Inlandsis de l'Antarctique

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Inlandsis de l'Antarctique
Carte de l'inlandsis de l'Antarctique (en bleu) dont les barrières de glace (en cyan) ; les terres libres de glace sont en magenta.
Carte de l'inlandsis de l'Antarctique (en bleu) dont les barrières de glace (en cyan) ; les terres libres de glace sont en magenta.

Pays Drapeau de l'Antarctique Antarctique
Revendications territoriales toutes
Massif Antarctique
Type Inlandsis
Superficie env. 14 000 000 km2 (2010)
Altitude du front glaciaire m (2010)
Coordonnées 90° S, 0° E

Géolocalisation sur la carte : Antarctique
(Voir situation sur carte : Antarctique)
Inlandsis de l'Antarctique

L'inlandsis de l'Antarctique est le nom de l'inlandsis (calotte polaire) qui recouvre la majeure partie de l'Antarctique. La couche de glace peut atteindre 4 000 m d'épaisseur. Elle repose directement sur un substrat rocheux, mais tandis qu'en Antarctique oriental ce substrat est au-dessus du niveau de la mer, en Antarctique occidental il peut se situer jusqu'à plus de 2 500 m au-dessous. À certains endroits, l'inlandsis s'étend sur l'océan Austral par des barrières de glace, telle la barrière de Ross.

L'inlandsis de l'Antarctique représente environ 61 % de toute l'eau douce terrestre. S'il devait fondre il en résulterait une élévation du niveau de la mer d'environ 58 m[1].

Origine[modifier | modifier le code]

À partir du milieu de l'éocène, il y a 45,5 millions d'années, le climat en Antarctique se refroidit, ce qui se traduit par l'apparition de glaces de mer et d'icebergs[2]. Caractérisée par de grandes fluctuations, cette calotte fond presque totalement à la fin de l'Oligocène (25 millions d'années) puis connaît une nouvelle expansion il y a 13 millions d'années, devenant dès lors permanente[3]. La calotte polaire arctique se met en place quant à elle à la fin du Miocène, entre 2,6 à 3,6 millions d'années. L'établissement de ces deux calottes annonce les glaciations bipolaires de la période du Quaternaire[4].

Impact du réchauffement climatique[modifier | modifier le code]

La modélisation de l'évolution de l'inlandsis de l'Antarctique, confortée par les données acquises sur les effets de la dernière période interglaciaire[5], indique que la fonte de cet inlandsis est une fonction croissante et accélérée de la température moyenne du globe[6] :

  • jusqu'à 2 °C de réchauffement global (par rapport à l'ère pré-industrielle), l'élévation du niveau de la mer est de 1,3 m/°C ;
  • entre 2 et 6 °C, elle accélère jusqu'à 2,4 m/°C ;
  • et entre 6 et 9 °C, jusqu'à environ 10 m/°C.

Il en résulte que[6] :

  • pour un réchauffement planétaire d'environ 2 °C, l'Antarctique occidental s'engage dans un effondrement partiel, en raison de l'instabilité de la calotte glaciaire marine ;
  • entre 6 et 9 °C, plus de 70 % du volume de glace actuel est voué à disparaître, surtout à cause de la rétroaction du relèvement du substrat ;
  • à plus de 10 °C, l'Antarctique devient à terme pratiquement libre de toute glace.

Les modèles prévoient aussi un hystérésis : on ne retrouvera pas la configuration actuelle de la calotte glaciaire, même si les températures reviennent aux niveaux actuels. En particulier, la calotte glaciaire de l'Antarctique occidental ne récupèrera son étendue moderne que si la température moyenne descend jusqu'à au moins un degré Celsius en dessous des niveaux pré-industriels[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) P. Fretwell, H. D. Pritchard et al., « Bedmap2: improved ice bed, surface and thickness datasets for Antarctica » [PDF], sur The Cryosphere, (consulté le 24 septembre 2020).
  2. (en) WU Ehrmann, « Sedimentological evidence for the formation of an East Antarctic ice sheet in Eocene/Oligocene time », Palaeogeography, palaeoclimatology, & palaeoecology, vol. 93, nos 1-2,‎ , p. 85–112.
  3. Jean-Claude Merlin, Comment va la Terre ? Climat et réchauffement, Société des Ecrivains, , p. 69.
  4. Amédée Zryd, Les glaciers en mouvement, Collection le savoir suisse, , p. 26.
  5. (en) Chris S. M. Turney, Christopher J. Fogwill, Nicholas R. Golledge, Nicholas P. McKay, Erik van Sebille et al., « Early Last Interglacial ocean warming drove substantial ice mass loss from Antarctica », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 117, no 8,‎ , p. 3996-4006 (DOI 10.1073/pnas.1902469117).
  6. a b et c (en) Julius Garbe, Torsten Albrecht, Anders Levermann, Jonathan F. Donges et Ricarda Winkelmann, « The hysteresis of the Antarctic Ice Sheet », Nature, vol. 585,‎ , p. 538-544 (DOI 10.1038/s41586-020-2727-5).

Articles connexes[modifier | modifier le code]