Gaz fluoré

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Les gaz fluorés font partie de la catégorie des fluorocarbures (FC). Ce sont des gaz à effet de serre et/ou qui dégradent la couche stratosphérique d'ozone qui protège la vie terrestre d'un excès d'ultraviolets.

Typologie[modifier | modifier le code]

Ils sont communément classés en cinq catégories :

Il existe aussi d'autres catégories de gaz fluorés, moins présentes sur le plan environnemental :

Origine essentiellement anthropique[modifier | modifier le code]

À l’exception du chlorure de méthyle (CH3Cl) d’origine marine, tous les gaz de ces cinq catégories sont d’origine synthétique[1].

Impacts environnementaux[modifier | modifier le code]

Ces derniers, outre qu'ils détruisent l'ozone, agissent comme gaz à effet de serre (GES) et participent donc au réchauffement climatique de la planète.

Bien que ces gaz ne soient émis qu’en petites quantités (< 2 % des GES au Canada)[2], ils possèdent de très bonnes espérances de vie dans l’atmosphère, de sorte que leur potentiel de réchauffement planétaire (PRP - cent ans) est très élevé.

Ces gaz ont donc un effet durable dans l’atmosphère et leur accumulation suscite beaucoup d’intérêt auprès des groupes environnementaux.

Règlementation[modifier | modifier le code]

L’utilisation des CFC et des HCFC a été bannie lors du Protocole de Montréal (1987) en raison du fait que ces derniers avaient un effet néfaste sur la diminution de la couche d’ozone. La radiation de ces gaz par les rayons ultraviolets dans l’atmosphère libère du chlore radicalaire, ce dernier catalysant la décomposition de l’ozone (O3) en dioxygène (O2).

L’Union européenne a quant à elle émis un plan de régulation concret sur les gaz fluorés. Le règlement[3] adopté en mai 2006 impose en Europe des normes visant à réduire les émissions de certains GES fluorés. Les États-membres doivent veiller à assurer un meilleur confinement des gaz fluorés ainsi qu’à bannir certaines applications spécifiques de ces gaz. Le confinement inclut entre autres la nécessité de prendre toutes les mesures techniquement et économiquement possibles pour empêcher ou minimiser les fuites de ces gaz dans les appareils les utilisant, assurer une étanchéité maximale de ces appareils, que les systèmes contenant plus de trois kilogrammes de gaz fluorés soient registrés et que ceux contenant plus de trois cents kilogrammes de gaz fluorés soient équipés de systèmes de détection des fuites. Les autres mesures apportées par ce règlement incluent notamment l’étiquetage obligatoire des équipements et des produits contenant des gaz fluorés, une meilleure formation du personnel manipulant ces équipements, des normes de récupération lorsque possible ainsi que la mise en place d’un registre surveillant les utilisateurs de gaz fluorés.

Certaines restrictions d’usage et de commercialisation sont ou seront mises en place pour certaines applications des gaz fluorés, notamment l’interdiction du SF6 pour le remplissage des pneumatiques automobiles (juillet 2007) ainsi que pour le moulage sous pression du magnésium (janvier 2008)[4].

Cinq règlements[5] ont été adoptés le 2 avril 2008 en application du règlement (CE) no 842/2006 du 17 mai 2006 relatif à certains gaz à effet de serre fluorés (GESF).

Un sixième[6] établit le modèle notification des programmes de formation et de certification des États membres.

Alternatives ?[modifier | modifier le code]

Puisque les atomes de chlore présents dans les CFC et les HCFC sont responsables de l’effet destructeur sur la couche d’ozone, ces derniers ont été remplacés majoritairement par les HFC, des composés ne contenant que des atomes de carbone, de fluor et d’hydrogène (sans chlore). Les HFC n’étaient pratiquement pas utilisés avant la mise en application du Protocole de Montréal et leur utilisation se veut une bonne alternative par rapport aux CFC. De par le fait qu’ils ne contiennent pas d’atome de chlore, les PFC et le SF6 sont eux aussi non dangereux pour la couche d’ozone[7].

Une diminution des émissions de PFC et de SF6 a été observée un peu partout dans le monde entre 1990 et 2004 (-53 % au Canada et -47 % en France pour les PFC ; -40 % au Canada et -34 % en France pour le SF6)[8],[9],[10]. Une augmentation des émissions de HFC est toutefois observée (non quantifiée au Canada et estimée à +206 % en France)[11]. Cette nette augmentation est due au fait que les HFC n’étaient pratiquement pas utilisés avant le Protocole de Montréal (1987) et que la plupart des applications utilisant les CFC et les HCFC se sont tournées vers les HFC comme gaz de remplacements.

Les émissions de CFC sont aujourd’hui interdites et donc très fortement réduites, mais leur durée de vie dans l’atmosphère (variant de soixante à cent dix ans selon les composés) fait en sorte que ces derniers continueront d’agir comme GES pour encore un certain temps. Enfin, les émissions de HCFC sont actuellement en baisse nette et leur interdiction est progressivement mise en application selon le Protocole de Montréal. Au Canada, on estime qu’en 2010 les émissions de HCFC seront diminuées de 65 % par rapport à celles de 1996, diminuées de 90 % en 2015, de 99,5 % en 2020 et enfin complètement interdites en 2030[12].

Outre le Protocole de Montréal, diverses solutions ont été proposées pour diminuer les émissions des gaz fluorés. Le Protocole de Kyoto propose une réduction des émissions de GES de 5,2 % à l’échelle mondiale en 2012 par rapport aux niveaux enregistrés en 1990, ce qui implique entre autres des réductions de 6 % pour le Canada, de 7 % pour les États-unis, de 8 % pour l’Union européenne et de 6 % pour le Japon. Bien que les gaz fluorés font partie des six types de gaz visés par le Protocole de Kyoto (le CO2, le CH4, le N2O, les HFC, les PFC et le SF6), ce dernier ne présente aucune norme concrète quant à la régulation des gaz fluorés en particulier.

Il est important de réaliser que les gaz fluorés visés par le Protocole de Kyoto et par les divers organismes de protection de l’environnement ne doivent pas nécessairement être gérés selon les mêmes normes et quotas que le CO2 et les autres GES émis en plus grandes quantités. Les gaz fluorés sont produits pour des usages spécifiques et la majorité d’entre eux ne présentent aucune alternative ou solution de rechange, de sorte qu’il ne serait pas pertinent de forcer à restreindre sans retenue leurs émissions comme c’est le cas pour le CO2, qui lui est produit dans plusieurs vastes domaines et présente plusieurs solutions de rechange. De plus, les gaz fluorés utilisés dans l’industrie du froid offrent une efficacité énergétique impressionnante, à un tel point où l’émission de ces derniers dans l’atmosphère peut très bien être compensée par la réduction de consommation d’énergie qu’ils engendrent.

Nomenclature[modifier | modifier le code]

Ce modèle de nomenclature peut s’appliquer pour tout fluorocarbure (FC) de type CFC, HCFC, HFC et PFC.

La nomenclature des gaz fluorés suit le modèle de type XYZ-c0123b4a, où chacun des chiffres et lettres représentent :

XYZ : FC, CFC, HCFC, HFC ou PFC ;

c : composé cyclique ;

0 : nombre de liaisons doubles (omis si zéro) ;

1 : nombre d’atomes de carbone - 1 (omis si zéro) ;

2 : nombre d’atomes d’hydrogène + 1 ;

3 : nombre d’atomes de fluor ;

b4 : nombre d’atomes de chlore remplacés par des atomes de brome (omis si zéro) ;

a : lettre ajoutée pour identifier les isomères.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CITEPA - Sources de pollution
  2. Environment Canada - GHG - Rapport d'inventaire national 1990-2004 - Sources et puits de gaz à effet de serre au Canada
  3. Règlement
  4. SCADPlus : Réduction des gaz à effet de serre fluorés
  5. Règlements (CE) n° 303/2008 du 2 avril 2008(JOUE L 92 du 3 avril 2008) ; Règlement (CE) n° 304/2008 du 2 avril 2008 (JOUE L 92 du 3 avril 2008) ; Règlement (CE) no 305/2008 du 2 avril 2008 (JOUE L 92 du 3 avril 2008) ; Règlement (CE) no 306/2008 de la Commission du 2 avril 2008 (JOUE L 92 du 3 avril 2008), Règlement (CE) no 307/2008 de la Commission du 2 avril 2008 (JOUE L 92 du 3 avril 2008) ; établissant respectivement des prescriptions minimales et portant sur la reconnaissance mutuelle de la certification des entreprises et du personnel travaillant sur 1°) les équipements fixes de réfrigération, climatisation, pompe à chaleur ; 2°) les systèmes de protection contre l'incendie et les extincteurs contenant certains gaz fluorés, 3°) les appareillages de connexion à haute tension, 4°) la récupération de certains solvants à base de gaz à effet de serre fluorés contenus dans des équipements, 4°) récupérer certains solvants à base de gaz à effet de serre fluorés contenus dans des équipements, 5°) la climatisation de certains véhicules à moteur contenant certains de ces gaz.
  6. Règlement (CE) n° 308/2008 de la Commission du 2 avril 2008 établissant un modèle de notification des programmes de formation et de certification des États membres (JOUE L 92 du 3 avril 2008).
  7. U.S. EPA: Class I Ozone-Depleting Substances
  8. Rapport d'inventaire national 1990-2004 - Sources et puits de gaz à effet de serre au Canada
  9. CITEPA - Données annuelles nationales - GES - PFC
  10. CITEPA - Données annuelles nationales - GES - SF6
  11. CITEPA - Données annuelles nationales - GES - HFC
  12. HCFC Phase-out