Partenariat Euromed

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Partenariat Euromed
Image illustrative de l'article Partenariat Euromed
Description Volet de la politique européenne de voisinage
Création
(10 ans 7 mois et 28 jours)
Membres Drapeau de l'Algérie Algérie
Drapeau de la Palestine Autorité palestinienne
Drapeau de l'Égypte Égypte
Drapeau d’Israël Israël
Drapeau de la Jordanie Jordanie
Drapeau du Liban Liban
Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau de la Syrie Syrie
Drapeau de la Tunisie Tunisie
Drapeau de la Turquie Turquie
Drapeau de l’Union européenne Union européenne
Compléments
Site internet Service européen pour l'action extérieure

Le Partenariat Euromed, dit aussi Processus de Barcelone, a été institué en 1995 à Barcelone, à l'initiative de l'Union européenne (UE) et de dix autres États riverains de la mer Méditerranée (Algérie, Autorité palestinienne, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie et Turquie). L'Albanie et la Mauritanie sont membres de l'Euromed depuis 2007. EUROMED rassemble, désormais, les 28 États membres de l'UE et douze États du sud de la Méditerranée. La Libye a un statut d'observateur depuis 1999 ; depuis 2004 et la normalisation de ses relations avec l'UE, cette dernière prépare son intégration à moyen terme.

Historique[modifier | modifier le code]

Le processus de Barcelone a été lancé en novembre 1995 et a donné naissance à une alliance reposant sur les principes de « paix, de stabilité et de prospérité, grâce au renforcement du dialogue politique et de sécurité, de la coopération économique, financière, sociale et culturelle »[1]. La déclaration de Barcelone, faite à l'issue du sommet constitutif, énonce les principaux objectifs de ce partenariat : construire ensemble un espace de paix, de sécurité et de prospérité partagée. Pour y parvenir, elle prévoit des actions dans les domaines politique, économique, financier, culturel et social[1]. Euromed est fondé sur les rapports de paix entre ces États qui ont des intérêts communs ainsi qu'un long passé d'échanges mutuels. Au niveau économique, le processus vise à l'instauration d'un marché de libre-échange en 2010. Cet objectif a été réaffirmé lors du sommet de Barcelone de 2005. En 2005, l'immigration et la lutte contre le terrorisme sont devenus les domaines prioritaires du partenariat[1].

Le processus de Barcelone est une politique régionale et multilatérale de partenariat associant les États des deux rives de la mer Méditerranée. La politique européenne de voisinage (PEV), instaurée en 2004, vise à compléter et renforcer le processus de Barcelone au moyen de plans d'action bilatéraux convenus avec tous les pays partenaires (dans ou hors Euromed).

L'UE a soutenu le processus de Barcelone à hauteur de 16 milliards d'euros entre 1995 et 2007. Les dix partenaires de l'UE bénéficient, à travers le programme MEDA, de fonds de la Banque européenne d'investissement, pour un montant d'environ 2 milliards d'euros par an.

Nicolas Sarkozy, alors président de la République française a émis l'idée, le 6 mai 2007, de créer une Union pour la Méditerranée. Après des négociations difficiles avec les autres États membres de l'UE, l'initiative baptisée « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée » a été lancée par l'UE, à Paris, le 13 juillet 2008. Elle vise à donner un nouveau souffle au partenariat, en le dotant d'une gouvernance plus équilibrée et en renforçant sa visibilité.

Relations avec des pays bénéficiant d'un partenariat[modifier | modifier le code]

La diplomatie et la coopération trans-méditerranéenne ont permis de développer deux types de partenariats, en fonction du degré des relations et des discussions propres à chaque pays :

  • Les États bénéficiant d'un statut avancé doivent en contrepartie d'une aide financière destinée à leur développement, répondre à des objectifs de convergence politique et économique avec l'Union européenne[2], par ailleurs, cette coopération est assortie de multiples contraintes telles que le respect des droits de l'homme, la liberté de paroles et le respect des accord internationaux[3].
  • Les accords de coopération sont moins avancés et ne concernent en priorité que les échanges commerciaux et les flux financiers[Notes 1].
État bénéficiant d'un statut avancé
Date de la décision Dénomination officielle Capitale Langue(s) officielle(s) Monnaie
Drapeau du Maroc Maroc Janvier 2000[Notes 2] المملكة المغربية (Al-Mamlakah Al-Maġribyiah) Rabat arabe, berbere dirham (MAD)
Drapeau de la Tunisie Tunisie Novembre 2012[Notes 3] الجمهورية التونسية (République tunisienne) Tunis (ar) arabe dinar (TND)
États bénéficiant d'un accord de coopération
Date de la décision Dénomination officielle Capitale Langue(s) officielle(s) Monnaie
Drapeau d’Israël Israël Avril 2000[Notes 4] מְדִינַת יִשְׂרָאֵל (Medīnat Yisra'el),دولة اسرائيل (Dawlate Isrā'īl) Tel Aviv[Notes 5] (he) hébreu, (ar) arabe shekel (ILS)
Drapeau de la Jordanie Jordanie Mars 2002[Notes 6] المملكة الأردنّيّة الهاشميةّ (Royaume hachémite de Jordanie) Amman (ar) arabe dinar (JOD)
Drapeau de l'Égypte Égypte Avril 2004[Notes 7] جمهوريّة مصر العربيّة (République arabe d'Égypte) Le Caire arabe livre (EGP)
Drapeau de l'Algérie Algérie Juillet 2005[Notes 8] الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية (République algérienne démocratique et populaire) Alger arabe, berbere dinar (DZD)
Drapeau du Liban Liban Février 2006[Notes 9] لبنان (Loubnan) Beyrouth (ar) arabe livre (LBP)

Critiques[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du volet culture du partenariat Euromed, des députés au Parlement européen, emmenés par les socialistes Françoise Castex et Vincent Peillon ont demandé à la Commission européenne, à travers une pétition au parlement européen lancée au mois d'avril 2011, la création d'un « Erasmus Euromed ». En d'autres termes, il s'agirait de créer des programmes universitaires « Erasmus » et « Leonardo da Vinci » euro-méditerranéens.

Selon les députés, l'Europe doit accompagner les pays arabes « sur le chemin de la démocratie en proposant des initiatives fortes qui répondent aux besoins de ces pays et concrétisent la solidarité entre les deux rives de la Méditerranée ». Ils font par ailleurs valoir que seuls 200 étudiants de la Méditerranée participent chaque année au programme Erasmus Mundus, ce qui, selon Vincent Peillon est très insuffisant, « au regard des enjeux et rapporté à la population de la région (450 millions d'habitants) ». Pour Françoise Castex, le cadre de cet échange doit évoluer car « dépassé par les événements ». En outre, l'accent doit être également mis sur « les questions de formations professionnelles », jugées essentielles pour le développement démocratique et économique de ces pays[4].

Cette déclaration écrite a été adoptée le 27 septembre 2011 par 389 députés européens[5] ; elle a été transmise à la Commission européenne et aux États membres.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Déclaration de Barcelone et partenariat euro-méditerranéen », sur EUR-Lex,‎ (consulté le 26 mars 2016) : « La présente déclaration est l'acte fondateur d'un partenariat global entre l'Union européenne (UE) et douze pays du Sud de la Méditerranée. Ce partenariat vise à faire de la Méditerranée un espace commun de paix, de stabilité et de prospérité, grâce au renforcement du dialogue politique et de sécurité, de la coopération économique, financière, sociale et culturelle. », Journal officiel n° C 017 du 22/01/1996 p. 0178.
  2. Déclaration de l'Union européenne concernant le statut avancé du Maroc, Luxembourg, le .
  3. Avancées et problèmes rencontrés dans le partenariat UE-Maroc, .
  4. Communiqué de presse de la Délégation socialiste française au Parlement européen appelant à la création d'un partenariat Erasmus-Euromed.
  5. Procès-verbal de l'adoption

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]