Jean-François Courtine

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Jean-François Courtine
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Jean-François Courtine à Castelsardo en Sardaigne, en juin 2014
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professeur émérite
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Distinctions

Jean-François Courtine, né le , est un historien de la philosophie et spécialiste de phénoménologie et de l'histoire de l'ontologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et études[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires à Paris, et des années de classes préparatoires hypokhâgne au lycée Montesquieu du Mans, puis khâgne aux lycées Janson de Sailly et Henri IV à Paris, il obtient deux licences de lettres classiques et de philosophie à l'Université de Paris ainsi qu'un diplôme d'études supérieures sous la direction de Maurice de Gandillac.

Agrégé de philosophie, il a soutenu sa thèse de doctorat d'État ès lettres en 1987 sous la direction de Pierre Aubenque: Le tournant suarézien : étude sur la formation du système de la métaphysique scolaire.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Après avoir enseigné au lycée de Saint Germain-en-Laye, puis en classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand, il a été recruté en 1973 comme attaché de recherches au Centre Léon Robin (Centre de recherches sur l'histoire de la pensée antique), alors dirigé par Pierre Aubenque. Il devient ensuite chargé de recherches, puis directeur de recherches, avant d'être nommé professeur des universités à l’université de Poitiers (1988-1990), puis professeur à l'École normale supérieure (1990-1998).

À l'École normale supérieure, il a fondé puis dirigé le Département de Philosophie. Il y a également refondé les Archives de Husserl de Paris ( (LA 106, puis UMR 8547 Ens - Cnrs[1]) qu'il a ensuite dirigées de 1987 à 2009, succédant ainsi à Paul Ricœur et Henri Birault.

En 1999, il est nommé professeur à l'Université Paris-Sorbonne, où il joue un rôle actif en tant que membre du conseil scientifique de l'université et professeur délégué à la recherche. Il a ensuite présidé la 17e section du Conseil national des universités de 2007 à 2011, et a été vice-président de la commission permanente du même conseil de 2009 à 2011.

De 1987 à 2015, il dirigé plusieurs collections chez Vrin : « Bibliothèque d'Histoire de la philosophie », « Problèmes & controverses », « Études et commentaires ».

Professeur invité dans de nombreuses universités, en Europe et en Amérique Latine, il a été membre de l'Institut universitaire de France (chaire : ontologie, théorie de l'objet), de 2002 à 2013 et est membre de l'Institut International de Philosophie (de) depuis 2000[2].

Thèmes de recherche[modifier | modifier le code]

Ancien élève de Jean Beaufret et de Pierre Aubenque, il a notamment traduit et commenté de nombreux textes de Schelling et de Heidegger[3]. Il est également un spécialiste reconnu de métaphysique, et a publié de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire du vocabulaire de l'être et de l'ontologie.

Il est l'un des phénoménologues français que Dominique Janicaud avait accusé de participer à un «tournant théologique de la phénoménologie française » dans un pamphlet publié en 1992[4]. Pour répondre à ces accusations, il organise un colloque à l’ÉNS auquel participèrent notamment Paul Ricœur, Michel Henry, Jean-Luc Marion et Jean-Louis Chrétien, et qui donne à une publication[5].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2013, Jean-François Courtine a reçu le grand prix de philosophie de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre[6]. Il est également membre honoraire de l'Institut universitaire de France.

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Suarez et le système de la métaphysique, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Épiméthée », , 560 p.
    Ouvrage couronné par le Prix Charles Lévéque, décerné par l’Institut de France, 1992.
  • Heidegger et la phénoménologie, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque d'histoire de la philosophie », , 408 p.
  • Extase de la raison. Essais sur Schelling, Paris, Galilée, , 314 p.
  • Nature et empire de la Loi. Études suaréziennes, Paris, Vrin, coll. « Contextes », , 192 p.
  • Les catégories de l’être. Études de philosophie ancienne et médiévale, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », , 320 p.
  • Inventio analogiae : Métaphysique et ontothéologie, Paris, Vrin, coll. « Problèmes et controverses », , 377 p.
  • (pt) A Tragédia e o Tempo da História, São Paulo, Editora 34, , 368 p.
  • La cause de la phénoménologie, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », , 276 p.
  • Levinas, La trame logique de l'être, Paris, Hermann, coll. « Le Bel Aujourd'hui », , 244 p.
  • Schelling, Entre temps et éternité - Histoire et préhistoire de la conscience, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque d'histoire de la philosophie », , 232 p.
  • Archéo-Logique. Husserl, Heidegger, Patočka, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », , 254 p.

Direction d’ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Hölderlin, Paris, Éditions de l'Herne, , 358 p.
  • Herméneutique et ontologie : mélanges en hommage à Pierre Aubenque (co-dir. avec Rémi Brague), Paris, PUF, coll. « Épiméthée », , 388 p.
  • Phénoménologie et théologie, Paris, Critérion, coll. « Idées », , 160 p.
  • Figures de la subjectivité : approches phénoménologiques et psychiatriques, Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, , 212 p.
  • Le dernier Schelling : raison et positivité (co-dir. avec Jean-François Marquet), Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque d'histoire de la philosophie », , 184 p.
  • Phénoménologie et logique, Paris, Presses de l'École normale supérieure, , 378 p.
  • Heidegger, 1919-1929 : de l'herméneutique de la facticité à la métaphysique du Dasein, Paris, Vrin, coll. « Problèmes et controverses », , 236 p.
  • Edmund Husserl, La représentation vide, suivi de "Les recherches logiques", une œuvre de percée sous la direction de Jocelyn Benoist et Jean-François Courtine, Paris, PUF, "Épiméthée", 2003.Edmund Husserl, La représentation vide, suivi de "Les recherches logiques", une œuvre de percée (co-dir. avec Jocelyn Benoist ), Paris, PUF, coll. « Épiméthée », , 305 p.
  • L'Introduction à la métaphysique de Heidegger, Paris, Vrin, coll. « Études et Commentaires », , 240 p
  • Schelling, Paris, Éditions du Cerf, coll. « Cahiers d'Histoire de la philosophie », , 560 p.

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Heidegger, Schelling : le traité de 1809 sur l'essence de la liberté humaine, Paris, Gallimard, coll. « Classiques de la philosophie »,
  • Schelling (trad. et notes de Jean-François Courtine et Emmanuel Martineau), Œuvres métaphysiques 1805-1821, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de philosophie »,
  • Heidegger, Les problèmes fondamentaux de la phénoménologie, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de philosophie »,
  • Schelling (avec la collab. de Marc Kauffmann), Premiers écrits 1794-1795, Paris, PUF, coll. « Épiméthée »,

Mélanges[modifier | modifier le code]

  • (textes réunis par Philippe Büttgen et Jean-Baptiste Rauzy), La longue durée : pour Jean-François Courtine, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, coll. « Bibliothèque d'histoire de la philosophie. Nouvelle série », 2016, 336 p. (ISBN 978-2-7116-2684-7) - [Mélanges. Courtine, Jean-François. 1944-....]
Contributions en français dont une traduite de l'italien - Actes du colloque « Philosophie et longue durée, autour du travail de Jean-François Courtine », tenu à l'université Paris-Sorbonne, -1er juin 2013[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Pays germaniques - UMR 8547 - Archives Husserl - Transferts culturels », sur www.umr8547.ens.fr (consulté le )
  2. « Institut International de Philosophie », sur www.i-i-p.org (consulté le )
  3. « Jean-François COURTINE | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le )
  4. Dominique Janicaud, Le tournant théologique de la phénoménologie française, Éditions de l'éclat,
  5. Phénoménologie et théologie, Paris, Critérion,
  6. « Jean-François COURTINE | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le )
  7. Notice dans le catalogue du Sudoc

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]