London School of Economics

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
London School of Economics and Political Science (LSE)
Image illustrative de l'article London School of Economics
Devise Rerum cognoscere causas (connaître la cause des choses)
Nom original École d'économie et de sciences politiques de Londres
Informations
Fondation 1895
Type Université
Régime linguistique Anglais
Budget 97 millions de £
Localisation
Coordonnées 51° 30′ 50″ N 0° 07′ 00″ O / 51.514, -0.116751° 30′ 50″ Nord 0° 07′ 00″ Ouest / 51.514, -0.1167
Ville Londres
Pays Royaume-Uni
Direction
Président Craig Calhoun
Chiffres clés
Enseignants 1 303
Undergraduates 3 810
Postgraduates 4 760
Divers
Mascotte Le castor
Affiliation Université de Londres, Russell Group, EUA, ACU, CEMS, Association of Professional Schools of International Affairs (en) (APSIA), Golden triangle (universities) (en)
Site web lse.ac.uk

Géolocalisation sur la carte : Angleterre

(Voir situation sur carte : Angleterre)
London School of Economics and Political Science (LSE)

Géolocalisation sur la carte : Grand Londres

(Voir situation sur carte : Grand Londres)
London School of Economics and Political Science (LSE)
Clement House sur Aldwych.
Blason de l'école.
Logo de la LSE.

La London School of Economics and Political Science (français : École d'économie et de sciences politiques de Londres), abrégé en London School of Economics (français : École d'économie de Londres) mais plus souvent connue par son sigle LSE, est une université britannique spécialisée dans les sciences économiques et sociales. Le campus se trouve sur Houghton Street, dans le borough londonien de Westminster.

Parmi ses anciens élèves et professeurs, la LSE compte pas moins de seize prix Nobel confondus (paix, littérature et économie) et plus de quarante chefs d'État ou de gouvernement.

À ce jour, 27 % des prix Nobel d'économie ont étudié ou enseigné à la LSE[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Toît de la bibliothèque de la LSE
Houghton Street vue du Old Building
Le 32 Lincoln's Inn Field
LSE New Academic Building
Old Building, bâtiment central de la LSE

La London School of Economics fut fondée en 1895 par Sidney et Beatrice Webb, Graham Wallas et George Bernard Shaw, membres de la Fabian Society, grâce à des donations privées, notamment un legs de £20 000 de Henry Hunt Hutchinson à leur organisation. Sidney et Beatrice s'inspirèrent sur le modèle de l'École libre des sciences politiques et des écoles supérieures de commerce françaises[trad 1],[2] pour construire le cursus de la LSE. Depuis 1902, la LSE se trouve sur Houghton Street dans le centre de Londres, aux environs d'Aldwych, près de la Cour royale de Justice.

Petite école atypique, la LSE est rapidement devenu un établissement réputé. Elle a rejoint l'université de Londres en 1900 en tant que faculté d'économie et élargit rapidement son programme pour inclure d'autres sciences sociales : les relations internationales, l'histoire, la philosophie et la sociologie. Outre l'université de Londres, la LSE fait partie du Russell Group (l'équivalent anglais de l'Ivy League américaine).

Sous la direction féconde de William Beveridge, la LSE eut un impact considérable sur l'étude des sciences économiques et lui donna une définition nouvelle et célèbre qui forme désormais la base de la pensée économique moderne : « l'économie étudie la manière dont les hommes s'y prennent pour arriver à leurs fins avec des moyens rares qui sont susceptibles d'usages multiples et rivaux[trad 2]. »[3] Friedrich Hayek rejoignit la faculté de l'université en 1931, et confirma l'ascendance de la LSE grâce à de célèbres débats avec John Maynard Keynes. Ainsi, l'affrontement entre la LSE et l'Université de Cambridge (où enseignait Keynes) continue de définir les deux grandes écoles qui dominent la pensée économique moderne, et les politiques économiques préconisées aujourd'hui oscillent toujours entre l'institution d'un État providence ou d'un système économique libéral contrôlé par les lois du marché. Cependant, l'échec des politiques économiques keynésiennes face à la stagflation des années 1970, la révolution conservatrice consécutive dans les années 1980 (administration Reagan et Thatcher), et enfin l'effondrement de l'Union soviétique au début des années 1990 augmentèrent le prestige et l'influence de la LSE.

La LSE connût une nouvelle impulsion féconde sous la direction du sociologue Anthony Giddens, conseiller économique de Tony Blair, célèbre théoricien de la Troisième Voie qui influença fortement les politiques économiques de Bill Clinton, Tony Blair et Zapatero. La Troisième voie, qui opère une synthèse entre l'État providence et les lois du marché, fut une source d'inspiration pour de nombreux pays autour du monde qui cherchent un juste équilibre entre croissance et redistribution des richesses[réf. nécessaire].

Parmi les professeurs de la LSE figurent des experts de la réforme du secteur public tels que Gwyn Bevan[4], Nicholas Barr[5] ou encore Sir Julian Ernest Michael Legrand.

La LSE est dirigée depuis 2012 par Craig Calhoun (en)

Campus[modifier | modifier le code]

Depuis 1902, le campus de la LSE se situe dans le quartier historique de Clare Market dans le centre de la ville de Londres, tout près de la Cour royale de justice. Le Old Building fut consacré par le Roi George V en 1920 et demeure le bâtiment principal du campus. Ces dernières années, l'école s'est agrandie sur un périmètre qui s'étend de Kingsway à Aldwych.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la LSE est déplacée à Cambridge afin d'être protégé des bombardements allemands ; son campus londonien abrite alors de manière temporaire le ministère de la Guerre. En 1969, lors de manifestations contre la guerre du Vietnam, des étudiants occupent certains des bâtiments de l'établissement[6].

Depuis 2015, la LSE a entrepris la rénovation de la partie historique du campus et de créer un nouveau bâtiment principal[7].

Étudiants[modifier | modifier le code]

L'université accueille près de 7 800 étudiants à plein-temps et 800 étudiants à temps partiel, dont 34 % proviennent du Royaume-Uni, 18 % des pays de l'Union européenne et 48 % de plus de 130 autres pays. La LSE est donc l'institution académique au corps étudiant le plus internationalisé au monde. L'université compte 51 % de postgraduates et 49 % d'undergraduates, tous triés sur le volet. Avec en moyenne 16 inscriptions pour une place, la LSE est l'institution académique la plus sélective du Royaume-Uni - bien que pour certains programmes (économie ou encore relations internationales) le processus de sélection retienne parfois moins d'un élève sur 30. Au niveau undergraduate, avec moins de 6 % de candidats admis, la LSE était l'université la plus sélective au monde en 2013 et 2014.

La vie étudiante de la LSE est particulièrement animée : pas moins de 160 sociétés étudiantes sont présentes, reflétant des centres d'intérêts éclectiques et souvent politisés. Le bureau des étudiants de la LSE (LSE Student Union) est particulièrement actif et souvent véhément - une réputation qu'il a su conserver depuis les manifestations d'étudiants entre 1968 et 1969.

Depuis le , le LSE Student Union publie également un journal universitaire hebdomadaire (The Beaver) qui demeure une des publications étudiantes des plus suivies et actives du Royaume-Uni.

Enseignement[modifier | modifier le code]

John Watkins Plaza et sa passerelle

La LSE offre plus de 120 Masters différents (MSc, MA, LLM) et plus de 30 Licences (BSc, BA), enseignés au sein d'une trentaine de Centres de recherche et de 21 Départements académiques. Parmi les matières enseignées figurent l'économie, la gestion et le management, la finance, les relations internationales, les politiques publiques, le droit, l'histoire des relations internationales, la sociologie, le journalisme, la philosophie, l'anthropologie, la géographie et la psychologie sociale. De nombreux étudiants poursuivent également des recherches au sein de l'École, que ce soit au sein des Masters recherche (MPhil) ou dans le cadre d'un Doctorat (PhD).

De nombreux partenariats internationaux sont également offerts avec des établissements tels que l'université Columbia, Sciences-Po, HEC, l'université de Pékin ou encore la Hertie School of Governance à Berlin.

Le corps enseignant est composé de 1 460 enseignants à plein temps et de 1 320 à mi-temps. 97 % d'entre eux mènent des recherches actives, et près de la moitié proviennent de pays étrangers.

Récemment, Thomas Piketty a intégré l'école pour y enseigner et parfaire sa recherche sur des thèmes liés aux inégalités[8].

L'institution est connue pour être très sélective dans son recrutement[9].

Intérieur de la bibliothèque de la LSE.

Recherche[modifier | modifier le code]

La LSE est particulièrement reconnue pour la qualité de sa recherche dans le domaine des sciences économiques et sociales, comme en témoigne ses excellents résultats dans le cadre du Research Excellence Framework de 2014 qui la place en troisième position au Royaume-Uni, et notamment devant Oxbridge[10].

L'école accueille également des think tanks de renom tels que le Centre for the Analysis of Social Exclusion, le Centre for Climate Change Economics and Policy, le Centre for Macroeconomics, the Financial Markets Group, le Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment, LSE Cities ou encore LSE IDEAS et LSE Public policy Group, tous deux à la deuxième position des meilleurs think tanks universitaires du monde d'après le Think Tank and Civil Societies Programs de l'université de Pennsylvanie[11].

Classements internationaux[modifier | modifier le code]

En novembre 2005, le supplément Higher Éducation du Times classait la LSE au 11e rang des meilleures universités au monde et au 2e rang mondial pour l'étude des sciences sociales après l'université Harvard. Le classement mondial d'économétrie[12] de l'université Yale la place en première position pour l'enseignement de l'économie. La LSE est l'université la plus internationale au monde, avec un corps étudiants composé de plus de 70 % d'étudiants étrangers et plus de 130 nationalités représentées chaque année.

En 2013, 2014 et 2015[13], la LSE était nommée 2e meilleure université au monde dans le domaine des sciences sociales devant Oxford et Cambridge et juste derrière Harvard. Elle fut aussi nommée 6e pour sa réputation auprès des employeurs[14].

En 2015, le classement QS World University Rankings (en) classait la LSE au 4e rang mondial en « politiques publiques »[15], en « économie et économétrie »[16] ainsi qu'en « politique et études internationales »[15] et au 5e rang mondial en « sociologie »[17] et en « finance/comptabilité »[18]

Classements britanniques
Évaluateur 2013 2012 2011 2010 2009 2008 2007 2006
The Complete University Guide 2e[19] 4e[19] 5e[20] 4e[21] 3e[22] 4e[22]
Guardian University Guide 3e[23] 4e[24] 8e[24] 5e[25] 6e 3e 3e[26] 5e[27]
Times Good University Guide 3e[28] 3e 5e[29] 7e 4e[30] 4e[31] 4e[32] 4e[33]
Sunday Times University Guide 4e 9e[34] 4e 4e[35] 3e[36] 3e[37] 4e

Anciens élèves ou professeurs célèbres[modifier | modifier le code]

Parmi les 80 000 anciens élèves de l'École, on compte un président américain (John F. Kennedy), un chancelier allemand, une reine du Danemark, trois Premiers ministres canadiens, un Premier ministre québécois, le prince héritier de Norvège, un Premier ministre finlandais, un Premier ministre grec ainsi que plusieurs milliardaires et célébrités.

Plus précisément, les anciens élèves et professeurs comptent seize prix Nobel (économie, paix, littérature), plus de trente-huit chefs d'État ou de gouvernement dont neuf actuellement au pouvoir, vingt-huit membres de l'actuelle Chambre des communes britannique et quarante-deux pairs de la Chambre des Lords.

Romano Prodi, 10e président de la Commission européenne est un ancien élève.

Parmi les anciens élèves figurent des personnalités françaises telles que l'économiste Thomas Piketty, Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères sous François Mitterand et président du Conseil constitutionnel et Erik Orsenna (pseudonyme d'« Erik Arnoult », ancien économiste et ancien conseiller de François Mitterrand, membre du Conseil d'État et de l'Académie française, Prix Goncourt 1988).

Mick Jagger, rock star, a étudié à la LSE en 1961 et 1962 mais l'a quittée avant d'obtenir le diplôme pour se consacrer à la musique.

La LSE est l'université européenne qui a produit le plus de milliardaires[38].

Lauréats du Prix Nobel[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The provincial Écoles supérieures de commerce are turning out the most highly cultivated businessman. »
  2. (en) « Economics is a science which studies human behaviour as a relationship between ends and scarce means which have alternative uses. »
  1. Barbara Gilbert, « Nobel Prize winners - Nobel Prize Winners - Key facts - About LSE - Home », sur www.lse.ac.uk (consulté le 20 octobre 2015)
  2. Webb Sydney, The provision of higher education in London, ).
  3. définition de Lionel Robbins de 1932
  4. James Browne, « Professor Gwyn Bevan - People - Department of Management - Home », sur www.lse.ac.uk (consulté le 19 octobre 2015)
  5. (en) « Nicholas Barr »
  6. Valeria Costa-Kostritsky, « London School of Economics - L'école de tous les pouvoirs », GQ n°78, août 2014, pages 58-63.
  7. http://www.lse.ac.uk/intranet/LSEServices/estatesDivision/buildingAndConstruction/Centre-Buildings-Redevelopment/Centre-Buildings-Redevelopment-(CBR).aspx
  8. « Thomas Piketty, enrôlé par la London School of Economics », sur Le Figaro (consulté le 20 octobre 2015)
  9. http://www.independent.co.uk/student/into-university/az-uni-colleges/london-school-of-economics-amp-political-science-lse-458978.html
  10. « REF 2014 results: table of excellence », sur Times Higher Education (consulté le 20 octobre 2015)
  11. LSE Web Editor, « LSE IDEAS and Public Policy Group ranked 2nd best university think tank in the world - 01 - 2015 - News archive - News - News and media - Home », sur www.lse.ac.uk (consulté le 20 octobre 2015)
  12. (en) http://cowles.econ.yale.edu/areas/ecm/gsrank.htm
  13. LSE Web Editor, « LSE ranked second in the world for social sciences in latest university league table - 09 - 2015 - News archive - News - News and media - Home », sur www.lse.ac.uk (consulté le 19 octobre 2015)
  14. http://www.lse.ac.uk/newsAndMedia/news/archives/2014/09/QSrankings2015.aspx
  15. a et b http://www.topuniversities.com/university-rankings/university-subject-rankings/2015/politics#sorting=rank+region=+country=+faculty=+stars=false+search=
  16. http://www.topuniversities.com/university-rankings/university-subject-rankings/2015/economics-econometrics#sorting=rank+region=+country=+faculty=+stars=false+search=
  17. http://www.topuniversities.com/university-rankings/university-subject-rankings/2015/sociology
  18. http://www.topuniversities.com/university-rankings/university-subject-rankings/2015/accounting-finance#sorting=rank+region=+country=+faculty=+stars=false+search=
  19. a et b (en) « The Complete University Guide 2011 », The Complete University Guide (en)
  20. (en) « The Complete University Guide 2011 », The Complete University Guide
  21. (en) « The Complete University Guide 2010 », The Complete University Guide
  22. a et b (en) « The Independent University League Table », sur The Independent, UK,‎ (consulté le 4 avril 2010)
  23. (en) « University guide 2013: University league table », The Guardian, Londres,‎ (lire en ligne)
  24. a et b (en) « University guide 2012: University league table », The Guardian, London,‎ (lire en ligne)
  25. (en) « University guide 2011: University league table », The Guardian, UK,‎ (lire en ligne)
  26. (en) « University ranking by institution », sur The Guardian, UK (consulté le 29 octobre 2007)
  27. (en) « University ranking by institution », sur The Guardian, UK (consulté le 4 avril 2010)
  28. (en) « Good University Guide », The Times (consulté le 20 juin 2012)
  29. « The Times Good University Guide » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), The Times, consulté le 21 août 2009
  30. « The Times Good University Guide 2008 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), The Times, consulté le 3 novembre 2007
  31. « The Times Good University Guide 2007 – Top Universities 2007 League Table » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), The Times, consulté le 3 novembre 2007
  32. « The Times Top Universities » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), The Times, consulté le 3 novembre 2007
  33. « The Times Top Universities 2005 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), The Times, consulté le 4 avril 2010
  34. « The Sunday Times University League Table » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), The Sunday Times, consulté le 14 septembre 2008
  35. « The Sunday Times University League Table » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), The Sunday Times, consulté le 8 octobre 2008
  36. (en) Patrick Kidd, « London School of Economics », The Times, London,‎ (lire en ligne)
  37. « The Sunday Times University League Table » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), The Sunday Times, consulté le 3 novembre 2007
  38. (en) « Where do billionaires go to university? - BBC News », sur BBC News (consulté le 20 octobre 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :