Hôtel Beauharnais

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Hôtel Beauharnais
Le porche égyptianisant de l'hôtel de Beauharnais.
Le porche égyptianisant de l'hôtel de Beauharnais.
Présentation
Type Hôtel particulier
Architecte Germain Boffrand
Date de construction années 1710
Propriétaire République fédérale d'Allemagne
Destination actuelle Résidence de l'ambassadeur d'Allemagne
Protection Logo monument historique Classé MH (1951)
Site web www.allemagne.diplo.de/Vertretung/frankreich/fr/01-Botschaft/03-residenz/00-residenz-uebseite.html
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 39″ N 2° 19′ 20″ E / 48.8607, 2.322348° 51′ 39″ Nord 2° 19′ 20″ Est / 48.8607, 2.3223  

Géolocalisation sur la carte : France

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Hôtel Beauharnais

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Hôtel Beauharnais

Géolocalisation sur la carte : 7e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 7e arrondissement de Paris)
Hôtel Beauharnais

L’hôtel Beauharnais ou hôtel de Beauharnais est un hôtel particulier situé au no 78 rue de Lille, à Paris (France), qui est la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne en France (l'ambassade elle-même se trouve avenue Franklin-D.-Roosevelt).

L'hôtel de Beauharnais tient son nom du plus illustre de ses occupants, Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie, beau-fils de l'empereur des Français Napoléon Ier.

L'ensemble de l'hôtel, ainsi que sa cour et son jardin, sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du 27 juillet 1951[1]

Historique[modifier | modifier le code]

Cet hôtel particulier est édifié par Germain Boffrand qui acquiert vers 1710 une bande de terrain, le long de la rive gauche de la Seine. Sur son terrain, Boffrand édifie plusieurs demeures. Pour lui-même, il fait bâtir un hôtel dont le jardin rejoint la Seine (l'actuel quai Anatole-France). Au sud, il donne sur la rue de Bourbon, plus tard rue de Lille.

L'architecte ne profite guère de sa demeure, puis qu'il la vend, un an après son installation, à Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy, neveu du grand Colbert.

L'hôtel par la suite aurait eu plusieurs autres propriétaires, en 1766, il est acheté par le duc de Villeroy.

Le 20 mai 1803, Eugène de Beauharnais, âgé de 22 ans, beau-fils du premier consul Napoléon Bonaparte, l'achète pour la somme de 195 000 francs. L'hôtel était alors assez délabré.

L'année suivante, Eugène est fait archi-chancelier de l'empire, puis vice-roi d'Italie. Les dépenses occasionnées par les travaux émeuvent l'opinion publique et Napoléon charge Fouché de se renseigner sur les agissements des architectes Calmelet et Bataille.

Le 3 février 1806, par une lettre, il tance son beau-fils d’avoir « jeté des sommes immenses à la rivière ». Eugène défend ses architectes et met en avant ses charges pour justifier son manque de surveillance. Napoléon lui répond qu’il met l’embargo sur l’hôtel qui n'est habité par son propriétaire que durant un court séjour à Paris en 1811.

Lors de l'entrée des alliés à Paris, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III en fait son logement. L'hôtel lui plait si bien, qu'il désire en faire le siège de la légation de Prusse. L'immeuble, le mobilier et ses dépendances sont achetés pour 575 000 francs payés directement par le roi[réf. nécessaire].

Le porche de style égyptien de l’hôtel Beauharnais en 1968.

La modification la plus spectaculaire des architectes fut l’ajout d’un porche de style égyptien[2].

Articles connexes : Égyptomanie et Éclectisme égyptien.

Lors de la proclamation de l'Empire allemand sous la férule des prussiens en 1871, l'hôtel devient logiquement l'ambassade du nouvel état, et le restera sans discontinuer durant les 73 années qui suivront.
C'est là qu’Herschel Grynszpan assassine le troisième conseiller de l’ambassade, Ernst vom Rath, le 7 novembre 1938 au matin.
Pendant l’Occupation parisienne de la capitale, c’est ici que réside Otto Abetz, l’ambassadeur allemand.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1944, l'hôtel est confisqué par l'état français qui y installe une partie des services du ministère des Affaires étrangères. C'est durant cette période, en 1951, que l'hôtel sera classé monument historique[1].

Par décret de l'Assemblée nationale du 20 juillet 1961, l'hôtel fut rétrocédé à la République fédérale d'Allemagne le 26 mars 1962 et reprend ainsi sa destination initiale, jusqu'au transfert des services de l’ambassade d’Allemagne au no 13-15 avenue Franklin-D.-Roosevelt dans le 8e arrondissement.

Texte d'Arthur-Lévy[modifier | modifier le code]

« On soupçonne M. Calmelet et un nommé Bataille, dont il se sert comme architecte et tapissier, de s'entendre d'une manière contraire à mes intérêts, et je suis assez porté à ajouter foi aux différents renseignements qui me parviennent, quand je considère qu'ils ont présenté un compte d'un million de dépenses dans une maison du prince Eugène qu'ils ont arrangée et où, certainement, ils n'ont pas dépensé 200 000 francs. »

— Arthur-Lévy, Napoléon intime, Paris, Nelson, page 417.

Liste de ses occupants depuis l'acquisition par la Prusse[modifier | modifier le code]

Royaume de Prusse
Empire Allemand
Allemagne
République fédérale

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karl Hammer: Hôtel Beauharnais Paris (Beihefte der Francia, 13), München/Zürich (Artemis) 1983, ISBN 3-7608-4663-7. En ligne sur perspectivia.net
  • Le Style Empire, l'Hôtel Beauharnais, Paris, Éd. Albert Morancé, 1927 ( dont 80 planches photographiques en feuilles).
  • René Briat, « Une grande demeure ressuscitée », Plaisir de France (revue), mars 1968, p. 2-13.
  • Claus von Kameke, L'Hôtel de Beauharnais, Deutsche Verlag-Anstalt, Stuttgart, 1968[4].

Note[modifier | modifier le code]

  • Le Centre allemand d'histoire de l'art de Paris a lancé un projet de recherches à long terme sur l'étude de l'Hôtel Beauharnais: inventaire complet et documenté de tous ses meubles, bronzes, peintures et objets d'art, source: Prof. Dr. Dr. h. c. Thomas Gaehtgens, « Grands instituts d'histoire de l'art, Le Centre allemand d'histoire de l'art de Paris », Nouvelles[5], no 29, pages 11–12.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « PA00088693 »
  2. L’hôtel de Beauharnais est, pratiquement toujours, cité dans les articles resservis périodiquement sur le thème de l’Égypte à Paris.
  3. fils du comte Heinrich von der Goltz, naquit en 1817 en l'hôtel de Beauharnais
  4. Le titre de cet ouvrage devrait plutôt être Les Occupants de l'Hôtel de Beauharnais, l'auteur après trois pages sur l'histoire de l'hôtel présente les diplomates successifs.
  5. Périodique de l'Institut national d'histoire de l'art.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]