Erasmus

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Programme Erasmus
Image illustrative de l'article Erasmus

Région Union européenne, Espace économique européen, Turquie
Création 1987
Type programme d'échange d'étudiants et d'enseignants
Budget 415,28 millions d'euros[1]2011
Membres 33 pays
2 982 établissements[1]2011
Site web www.erasmusplus.fr

Le programme Erasmus (EuRopean Action Scheme for the Mobility of University Students) est un programme d'échange d'étudiants et d'enseignants entre les universités, les grandes écoles européennes et des établissements d'enseignement à travers le monde entier[2]. Ce programme fait partie de l'Espace européen de l'enseignement supérieur[3]. C'est un sous-ensemble du programme Éducation et Formation tout au long de la vie (EFTLV) / Lifelong Learning (LLL)[4]. Le nom du programme vient du moine humaniste et théologien néerlandais Érasme (1469-1536).

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du projet[modifier | modifier le code]

Pour améliorer l’image de la Communauté Européenne, le Conseil Européen de Fontainebleau a créé les 25-26 juin 1984 le Comité ad hoc de l'Europe des Citoyens. Ce Comité a formulé, au départ de son mandat, une série de suggestions couvrant notamment le secteur de l’enseignement[5]. On y trouve au passage 5,6 consacré à la coopération universitaire les idées qui sont à la base du projet Erasmus[6],  soit : (1) l’intention de favoriser la connaissance pratique de deux langues en plus de leur langue maternelle, (2) à cette fin la mise en place d’un programme interuniversitaire approfondi d’échanges et d’études, (3) visant à faire bénéficier de cette possibilité une partie significative de la population estudiantines dans la Communauté (4) et cela au cours de leur période de scolarité obligatoire.

L’ensemble des deux rapports de ce Comité a été approuvé par le Conseil de Milan des 28 et 29 juin 1985. Il appartenait aux instances de la Communauté, en liaison avec les Universités, de mettre en place un tel programme.

C’est donc au départ des suggestions de ce Comité que le programme Erasmus a pu être adopté en 1987 avec un budget de 85 millions d'écus pour la période 1987-1989.

Ce Comité était composé de membres désignés par les chefs d’État et de gouvernement. Chaque membre proposait des suggestions qui étaient ensuite mises au point par l’ensemble du Comité. Le membre qui avait formulé les suggestions qui précèdent était M. Prosper Thuysbaert, diplomate, professeur de la KULeuven et ancien conseiller diplomatique du Premier Ministre Belge Wilfried Martens.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom du programme vient du moine humaniste et théologien néerlandais Érasme (1465-1536). Ce dernier a voyagé durant de nombreuses années à travers l'Europe pour s'enrichir des différentes cultures et développer son humanisme. Erasmus est un rétroacronyme signifiant à l'origine « EuRopean Community Action Scheme for the Mobility of University Students »[7] (« Programme d'action européen pour la mobilité des étudiants ») et aujourd'hui « European Region Action Scheme for the Mobility of University Students »[8].

Création[modifier | modifier le code]

Le programme Erasmus a été adopté en 1987[9] avec un budget de 85 millions d'écus pour la période 1987-1989. Avec Erasmus, les étudiants peuvent effectuer une partie de leurs études dans un autre établissement scolaire européen, pendant trois mois au minimum ou un an au maximum. A sa création, le programme compte 11 pays participants (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni). De sa création jusqu'en 2013, ce programme a permis à 3 millions d'étudiants de participer à des échanges universitaires entre pays européens partenaires[10],[11].

En 1995, le programme Erasmus s'est ouvert aux apprentis[12].

De 2003 à 2004 le nombre d'étudiants s'est élevé de 9 % et en 2005, 145 000 étudiants ont participé au programme, ce qui représente 1 % de la population européenne de ce groupe social. Une extension du programme Erasmus appelée Erasmus mundus ouverte à tous les pays du monde est mise en œuvre à partir de la rentrée universitaire 2004/2005.

En 2004, le programme d'échange Erasmus de l'Union européenne est récompensé par le Prix Princesse des Asturies de la Coopération Internationale en 2004 pour être l'un des programmes d'échange culturel les plus importants de l'histoire de l'humanité.

Parmi les destinations proposées aux étudiants, l'Espagne se classait première en 2008[13]. En novembre 2013, le Gouvernement espagnol a essayé de modifier les conditions d'accès à l'aide Erasmus +, ce qui à entraîné une mobilisation importante, notamment à Reims[14]. En France, le programme Erasmus + fait suite au programme Erasmus, à compter du 1er janvier 2014.

En octobre 2017, la ministre française de la culture Françoise Nyssen lance l'idée de créer un « Erasmus de la culture » destiné aux employés de musées en Europe[15],[16].

Exception suisse[modifier | modifier le code]

Suisse jusqu'en février 2014. À la suite de l'acceptation de l'initiative populaire « Contre l'immigration de masse » demandant l’instauration de quotas aux européens pour travailler dans la Confédération, le programme a été suspendu par l'UE[17]. Suite à cela, le Conseil fédéral a mis en place un dispositif transitoire pour Erasmus+, permettant la participation de la Suisse au programme européen de mobilité académique[18]. En septembre 2016, ce programme a été prolongé jusqu’à fin 2017[19]. Entre 2001 et 2012, la Confédération a délivré 22 363 bourses Erasmus à des étudiants d'université suisse en partance pour l'UE. Dans le même temps, la Suisse a accueilli 24 261 étudiants européens dans ses universités, les Allemands étaient les plus nombreux, suivis des Espagnols et des Français[20].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Programme[modifier | modifier le code]

Le programme Erasmus permet d'améliorer et d'augmenter la mobilité étudiante et enseignante, ainsi que la transparence et la compatibilité des qualifications dans l'enseignement supérieur et la formation professionnelle supérieure en Europe. Les avantages principaux de ce programme sont l'exonération des droits de scolarité de l'université d'accueil, la reconnaissance formelle de la partie des études effectuées à l'étranger, ainsi que le maintien des bourses, prêts et couverture sociale du pays de l'université expéditrice. Afin de valider sa période d'étude à l'étranger, l'étudiant doit choisir un programme d'étude qui fait partie intégrante du programme qu'il suit dans son université d'origine. De plus, l'étudiant concerné doit avoir achevé sa première année d'étude universitaire. Enfin, un contrat d'étude est signé avant le départ de l'étudiant qui fixe la liste des matières qu'il devra suivre, ainsi que le nombre d'ECTS correspondant à sa période de mobilité. Afin de valider sa période d'étude à l'étranger, l'étudiant devra alors obtenir l'ensemble des ECTS prévus dans son contrat pédagogique.

Erasmus + assure les fonctions suivantes :

  • Soutien à la mobilité, l'action la plus connue du programme. Il existe trois types d'aides financières pour les étudiants Erasmus :
    • La bourse communautaire Erasmus qui est réservée aux étudiants Erasmus, et dont l'attribution est accordée à tous les étudiants, boursiers ou non. Cette aide dépend du montant accordé pour vivre dans un pays ou dans un autre, et doit être faite auprès de l'établissement d'accueil. Elle est comprise entre 110 et 180 euros pour l'année 2012/2013, en fonction du coût de la vie dans le pays de destination[réf. nécessaire].
    • Le complément Erasmus et/ou une bourse de mobilité qui, en France, ne sont attribués qu'aux étudiants boursiers et représentent en moyenne 400 euros. Cette demande de bourses doit aussi être faite auprès de l'établissement d'origine.
    • D'autres aides existent et dépendent de la région d'origine, et du Conseil régional. Elles peuvent être, ou non, cumulables avec le complément Erasmus et une bourse de mobilité.
  • Soutien à la coopération en matière d'innovation et d'échanges de bonnes pratiques : Partenariats stratégiques, projets de coopération de grande ampleur.
  • Soutien à la réforme des politiques en matière d'éducation, de formation et de jeunesse : Initiatives prospectives, coopération avec la société civile, dialogue structuré

En France, la mise en œuvre du programme Éducation et formation tout au long de la vie (EFLTV), dont fait partie Erasmus, est confié à l'agence Europe-Éducation-Formation France. L'agence Europe-Éducation-Formation France devient Agence Erasmus + France / Éducation Formation et continue la mise en œuvre du programme pour la France.

Pays concernés[modifier | modifier le code]

Le programme Erasmus est à ce jour ouvert :

Budget[modifier | modifier le code]

Le budget européen prévu pour la période 2007 à 2013 est de 3,1 milliards d'euros[21]. La Commission européenne propose fin 2011 une augmentation budgétaire d’environ 64 % par rapport au budget actuel sur sept ans, soit une affectation de 19 milliards d’euros au nouveau programme pour la période 2014-2020[22]. Finalement, le budget est 1,1 milliards d'euros par an mais en 2012 la cessation de paiements se profile, les États contributeurs n'ayant versé que 900 millions[23]. Finalement, une augmentation de 40 % est actée : un total de 14,7 milliards d'euros est attribué au nouveau programme, baptisé Erasmus+[24],[25] (ce qui représente environ 1,5 % du budget global de l'Union européenne[26]).

En décembre 2017, la Commission européenne vote une hausse de budget important pour le programme Erasmus +. En France, le budget annuel passe de 163,7 millions à 196,7 millions d’euros, une hausse de 20 %[27].

Données sur les bénéficiaires[modifier | modifier le code]

Étudiants[modifier | modifier le code]

Évolution du nombre d'étudiants bénéficiant annuellement d'un échange
1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996
3 244[28] 9 914[28] 19 456[28] 27 906[28] 36 314[28] 51 694[28] 62 362[28] 73 407[28] 84 642[28] 79 874[28]
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
85 999[28] 97 601[28] 107 666[28] 111 092[28] 115 432[28] 123 957[28] 135 586[28] 144 037[28] 154 421[28] 159 324[28]
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
182 697[28] 198 523[28]
(28.283 Français)[27]
213 266[28]
(30.213 Français)[27]
231 408[28]
(31.747 Français)[27]
252 827[28]
(33.269 Français)[27]
267 547[28]
(35.311 Français)[27]
272 497[28]
(36.759 Français)[27]
(39.987 Français)[27] (40.910 Français)[27] 303 880
(40.910 Français)[27]

Enseignants[modifier | modifier le code]

Évolution du nombre d'enseignants bénéficiant annuellement d'une mobilité
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
7 797[29] 10 605[29] 12 465[29] 14 356[29] 15 872[29] 16 934[29] 18 496[29] 20 877[29] 23 462[29] 25 808[29]
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 - - -
27 157[28] 28 615[28] 29 031[28] 31 620[28] 33 318[28] 36 071[28] 38 108[28] - - -

L'expérience Erasmus[modifier | modifier le code]

Des étudiants Erasmus issus de sept pays différents, à Linköping en Suède.

Pour les étudiants, les programmes d'échange Erasmus et Erasmus Mundus offrent l'opportunité de vivre pour la première fois dans un pays étranger. Le programme permet l'apprentissage de la culture et des coutumes du pays d'accueil, et le sentiment communautaire entre les étudiants de divers pays. Les "soirées Erasmus", qui sont organisées dans les villes d'accueil, sont connues dans le milieu universitaire de toute l'Europe comme étant des événements animés et multilingues.

L'importance que possède ce programme a dépassé le monde académique européen, en étant reconnu comme un élément important favorisant la cohésion et la connaissance de l'Union européenne auprès de la population jeune. Cela a conduit à utiliser le terme de « génération Erasmus » pour qualifier ces étudiants universitaires qui, au travers de cette expérience, ont créé des liens d'amitié internationaux et possèdent une évidente conscience de citoyenneté européenne. Ce phénomène est au centre du film L'auberge espagnole, l'histoire de six étudiants Erasmus de divers pays pendant leur séjour à Barcelone en Espagne dans un appartement en collocation.

En 2014, une étude de la Commission européenne révèle qu'un étudiant Erasmus sur 4 a rencontré son conjoint ou partenaire actuel lors de son programme Erasmus, et que depuis 1987, 1 millions de naissances ont été le fruit de ces rencontres[30]. Quelques jours plus tard, un article de Libération démonte les chiffres extrapôlés de la Commission européenne et fait remarquer que les mêmes chiffres révèlent surtout une majorité de célibataires parmi les anciens étudiants Erasmus[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Olivier Rollot, « Où en est le programme Erasmus ? », Il y a une vie après le bac, 23 juillet 2012, consulté sur orientation.blog.lemonde.fr le 24 juillet 2012
  2. « Qui peut participer? - Erasmus+ - European Commission », sur Erasmus+ (consulté le 17 mars 2017)
  3. L'espace européen de l'enseignement supérieur : Les grands programmes Erasmus, Jean Monnet, Erasmus Mundus
  4. programme Éducation et Formation Tout au Long de la Vie (EFTLV)/Lifelong Learning (LLL)
  5. "L'Europe des citoyens", Rapports du comité ad hoc, Bulletin des Communautés Européennes, Supplément 7/85, Office des Publications Officielles des Communautés Européennes, 1985
  6. Rapport du Comité Adonnino.
  7. (en) ET-ERASMUS - European Community action scheme for the mobility of university students (ERASMUS), 1987-1995, site de l'Union européenne.
  8. (en) Erasmus+: the EU's biggest success story, site de l'Union européenne
  9. En 1987, Franck Biancheri qui vient de fonder deux ans plus tôt le réseau AEGEE, convainc François Mitterrand de soutenir le financement d'ERASMUS
  10. (fr) Erasmus, le bien nommé, dossier de la chaîne de télévision Arte
  11. 10 chiffres sur le programme Erasmus +, www.touteleurope.eu, 10 janvier 2017 (consulté le 11 janvier 2018)
  12. Leïla de Comarmond, Des propositions pour faire décoller l'Erasmus de l'apprentissage, www.lesechos.fr, 4 janvier 2017 (consulté le 11 janvier 2018)
  13. Erasmus : Tout sur le programme d'échange et les bourses, www.digischool.fr, 7 février 2016 (consulté le 10 janvier 2018)
  14. À Reims, les étudiants espagnols moins à la fête, www.lhebdoduvendredi.com, 6 novembre 2013 (consulté le 10 janvier 2018)
  15. Françoise Nyssen : "Faire l’Europe par la culture", www.culturecommunication.gouv.fr, 11 octobre 2017 (consulté le 10 janvier 2018)
  16. Un « Erasmus de la culture » pour raviver le projet européen, www.buzz-europa.com, 5 novembre 2017 (consulté le 10 janvier 2018)
  17. Les étudiants et chercheurs suisses, privés de bourse par l’Union européenne
  18. Nicolas Dufour, « Les étudiants suisses auront leur Erasmus parallèle », sur Le Temps, (consulté le 27 janvier 2017)
  19. Nicolas Dufour, « Les étudiants bénéficieront de l'Erasmus suisse l'année prochaine », sur Le Temps, (consulté le 27 janvier 2017)
  20. La Suisse, terre d'accueil pour les étudiants du programme Erasmus, RTS, consulté le 27 février 2014.
  21. Questions fréquemment posées sur Erasmus, europa.eu, 27 novembre 2012 (consulté le 10 janvier 2018)
  22. Erasmus pour tous: cinq millions de bénéficiaires potentiels, europa.eu, 23 novembre 2011 (consulté le 10 décembre 2018)
  23. K.M. et O.M., « Erasmus frôle la cessation de paiements », Challenges, no 319,‎ , p. 32 (ISSN 0751-4417)
  24. « Commission européenne - Communiqués de presse - Communiqué de presse - Mme Vassiliou présente Erasmus+ en France », sur europa.eu, (consulté le 20 mars 2015)
  25. « Le programme de mobilité Erasmus+ », sur Toute l'europe.eu (consulté le 23 février 2017)
  26. 960 milliards d'euros (association Bourgogne Franche-Comté Europe)
  27. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Claire Ané, Les bourses Erasmus + pour partir à l’étranger seront plus nombreuses et plus élevées en 2018, www.lemonde.fr, 12 décembre 2017 (consulté le 11 janvier 2018)
  28. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Erasmus teacher mobility 1997/1998 - 2007/08, Commission européenne, éducation et formation, consulté sur ec.europa.eu le 26 octobre 2010
  29. Un million de bébés nés grâce à Erasmus depuis 1987, www.liberation.fr, 22 septembre 2014 (consulté le 11 janvier 2018)
  30. Marie Piquemal, Noémie Destelle, Un million de bébés Erasmus, vraiment ?, www.liberation.fr, 25 septembre 2014 (consulté le 11 janvier 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jordan Goulet, "La vie Erasmus vue de l'intérieur : Le Guide pour les étudiants, leurs parents et les curieux", (culture et société), Les Editions du Net, 2016, 166p.
  • Ballatore, Magali. Erasmus et la mobilité des jeunes européens (Éducation et société), Presses universitaires de France, 2010. 978-2130581260. 204 p. http://hdl.handle.net/2078/125473
  • Annick Bonnet, La mobilité étudiante Erasmus : Apports et limites des études existantes, Sèvres, Centre international d’études pédagogiques, , 52 p. (lire en ligne)
  • Magali Ballatore et Thierry Blöss, « L'autre réalité du programme Erasmus : affinité sélective entre établissements et reproduction sociale des étudiants », Formation emploi, no 103,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]