Philosophie sociale

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D'après Franck Fischbach[1] reprenant Axel Honneth [2], la philosophie sociale naît en France sous l'impulsion de Jean-Jacques Rousseau, Claude Henri de Rouvroy de Saint-Simon et Auguste Comte. Elle est reprise par les Jeunes hégéliens, disparaît en France et prolifère en Allemagne, se divisant en plusieurs écoles : la principale est la théorie critique de la société fondée et représentée par l'Ecole de Francfort (Max Horkheimer, Theodor Adorno, Herbert Marcuse), mais d'autres courants de la philosophie sociale existent, représentés par le néo-kantisme en Allemagne (Rudolf Stammler, Karl Vorländer, Ludwig Stein, Paul Natorp) ou par le pragmatisme aux Etats-Unis (en particulier John Dewey). La philosophie sociale est une approche qui prend pour point de départ les « rapports sociaux » ou les « formes sociales de vie », et non des abstractions telles que l'individu, l'Etat ou l'Esprit. La philosophie sociale est caractérisée par une démarche qui insère la dimension politique dans la vie sociale et ne l'en abstrait pas ; elle est aussi une philosophie qui se sait être elle-même une pratique sociale, susceptible en tant que telle d'avoir des effets sur la vie sociale ; elle est enfin une démarche philosophique qui ne sépare pas la question de la vie bonne de celle de la justice et qui tente de les articuler l'une à l'autre. Elle entretient d'étroits rapports avec la sociologie et plus généralement les sciences sociales (droit, économie, politique). L'un des chercheurs actuels les plus éminents en philosophie sociale est Axel Honneth. La philosophie sociale est moins représentée en France et l'expression de philosophie sociale y est moins utilisée que dans d'autres traditions nationales, en raison des rapports conflictuels qui ont prévalus dans ce pays entre la philosophie et la sociologie. Mais un certain nombres de travaux d'auteurs de langue française relèvent de la philosophie sociale : c'est le cas de L'institution imaginaire de la société de Cornelius Castoriadis, de la Critique de la raison dialectique de Sartre, des Aventures de la dialectique de Maurice Merleau-Ponty ou encore de l'Histoire de la folie de Michel Foucault.

L'expression est également utilisée par Jürgen Habermas, par exemple dans son ouvrage La technique et la science comme « idéologie ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La philosophie sociale : colloque.
  2. La société du mépris, Paris, La Découverte, 2006, p. 42.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Châtelet, La philosophie des sciences sociales, bParis, Hachette Littérature, 2000.
  • Alfred Bertauld, De la philosophie sociale: Études critiques, BookSurge Publishing, 2001.
  • Franck Fischbach, Manifeste pour une philosophie sociale, Paris, La Découverte, 2009.
  • Guillaume le Blanc,Que faire de notre vulnérabilité ?, Paris, Bayard, 2011.
  • Fred Poché, Blessures intimes, blessures sociales. De la plainte à la solidarité, Paris, Cerf, 2008.
  • Eric Dufour, Franck Fischbach et Emmanuel Renault, Histoires et définitions de la philosophie sociale, Vrin, coll. « Recherches sur la philosophie et le langage », , 282 p. (ISBN 9782711684090, ISSN 0754-331X).

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