Martial de Guernon-Ranville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Martial de Guernon-Ranville
Illustration.
Fonctions
Ministre
Biographie
Lieu de naissance Caen
Lieu de décès Château de Guernon-Ranville

Le comte Martial Côme Annibal Perpétue Magloire de Guernon-Ranville, né à Caen le et mort au château de Guernon-Ranville le est un magistrat et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille de vieille noblesse normande, fils d’un officier des mousquetaires noirs, Martial de Guernon-Ranville s’engagea en 1806 aux vélites de la garde impériale ; mais il fut réformé pour cause de myopie. Après des études à Paris, il se fit recevoir en 1813 avocat au barreau de Caen[1]. Il salua avec enthousiasme le retour des Bourbons, s’engagea aux Cent-Jours dans une compagnie de jeunes volontaires qui devaient combattre « l’usurpateur », mais se contenta d’aller à Gand avec sa compagnie de volontaires, monter la garde auprès de Louis XVIII.

Son dévouement ne fut récompensé qu’en 1820 par une nomination aux fonctions de président du tribunal civil de Bayeux. Il fut ensuite avocat général à Colmar, procureur général à Limoges (1822), à Grenoble (1826), à Lyon (1829). Dans son discours d’installation dans cette dernière ville, il se déclara nettement « contre-révolutionnaire ».

Le 18 novembre 1829, il fut appelé, dans le ministère Polignac, à prendre la succession de Montbel comme Ministre secrétaire d’État au département des Affaires ecclésiastiques et de l’Instruction publique, Grand maître de l’Université. Durant son passage au ministère, il s’efforça d’améliorer la situation des instituteurs et fit rendre, le 14 février 1830, une ordonnance étendant le bénéfice de l’instruction primaire à toutes les communes du royaume.

Le 2 mars 1830, il fut élu député par le collège de département de Maine-et-Loire[2] en remplacement de François Régis de La Bourdonnais, nommé pair de France. Il combattit le projet d’adresse des 221 tandis que, au conseil des ministres, il s’élevait contre la dissolution et se prononçait nettement, dans la discussion sur les ordonnances, contre les mesures extrêmes.

Il fut réélu député le 19 juillet 1830[3]. Il signa les ordonnances du 25 juillet, moins par conviction que pour ne pas se séparer de ses collègues. Le 29, il repoussa toute idée de transaction avec l’insurrection. Après le départ de la famille royale, il partit pour Tours et fut arrêté aux portes de cette ville et conduit au fort de Vincennes dans la nuit du 25 au 26 août. Lors du procès des ministres de Charles X devant la cour des pairs, il fut défendu par Adolphe Crémieux et condamné à la prison à perpétuité. Incarcéré pendant cinq ans au fort de Ham, il en sortit le 23 novembre 1836 à la faveur de la grâce collective décidée à l’instigation du premier ministère Molé et se retira au château de Guernon-Ranville près de Caen.

Il se tint alors à l'écart de la vie politique, mais participa activement à la vie culturelle caennaise en tant que membre de l'académie des sciences, arts et belles-lettres à partir de 1841, de la Société d'horticulture et de la société d'agriculture et de commerce[1].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Claude Quétel, « Un Caennais, ministre de Charles X », Annales de Normandie, 1981, Volume 31, no 31-2, pp. 189-197
  2. 185 voix sur 309 votants et 357 inscrits contre 122 à Antoine Lefebvre de Vatimesnil
  3. 193 voix sur 354 votants et 387 inscrits

Sources[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]