Forclusion (psychanalyse)

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La forclusion est la traduction de Verwerfung (rejet) chez Freud, proposée par Jacques Lacan pour désigner le mécanisme de défense à l'origine de la psychose.

La forclusion : entre déni et psychose[modifier | modifier le code]

La forclusion serait ainsi le rejet d'un signifiant, comme le phallus[note 1], hors de la sphère symbolique du sujet : le signifiant phallique serait donc forclos hors de la psyché, et donc non seulement « oublié » mais perçu comme n'ayant jamais existé. Ce mécanisme est à l'origine du délire ou du déni.

La forclusion se distingue du refoulement en ceci que les signifiants forclos ne sont pas contenus dans l'inconscient du sujet, ils sont hors de toute instance psychique. Ainsi, ils ne font pas retour de l'intérieur, comme les émotions pulsionnelles névrotiques refoulées, mais reviennent à travers le délire et l'hallucination, de l'extérieur.

A partir de la « Question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », la forclusion ne porte plus sur un signifiant quelconque, mais uniquement sur le Nom-du-Père[1] Pour appréhender la psychose, Jacques Lacan postule une lésion dans le champ de l’Autre : le Nom-du-Père y fait défaut. Il n’est pas refoulé mais forclos. N’étant pas articulé dans le symbolique langagier, quand il fait retour, il surgit dans un réel hors-sens. D’où la fréquence de l’appel à un imaginaire paternel dans le délire[2] .

En 1987, Jacques-Alain Miller introduit la notion de « forclusion généralisée ». Elle désigne un trou structural dans le champ du symbolique qui implique l’absence de référence ultime. Elle vaut pour tout sujet parlant[3]; tandis que la forclusion du Nom-du-Père, forclusion dite alors restreinte, ne vaut que pour quelques uns.

Jean Bergeret quant à lui utilise le terme de forclusion pour qualifier un des mécanismes de défense spécifique à l'organisation des états limites, utilisant le déni et le clivage du moi pour la psychose.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. le phallus pouvant être compris comme le signifiant du complexe de castration

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lacan J. D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose [1959], in Ecrits. Seuil. Paris. 1966.
  2. Maleval J-C. La forclusion du Nom-du-Père. Seuil. Paris. 2000.
  3. Miller J-A. La forclusion généralisée. La Cause du désir, 2018, 2, n°99, pp. 131-135.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]