Barrière de Larsen

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Carte de l'Antarctique indiquant l'emplacement de la barrière de Larsen.
  •      Barrière de Larsen.
Carte de l'Antarctique indiquant l'emplacement des principaux segments de la barrière de Larsen (A, B, C et D).
Carte de la péninsule Antarctique.

La barrière de Larsen est une barrière de glace du nord-ouest de la mer de Weddell, s'étendant le long de la côte orientale de la péninsule Antarctique du Cap Longing (en) jusqu'au sud de l'île Hearst. Son nom rend hommage au capitaine Carl Anton Larsen, qui navigua le long du front de glace à bord du Jason jusqu'à 68°10'S durant le mois de décembre 1893.

La barrière de glace de Larsen est en fait constituée par une série de trois barrières qui occupent (ou occupaient) des baies distinctes le long de la côte. Du nord au sud, les trois segments principaux sont appelés Larsen A (le plus petit des trois), Larsen B et Larsen C (le plus grand) par les scientifiques.

Désintégrations[modifier | modifier le code]

Vue aérienne d'une faille sur Larsen C.
Une faille sur Larsen C le 10 novembre 2016.
  • Larsen A s'est désintégrée en janvier 1995.
  • Larsen B s'est désintégrée en février 2002, c'était alors le plus grand effondrement de ce type jamais observé. Il a permis de montrer que les plateformes de glace freinent normalement le mouvement de glace de l'intérieur de la nappe de glace vers l'océan. Larsen B a d'abord connu un événement majeur (vêlage intense d'icebergs en 1995) puis un recul progressif, puis un effondrement complet (sept ans plus tard)[1] avec accélération des écoulements des glaciers vers la mer[2].
  • Larsen C (la plus grande des trois avec quasiment 50 000 km2 et jusqu'à 350 mètres d'épaisseur de glace) a perdu un morceau d'une surface estimée de 5 800 km2, équivalent à un département français comme la Corrèze ou le Gard[3] en juillet 2017, ce qui représente 10% de Larsen C[4].

Ces désintégrations de barrières de glace sont inhabituelles. Typiquement, les barrières de glace perdent de la masse par vêlage d'icebergs et par fonte périphérique. La désintégration est liée au réchauffement climatique dans la péninsule antarctique, environ 0,5 °C par décennie depuis la fin des années 1940[5].

L'évolution d'une faille de plus de 175 kilomètres dans la plate-forme Larsen C a été suivie en 2016-2017[1] et cette dernière a relargué le 12 juillet 2017 dans la mer de Weddell un iceberg géant (de surface équivalente au département du Gard[3]). Il s'agit de l'un des plus grands icebergs jamais observés[4], à tel point que son détachement menace la stabilité des glaciers aux alentours pour la décennie suivante[4] ; toutefois, il n'y a pas de risque d'effondrement imminent de ces glaciers en juillet 2017[4].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Dans cette zone, la calotte glaciaire est protégée d'une désintégration brutale par la géométrie du plancher océanique. Deux crêtes sous-marines entourent Larsen C et ralentissent le flux de glace vers l'océan.

Mais les effondrements des barrières Larsen A et B ont, selon les observations de la NASA, accéléré de 300 % la fonte des glaciers situés à leur amont, entraînant une croissance de 59 % de l’écoulement de glace dans la mer[1].

Références[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]