzco, les Incas combattirent trois petites ethnies (les Sahuares, les Huallas et les Ayar Uchos ou Alcahuisas)[2].

Le terrain qu'occupèrent initialement les Incas correspond aux environs de l'actuelle Plaza de Armas (Place des Armes) de Cuzco ; à cette époque il s'agissait d'une zone marécageuse traversée par deux ruisseaux[2]. A Cuzco, Manco Cápac fonda quatre quartiers: le quartier Chumbicancha (quartier des tisserands), le quartier Quinticancha (quartier du colibri), le quartier Sairecancha (quartier du tabac) et le quartier Yarambuycancha (le quartier du "mélange")[2].

Lutte pour la domination[modifier | modifier le code]

Une fois établis à Cuzco, Manco Cápac et son peuple n'occupèrent qu'une petite partie du territoire de la vallée de Cuzco ; d'autres peuples plus puissants occupaient la même vallée, y compris au Nord où menaçait un état confédéré d'Ayarmacas et de Pinaguas. Toutes ces ethnies considéraient les Incas comme des envahisseurs, ce qu'ils étaient certainement. Durant son règne, Manco Cápac dut lutter et se défendre contre les attaques continues de ces ethnies. Son successeur, Sinchi Roca, dut lui aussi, à certaines occasions, combattre ces ethnies[2].

Décès[modifier | modifier le code]

Manco Cápac mourut de mort naturelle et fut momifié et conservé dans l'Inticancha (espace dédié au dieu soleil Inti) jusqu'au règne de Pachacútec qui ordonna son transfert au temple du lac Titicaca. A Cuzco, il ne reste qu'une seule statue en son honneur. Ce fut Pachacútec également qui inventa et diffusa les légendes de l'origine des Incas afin de "diviniser" les exploits incas et de promouvoir l'identité inca, et ainsi unifier son empire[2].

Dates[modifier | modifier le code]

Les années d'existence et de règne de Manco Cápac font l'objet de doutes et de débats entre les historiens et les chroniqueurs, presque autant que de savoir s'il est un personnage historique ou mythique. Les dates que donnent les diverses études varient même de plusieurs siècles, comme les dates avancées par Sarmiento (en 1572). Cet historien considère que le premier Inca naquit en 521 et régna entre 565 et 656, c'est-à-dire qu'il vécut 135 ans et régna 91 ans (une exagération évidente). Selon Cabello Balboa (en 1586), Manco Cápac régna entre 945 et 1006, c'est-à-dire pendant 61 ans[2]. D'autres sources évoquent 41 ans de règne, entre 1021 et 1062[2]. Selon d'autres historiens, il régna pendant 28 ans, entre 1150 et 1178[2]. Les dates les plus tardives parlent de 30 années de règne entre 1226 et 1256[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Cet article étant une traduction de l'article espagnol, les références et la bibliographie sont celles de l'article espagnol.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Waldemar Espinoza, Los Incas, p. 42.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Voir l'article en espagnol.

De 1 à 19: Voir les références de l'article en espagnol

  • Inca Garcilaso de la Vega, Comentarios Reales, éd. Castalia, Libro Primero

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir la bibliographie de l'article en espagnol