Louis Comfort Tiffany

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Louis Comfort Tiffany

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Louis Comfort Tiffany c.1908

Naissance 18 février 1848
New York
Décès 17 janvier 1933 (à 84 ans)
New York
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Activités Peintre-verrier
Mouvement artistique Art nouveau

Louis Comfort Tiffany (né le 18 février 1848 à New York – mort le 17 janvier 1933 dans la même ville) est un artiste américain célèbre pour ses œuvres en verre teinté dans le style Art nouveau. Créateur de plusieurs entreprises, il a également peint, conçu des bijoux et des meubles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Comfort Tiffany (à gauche), avec ses parents (assis) tenant ses jumelles, Louise et Julia. 1888

Louis est le fils de Harriet et Charles Lewis Tiffany, fondateur d'une entreprise florissante de bijouterie, Tiffany & Co. Il étudie en 1866 à l'Académie américaine de design.

Sa première réalisation est une peinture réalisée alors qu'il est élève de George Inness en 1867. À 24 ans, il s'intéresse au travail du verre. C’est à cette période qu’il rencontre Mary Woodbridge Goddard, qu'il épousera le 15 mai 1872.

Il crée, en 1885, sa propre entreprise de travail du verre et invente un procédé pour fabriquer des verres opalins, auxquels d'autres artistes préfèrent le verre teinté en clair. Chaque point de vue est motivé par les idéaux du mouvement Arts and Crafts fondé par William Morris en Grande-Bretagne. Un des concurrents de Comfort est le verrier John La Farge (1835-1910).

En 1893, son entreprise introduit une nouvelle technique, « Favrile », pour la fabrication de vases et de bols. Ce nom est dérivé du latin fabrilis, qui signifie « fait à la main »[1]. Il réalise par ailleurs des vitraux (notamment à l'église Church of the Incarnation, Madison Avenue, à New York), tandis que son entreprise crée une gamme de décorations intérieures. Il use de tout son talent pour la conception de sa propre maison, Laurelton Hall, à Oyster Bay, Long Island, terminée en 1904.

Il crée de nombreuses entreprises : L. C. Tiffany & Associated Artists (créée en 1879), entreprise de décoration intérieure (à laquelle collabora notamment Stanford White), la Tiffany Glass Co (créée en 1885), Tiffany Glass and Decorating Co, Tiffany Studios, Tiffany Furnaces et L.C. Tiffany Furnaces.

Il se retire progressivement des affaires à la fin des années 1920. Sa firme Tiffany Studios fait faillite en 1932[1], un an avant son décès.

Louis Comfort Tiffany a été enterré au cimetière de Green-Wood à Brooklyn (New York).

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Lampe Tiffany. Vers 1890-1900

Le Metropolitan Museum of Art de New York a recueilli un certain nombre de ses œuvres.

Il a reçu de nombreuses récompenses internationales et nationales[2], dont, en France, la Légion d'honneur en 1900[1].

Tiffany a écrit également plusieurs ouvrages dont Character and individuality in decorations and furnishings, paru en 1913.

Le verre[modifier | modifier le code]

Vase hexagonal à pied en verre « Favrile »

C'est le domaine où il est le plus connu, dans toutes ses formes : vitraux, vases, lampes, bijoux, objets divers. Il s'y intéresse dès 1870 en débutant une collection d'antiquités[4]. Il introduit plusieurs nouveautés dans la technique de verrier dont certains ont fait l'objet de brevets : « verres drapés » où la pâte en fusion est repliée sur elle-même, emploi de plusieurs couches superposées, inclusion de morceaux de verre coloré[5]... Son apport le plus remarquable est la création de son « verre Favrile » qui inclut des sels métalliques[4].

La création de « vitraux Tiffany » a été une activité importante pour Tiffany qui a produit plusieurs milliers d'exemplaires dans son atelier[6]. Concevant le dessin, il a été aidé pour cela par son équipe, dont les membres les plus connus furent Agnès Northrop et Frederick Wilson. Les thèmes prédominants étaient la religion et les paysages. Sa technique délaisse le traditionnel serissage au plomb au profit d'un enrobage des vitraux avec un ruban de cuivre autocollant sur lequel est appliqué de la graisse à soudure afin de faciliter l'adhérence de l'étain de soudure[7].

Ses multiples lampes restent l'une de ses créations les plus connues, même si Tiffany ne goutait guère à la production de masse qu'elles impliquent, préférant implicitement la fabrication d'œuvres uniques[8]. Elles coïncident avec l'apparition de l'éclairage électrique. Leurs décors floraux ont fait une partie de la réputation de l'artiste.

L'architecture intérieure[modifier | modifier le code]

Laurelton Hall, demeure de Louis Comfort Tiffany à Oyster Bay, Long Island

Ses entreprises et lui-même ont conçu l'aménagement de plusieurs maisons et appartements. Parmi ces derniers, figurent naturellement son propre appartement à New York ainsi que la vaste demeure, Laurelton Hall, qu'il s'est fait construire peu après la mort de son père (et aujourd’hui détruite), mais aussi la maison de Mark Twain ainsi que plusieurs salons de la Maison-Blanche[9]. Son style se caractérise naturellement par l'emploi du verre (mosaïques, vitraux…) ainsi que d'un goût pour l'orientalisme[9].

Principales expositions[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b et c Eidelberg M, Louis C. Tiffany et la « quête de la beauté », L'Objet d'Art, hors série no 45, p. 14-23
  2. "Louis C. Tiffany, Noted Artist, Dies" New York Times (January 18, 1933)
  3. Alice Cooney Frelinghuysen et Monica Obniski, « Louis Comfort Tiffany (1848–1933) », sur The Metropolitan Museum of Art (consulté en Juillet 31, 2013)
  4. a et b Escandell A, Tiffany et le verre : histoire d'une passion, L'Objet d'Art, hors série no 45, p. 30-7
  5. Pepall R, Tiffany au musée du Luxembourg, L'Objet d'Art, hors série no 45, p. 2-11
  6. Cooney Frelinghuysen A, Tiffany et le renouveau du vitrail, L'Objet d'Art, hors série no 45, p. 42-52
  7. Claire König, « Les grands vitraux : Chartres, Notre-Dame de Paris... », sur Futura-Sciences,‎ 22 octobre 2008
  8. Escandell An, Les lampes de Tiffany : fiat lux !, L'Objet d'Art, hors série no 45, p. 54-61
  9. a et b Laurent S, Tiffany, architecte d'intérieur, L'Objet d'Art, hors série no 45, p. 24-29
  10. Site de l'exposition Le Verre selon Tiffany du musée des beaux-arts de Montréal