Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

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Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
Situation
Création 1988
Type organe intergouvernemental créé par l'ONU
Siège Drapeau de la Suisse Genève (Suisse) au siège de l'Organisation météorologique mondiale
Langue anglais
Budget 6 millions d'euros (en 2018)
Organisation
Membres 195 états-membres de l'ONU
Effectifs Bureau : 36 membres dont un président et trois vice-présidents
Dirigeant Hoesung Lee (depuis 2015)
Personnes clés Bert Bolin (fondateur)

Site web www.ipcc.ch

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) — en anglais IPCC pour Intergovernmental Panel on Climate Change — est un organisme intergouvernemental, ouvert à tous les pays membres de l'ONU.

Ce groupe, créé en 1988, suite à une initiative politique de nature internationale, dépend de l’organisation météorologique mondiale (OMM) et du programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), « a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au réchauffement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. »[1].

Bien que contestées, notamment pour des raisons essentiellement politiques, « les évaluations de ce groupe sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue. »

Historique[modifier | modifier le code]

Le GIEC a été créé suite à la pression effectuée auprès de l'ONU par le Président américain Ronald Reagan et la première ministre britannique Margaret Thatcher (photo)

Création[modifier | modifier le code]

Le GIEC a été créé en novembre 1988[2], à la demande du G7[3], par deux organismes de l’ONU : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)[4].

La décision du G7 avait été prise sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, afin d'empêcher une agence de l’ONU, soupçonnée de militantisme écologique, de mettre la main sur l’expertise climatique[5].

Le météorologiste suédois Bert Bolin a joué un rôle important lors de sa création et l'a dirigé de 1988 à 1997[6]. Les autres membres fondateurs sont le canadien Maurice Strong et le britannique John T. Houghton (en)[7].

Historique de l'activité[modifier | modifier le code]

En trente ans, de 1988 à 2018, le GIEC a émis plusieurs rapports d'évaluation, dont le deuxième rapport d’évaluation, publié en 1995 et qui a fourni aux négociateurs d’importants documents avant l’adoption du protocole de Kyoto en 1997. Le troisième rapport d’évaluation a été publié en 2001 et le quatrième en 2007.

Suite aux menaces de baisse de financement de la part du nouveau président des États-Unis élu en 2016, le gouvernement Français a annoncé, en mars 2018, d'augmenter sa contribution au GIEC d'un million d'euros par an ce qui porte son soutien à hauteur de 15% des contributions des Etats au GIEC[8].

Récompense[modifier | modifier le code]

En 2007 le prix Nobel de la paix a été attribué au GIEC et conjointement à Al Gore[9], l'année qui suivit la diffusion du film An Inconvenient Truth, documentaire présentant les effets dramatiques du réchauffement climatique sur la planète.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le GIEC a pour mandat d'évaluer, sans parti pris et de manière méthodique, claire et objective, les informations scientifiques, techniques et socio-économiques disponibles en rapport avec la question du changement du climat. Le GIEC travaille à rendre compte des différents points de vue et des incertitudes, tout en dégageant clairement les éléments qui relèvent d'un consensus de la communauté scientifique. Il a donc pour mission d'« établir régulièrement une expertise collective scientifique sur le changement climatique[10]. »

Le GIEC n'est donc pas un organisme de recherche, mais un lieu d'expertise visant à synthétiser des travaux menés dans les laboratoires du monde entier[11], en fonction d'un problème précis, pour lequel les États l'ont mandaté.

Selon Valérie Masson-Delmotte, chercheuse française en paléoclimatologie au Commissariat à l'Énergie atomique et aux Énergies alternatives (CEA) et co-présidente du groupe de travail no 1 :

« Le Giec ne fait pas ses propres projections, il évalue celles publiées par la communauté scientifique. »

Deux communautés travaillent donc en parallèle au sein du groupe, d'une part, les climatologues qui tentent simuler simuler l’évolution du climat et, d'autre part, les socio-économistes qui tentent de simuler l’évolution des activités humaines[12].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le secrétariat du GIEC se situe au sein du bâtiment de l'organisation météorologique mondiale à Genève, en Suisse, lieu ou se déroula la première session de séance plénière du GIEC

Séances plénières[modifier | modifier le code]

Selon le site officiel de l'IPCC/GIEC, le groupe se réunit en sessions de séances plénières avec comme membres les représentants des gouvernements de tous les pays adhérents à l'ONU, chaque membre comptant pour une voix.

En 2018, le GIEC compte 195 membres qui se réunissent généralement une fois par an. Des centaines de fonctionnaires et d’experts de différents ministères, et d'instituts de recherche compétents des pays membres ainsi que des organisations observatrices assistent à ces sessions .

En 2018, le GIEC compte 152 organisations observatrices . Les décisions majeures sont prises par le groupe lors de la session plénière, telles que (à titre d'exemple)[13].

  • l'élection du président, des membres du bureau du GIEC et du bureau du groupe de travail;
  • la structure et le mandat des groupes de travail;
  • les principes et les procédures du groupe ;
  • le plan de travail du groupe ;
  • le budget et l'organisation budgétaire du groupe;
  • la portée et les grandes lignes des rapports émis par le groupe, ainsi que l'approbation, l'adoption et l'acceptation des rapports.

Le GIEC fait appel à des centaines d’experts éminents, spécialistes des divers domaines traités dans ses rapports, qui consacrent du temps à établir des évaluations en tant qu’auteurs coordonnateurs principaux et auteurs principaux. Des centaines d’autres experts apportent des contributions ponctuelles en qualité d’auteurs collaborateurs et formulent des observations sur les chapitres en qualité d’examinateurs. Ces experts sont sélectionnés par appel à candidatures lancés auprès des gouvernements et des organisations ayant le statut d’observateur auprès du GIEC ; des curriculum vitæ détaillés sont ensuite remis et les auteurs sont sélectionnés en fonction de leurs compétences. Le GIEC s’efforce de réunir des équipes d’auteurs représentatives de la diversité des points de vue et des qualifications scientifiques, techniques et socio-économiques[14].

Calendrier des différentes sessions plénières du GIEC, depuis sa création, jusqu'en 2018[15] 
  • 1re session : Genève (Suisse) du 9 au 11 novembre 1988
  • 2e session : Nairobi (Kenya), du 26 au 30 juin 1988
  • 3e session : Washington DC (États-Unis), du 05 au 07 février 1989
  • 4e session : Sundsvall (Suède), du 27 au 30 août 1990
  • 5e session : Genève, du 13 au 15 mars 1991
  • 6e session : Genève, du 29 au 31 octobre 1991
  • 7e session : Genève, du 10 au 12 févier 1992
  • 8e session : Harare (Zimbabwe), du 11 au 13 novembre 1992
  • 9e session : Genève, du 29 au 30 juin 1993
  • 10e session : Nairobi, du 10 au 12 novembre 1994
  • 11e session : Rome (Italie), du 11 au 15 décembre 1995
  • 12e session : Mexico (Mexique), du 11 au 13 septembre 1996
  • 13e session : Maldives, le 22 et du 25 au 28 septembre 1997
  • 14e session : Vienne (Autriche), du 1 au 3 octobre 1998
  • 15e session : San José, (Costa Rica), du 15 -18 avril 1999
  • 16e session : Montréal (Canada), du 1 au 8 mai 2000
  • 17e session : Nairobi, du 4 au 6 avril 2001
  • 18e session : Wembley, (Royaume-Uni) du 24 au 29 septembre 2001
  • 19e session : Genève, du 17 au 20 avril 2002
  • 20e session : Paris, du 19 au 21 février 2003
  • 21e session : Vienne, (Autriche), du 3 au 7 novembre 2003
  • 22e session : New Delhi (Inde), du 9 au 11 novembre 2004
  • 23e session : Addis-Abeba (Éthiopie), du 6 au 8 avril 2005
  • 24e session : Montréal, les 22,24 et du 26 au28 septembre 2005
  • 25e session : Port Louis, (Île Maurice), du 26 au 28 avril 2006
  • 26e session : Bangkok, (Thaïlande), du 30 avril au 4 Ma 2007
  • 27e session : Valence (Espagne), du 12 au 17 novembre 2007
  • 28e session : Budapest, (Hongrie), du 9 au 10 avril 2008
  • 29e session : Genève, du 31 août au 4 septembre 2008
  • 30e session : Antalya, (Turquie), du 21 au 23 avril 2009
  • 31e session : Bali (Indonésie), du 26 au 29 octobre 2009
  • 32e session : Pusan (Corée du Sud), du 11 au 14 octobre 2010
  • 33e session : Abu Dhabi (Émirats arabes unis), du 5 au 8 et du 10 au 13 mai 2011
  • 34e session : Kampala (Ouganda), du 5 au 8 et du 18 au 19 novembre 2011
  • 35e session : Genève, du 6 au 9 juin 2012
  • 36e session : Stockholm (Suède), du 23 -au 26 septembre 2013
  • 37e session : Batoumi (Géorgie), du 14 au 18 octobre 2013
  • 38e session : Yokohama, (Japon), du 25 au 29 mars 2014
  • 39e session : Berlin (Allemagne), du 7 au 12 avril 2014
  • 40e session : Copenhague (Danemark), du 24 au 31 octobre 2014
  • 41e session : Nairobi, du 24 au 27 février 2015
  • 42e session : Dubrovnik (Croatie), du 5 au 8 octobre 2015
  • 43e session : Nairobi, du 11 au 13 avril 2016
  • 44e session : Bangkok, du 17 au 20 octobre 2016
  • 45e session : Guadalajara (Mexique), du 28 au 31 mars 2017
  • 46e session : Montréal, du 6 au 10 septembre 2017
  • 47e session : Paris, du 13 au 16 mars 2018
  • 48e session : prévue à Incheon en Corée du Sud du 1er au 10 septembre 2018
  • 49e session : ...

Direction[modifier | modifier le code]

Siège[modifier | modifier le code]

Selon le site de l'IPCC (acronyme anglais du GIEC), le secrétariat de cet organisme est situé dans les locaux de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), situé à Genève, en Suisse.

Présidence[modifier | modifier le code]

L’assemblée plénière du GIEC qui comprend l'ensemble des des représentants des gouvernements, choisit le président du groupe.

L'élection du président en 2015

En octobre 2015, Hoesung Lee, enseignant d’économie du changement climatique à l’École supérieure de l’énergie et de l’environnement de l'Université de Corée a été élu par 78 voix, contre 56 qui avaient choisi le docteur en sciences physiques belge Jean-Pascal van Ypersele de Strihou. Au total, six candidats étaient en lice pour occuper cette fonction[16].

Jean-Pascal van Ypersele de Strihou a ensuite quitté tout poste à responsabilité au GIEC, mais celui-ci a immédiatement déclaré être prêt à continuer de servir la communauté internationale, mais d'une autre manière[17].

Liste des différents présidents depuis la création du GIEC
Bureau

Les membres du bureau du GIEC sont généralement élus pour la durée de l’établissement d’un rapport d’évaluation, soit environ cinq à six ans.

Le bureau se compose du président du GIEC, des coprésidents des trois groupes de travail et du bureau de l’équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, des vice-présidents du GIEC ainsi que les coprésidents des groupes de travail. En 2015, le Bureau du GIEC se composait d'une trentaine de membres[18].

Groupes de travail[modifier | modifier le code]

Le GIEC est organisé en trois groupes de travail[19] :

Un rapport spécial a été publié sur les scénarios d'émission (SRES : Special Report on Emission Scenarios), qui a été la base de certaines simulations dans les travaux des groupes de travail.

S'y ajoute une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, qui a produit des guides pour ces inventaires[20].

Chaque groupe de travail (et l'équipe spéciale) a deux coprésidents, l'un représentant les pays développés, l'autre les pays en voie de développement.

Scientifiques français ayant un poste officiel du GIEC[modifier | modifier le code]

Financement[modifier | modifier le code]

Le budget annuel du GIEC s'élève à environ 6 millions d'euros, celui-ci étant financé par les 195 états membres de l'ONU qui y contribuent de « manière indépendante et volontaire ».

Du fait de cette indépendance, le gouvernement des États-Unis, dont le financement s'élevait à environ 1,6 millions d'euros, a décidé de cesser celui-ci dés l'année 2016, suite à l'élection de Donald Trump à la présidence de ce pays, malgré les réticences du sénat américain, tandis que la France a réévalué en 2018 sa contribution à un million d'euros jusqu'en 2022[21].

Trente ans d'activités[modifier | modifier le code]

Le GIEC organise régulièrement une séance plénière annuelle, chaque pays membre disposant d'une voix lors de ces séances. Les petits pays (Monaco, Andorre, le Luxembourg) ayant donc autant de pouvoir décisionnel que les grands (Inde, Chine, États-Unis).

En 2018, la France accueille la séance plénière du 13 au . Cette réunion s'organise au palais de l’UNESCO, organisme international lié au groupe, du fait de son implication dans par l’éducation, la science et la culture. Le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, le ministre de la Transition écologique et Solidaire, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ont, tous les trois, participé le premier jour à la cérémonie d’ouverture de la réunion qui marqua le trentième anniversaire de la création du groupe[22].

Le GIEC réunit également des ateliers d'experts sur les différentes questions touchant au changement climatique et peut apporter ses compétences à l'occasion de conférences, par exemple sur les hydrates de gaz[23].

Ses activités sont principalement la production des rapports (rapport d'évaluation, rapports spéciaux)[24], de directives méthodologiques et de documents techniques.

Rapports d'évaluation[modifier | modifier le code]

Ces six rapports [Note 1] sont souvent désignés sous les acronymes suivants :

  1. FAR (First Assessment Report) pour le premier rapport (1990);
  2. SAR (Second Assessment Report) pour le deuxième rapport (1995);
  3. TAR (Third Assessment Report) pour le troisième rapport (2001);
  4. AR4 (4th Assessment Report) pour le quatrième rapport (2007);
  5. AR5 (5th Assessment Report) pour le cinquième rapport (2014);
  6. AR6 (6th Assessment Report pour le sixième rapport (prévu pour 2022).

Les rapports d'évaluation se décomposent en trois documents de contenus scientifiques très différents : le rapport, en tant que tel, qui contient trois volumes de 1500 pages chacun ; un rapport de synthèse de 30 à 50 pages ; un résumé pour les décideurs de 5 à 10 pages. Ces deux derniers documents, rédigés dans un style non technique adapté aux décideurs, sont élaborés par l'équipe de rédaction[25], puis sont soumis à un examen simultané de la part des experts et des gouvernements ; ils sont ensuite révisés par les auteurs principaux, aidés par les éditeurs-réviseurs, puis sont soumis aux gouvernements et aux organisations ayant le statut d’observateurs, et enfin à l'examen du Groupe d'experts réuni en session[26]. Le dernier mot reste donc aux experts.

Premier rapport d'évaluation (1990)[modifier | modifier le code]

Dans ce premier rapport[27] de 1990, le GIEC observe que les émissions dues aux activités humaines accroissent sensiblement la concentration dans l'atmosphère des gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, chlorofluorocarbones, oxyde nitreux) et renforcent l'effet de serre naturel. Le GIEC établit quatre scénarios d'émissions futures qui vont du scénario A (aucune mesure n'est prise) aux scénarios B, C, D (correspondant à des degrés de réglementation croissants). Il prévoit un doublement des concentrations équivalentes de dioxyde de carbone par rapport aux niveaux pré-industriels entre 2025 et 2050 pour les scénarios A à C, et 2100 pour le scénario D. Dans le cas du scénario A, le GIEC prédit une augmentation de température d'environ °C d'ici 2100, ainsi qu'une augmentation du niveau des mers de 65 cm. Dans le cas du scénario D, l'augmentation de température sur un siècle ne serait que de °C.

Le GIEC souligne les incertitudes relatives à ces prévisions, dues à une méconnaissance des sources et des puits de gaz à effet de serre, et aux réactions des nuages, des océans et des calottes polaires face à un changement du forçage radiatif provoqué par l'augmentation des gaz à effets de serre. En particulier, les phénomènes de rétroaction sont mal connus.

Le GIEC observe que, depuis 1900, la température a augmenté d'environ 0,5 °C et que le niveau de la mer a monté d'environ 15 cm. Ces variations sont du même ordre de grandeur que les variations naturelles du climat, mais il est possible également que ces variations naturelles aient contribué à réduire le réchauffement dû à un effet de serre anthropique. Le GIEC se donne 10 ans pour pouvoir confirmer le renforcement de l'effet de serre.

Le rapport essaie également d'évaluer quels impacts auraient un tel réchauffement sur l'agriculture, les écosystèmes, les ressources en eau, la santé publique. Il examine quels moyens pourraient être mis en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Ce rapport a incité l'ONU à établir une « Convention-cadre sur les changements climatiques » adoptée en 1992 et entrée en vigueur en mars 1994. En 1992, le GIEC a produit un rapport supplémentaire destiné aux négociateurs de cette Convention-cadre au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, la même année.

Deuxième rapport d’évaluation : « Changements climatiques 1995 »[modifier | modifier le code]

Entre les années 1990 et 1995, des études ont été menées afin de parvenir à distinguer les influences naturelles qui s'exercent sur le climat et celles qui relèvent d'une activité anthropique. Le rapport[28] de 1995 estime que l'évolution du climat depuis un siècle s'explique mieux en tenant compte d'une influence anthropique, et que cette évolution n'est vraisemblablement pas d'origine naturelle. Il reprend les prévisions du précédent rapport, tout en rappelant les incertitudes portant sur ces prévisions.

Ce rapport a fourni les bases de négociation du protocole de Kyoto.

Troisième rapport d’évaluation : « Bilan 2001 des changements climatiques »[modifier | modifier le code]

Il comprend les trois rapports des groupes de travail et un rapport de synthèse sur les questions scientifiques directement liées avec les politiques à suivre.

Selon ce rapport[29], les années 1990 auront été la décennie la plus chaude sur la période 1860-2000. Les changements concernant le niveau de la mer, la couverture neigeuse, la superficie des glaces et les précipitations sont révélateurs d'un réchauffement du climat. Une responsabilité humaine à ce réchauffement est davantage soulignée que dans les précédents rapports. Le rapport prévoit une augmentation de température entre 1,4 °C et 5,8 °C entre 1990 et 2100 et estime que le rythme du réchauffement est sans précédent depuis les dix derniers millénaires.

Alors que les précédents rapports étaient passés relativement inaperçus au sein du grand public, c'est essentiellement à la suite de ce rapport et entre 2000 et 2005 que la question de l'existence d'un réchauffement climatique et d'une éventuelle responsabilité humaine sont massivement traitées dans les médias[30]. C'est également à partir de 2000 que se développe une vive opposition aux conclusions et prévisions alarmistes du GIEC. C'est également vers cette époque que la question climatique entre dans les débats politiques.

Quatrième rapport d’évaluation : « Changements Climatiques 2007 »[modifier | modifier le code]

Le quatrième rapport d'évaluation (AR4) a été publié le . Il compile les travaux de chacun des Groupes de travail présentés lors de trois sessions échelonnées au cours de l'année :

  • Le rapport du Groupe de travail I, sur les bases scientifiques physiques des changements climatiques présenté à Paris, le [31],[32].
  • Le rapport du Groupe de travail II, sur les conséquences, l’adaptation et la vulnérabilité aux changements climatiques présenté à Bruxelles, le [33],[34].
  • Le rapport du Groupe de travail III, sur l’atténuation des changements climatiques présenté à Bangkok, le [35],[36].
  • Le rapport de synthèse' (RSY) qui fait la synthèse des précédents. Il fut rédigé sous la direction de Rajendra K. Pachauri, Président du GIEC, et publié avec la version finale de l'AR4[37].

Cinquième rapport d'évaluation (Changements climatiques 2014)[modifier | modifier le code]

Le cinquième rapport d’évaluation se décompose en trois parties distinctes : - éléments scientifiques - conséquences, adaptation et vulnérabilité - atténuation du changement climatique. La responsabilité de ce ce rapport repose sur trois groupes de travail, ainsi qu’un rapport de synthèse.

La contribution du groupe de travail I a été acceptée et approuvée en septembre 2013. La contribution du groupe de travail II a été adopté en mars et, celle du groupe III, en avril 2014[38]. Le rapport de synthèse définitivement approuvé a été publié le 1er novembre 2014 : texte intégral[39] et résumé pour décideurs[40].

Un document avait été diffusé en avance de phase dès décembre 2012[41] par un des réviseurs, sans l'accord du GIEC. En réaction, le GIEC a publié un « démenti » en forme de mise au point[42], à la suite de quoi, les projets des différents chapitres du Groupe de travail II ont été publiés à leur tour[43].

  • Le premier volet de ce 5e rapport concerne les bases scientifiques[44], illustré par les scénarios RCP. Le « Groupe de Travail I » l'a présenté à Stockholm (Suède) le 27 septembre 2013.
  • Le deuxième volet de ce 5e rapport recense les impacts du réchauffement climatique, ainsi que les possibilités d'adaptations et les vulnérabilités. Ce texte, qui résulte d'après le GIEC, d'un immense travail de lecture et de compilation de douze mille publications scientifiques, a été publié le lundi 31 mars 2014[45]. La version finale de ce rapport a été mise en ligne en octobre 2014[46].
  • Une synthèse du troisième volet de ce 5e rapport a été présenté le 13 avril 2014 à Berlin (Allemagne)[47]. Celle-ci est un « résumé pour décideurs » destinée à aider les chefs de gouvernement dans leurs décisions. Le ministère français de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie en a publié une traduction en français[48] (non validée par le GIEC).

Chacune de ces trois parties est accompagnée d'un « Résumé à l’intention des décideurs » (summary for policy-makers, SPM) qui récapitule dans un format condensé les conclusions du groupe de travail pour des non-experts, et en particulier les décideurs politiques. L'AR4 servit ainsi de base aux négociations de la Conférence de Copenhague de 2009.

Les conclusions principales de ce rapport sont[49] :

  • il est encore possible de limiter l'élévation de température à 2 °C en moyenne planétaire de plus qu’avant la Révolution industrielle si les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont « réduites de 40 à 70 % entre 2010 et 2050 » ;
  • le CO2 issu des combustibles fossiles joue le rôle majeur parmi les émissions de gaz à effet de serre ;
  • si les réserves de combustibles fossiles disponibles sont entièrement utilisées, des réchauffements de l'ordre de 4 à 5 °C seraient atteints en 2100, ce qui entraînerait une poursuite de ce réchauffement au siècle suivant jusqu'à 7 ou 8 °C ; un des résultats du rapport est de montrer que l'augmentation importante des réserves de combustibles fossiles avec les pétroles et gaz non conventionnels annihile l'idée qu'un épuisement rapide des fossiles pourrait éviter le problème climatique ;
  • « la décarbonation (i.e. la réduction de l’intensité en carbone) de la production d’électricité est un composant essentiel des stratégies d’atténuation rentables pour atteindre des niveaux de concentrations bas. Dans la majorité des scénarios à stabilisation basse, la part de la production d’électricité bas-carbone (y compris énergie renouvelable (EnR), nucléaire et Capture et stockage du carbone - CSC) augmente à partir de la part actuelle d’environ 30 % à plus de 80 % en 2050, et la génération d’énergie à partir de combustible fossile sans CSC est supprimée quasi complètement d’ici 2100 ».

Sixième rapport d'évaluation (prévu pour 2022)[modifier | modifier le code]

Lors de sa 43e session, en avril 2016, le GIEC est convenu que le rapport de synthèse afférent au sixième rapport d'évaluation serait achevé en 2022, (celui-ci est lié au premier bilan mondial prévu au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques établi en 2012 sur une période de dix ans).

Le but de ce rapport permettra pour les pays membres d'évaluer les progrès accomplis en vue de réaliser leur objectif qui est de contenir le réchauffement mondial bien en deçà de 2 °C, en poursuivant l'action menée pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C. Les contributions des trois groupes de travail devraient être prêtes pour l'année 2021[50]. .

Prévisions globales[modifier | modifier le code]
Les quatre SRES-familles de scénarios[51],[52],[53] du quatrième rapport et les prévisions des hausses de températures globales moyennes en 2100
AR4

Objectifs plus économiques

Objectifs plus environnementaux
Mondialisation
(Monde homogène)
A1
Croissance économique rapide
(groups: A1T/A1B/A1Fl)
1,4 - 6,4 °C
B1
Durabilité environnementale globale
1,1 - 2,9 °C
Régionalisation
(Monde hétérogène)
A2
Développement économique
avec une orientation régionale

2,0 - 5,4 °C
B2
Durabilité environnementale locale
1,4 - 3,8 °C
Synthèse des rapports[modifier | modifier le code]

Lors de sa quarante-troisième session qui s'est déroulée à Bangkok, en avril 2016, le GIEC a décidé de réviser l'édition 2006 des lignes directrices pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serres et d'élaborer un nouveau rapport méthodologique pour actualiser et compléter ces lignes directrices[54].

La réduction des gaz à effet de serre peut s'opérer sur des secteurs très variés de l'économie et de l'environnement de vie humain. Les scientifiques du GIEC ont fait la synthèse des différentes études présentant des scénarios d'émissions, classés par gamme d'augmentation de température à l'équilibre.

En particulier, pour la catégorie de hausse de température comprise ente 2 et 2,4 degrés, cette synthèse montre que dans la grande majorité des études le pic d'émissions mondiales se situe avant 2015[55].

Pour infléchir sur le long terme la tendance du réchauffement et atteindre une stabilisation des taux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, il est ensuite nécessaire de diminuer fortement les émissions (dans la gamme de -50 à -85 % en 2050 par rapport à l'an 2000, pour une température à l'équilibre de 2 à 2,4 °C).

Rapports méthodologiques[modifier | modifier le code]

  • Lignes directrices 2006 du GIEC pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre[56]
  • Recommandations en matière de bonnes pratiques pour le secteur de l'utilisation des terres, leurs changements d’affectation et la foresterie (UTCF) (2003)
  • Recommandations du GIEC en matière de bonnes pratiques et de gestion des incertitudes pour les inventaires nationaux (2000)
  • Lignes directrices du GIEC pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre – version révisée 1996 (Manuel simplifié, volume 2[57])
  • Logiciel d’utilisation du Manuel de référence pour les inventaires de gaz à effet de serre

Rapports spéciaux[modifier | modifier le code]

Les observations des satellites de la NASA montrent que la banquise arctique diminue actuellement de 11,5% par décennie, par rapport à la moyenne de 1979 à 2000
Rapport spécial sur les scénarios d’émissions (RSSE)[58]

Ces rapports portent sur l'évaluation d'une thématique particulière ou visent à répondre à une question précise :

-l'incidences de l'évolution du climat dans les régions (1997)
-l'aviation et l'atmosphère planétaire (1999)
-les questions méthodologiques et techniques dans le transfert de technologie (2000)
-l'utilisation des terres, changements d'affectation des terres et foresterie (UTCF) (2000)
-le captage et stockage du dioxyde de carbone (2006)
-la préservation de la couche d’ozone et du système climatique planétaire : questions relatives aux hydrofluorocarbures et aux hydrocarbures perfluorés (en cours)
-les événements climatiques extrêmes (2012)[59]
Rapport spécial du GIEC sur l'océan et la cryosphère

En juillet 2018, plus de 110 scientifiques venus de trente pays ou régions de Chine se sont réunis dans la ville de Lanzhou, située dans le nord-ouest de la Chine, afin de mettre en place et de publier un rapport spécial sur l'impact du changement climatique sur les océans et la cryosphère. Celui-ci évoquera l'impact du changement climatique sur les océans et les régions glacées, les deux couches du système climatique les plus vulnérables et devrait être soumis en septembre 2019[60]

Crédibilité[modifier | modifier le code]

Organisation des publications[modifier | modifier le code]

Les publications officielles du GIEC ont pour objet de proposer une synthèse des connaissances scientifiques. Ces synthèses incluent les publications qui font l'unanimité et celles qui sont contestées par des scientifiques. Ces rapports sont le fruit d'un long débat qui aboutit à un consensus : l'approbation de la version finale du rapport par tous les scientifiques et tous les gouvernements faisant partie du GIEC (la quasi-totalité des pays du monde sont représentés et ont signé l'approbation de la version finale, y compris les États-Unis).

L'affaire du « Climategate »[modifier | modifier le code]

L' affaire du « Climategate » (selon une dénomination journalistique qui l'a présenté comme un scandale scientifique à l'instar du Watergate ou du Monicagate) dénommée plus prosaïquement « l'incident des e-mails du Climatic Research Unit » est une affaire résultant de la divulgation après un piratage, dans la seconde moitié du mois de novembre 2009, d'un ensemble de courriels et de fichiers, datés entre 1996 et le 12 novembre 2009, attribués à des responsables du Climatic Research Unit (CRU) de l'Université d'East Anglia et à leurs correspondants[61]. Ce centre de recherche est l'un des plus influents de ceux étudiant les changements climatiques naturels et anthropiques et un certains nombres des correspondants concernés font partie de l'encadrement du GIEC qui fut dés lors, directement mêlé à l'affaire.

Le président du GIEC aux moments des faits, Rajendra Pachauri, fit une déclaration annonçant que le « Climategate » ne pouvait rester ignoré et que le GIEC conduirait des investigations avant de prendre position[62]. Après six mois d'enquête, une commission indépendante, menée par le Pr Muir Russel, écarte les soupçons sur les scientifiques britanniques accusés à tort d'avoir manipulé les données sur le réchauffement climatique[63].

Critiques factuelles[modifier | modifier le code]

Prévoir le climat à long terme au delà de la météo[modifier | modifier le code]

Un argument populaire vis-à-vis de la prévision climatique, telle que peut l'effectuer les chercheurs du GIEC, est assez connu[64] :« comment peut-on prévoir le climat à long terme et pas le temps qu'il va faire dans cinq jours ? »

Dans un document publié sur le site du GIEC/IPCC, la réponse est présentée dans ce sens :

« Si le temps et le climat sont étroitement liés, il s’agit en fait de réalités différentes. Défini comme l’état de l’atmosphère à un moment et en un lieu donné, le temps est susceptible de changer d’une heure à l’autre et d’un jour à l’autre. Le climat, pour sa part, se réfère généralement aux statistiques des conditions météorologiques sur une décennie ou plus. »

Il faut donc bien comprendre que la prévision météorologique consiste à prévoir le temps qu’il fera sur une période précise (jour, semaine) et en un secteur donné (pays, région). L'étude du climat, par contre, repose sur le calcul d'une moyenne des températures, des précipitations et des vents dans un secteur et de son évolution à moyen et long terme.

De plus, les modèles climatiques effectués par les chercheurs du GIEC s'élaborent sur des programmes informatiques très élaborés. Ceux-ci effectuent des simulations en tenant compte des interactions entre l’atmosphère, les surfaces maritimes, la surface des terres émergées, la neige et la glace et l’ensemble de l'écosystème mondial.[65].

Utilisation du graphique en « crosse de hockey »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Graphique en crosse de hockey.
Courbe des températures dite en forme de « crosse de hockey ».

Le troisième rapport a utilisé la reconstitution climatique du climatologue et géophysicien américain Michael E. Mann, avec ses collaborateurs Raymond S. Bradley et Malcolm K. Hughes (MBH98), connue sous le nom de « graphique en crosse de hockey ».

Ce graphique était la première reconstitution de la température nord-hémisphérique durant les 1 000 dernières années ; il différait d'un premier rapport schématique qui montrait des températures plus élevées durant la période médiévale qu'aujourd'hui. La présence de MBH98 dans le TAR a largement contribué à démontrer que la période de réchauffement actuelle est inhabituelle en comparaison aux températures de 1000 à 1900, jusqu'à ce que la méthodologie utilisée pour produire ce graphique soit la cible de critiques[66],[67].

Lors de l'AR4, ces différentes critiques émises à l'encontre de la reconstitution de Mann ont été évaluées par le Groupe de travail I[68]. Cette réévaluation basée notamment sur l'ajout de nouvelles données paléoclimatiques rendues disponibles depuis le précédent rapport, aboutit à un graphique relativement similaire à celui de la crosse de hockey[69] dans lequel il apparait, selon le texte du rapport, qu'« il est très probable que les températures moyennes dans l’hémisphère Nord ont été plus élevées pendant la seconde moitié du XXe siècle que durant n’importe quelle autre période de cinquante ans au cours des cinq derniers siècles et il est probable qu’elles ont été les plus élevées depuis 1 300 ans au moins ».

Bien que cette conclusion soit répétée dans le rapport de synthèse de l'AR4[70], le nouveau graphique, lui, n'y est pas repris.

Fonte des glaces en Himalaya[modifier | modifier le code]

En 2007, dans le résumé technique de son quatrième rapport, le groupe II du GIEC avait estimé que les glaciers de l'Himalaya reculaient plus vite que les autres glaciers du monde et « pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant»[71]. Absent des travaux de synthèse du GIEC[72] et initialement peu repris dans les médias[73] , ce chiffre sera mis en avant de façon alarmiste à la fin de l'année 2009, avec la perspective de la Conférence de Copenhague sur le climat et la médiatisation du thème du réchauffement climatique. Dès lors, plusieurs enquêtes journalistiques[74],[75] vont montrer que cette projection est erronée. Et finalement, le le GIEC publie un communiqué de presse qui reconnait une erreur concernant ce point précis mais qui maintient l'intégralité des conclusions présentées par ailleurs dans les rapports de synthèse (notamment sur la fonte des glaciers)[76].

Le communiqué souligne aussi que cette erreur ponctuelle est le résultat d'une mauvaise application des règles de validation scientifique. En effet, cette date inexacte provient d'un rapport du WWF qui l'attribue erronément à une étude de la Commission Internationale de la Neige et de la Glace alors qu'en réalité elle est issue d'un article du New Scientist[77], une revue de vulgarisation scientifique britannique qui ne fait pas l'objet d'une évaluation par les pairs comme c'est le cas pour les revues proprement scientifiques. La date de 2035 serait une coquille sur un chiffre plus réaliste mais controversé : 2350, date à laquelle le géographe russe Vladimir Kotlyakov a calculé que les glaciers extra-polaires pourraient avoir disparu à 80 % si le rythme du réchauffement se maintenait[78]. Fred Pearce, l'auteur du New Scientist, a de son côté confirmé que ce chiffre lui avait été donné lors d'une interview par un scientifique indien, Syed Hasnain, qui rédigeait à l'époque une étude sur la question qui resta non-publiée[75]. Après la finalisation du texte de 2007, mais avant sa publication officielle, cette erreur avait été signalée par Georg Kaser, glaciologue et membres du groupe I du GIEC mais trop tard, semble-t-il, pour être corrigée[79],[80].

Fin 2009, une étude du ministère indien de l'environnement et des forêts avait alimenté la controverse en critiquant la vitesse de fonte des glaciers himalayens suggérée par le rapport du GIEC et en niant la conclusion plus générale que ces glaciers fussent menacés par le réchauffement climatique[81]. Le président du GIEC, Rajendra Pachauri y avait d'abord répondu sévèrement, en reprochant à cette étude de n'avoir pas de solides bases scientifiques pour nier le rôle du réchauffement dans la fonte glaciaire[82]. Au mois de janvier suivant, un groupe de scientifiques, dont Georg Kaser, feront paraître une lettre pour rectifier le paragraphe incriminé du rapport du GIEC et expliquer l'origine de l'erreur concernant la date de 2035 tout en confirmant les conclusions générales[83]. Ces auteurs accréditent l'hypothèse d'une erreur de transcription de l'étude de ICSI par le fait que le texte mentionne que la surface des glaciers concernés passerait de 500 000 à 100 000 km2, ce qui ne peut correspondre à l'Himalaya dont les glaciers couvrent 33 000 km2.

« Pause » de dix-sept ans[modifier | modifier le code]

Le , le président du Giec de l'époque, Rajendra Kumar Pachauri, a reconnu lors d’une interview publié par le journal The Australian que « le réchauffement global avait enregistré une «  pause » de 17 ans. »

De nombreux climato-sceptiques ont interprété cette déclaration comme étant une supposée reconnaissance officielle de leur contestation. Lors de l'interview, le président du groupe a pourtant insisté sur le fait qu'il s'agissait d'un arrêt temporaire de la phase de réchauffement en ajoutant ce commentaire :

« Ce qui est tout à fait perceptible c’est que, au cours des cinquante dernières années, la tendance est à la hausse. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de haut et de bas – il y en aura –, mais ce dont il faut se soucier, c’est de la tendance, et elle est maintenant influencée dans une large mesure par l’activité humaine »

En fait, selon l'organisation, les températures évoluent par paliers entraînant une certaine stabilité durant des périodes plus ou moins variables avant une nouvelle élévation brutale. Selon Rajendra Kumar Pachauri, ce palier de 17 années n'est pas suffisant dans sa durée pour remettre en question l’existence d’un réchauffement aux origines anthropiques[84] ' [85].

Critique épistémologique et conservatisme[modifier | modifier le code]

Entre science et politique[modifier | modifier le code]

Selon certaines critiques ponctuelles, le GIEC, de par sa structure hybride scientifique soumis à la politique internationale, serait condamné à ne produire que des résultats scientifiques sujets à caution, remettant ainsi en compte la crédibilité même de l'organisme[86].

D'autres critiques considèrent que le GIEC soutiendrait, en raison de cette même interférence politique, une position de consensus a minima qui ne reflète que très partiellement l'état actuel de la recherche, et qu'il aurait tendance à sous-estimer les effets du réchauffement[87],[88].

En 2015, la parution du livre Climat investigation de Philippe Verdier qui veut, selon l'auteur, dénoncer les liens « entre scientifiques, politiques, lobbies économiques, ONG environnementales »[89] et qui entraînera le licenciement de ce journaliste du groupe France Télévision pour « manquement au devoir de réserve », entraînant une polémique au niveau médiatique. Le journaliste français, qui n'est pas climatosceptique, estime pourtant que le GIEC « communiquerait mal », ce qui rendrait son discours « inaudible », précisant, en outre, que celui-ci « anéantit systématiquement les avis polémiques », alors que les avis du GIEC sont relus et souvent révisés par de nombreux chercheurs au sein d'un comité de lecture[90].

Analyses critiques[modifier | modifier le code]

Analyse de Rémy Prud'homme

L'économiste et universitaire Rémy Prud'homme ne semble pas contester la thèse du réchauffement climatique, mais il se déclare l'adversaire de ce qu'il dénomme le « réchauffisme » et se permet de comparer les thèses émises par le GIEC et les défenseurs du « caractère anthropique du réchauffement » comme une « tentation totalitaire », tel qu'il a pu l'exprimer dans son livre paru en 2015[91].

Selon l'opinion émise par ce scientifique français[92], le rapport du GIEC est principalement écrit par des scientifiques qui auraient été choisis par les gouvernements et par quelques « militants peu ou pas scientifiques ». Ensuite vient un rapport résumé d'une centaine de pages, qui serait préparé conjointement par des « bureaucrates » et des scientifiques. Puis un résumé pour les décideurs politiques d'une trentaine de pages. Celui-ci serait rédigé presque uniquement par des diplomates et des militants[93].

Le Pr Prudhomme semble cependant ne pas vouloir tenir compte que même au sein du GIEC, les avis peuvent diverger, notamment au niveau des projections sur les prochaines années[94].

Analyse de David Spratte

Selon David Spratt, un homme d'affaires australien et analyste des politiques du climat, les politiques de lutte et d'adaptation au réchauffement climatique, déjà largement insuffisantes, s’appuieraient sur un cadre scientifique très largement optimiste. Le GIEC serait ainsi incapable de communiquer efficacement sur l'urgence que représente la crise climatique en cours, ce qui remettrait en cause la capacité de notre civilisation à s'adapter[95][réf. insuffisante]. Aucune étude complète n'a été menée à ce sujet ; cependant un questionnaire non publié montre que, moins de 50 % des scientifiques sont en accord avec les résultats du GIEC. Une part importante (18 %) d'entre eux considèrent que le GIEC est conservateur et une autre part importante (17 %) d'entre eux considèrent que le GIEC est optimiste[96]. Ainsi, la hausse du niveau de la mer est de 18 à 59 centimètres pour le GIEC[97] ; alors que la valeur haute de la fourchette est de 1 à 5 mètres dans la littérature[98],[99],[100]. La désintégration de la calotte glaciaire du Groenland se produira pour un réchauffement global de 1,9 à 4,6 °C[101] ; alors que la fourchette, en 2012, est plutôt de 0,8 °C à 3,2 °C[102],[100]. La banquise arctique ne devait pas disparaître avant la fin du XXIe siècle d'après le GIEC[103] ; elle est en cours de désintégration et selon certains experts devrait disparaître d'ici 2020 à 2030[104].

La confusion vient de ce que le GIEC est un organisme expert. Il doit donner une réponse à des questions politiques, posées par les gouvernements, pour l'élaboration desquelles il a été créé. Il ne publie pas dans les journaux scientifiques, il sélectionne, en fonction des connaissances disponibles, les éléments qui lui semblent être les plus significatifs pour éclairer l'action publique. Les connaissances générales et leurs incertitudes sont intégrées les unes aux autres pour éclairer un problème qui se pose pour le politique, et non seulement pour le scientifique. La neutralité de l'expertise est donc cruciale. C'est donc l'examen de la structure du GIEC qui permet de savoir si l'expertise produite est vulnérable aux biais.

Analyse de Kari de Pryck

Kari de Prick est diplômée d'un master en Relations internationales obtenu en 2012 à l'Université Libre de Bruxelles. Une de ses recherches personnelles consiste en l'étude de l'influence du climato-scepticisme sur l'opinion publique tchèque.

Dans son article publié sur le site ceriscope, elle évoque les fondements du GIEC et le fait que « cette organisation a dû, à plusieurs reprises, adapter ses procédures sous la pression d’actions internes et externes », en précisant également que « malgré une institutionnalisation très politique de la question climatique, le GIEC doit sa crédibilité à l’éminence de ses personnalités scientifiques », bien que la création de cet organisme soit une action purement politique[105].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cinq rapports ont été publiés et le sixième est en cours de publication

Références[modifier | modifier le code]

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  25. la composition de l'équipe de rédaction est arrêtée par le Bureau en fonction des personnes proposées par le Président du Groupe d’experts en concertation avec les coprésidents des groupes de travail en tenant compte des critères suivants: compétences scientifiques, techniques et socio-économiques représentatives de la diversité des points de vue, représentation géographique, association d’experts avec et sans expérience préalable du GIEC, parité hommes/femmes
  26. Procédures à suivre pour l'élaboration, l'examen, l'acceptation, l'adoption, l'approbation et la publication des rapports du GIEC, IPCC (GIEC).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Il s'agit, ci-dessous, d'ouvrages écrits par des membres du GIEC ou d'ouvrages collectifs comprenant dans ses auteurs, un membre de ce groupement.

  • Ouvrage collectif, « Chimie et changement climatique », edp, sciences 2016, collection chimie et..., dirigée par Bernard Bigot (ISBN 978-2-75-982035-1).
Jean-Pascal van Ypersele
Jean Jouzel
  • Olivier Nouaillas, Jean Jouzel (vice-président du GIEC depuis 2002), « Quel Climat pour demain ? », édition Dunod (hors collection), Paris, 2012, (ISBN 978-2-10-073836-6).

Documents de synthèses[modifier | modifier le code]

il s'agit de liens présentant les synthèses des rapports du GIEC, traduits en français

Rapport 2007[modifier | modifier le code]

Rapport 2014[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]