Union internationale pour la conservation de la nature

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Union Internationale pour la Conservation de la Nature

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Organisation non gouvernementale internationale
But conservation des espèces; Biodiversité; Solutions basées sur la nature
Zone d’influence Monde entier
Fondation
Fondation à Fontainebleau, France
Identité
Siège Gland, Suisse
Président Zhang Xinsheng
Secrétaire générale Julia Marton-Lefèvre
Trésorier Patrick de Heney
Volontaires 11 000
Membres 1 000+ organisations
Employés 1 000
Site web http://www.iucn.org/fr/
Ancien logo

L'Union internationale pour la conservation de la nature[1] (UICN, en anglais IUCN) est la principale ONG mondiale consacrée à la cause de la conservation de la nature. Elle était précédemment désignée Union internationale pour la protection de la nature[2].

La mission de l'UICN est d'influencer, d'encourager et d'assister les sociétés du monde entier, dans la conservation de l'intégrité et de la diversité de la nature, ainsi que, de s'assurer que l'utilisation des ressources naturelles est faite de façon équitable et durable.

Elle a été fondée le à la suite d'une conférence internationale tenue à Fontainebleau ; son nom était à l'origine International Union for the Protection of Nature (IUPN), elle a été rebaptisée sous son nom actuel en 1956.

Son siège est situé à Gland en Suisse. Elle réunit plusieurs États et agences gouvernementales, plus de 1 000 ONG et plus de 11 000 experts et de scientifiques de plus de 160 pays[3]. Elle emploie plus d'un millier de personnes dans le monde travaillant sur plusieurs centaines de projets. Elle a aidé plus de 75 pays à préparer et appliquer des stratégies en matière de conservation et de diversité biologique.

L'UICN est également l'organisme consultatif référent auprès du Comité du patrimoine mondial pour l'étude de l'inscription des sites naturels à la liste du patrimoine mondial, ainsi que l'évaluation de l'état de conservation de ces sites.[4]

Depuis 1992, le Comité français de l'UICN (ou UICN France) regroupe les organismes et les experts de l'UICN en France.

Historique[modifier | modifier le code]

Présidents[modifier | modifier le code]

Liste des présidents depuis 1948[5] :

Directeurs généraux[modifier | modifier le code]

  • 1948–1955 : Jean Paul Harroy[5]
  • 1959–1960 : M.C. Bloemers[5]
  • 1962 : Gerald Watterson[5]
  • 1963–1966 : Hugh Elliott[5]
  • 1966–1970 : Joe Berwick[5]
  • 1970–1976 : Gerardo Budowski[5]
  • 1977–1980 : David Munro[5]
  • 1980–1982 : Lee M. Talbot[5]
  • 1983–1988 : Kenton Miller[5]
  • 1988–1994 : Martin Holdgate[5]
  • 1994–1999 : David McDowell[5]
  • 1999–2001 : Marita Koch-Weser[5]
  • 2001–2006 : Achim Steiner[5]
  • Depuis 2006 : Julia Marton-Lefèvre[5]

Structure de l'organisation[modifier | modifier le code]

Membres[modifier | modifier le code]

L’UICN est une organisation unique. C'est une union démocratique de ses membres, comprenant plus de 1 000 membres, 11 000 experts scientifiques faisant partie de commissions thématiques et 1 000 professionnels du secrétariat, travaillant ensemble dans plus de 160 pays pour aider le monde à trouver des solutions pratiques aux problèmes de l’environnement et du développement les plus pressants de l’heure. [7]

Commissions[modifier | modifier le code]

Les six commissions réunissent près de 11 000 spécialistes volontaires, des disciplines les plus variées. Ils évaluent l’état des ressources naturelles dans le monde et apportent à l’Union un solide savoir-faire et du conseil politique sur les problèmes de conservation[8]

  • Commission de l’éducation et de la communication (CEC)

La CEC soutient l’utilisation stratégique de la communication et de l’éducation pour renforcer et former les parties prenantes afin qu’elles utilisent les ressources naturelles d’une manière durable.[8]

  • Commission des politiques environnementales, économiques et sociales (CEESP)

La CEESP apporte l’expertise et le conseil politique sur des facteurs économiques et sociaux en vue de la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique.[8]

  • Commission du droit de l’environnement (CEL)

La CEL propose le droit de l’environnement en développant de nouveaux concepts et instruments juridiques et en renforçant les capacités des sociétés à faire appel au droit de l’environnement dans ses activités de conservation et de développement durable.[8]

  • Commission de la gestion des écosystèmes (CEM)

La CEM fournit l’orientation spécialisée sur des approches écosystémiques intégrées pour la gestion des écosystèmes naturels et modifiés.[8]

  • Commission de la sauvegarde des espèces (SSC)

La SSC conseille l’Union sur des aspects techniques de conservation des espèces et mobilise des actions pour les espèces menacées d’extinction.[8]

  • Commission mondiale des aires protégées (WCPA)

La WCPA promeut l’établissement et la gestion effective d’un réseau de représentants au niveau mondial des aires marines et terrestres protégées.[8]

Depuis sa création, la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ est maintenue par la SSC.

Secrétariat[modifier | modifier le code]

Le secrétariat emploie plus de 1 000 personnes à plein temps dans plus de 60 pays. 70% des membres du personnel viennent de pays en développement. Le secrétariat rend compte de ses activités au conseil de l’UICN. Il est dirigé par une directrice générale et un directeur général adjoint. Il a une structure décentralisée, avec des bureaux régionaux, hors-siège, nationaux et des projets établis dans le monde entier. Le siège de l’UICN se trouve à Gland, près de Genève (Suisse).[9]

Programme de l'UICN[modifier | modifier le code]

Le travail de l'UICN est motivé par deux caractéristiques de la vie moderne : d’une part, la production mondiale et les modes de consommation détruisent le système qui nous maintient en vie – la nature – à un rythme dangereusement élevé et qui ne faiblit pas.

Cadre du Programme de l'UICN 2013-2016

D’autre part, les populations, les communautés, les gouvernements et les acteurs du secteur privé sous-utilisent le pouvoir potentiel de la nature et les solutions qu’elle peut apporter pour relever les défis mondiaux du changement climatique, de la sécurité alimentaire ou du développement économique et social. Ce que l’UICN appelle des solutions basées sur la nature. Le Programme tire parti de la place particulière qu’occupe l’UICN en tant qu’autorité mondiale en matière de conservation de la biodiversité, de solutions basées sur la nature et en conséquence, de gouvernance de l’environnement. Il comprend trois Domaines :

  • Valoriser et conserver la nature, pour renforcer les travaux fondamentaux de l’UICN sur la conservation de la biodiversité, en soulignant à la fois les valeurs tangibles et intangibles de la nature.
  • Gouvernance efficace et équitable de l’utilisation de la nature, pour consolider les travaux de l’UICN concernant « les relations entre l’homme et la nature », les droits et les responsabilités et l’économie politique de la nature.
  • Des solutions basées sur la nature pour relever les défis mondiaux du climat, de l’alimentation et du développement, pour élargir les travaux de l’UICN sur la contribution de la nature à la résolution des problèmes de développement durable, notamment du point de vue du changement climatique, de la sécurité alimentaire et du développement économique et social.[10]

Principaux produits et contributions[modifier | modifier le code]

Aires protégées selon l'UICN[modifier | modifier le code]

Pour plus de renseignements, consultez la catégorie Aire protégée de l'UICN

Afin d'harmoniser l'effort de conservation de la nature entre les différents pays à travers le monde, l'UICN s'est dotée en 1994 d'un référentiel permettant de catégoriser les divers types d'aires protégées en fonction du degré de protection du patrimoine naturel et culturel qu'elles renferment. L'UICN définit des aires protégées comme étant des zones terrestres ou marines spécifiquement dédiées à la protection et à la conservation de la diversité biologique, ainsi qu'aux ressources naturelles et culturelles associées. Ces zones et ressources remarquables doivent être gérées par des moyens efficaces, de nature juridique ou autre (contractuelle, pédagogique, financière, etc.). La Commission des parcs nationaux et des aires protégées (CPNAP) de l'UICN définit ainsi 6 catégories d'aires protégées (la catégorie I comporte deux sous-catégories).

Cette classification permet entre autres de comparer les efforts de protection et de conservation de la nature entre différents pays.

Liste rouge de l'UICN des espèces menacées™[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste rouge de l'UICN.

L'UICN publie sur son site web une liste rouge, mise à jour périodiquement, destinée à répertorier les espèces animales ou végétales en danger dans le monde. Lorsque les données concernant une espèce sont en quantité suffisantes, celle-ci fait l’objet d’une évaluation et d’un suivi sur plusieurs années.

L'UICN à l'origine de la notion de développement durable[modifier | modifier le code]

C’est, semble-t-il, en mars 1980 que sont utilisés, pour la première fois, officiellement, les mots « développement durable » ou plutôt « sustainable development », lorsque l’Union internationale de conservation de la nature lance sa « World conservation strategy: Living resources conservation for sustainable development » (Stratégie mondiale de la conservation : la conservation des ressources vivantes au service du développement durable)[11].

Les premiers mots de l’avant-propos de cette stratégie sont : « L’humanité, dans sa volonté de réaliser son développement économique et dans sa quête des richesses naturelles, doit accepter la réalité de la limitation des ressources et de la capacité de charge des écosystèmes, et tenir compte des besoins des générations futures. Tel est le message de la conservation. »

Cette stratégie est fondée sur trois axes principaux :

  • Le maintien des processus écologiques essentiels et des systèmes entretenant la vie (régénération et protection des sols, recyclage des nutriments, épuration naturelle des eaux).
  • La préservation de la diversité génétique dont dépendent le fonctionnement de la plupart de ces processus et systèmes, les programmes de sélection nécessaires à la protection et l’amélioration des plantes cultivées, des animaux domestiques et des micro-organismes, ainsi qu’au progrès scientifique et technique et à l’avenir des nombreuses industries utilisant les ressources vivantes.
  • L’utilisation durable des espèces et des écosystèmes (notamment la faune, dont les poissons, les forêts et les pâturages) dont sont tributaires des millions de communautés rurales aussi bien que de grandes industries.

En 2012, l'UICN envisage (avant 2025) une « Liste rouge » des écosystèmes vulnérables, menacés ou en danger critique dans le monde[12]. C'est une initiative testée et portée par un biologiste vénézuélien, Jon Paul Rodríguez, qui a travaillé sur l'importance des données locales[13] et les critères régionaux des listes rouges (2001).[14] Il a, par la suite, réalisé un classement pour les écosystèmes terrestres du Venezuela et a en 2011 publié[15] une liste argumentée de critères d'évaluation environnementale de la santé des écosystèmes et de hiérarchisation des menaces pour les écosystèmes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anciennement Union mondiale pour la nature, elle est également connue sous le nom anglais World Conservation Union, jadis International Union for Conservation of Nature and Natural Resources (IUCN).
  2. http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=RI_152_0029
  3. Données d'après le site Internet officiel de l'IUCN
  4. Voir Programme des Aires protégées
  5. N.N.: Ashok Khosla elected president of the IUCN, 13 Novembre, 2008.
  6. Source: [1]
  7. a, b, c, d, e, f et g Source: [2]
  8. Source: [3]
  9. Source: [4]
  10. Ouvrage publié par le WWF, l'UICN et le PNUD, voir Gérard Granier, Yvette Veyret, Développement durable — Quels enjeux géographiques ?, dossier no 8053, Paris, la Documentation française, 3e trimestre 2006 (ISSN 0419-5361), page 2.
  11. Catherine Vincent, « Les scientifiques veulent créer une "Liste rouge" des écosystèmes menacés », le Monde, 19.09.2012.
  12. J. P. Rodríguez, G. Ashenfelter, F. Rojas-Suárez…, Local data are vital to worldwide conservation - Nature, 2000
  13. Ulf Gärdenfors, Craig Hilton-Taylor, Georgina M. Mace, Jon Paul Rodríguez, The Application of IUCN Red List Criteria at Regional Levels ; Conservation Biology, volume 15, numéro 5, pages 1206–1212, octobre 2001 (résumé)
  14. Jon Paul Rodríguez & al. (2011), Establishing IUCN Red List Criteria for Threatened Ecosystems ; Conservation Biology ; volume 25, numéro 1, pages 21–29, février 2011 ; DOI : 10.1111/j.1523-1739.2010.01598.x (résumé)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) CPNAP avec l'assistance du WCMC, Lignes directrices pour les catégories de gestion des aires protégées, Gland, Suisse, et Cambridge, Royaume-Uni, UICN,‎ 1994, 261 p. (ISBN 978-2-8317-0201-8, LCCN 95113630, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]