Stress hydrique (écologie)

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On parle de pénurie d'eau ou stress hydrique quand la demande en eau dépasse les ressources disponibles.

L'ONU estime qu'en 2025, 25 pays africains devraient souffrir de pénurie d'eau ou de stress hydrique.

Dans plusieurs régions du monde, la pression sur l'eau est de plus en plus forte, notamment dans la grande plaine du nord de la Chine, au Pendjab en Inde / Pakistan et dans plusieurs pays et régions d'Afrique, d'une part parce que les prélèvements faits par l'Homme dans les eaux superficielles ou de nappes augmentent et parfois d'autre part car en raison du réchauffement climatique le cycle de l'eau est perturbé. 63% de la population mondiale devrait subir un stress hydrique en 2025[1].

Définition[modifier | modifier le code]

Les pays touchés par le stress hydrique sont ceux dont la disponibilité en eau par an et par habitant est inférieure à 1 700 m3, dans les zones arides notamment. En dessous de 1 000 m3/hab/an, on parle de pénurie d'eau.

Les pays du Proche-Orient, du Moyen-Orient, d'Afrique et de l'Asie sont considérablement touchés par ce phénomène.

Le stress hydrique est aussi un indicateur en pourcentage faisant le rapport entre le besoin en eau et les ressources disponibles. Celui-ci peut atteindre ou excéder les 100 %.

Mécanismes autres que la surexploitation de la ressource en eau[modifier | modifier le code]

Le stock de neige hivernale est dans l'hémisphère nord une source essentielle d'eau printanière voire estivale pour de nombreux cours d'eau[2] .

Une étude publiée début 2017 dans Nature Climate Change[3] conclut qu'un réchauffement du climat en montagne peut (contre-intuitivement) dans certaines régions ralentir la fonte de neige : « moins de neige accumulée sur le sol » fondra plus tôt en saison, mais aussi plus lentement (au lieu de perdurer jusqu'en été et libérer une grande quantité d’eau en fondant rapidement). En effet, l'inertie thermique de la masse de neige sera moindre, et plus tôt en saison les températures nocturnes sont plus basses alors que de jour le soleil est plus bas et chauffe moins. Or une fusion précoce et ralentie de la neige favorise l'évaporation, au détriment des hauts débits normalement générés par la fonte tardive d'une grosse couche de neige qui alimentent les ruisseaux puis les nappes et les cours d'eau (jusqu'à des centaines ou milliers de kilomètres loin en aval).
Une fonte des neiges un peu plus précoce et plus lente est déjà constatée. Elle affecte la qualité et la temporalité du cycle de l'eau[4], notamment en montagne en Amérique du Nord[5],[6] ainsi que sa temporalité
Ce phénomène devrait se poursuivre et s'amplifier[5] au détriment de la recharge des nappes phréatiques[7], voire au risque d’interrompre le cycle de l’eau sans certaines régions.
Là le stress hydrique induit risque de fortement diminuer la capacité de puits de carbone des sols, forestiers [8] et de dégrader les sols ainsi que les zones humides, tout en exacerbant le risque de feux de forêt [9],[10] et en dégradant l'écologie des cours d'eau[11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, « Baromètre de l'eau 2017 », Baromètre de l'eau,‎ (lire en ligne)
  2. Barnhart, T. B. et al. Snowmelt rate dictates streamflow. Geophys. Res. Lett. 43, 8006–8016 (2016)
  3. Keith N. Musselman, Martyn P. Clark, Changhai Liu, Kyoko Ikeda & Roy Rasmussen (2017) Slower snowmelt in a warmer world ; Nature Climate Change 7, 214–219 ; doi:10.1038/nclimate3225 ; 27 February 2017
  4. Wahl, K. L.: (1992= ‘Evaluation of Trends in Runoff in the Western United States’, AWRA, Managing Water Resources during Global Change, 701–710
  5. a et b Stewart, I. T., Cayan, D. R. & Dettinger, M. D. (2004), Changes in snowmelt runoff timing in western North America under a business as usual climate change scenario. Climatic Change 62, 217–23 (PDF, 16 p).
  6. Barnett, T. P., Adam, J. C. & Lettenmaier, D. P. (2005), Potential impacts of a warming climate on water availability in snow-dominated regions. Nature 438, 303–309.
  7. Barnett, T. P., Adam, J. C. & Lettenmaier, D. P. (2005), Potential impacts of a warming climate on water availability in snow-dominated regions. Nature 438, 303–309
  8. Winchell, T.S., Barnard, D.M., Monson, R.K., Burns, S.P & Molotch, N.P (2016), Earlier snowmelt reduces atmospheric carbon uptake in midlatitude subalpine forests. Geophys. Res. Lett. 43, 8160–8168.
  9. Westerling, A. L., Hidalgo, H. G., Cayan, D. R. & Swetnam, T. W. (2006), Warming and earlier spring increase western US forest wildfire activity. Science 313, 940–943
  10. Westerling, A. L. Increasing western US forest wildfire activity: sensitivity to changes in the timing of spring. Phil. Trans. R. Soc. B 371, 20150178 (2016).
  11. [ https://www.newscientist.com/article/2122647-snow-will-melt-more-slowly-in-a-warmer-world-heres-why/ Snow will melt more slowly in a warmer world – here’s why], New Scientist du 27 févreir 2017

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]