Alexander von Humboldt

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Alexander von Humboldt
AvHumboldt.jpg
Alexander von Humboldt (Alexandre de Humboldt).
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Geheimer Rat
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 89 ans)
BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
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Abréviation en botanique
Humb.Voir et modifier les données sur Wikidata
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Rue Jacob (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Alexander Georg von Humboldt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Marie-Elisabeth von Humboldt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Justus Christian Loder (en), Johann Simon von KernerVoir et modifier les données sur Wikidata
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Archives de l'École polytechnique fédérale de Zurich (en) (CH-001807-7:Hs 638)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres principales
Tableaux de la nature (d), Kosmos (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature d'Alexander von Humboldt
signature
Alexander von Humboldt grave.JPG
Vue de la sépulture.

Friedrich Karl, Wilhelm, Heinrich Alexander, baron von Humboldt[1], plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, est un naturaliste, géographe et explorateur allemand, né le à Berlin et mort le dans cette même ville[2]. Il était membre associé de l’Académie des sciences française et président de la Société de géographie de Paris. Par la qualité des relevés topographiques et des prélèvements de faune et de flore effectués lors de ses expéditions, il a fondé les bases des explorations scientifiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexander von Humboldt est né à Berlin le d'un père militaire prussien, le major Alexander Georg von Humboldt[3], et d'une mère française et huguenote, Marie-Élisabeth Colomb, veuve von Holwede.

Il est le frère cadet de Wilhelm von Humboldt (Guillaume de Humboldt), linguiste, fonctionnaire, diplomate, ministre de Prusse et philosophe allemand. Celui-ci, visionnaire pour la recherche et la pédagogie, fonda l'Université Humboldt de Berlin en 1810.

Formation[modifier | modifier le code]

Son père, Alexander Georg von Humboldt, était issu d'une importante famille poméranienne et officier de l'armée prussienne. Proche de la famille royale et de la franc-maçonnerie, il a voulu transmettre à ses fils la meilleure éducation dans l'esprit des Lumières. Il leur donne pour précepteurs Joachim Heinrich Campe, lequel suit les principes pédagogiques de Jean-Jacques Rousseau, puis Gottlob Johann Christian Kunth (de)[4]. Ils enseignent aux enfants l'histoire, les mathématiques, le latin, le grec, le français et l'allemand.

À 9 ans, à la mort de son père, Alexander est élevé par sa mère, au château de Tegel, près de Berlin. Elle continue d'attacher la plus grande importance à l'éducation des enfants en vue de leur permettre d'accéder à de hautes fonctions politiques.

Alexander montre un intérêt prononcé pour l'histoire naturelle. Alors que Wilhelm, d'une robuste constitution, a une belle aisance dans l'apprentissage et s'oriente vers la haute fonction publique, Alexander est frêle et apprend laborieusement[5].

À 16 ans, Alexander est présenté par Kunth à Marcus Herz, médecin et membre de l'Académie des sciences de Berlin, l'un des principaux représentants des Lumières en Allemagne et il est fortement impressionné par les cours et les discussions se déroulant chez lui.

En 1787, les deux frères vont étudier à l'université de Francfort-sur-l'Oder. Alexander y étudie l'administration publique et l'économie politique pendant un semestre[6]. Il suit des cours d'archéologie, de médecine, de physique et de mathématiques. Il contracte une "amitié éternelle" avec le théologien Wilhelm Gabriel Wegener.

À 18 ans, il est initié à la botanique par son ami Carl Ludwig Willdenow.

En 1788, Alexander revient étudier dans le château familial les techniques de la manufacture et le grec ancien.

En 1789, les deux frères s'inscrivent à l’université de Göttingen, qui est un centre de la pensée éclairée à cette époque. Alexander étudie la physique avec Georg Christoph Lichtenberg, l'anatomie et la zoologie avec Johann Friedrich Blumenbach.

Après un voyage géologique, il rédige en 1790 sa première publication scientifique d'observations minéralogiques sur les basaltes du Rhin.

Alexander de Humboldt peint par Friedrich Georg Weitsch, 1806.

C'est à Göttingen qu'il rencontre le naturaliste Georg Forster dont il devient le disciple et avec lequel il voyage pendant quatre mois au printemps 1790 aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et en France pendant la période révolutionnaire[7]. Alexander est pour la première fois à Paris en 1790 et s'enthousiasme pour les idéaux de la Révolution française et pour les Droits de l'homme:

« Le spectacle des Parisiens, leur rassemblement national, celui de leur temple de la Liberté encore inachevé pour lequel j'ai transporté moi-même du sable, tout cela flotte dans mon âme comme un rêve[8]. »

De retour en Allemagne à la fin de l'été 1790, Humboldt poursuit des cours d'économie et de gestion à l'Ecole de commerce de Hambourg, malgré son peu d'intérêt pour ces domaines[9]. Il consacre ses loisirs à la géologie, la botanique, et l'étude du suédois. En juin 1791, Humboldt entame une formation à l'École des mines de Freiberg, qui dure huit mois[9]. Il termine ses études et est directement nommé assesseur au département des mines sans avoir à servir en tant que cadet.

De Freiberg à Paris[modifier | modifier le code]

En 1792, Humboldt rédige un important rapport sur la géologie et l'état des mines en Prusse. Ce rapport le fait promouvoir inspecteur général des mines. Face à l'ignorance des mineurs qui ne savent pas distinguer un minerai d'une roche sans valeur, Humboldt ouvre clandestinement une école de formation des mineurs qu'il finance de ses propres deniers. Il refusera l'argent que le ministre von Heinitz lui enverra pour le défrayer de ses dépenses.

Humboldt mène des recherches pour augmenter la sécurité dans les mines.

En 1794, il obtient une promotion dans un bureau de Berlin, puis participe à des missions diplomatiques entre les états alliés allemands et l'armée révolutionnaire française. Cette même année, il fait la connaissance de l'écrivain Johann Wolfgang von Goethe, avec qui il partage sa passion pour les sciences[10].

En 1795, von Heinitz lui propose le poste convoité de directeur des mines de Silésie, dans le sud-est de la Prusse. Humboldt refuse et abandonne le service public.

Humboldt fait des expériences sur les animaux, sur l'effet de l'électricité, qu'il pense être contenue dans les nerfs, et mise en évidence par l'application de deux métaux différents. Il utilise même son propre corps pour ses expériences. En 1797, il publie ses Expériences sur le muscle et la fibre nerveuse excités, avec des conjectures sur le processus chimique de la vie dans le monde animal et végétal. Alessandro Volta montre en 1795 que ce sont les métaux qui créent l'électricité et invente la pile électrique en 1800. Humboldt gardera toute sa vie l'amertume de ne pas avoir fait la distinction entre les effets physiologiques et électriques, et de ne pas en avoir déduit les principes de la pile.

En novembre 1796, la mort de sa mère, Marie-Élisabeth Colomb, décédée d'un cancer, le libère de ses dernières attaches familiales, et l'héritage de ses soucis d'argent. Moins d'un mois après sa disparition, il démissionne de son poste de conseiller aux mines[11]. Avec son ami von Buch, il va faire des observations scientifiques dans le Tyrol. C'est là qu'il mettra au point la méthode de relevés météorologiques qui sera utilisée dans le monde entier.

Une expédition en Égypte avec Lord Bristol, que Humboldt devait joindre, est annulée par l'invasion de Bonaparte.

En avril 1798, Humboldt s'installe à Paris — à cette époque la capitale intellectuelle de la planète —, où vivent son frère Wilhelm et sa belle-sœur Caroline[12]. Il loge à l'Hôtel Boston, rue Jacob, près de Saint-Germain-des-Prés. Il étudie au Jardin des plantes, à l'Observatoire de Paris, à l'Institut de France. Il fréquente Cuvier, les botanistes Jussieu, René Desfontaines, Lamarck, André Michaux, les chimistes Chaptal, Thénard, Fourcroy, Louis-Nicolas Vauquelin, les mathématiciens Delambre, Laplace, Lalande et Jean-Charles de Borda[13].

Expédition en Amérique (1799-1804)[modifier | modifier le code]

L'expédition américaine d'Alexander von Humboldt.

L'amiral Louis Antoine de Bougainville, célèbre navigateur et explorateur, et héros de son enfance, lui propose de participer à une expédition en Amérique du Sud, au Mexique, en Californie, à travers le Pacifique, puis au pôle Sud. Bougainville sera remplacé par Baudin. Une guerre avec l'Autriche entraine le Directoire à annuler l'expédition.

Humboldt fait alors la connaissance d'Aimé Bonpland, chirurgien de marine et naturaliste amateur. Aimé Bonpland devait, comme Humboldt, participer à l'expédition de Baudin. Ils deviennent amis et décident de rejoindre l'expédition savante qui suit les troupes napoléoniennes en Égypte. Le bateau qu'ils devaient prendre ne parvient jamais à Marseille, où ils sont venus l'attendre. Ils décident alors d'aller à pied en Espagne pour prendre un bateau pour Smyrne. Pendant les six semaines de trajet, Humboldt fait de méticuleux relevés géographiques.

Humboldt est présenté au roi Charles IV d'Espagne, à Madrid, en mai 1799. Il obtient de lui des passeports avec le sceau royal qui garantit aux voyageurs l'assistance des autorités qu'ils rencontrent, dans les colonies espagnoles d'Amérique du Sud et dans les Philippines[14]. Bonpland devient officiellement compagnon et secrétaire de Humboldt. Ils sont les premiers à effectuer une exploration scientifique digne de ce nom. L'ambition majeure de Humboldt pendant son voyage aux Amériques est de découvrir l'interaction des forces de la nature et les influences qu'exerce l'environnement géographique sur la vie végétale et animale.

Le , ils embarquent, avec une grande quantité d'instruments de mesure, à La Corogne, à bord de la corvette Le Pizarro à destination du Venezuela. Après deux semaines en mer, ils font escale quelques jours aux Canaries, où ils escaladent le pic de Teide, la première montagne gravie par Humboldt hors du continent européen[15]. Ils arrivent le à Cumaná au Venezuela, à l'est de Caracas. Pendant la navigation, Humboldt fait des mesures astronomiques, météorologiques, de magnétisme, de température et de composition chimique de la mer.

À Cumaná, il assiste au marché aux esclaves de la ville. En Amérique, il a un profond dégoût pour la façon dont se vendent et s'évaluent les esclaves, devenant toute sa vie un « abolitionniste convaincu »[16]. À la mi-novembre de l'année 1799, accompagnés d'un domestique nommé José de la Cruz, Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland partent en voilier pour Caracas, emmenant avec eux 4 000 spécimens de plantes et d'insectes qu'ils ont déjà amassés[17].

Le haut Orénoque[modifier | modifier le code]

Plan du canal de Casiquaire dressé par Humboldt.

L'exploration de la forêt tropicale par Humboldt et Bonpland a pour but de confirmer la présence d'un canal naturel entre l'Orénoque et l'Amazone, le canal de Casiquiare, et de localiser le lieu exact de la source de l'Orénoque. Après des semaines de préparatifs, ils quittent Caracas, le 7 février 1800, avec leur domestique et quatre mulets, chargés notamment d'instruments de mesure[18]. De quoi permettre à Humboldt de relever méticuleusement la température des cours d'eau, du sol et de l'air, et la pression atmosphérique, l'inclinaison magnétique, la longitude et la latitude.

Avant de se rendre à Calabozo, dans le Sud, ils font un détour vers l'Ouest en passant par la luxuriante vallée d'Aragua qui abrite le lac de Valencia. C'est là que Humboldt émet l'hypothèse que le climat peut être modifié par l'homme[19]. Le 10 mars 1800, ils entament leur traversée de la steppe des Llanos avant d'atteindre Calabozo où Humboldt capture des anguilles électriques (Electrophorus electricus) afin de poursuivre son étude sur l'électricité dans le monde animal[20].

À la fin du mois de mars, ils arrivent à San Fernando de Apure. Le 30 mars, ils embarquent à bord de pirogues sur le rio Apure avec un pilote et quatre indiens pour pagayer[21]. Certains passages nécessitent de faire porter la pirogue à travers la forêt. Les piqûres de moustiques les font cruellement souffrir. Au cours de ce voyage, Ils récoltent de nombreux spécimens d'animaux et de plantes alors inconnus en Europe.

Humboldt et Bonpland dans la jungle amazonienne.

Ils quittent l'Orénoque aux eaux fangeuses pour le río Atabapo, un affluent aux eaux claires et limpides, puis passent par d'étroits canaux à travers la forêt. Ils font porter leur pirogue sur onze kilomètres jusqu'à un affluent de l'Amazone par vingt-trois Indiens pendant trois jours. Humboldt décide de remonter le rio Negro, un affluent de l'Amazone, vers le canal de Casiquiare dont il relève rigoureusement la position, quand il l'atteint le 11 mai 1800[22]. Humboldt et Bonpland ne sont pas les premiers Européens à emprunter cette voie, mais la rigueur de leurs relevés et de leurs descriptions lève les doutes quant à l'existence d'un passage navigable entre l'Amazone et l'Orénoque. Après avoir navigué sur le Casiquiare pendant dix jours, ils retrouvent l'Orénoque et descendent le fleuve[23].

Le , ils explorent la région des tribus indigènes Maypures et Atures et découvrent des sépultures et objets anciens appartenant à la tribu disparue des Atures. Les Indiens Guareca de la région leur montrent un vieux perroquet apprivoisé qui répétait quelques mots d'une langue incompréhensible, laquelle, selon eux, était la langue de cette tribu éteinte[24].

Le 13 juin 1800, après trois semaines en remontant vers le Nord, puis l'Est, sur le fleuve Orénoque, Humboldt et Bonpland arrivent à Angostura où ils restent un mois, étant tombés malades[25]. Ils ne retrouvent leur point de départ en Amérique du Sud, Cumaná, qu'à la fin du mois d'août[26].

De La Havane à Quito[modifier | modifier le code]

Le , Humboldt et Bonpland embarquent pour Cuba où il se lient d'amitié avec Francisco Arrango y Parreño, le plus grand planteur de sucre de l'île, et sont reçus par le Marquis de Someruelos.[réf. souhaitée] Humboldt apprend à Cuba que l'expédition du capitaine Nicolas Baudin, à laquelle il avait souhaité participer trois ans plus tôt, a quitté la France et doit arriver à Lima (Pérou). Aussi souhaite-t-il la rejoindre afin de participer à leur tour du monde[27]. Le 30 mars 1801, Humboldt et Bonpland débarquent à Carthagène, dans l'actuelle Colombie, qu'ils quittent le 6 avril avec pour objectif de rejoindre le rio Magdalena. Il leur faut presque deux mois pour remonter le fleuve jusqu'à la ville de Honda, le 15 juin. Ils arrivent à Bogota le 8 juillet 1801, où ils sont reçus par de nombreux notables, notamment le botaniste espagnol José Celestino Mutis, qui s'était établi dans cette ville[28].

Le 8 septembre 1801, Humboldt et Bonpland, toujours accompagnés de leur domestique José de la Cruz, partent de Bogota avec une dizaine de bœufs et de mulets pour le transport des provisions et cinq porteurs pour celui des instruments de mesure, plus fragiles[29]. Le , ils arrivent à San Francisco de Quito, où ils font la connaissance du jeune Carlos de Montúfar, noble créole qui les suivra au cours de leurs périples suivants.

Dans cette ville, Humboldt apprend que Nicolas Baudin ne ferait pas escale à Lima. Durant cinq mois, il en profite pour tenter l'escalade, avec plus ou moins de succès, des volcans proches de Quito : le Pichincha, le Cotopaxi et l'Antisana[30].

Les Andes et l'ascension du Chimborazo[modifier | modifier le code]

Humboldt, Bonpland et Montúfar décident toutefois de se rendre à Lima et quittent Quito le 9 juin 1802[31]. Pour pallier l'absence d'alizés, ils empruntent la voie de terre le long des Andes. Ils font un bref passage près des sources de l'Amazone puis rejoignent les Andes. Ils passent douze mois en altitude à travers les volcans. Ils ont les pieds en sang, mais refusent toujours de faire comme l'aristocratie locale : se laisser porter par des Indiens dans des chaises fixées sur leur dos.

Humboldt et Aimé Bonpland au pied du volcan Chimborazo, peinture de Friedrich Georg Weitsch (1806).

Humboldt s'assure une renommée mondiale en gravissant le Chimborazo, sommet considéré à l'époque comme le plus élevé du monde et auquel il vouera un culte particulier toute sa vie (à 70 ans, il se fait peindre en pied devant le profil du volcan[32]). Le Chimborazo est le sommet le plus éloigné du centre de la terre, même si son élévation au-dessus du niveau de la mer est sensiblement moins élevé que celui de l'Himalaya, par exemple. Cela tient à l'aplatissement de la Terre, qui n'est pas parfaitement sphérique, et au fait que le Chimborazo est très près de l'équateur[33]. L'ascension du Chimborazo débute le . Ils ne purent arriver au sommet, arrêtés à quelques centaines de mètres, à la fois par une profonde crevasse et par le manque d'oxygène. Ils s'élevèrent néanmoins à la plus haute altitude qu'on eût jamais atteinte alors : 5,878 m, le Chimborazo culminant à 6,310 m.

Humboldt effectue des observations dans le domaine de la sismologie et de la phytogéographie, il publiera une carte de végétation du Chimborazo à son retour[34]. Il déduit des alignements de volcans que les chaînes de montagnes se sont formées le long de failles géologiques. Ancien disciple des neptuniens, qui pensent que les roches se sont formées à partir de sédiments liquides, il change radicalement d'avis et se convertit au plutonisme.

L'expédition gagne Lima le . Songeant à se rendre au Mexique, Humboldt et ses compagnons quittent l'Amérique du Sud, à bord d'un bateau, destination Guayaquil. En chemin, Humboldt prélève du guano pour en faire faire l'analyse en Europe. C'est lui qui fera connaître à l'Europe et l'Amérique du Nord ses propriétés fertilisantes. Il étudie aussi le courant froid qui longe la côte, du sud vers le nord, un courant qui portera son nom[35]. Ils restent à Guayaquil du 4 janvier 1803 au 17 février 1803[36].

Une année au Mexique[modifier | modifier le code]

Ils passent l'année 1803 à parcourir le Mexique : le , ils débarquent à Acapulco, après une traversée des plus tourmentées ; en avril, ils sont à Mexico. Humboldt y écrira son Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne, le premier essai de géographie régionale, dans lequel il ne fait qu'un récit sommaire de ses voyages.

En mars 1804, il embarque ensuite pour la Havane pour y récupérer ses collections déposées plus de trois ans auparavant[37].

Passage aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Estimant de son devoir de saluer Thomas Jefferson, président des États-Unis, Humboldt prolonge son voyage et vogue vers Philadelphie, où il débarque à la fin mai 1804[38]. Humboldt et ses compagnons font le trajet jusqu'à Washington où ils arrivent le 1er juin. Le lendemain, Humboldt rencontre à la Maison-Blanche Jefferson, avec lequel il parle histoire naturelle, agriculture, différences des coutumes selon les pays, et moyens d'élever le niveau de vie[39]. Les deux hommes s'entendent si bien que Jefferson invite Humboldt à loger chez lui.[réf. nécessaire] Humboldt est néanmoins critique de la possession d'esclaves par Jefferson, mais il ne lui en fait pas part[39]. Ils entretiendront une correspondance régulière jusqu'à la mort, en 1826, de Jefferson[40].

Humboldt est aussi accueilli par la Société américaine de philosophie, construite sur le modèle de la Royal Society de Londres et fondée par Benjamin Franklin[39]. Humboldt passe la plus grande partie de son temps avec les membres de la Société. Bonpland et Montufar ne parlant pas anglais, leur rôle se limite de plus en plus à celui de figurants.[réf. souhaitée]

Le 30 juin 1804, Humboldt quitte les États-Unis pour la France sur la frégate La Favorite. À bord du navire se trouve aussi Pierre Jean François Turpin, qui deviendra l'un des grands illustrateurs botaniques de l’époque napoléonienne[41],[42].

Bilan de l'expédition[modifier | modifier le code]

L'expédition de Humboldt et Bonpland, d'une durée de cinq ans, a coûté à Humboldt le tiers de son capital. C'est l'une des plus remarquables expéditions scientifiques, avec une moisson de données d'une valeur scientifique encore plus importante que les spécimens qu'ils ont pu rapporter. De son expédition, Humboldt a rapporté des dizaines de journaux de voyages, des centaines de croquis, et une grande quantité de notes sur l'astronomie, la météorologie et la géologie. En tout, il a ramené 60000 spécimens de plantes, dont 2000 considérées comme de nouvelles espèces par les botanistes[41].

Durant la première partie de leur expédition, dans le Haut Orénoque, qui a duré un an, Humboldt et Bonpland ont récolté de nombreux animaux, et 20 000 spécimens botaniques. Le tiers de leur récolte est détruit par l'humidité et les insectes, mais le bilan reste néanmoins considérable. Ils envoient en Europe leurs collections de manière morcelée, afin d'être certains qu'au moins quelques parties arriveront. Une série fera naufrage, une autre sera capturée par les Britanniques (puis restituée à Humboldt par un acquéreur, des années plus tard).[réf. souhaitée]

Chateaubriand dira de lui dans son édition de 1827 de Voyages en Amérique : « En Amérique, l'illustre Humboldt a tout peint et tout dit »[43].

Retour en Europe[modifier | modifier le code]

Un accueil favorable en France[modifier | modifier le code]

Humboldt à Berlin en 1807.

Humboldt arrive au large de Bordeaux le . Il s'installe à Paris, au 3 quai Malaquais, où il résidera de 1804 à 1824[44]. Il retrouve le monde scientifique de son temps. Il fait partie de la Société d'Arcueil formée autour du chimiste Berthollet où se rencontrent également François Arago, Jean-Baptiste Biot, Louis-Joseph Gay-Lussac avec lesquels Humboldt se lie d'amitié. Ils publient ensemble plusieurs articles scientifiques. Humboldt et Gay-Lussac mènent des expériences communes sur la composition de l'atmosphère, sur le magnétisme terrestre[45].

Humboldt offre son herbier au muséum d'histoire naturelle de Paris, où il fait connaissance avec le naturaliste Georges Cuvier[46]. La collection est acceptée par décret en 1805.

Il publie en français la relation de son voyage et fréquente les salons parisiens comme celui de Madame de Récamier. Il se lie d'amitié avec Chateaubriand. Il est reçu par Napoléon, qui le soupçonne d'espionnage pour le compte de la Prusse[47].

Humboldt est reconnu par les plus grands scientifiques de son temps. Il est élu Correspondant pour la section de physique générale de la 1re Classe de l'Institut national des sciences et des arts le 16 pluviôse an XII (), puis Associé étranger de l'Académie des sciences le [48].

Paris est la capitale de la science et, malgré la demande de son frère de rentrer en Prusse et les rentes qu'il pourrait y recevoir sans efforts, Humboldt décide d'y rester pour trier ses collections et préparer un ouvrage monumental à partir de son expérience.

Au cours d'une soirée chez Fanny de Trobriand,[réf. nécessaire] en 1804, Humboldt rencontre le révolutionnaire vénézuélien Simón Bolívar qui lui aurait exposé ses idées politiques[49]. Les deux hommes s'accordaient sur le fait que les Espagnols devaient laisser placer en Amérique du Sud à des nations indépendantes[50].

Escapades en Italie et à Berlin[modifier | modifier le code]

Avant de rencontrer Gay-Lussac chez Berthollet, en 1805, Humboldt avait appris que le jeune physicien avait battu son record d'altitude atteint sur le mont Chimborazo en mesurant l'atmosphère à bord de son ballon. En 1799, Gay-Lussac avait également rédigé un compte-rendu critique du rapport sur l'eudiométrie présenté par Humboldt à l'Institut national. Leur rencontre scelle néanmoins une amitié durable qui ne prit fin qu'avec leur vie et qui est à l'origine de plusieurs découvertes scientifiques.

En mars 1805, Humboldt et Gay-Lussac entreprennent un voyage scientifique en Italie pour étudier le magnétisme terrestre. Fin avril à Rome, ils retrouvent Wilhem, le frère d'Alexander, et son épouse, qui s'y étaient installés depuis deux ans et demi. Le 16 juillet, ils partent pour la région de Naples, le 12 août, ils assistent à une éruption du Vésuve[51]. Ils publieront à leur retour des Observations sur l'intensité et l'inclinaison des forces magnétiques (1808). Ils confirment ainsi la loi découverte par Humboldt en Amérique, suivant laquelle l’intensité de la force magnétique est croissante en allant de l’équateur aux pôles, les inclinaisons diminuant de manière régulière en fonction de la latitude .

Ils mènent également des expériences sur l'eau au moyen de l'eudiomètre et constatent la simplicité du volume des deux gaz combinés (2,00) alors que Fourcroy, Vauquelin et Seguin donnaient le nombre fractionnaire 2,05. En étendant cette propriété à tous les gaz, Gay-Lussac formule la Loi de Gay-Lussac qui est l'une des principales lois de la chimie moderne et lui vaut d'être élu à l'Académie des sciences en 1806.

De l'Italie, où ils croisent le chemin du physicien Alessandro Volta, Gay-Lussac et Humboldt, se rendent à Berlin où ils arrivent le 16 novembre 1805[52]. Nommé Chambellan du roi Frédéric-Guillaume III, Humboldt travaille avec une équipe à regrouper, ordonner et mettre au propre les données qu'il a recueillies. Il fait des mesures de magnétisme jour et nuit et remarque que l'aiguille varie selon l'heure. C'est durant son séjour à Berlin que Humboldt, se sentant triste et isolé, rédige dans sa maison de campagne ce qui va devenir son ouvrage le plus vendu, traduit en onze langues, Tableaux de la nature : « Un genre littéraire complètement inédit, qui mêlait belle écriture, généreuses descriptions de paysages et observations scientifiques », pointe sa biographe Andrea Wulf[53]. L'ouvrage sort en France en 1808, édité par Frédéric Schoell et traduit par Jean-Baptiste Eyriès.

Deux décennies à Paris (1807-1827)[modifier | modifier le code]

À la mi-novembre 1807, Alexander von Humboldt est envoyé par le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, avec le prince Guillaume en ambassade à Paris pour faire diminuer le montant des indemnités de guerre fixées par les traités de Tilsit[54]. Il travaille à l'édition de son voyage qui ne sera achevée qu'en 1834. La collection comporte quatorze titres et trente volumes.

Humboldt reste à Paris et peut se consacrer à ses travaux. Depuis que la France a envahi la Prusse, Humboldt ne reçoit plus de revenus de ses domaines. Il vit à Paris dans une chambre meublée qu'il partage avec Gay-Lussac, rue de la vieille Estrapade, puis rue d'Enfer, près de l'Observatoire. Il ne dort jamais plus de trois à quatre heures par nuit.

En 1809, il rencontre François Arago, de quinze ans son cadet, avec lequel il sympathise et qui va rester un proche jusqu'à la fin de sa vie. Ils font des expériences ensemble à l'Observatoire.

Depuis 1807, il est étroitement surveillé par la police française parce qu'il est allemand et que sa correspondance privée reflète les opinions politiques des salons parisiens. Il écrit de 1 000 à 2 000 lettres par an. Son courrier est d'ailleurs est d'ailleurs ouvert par la police française. Napoléon, qui se méfie de Humboldt, lui demande en 1810 de quitter la France. Mais il est autorisé à rester à Paris grâce à l'intervention du chimiste Jean-Antoine Chaptal, alors trésorier du Sénat[55].

Sceau cachetant une lettre privée de Humboldt.

Malgré la chute du Premier Empire en 1814, Humboldt persiste à rester en France, ce qui irrite le prince Guillaume[56]. Lors de l'occupation de Paris par les troupes prussiennes, il intervient pour protéger le Muséum national d'histoire naturelle ou éviter la destruction du Pont d'Iéna. Il refuse le poste d'ambassadeur de Prusse à Paris, car il ne veut pas cautionner la politique réactionnaire qui gouverne l'Europe après la chute de Napoléon[57].

Pendant qu'il habite Paris, il fait plusieurs séjours à Londres, notamment afin d'obtenir de la Compagnie britannique des Indes orientales l'autorisation de faire une expédition dans l'Himalaya. Sans succès[58].

Il fonde avec d'autres savants la Société de géographie en 1821.


Le retour à Berlin[modifier | modifier le code]

En 1826, Humboldt reçoit une lettre du roi de Prusse lui enjoignant de quitter Paris, où il ne peut désormais séjourner que quatre mois par an. Le 14 avril 1827, il quitte donc Paris pour Berlin, en faisant un détour par Londres. Il retourne à la Royal Society, où il retrouve entre autres les scientifiques John Herschel et Charles Babbage. Il fait également la connaissance de Mary Somerville, alors l'une des rares femmes scientifiques en Europe. Son séjour est marqué, le 26 avril 1827, par une descente en cloche de plongée, dans la Tamise, afin d'inspecter la construction du premier tunnel sous ce fleuve[59].

Arrivé à Berlin, le 12 mai 1827, il exerce ses fonctions de chambellan auprès du roi, dans un contexte où le pouvoir politique est très conservateur et répressif. Il est beaucoup critiqué pour ses idées libérales et son attachement à la France.

À partir du 3 novembre 1827, Humboldt obtient beaucoup de succès en donnant des cours à l'université, puis des conférences devant un public plus large[60]. Parce qu'à Berlin la communauté scientifique n'organise pas, comme à Paris, des réunions savantes pour confronter les idées, Humboldt y convoque une réunion de l'Association Scientifique, à laquelle participent six cents savants parmi les plus renommés[61]. À partir de ses conférences mises en forme, il commence de rédiger Cosmos, essai d'une description physique du monde.

L'expédition en Sibérie (1829)[modifier | modifier le code]

C'est pour ses connaissances en géologie qu'Alexander von Humboldt va pouvoir effectuer une expédition en Sibérie. À l'automne 1827, le ministre russe des finances, Georg von Cancrin, demande à Humboldt son avis sur l'émission de pièces de monnaie en platine. Le cours du platine étant instable, Humboldt émet un avis défavorable et propose d'aller étudier les mines de l'Oural.

En mars 1829, il se rend en Russie aux frais du tsar Nicolas Ier, avec Gustav Rose, professeur de chimie et de minéralogie, Christian Gottfried Ehrenberg, zoologiste, et son valet de chambre Johann Seifert[62]. À Saint-Pétersbourg, il est accueilli comme une importante personnalité officielle, et partage ses repas avec la famille du tsar. Le 20 mai 1829, l'expédition quitte Saint-Pétersbourg pour Moscou[63]. Au départ de Moscou, le 28 mai, l'expédition s'est agrandie de responsables de l'industrie minière, et de bureaucrates des autorités locales. Dans la ville de Nijni Novgorod, en chemin, elle est rejointe par le comte Adolphe de Polier, un géologue français qui avait épousé une riche femme russe[63].

Humboldt passe un mois à étudier les mines de l'Oural. Grâce à la présence de filons de platine et de sables aurifères, il prédit la présence de diamants dans l'Oural. Avec Rose, il scrute au microscope chaque gisement d'or rencontré. C'est le comte Polier, propriétaire de certains de ces gisements qui, appliquant la théorie d'Humboldt, trouvera le premier diamant de l'Oural[64].

À la fin du mois de juillet, l'expédition atteint Tobolsk. Au lieu de se conformer aux instructions de Cancrin et d'aller directement à Omsk, Humboldt décide de faire un détour. Se réjouissant de pouvoir se rendre dans des régions plus sauvages, il prolonge son voyage vers l'Est afin d'étudier les monts Altaï. La traversée de la steppe de Baraba par l'expédition est marquée par l'épidémie de bacille du charbon qui sévit dans la région. Le 2 août, l'expédition arrive dans la ville minière de Barnaoulelle rencontre Friedrich August von Gebler[réf. souhaitée]. Le 17 août, elle parvient à Baty, un poste frontière avec la Mongolie et la Chine, située sur l'Irtych[65].

Comme à son habitude, Humboldt fait des mesures barométriques. Humboldt et ses compagnons reviennent après six mois d'expédition, après avoir parcouru près de dix-neuf mille kilomètres. Humboldt y a étudié et simulé la mise en place d'un réseau de stations magnétiques et météorologiques, faisant des observations régulières et fonctionnant avec des appareils identiques. Il laisse le soin à Rose et Ehrenberg de publier les résultats de l'expédition. Ce n'est qu'en 1843 que paraîtra son Asie Centrale en trois volumes.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Humboldt photographié en 1857.

Humboldt continue de séjourner régulièrement à Paris. Le roi de Prusse lui demande de renforcer les liens entre la Prusse et la France. Humboldt reste deux ans à Paris en 1842-1843 et plus d'un an en 1844 et 1847[66]. Il envoie de nombreux rapports sur la Monarchie de Juillet.

En 1845, il devient pour un an le président de la Société de géographie, dont il reste membre jusqu'à sa mort[67].

En 1852, Humboldt reçoit la médaille Copley de la Royal Society de Londres. La revue Cosmos est fondée par l'abbé Moigno cette année-là en son honneur.

À l'accession de Frédéric-Guillaume IV au trône de Prusse, Humboldt utilise sa fonction de chambellan et conseiller privé du roi pour plaider en faveur de l'émancipation des juifs et de l'abolition du servage en Prusse. Le roi l'utilise comme encyclopédie ambulante. La popularité de Humboldt reste grande, malgré les inimitiés qu'il se fait parmi les milieux réactionnaires proches du roi. En 1857, la folie qui atteint le roi permet à Humboldt d'avoir plus de temps pour ses travaux.

Humboldt décède de mort naturelle le et bénéficie de funérailles nationales.

Les apports de Humboldt à la science[modifier | modifier le code]

Catasetum maculatum. Illustration tirée du Voyage de Humboldt et Bonpland, Sixième Partie, Botanique, Nova Genera et Species Plantarum, vol. 7, tab. 630.

Publications[modifier | modifier le code]

Humboldt a rédigé en français les résultats du voyage scientifique en Amérique avec Bonpland dans un ensemble de trente volumes publiés à Paris dans les trente premières années du XIXe siècle. Le Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent comprend des atlas, des traités de géographie et d'économie sur Cuba et le Mexique, un récit de ses voyages et un Examen critique de l'histoire de la géographie du Nouveau Continent, de nombreuses planches concernant la botanique. Humboldt a rédigé ses écrits scientifiques en collaboration avec d'autres savants, et dédie le volume consacré à la géologie à son ami Goethe.

Durant les dernières années de sa vie, Humboldt rédige en allemand le Cosmos, résultat des cinq années de travail sur les sujets présentés lors de ses conférences. Il y décrit en cinq volumes toutes les connaissances de l'époque sur les phénomènes terrestres et célestes. Le but de cet ouvrage est de communiquer son excitation intellectuelle et de faire comprendre la nécessité pratique de la recherche scientifique.

Humboldt a également publié dans de nombreuses revues scientifiques, en particulier avec Gay-Lussac pour ce qui concerne la France, dans les Mémoires de physique et de chimie de la Société d'Arcueil.

Démarche scientifique[modifier | modifier le code]

Sa démarche scientifique est caractérisée par :

  • la mesure précise des phénomènes au moyen d'instruments nombreux et sophistiqués ;
  • l'inventaire et la classification des espèces animales et végétales (description de 6000 espèces de plantes) ;
  • la synthèse entre les différentes variables et les domaines qui sont mis en rapport les uns avec les autres ;
  • l'observation des sociétés humaines du point de vue de l'histoire, de l'anthropologie et de la linguistique ;
  • la démarche d'autoréflexion permanente sur la pratique scientifique ;
  • l'engagement en tant qu'intellectuel contre l'impérialisme et l'esclavagisme à partir de ses découvertes[68].

Le savoir de Humboldt combine celui d'un honnête homme des Lumières qui embrasse tous les domaines et celui d'un scientifique du XIXe siècle qui travaille dans des domaines spécialisés.

Géographie[modifier | modifier le code]

Humboldt est considéré comme le père de la géographie moderne. Il a dégagé et appliqué les deux principes qui font de la géographie une science distincte des sciences physiques et biologiques :

  • Principe de causalité : montrer les interactions des phénomènes humains avec les phénomènes géologiques, météorologiques, biologiques ou physiques.
  • Principe de géographie générale : mettre en relation le fait local avec les faits observés dans d'autres régions afin d'établir une loi générale valable en toutes circonstances[69].

Il a jeté les bases de la géographie physique et de la géophysique, notamment de la sismologie.

Il attire l'attention des Européens sur la richesse minérale de l'Amérique du Sud.

Botanique[modifier | modifier le code]

Humboldt est à l'origine de nombreuses découvertes botaniques, dont le brugmansia. La manière dont il appréhende la botanique est inédite pour son époque, note sa biographe Andrea Wulf : « Au lieu d'enfermer les plantes dans d'innombrables catégories taxonomiques, il les répartissait selon le climat et leur environnement: une idée révolutionnaire que l'on retrouve encore aujourd'hui dans notre conception des écosystèmes. »[70]

Météorologie et climat[modifier | modifier le code]

Humboldt a forgé en particulier de nouvelles théories (sur la flore, et sur les isothermes[71]), et plusieurs expressions comme isodynamiques, isothermes, isoclines, jurassique, orage magnétique. Il avait bien compris le rôle de redistribution des températures joué par les grands courants marins . Certains font de lui le vrai père de la météorologie moderne[72].

Pour Andrea Wulf, « ayant exposé le premier le processus d'un changement climatique induit par l'homme, il [Alexander von Humboldt] devint sans le savoir le père du mouvement écologiste »[73].

Divers[modifier | modifier le code]

Modèle de masque à gaz d'Humboldt (1799).
Le Courant de Humboldt longe les côtes de l'Amérique du Sud en direction du Pérou.

Avant les dépôts de brevet en 1887 portant sur le masque à gaz, Alexander von Humboldt aurait inventé le premier appareil de ce genre en 1799[74].

Postérité[modifier | modifier le code]

La relation historique du Voyage aux régions équinoxiales de Humboldt a inspiré de jeunes naturalistes comme :

L'actuelle Fondation Alexander von Humboldt a été créée en Allemagne, à la mort du savant, pour la promotion de jeunes chercheurs dans le domaine des sciences. En France, à la fin du XIXe siècle, la renommée du savant commence peu à peu à décliner : « De nombreux Allemands sont effacés de la perspective française autour de 1870 », selon l'historien David Blankenstein[75].

En 1980, à l’initiative d’Alain Kerjean, « l’Expédition Équinoxe », sous le patronage de la Société de Géographie (Paris), reconstitua en un an le voyage de Humboldt et Bonpland au Venezuela et explora un affluent du Haut-Orénoque. De leur expérience, Alain Kerjean et Alain Rastoin ont écrit un livre publié en 1981 par les éditions Robert Laffont : Aventures sur l'Orénoque : dans les pas d'Alexandre de Humboldt[67].

Une mer lunaire a été baptisée en son honneur par l'astronome allemand Johann Heinrich von Mädler : la Mer de Humboldt, en latin Mare Humboldtianum[76],[77].

Le courant de Humboldt a été nommé en son honneur.

Sexualité[modifier | modifier le code]

Le manchot de Humboldt (Spheniscus humboldti, Meyen, 1834).

Alexander von Humboldt a intéressé certains théoriciens de la sexualité. Havelock Ellis rapporte que le criminologue Paul Näcke (1851-1913) a enquêté sur le cas de Humboldt et en a tiré « les meilleurs fondements pour regarder Humboldt comme un inverti[78] ».

Le sexologue allemand Magnus Hirschfeld a fait grand cas de témoignages collectés au début des années 1910 chez des personnes encore vivantes ayant connu Humboldt, pour le qualifier d'acteur de la subculture homosexuelle ; l'un de ces témoignages provient du scientifique Carl August Bolle qui se considérait lui-même comme homosexuel[79].

Humboldt a brûlé l'ensemble de sa correspondance privée. Sous réserve de la découverte de nouveaux documents, l'on ne dispose donc pas de détails relatifs à sa vie privée. Les historiens qui considèrent qu'elle était inexistante font abstraction de ce manque de documents. Tout ce que l'on sait, outre les témoignages évoqués ci-dessus, est que Humboldt est resté célibataire, qu'il préférait, en règle générale, la compagnie des hommes à celle des femmes et qu'il a légué ses biens, non à des membres de sa famille, mais à son fidèle serviteur.

Pour sa biographe Andrea Wulf, Humboldt, qui ne s'est jamais marié et « ne semble pas avoir eu de relations intimes avec des femmes », « éprouvait des passions intenses, mais uniquement masculines », même s'« il est fort probable qu'elles restèrent platoniques »[80].

On attribue néanmoins à Humboldt des relations amoureuses avec l'officier Reinhard von Haeften, le peintre Carl von Steuben, le chimiste Louis Joseph Gay-Lussac, avec qui il a vécu quatre années durant à Paris, et avec François Arago[81].

Humboldt était l'ami du botaniste Aimé Bonpland, qui l'a accompagné lors de son expédition en Amérique latine. Dans la correspondance de Humboldt et Bonpland, telle que publiée en 2004, l'amitié ne se distingue pas de la science, mais il n'est pas question de sexualité. Humboldt écrit en 1806 : « Vous savez, cher Bonpland, que je n'aime personne au monde aussi fraternellement que vous et Gay[82] ».

Représentations dans les arts[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le Tableau physique présente une vue en coupe des volcans Chimborazo et Cotopaxi avec un diagramme détaillé des espèces végétales selon l'altitude. Ce tableau a été publié dans Essai sur la géographie des plantes, 1807 en grand format (54 cm x 84 cm), puis corrigé par la suite. C'est une source largement utilisée pour mesurer l'impact du réchauffement climatique, mais en fait la végétation présentée était celle d'un autre volcan, l'Antisana[86].

(en français)

  • Voyage aux régions equinoxiales du Nouveau Continent (avec Aimé Bonpland), 30 vol., Paris, 1807-1834 (édition monumentale), 30 vol., Paris, 1816-1831 (petite édition). Réédition en cours, dir. C. Minguet, A. Segala et J. P. Duviols, Erasme, Paris-Nanterre, 1989-1990. La grande édition comprend les volumes suivants :
    • (I, II) Plantes équinoxiales… (1808-1809)
    • (III, IV) Monographie des Mélastomacées… (1816, 1823)
    • (V) Monographie des Mimoses et autres plantes légumineuses du Nouveau Continent (1819-1824)
    • (VI, VII) Révision des Graminées (1829-1834)
    • (VIII-XIV) Nova genera et species plantarum… (1815-1825)
    • (XV-XVI) Atlas pittoresque du voyage (1810)
    • (XVII) Atlas géographique et physique du Nouveau Continent fondé sur des observations astronomiques, des mesures trigonométriques et des nivellements barométriques (1814)
    • (XVIII) Examen critique de l'histoire de la géographie du Nouveau Continent et des progrès de l'astronomie nautique au XVe et XVIe siècles (1814-1834)
    • (XIX) Atlas géographique et physique du royaume de la Nouvelle Espagne… (1811)
    • (XX) Géographie des plantes… (1805)
    • (XXI, XXII) Recueil d'observations astronomiques, d'opérations trigonométriques et de mesures barométriques (1810)
    • (XXIII, XXIV) Recueil d'observations de zoologie et d'anatomie comparée (1811, 1833)
    • (XXV, XXVI) Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne (1811)
    • (XXVII) Essai sur la géographie des plantes… (1807)[87]
    • (XXVIII-XXX) Relation historique du Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (1814, 1819, 1825)
  • Tableaux de la nature, ou Considérations sur les déserts, sur la physionomie les végétaux et sur les cataractes de l'Orénoque. [« Ansichten der Natur »] (trad. de l'allemand par Jean-Baptiste Eyriès), Paris, éditeur Frédéric Schoell, (lire en ligne)
  • Fragments de géologie et de climatologie asiatiques (2 vol., Paris, 1831)
  • Asie centrale: Recherches sur les chaînes des montagnes et la climatologie comparéee (3 vol., Paris, 1843)
  • Cosmos. Essai d'une description physique du Monde, 4 vol., Paris, 1847-1859, rééd. Éditions Utz, 2000. Texte en ligne disponible sur IRIS : Tome 1, Tome 2, Tome 3 et Tome 4.
  • avec Georges Cuvier, Ferdinand Hoefer, Pierre Flourens, Charles Lyell, Discours sur les révolutions du globe avec des notes et un appendice d'après les travaux récents de MM. de Humboldt, Flourens, Lyell, Lindley, etc. rédigés par le Dr Hoefer, Paris, Firmin-Didot et Cie, 1879, texte en ligne disponible sur IRIS.

Articles[modifier | modifier le code]

(en français)

  • "Esquisse d'un tableau géologique de l'Amérique méridionale", Journal de physique, 53 (1801), 30-60.
  • avec Jean-Baptiste Biot, "Sur les variations du magnétisme terrestre à différentes latitudes", Journal de physique, 59 (1804), 429-450.
  • avec Louis Joseph Gay-Lussac, "Expériences sur les moyens eudiométriques et sur la proportion des principes constituants de l'atmosphère", Journal de physique, 60 (1805), 129-167.
  • avec Louis Joseph Gay-Lussac, "Expériences sur la torpille", Annales de chimie, 56 (1805), 15-23.
  • avec Louis Joseph Gay-Lussac, "Observations sur l'intensité et l'inclinaison des formes magnétiques, faites en France, en Suisse, en Italie et en Allemagne", Mémoires de Physique et de Chimie de la Société d'Arcueil, 1 (1807), 1-23.
  • avec Jean-Michel Provençal, "Recherches sur la respiration des poissons", Mémoires de Physique et de Chimie de la Société d'Arcueil, 2 (1808), 339-404.
  • "Notes sur la communication qui existe entre l’Orénoque et de la rivière des Amazones", Journal de l'École polytechnique, 4 (1809), 65-68.
  • "Sur les lois qu'on observe dans la distribution des formes végétales", Annales de Chimie et de Physique, 1 (1816), 225-239.
  • "Des lignes isothermes et de la distribution de la chaleur sur le globe", Mémoires de Physique et de Chimie de la Société d'Arcueil, 3 (1817), 462-602.
  • Sur la limite inférieure des neiges perpétuelles dans les montagnes de l'Himalaya et des régions équatoriales", Annales de Chimie et de Physique, 14 (1820), 5-57.
  • "Nouvelles recherches sur les lois qu'on observe dans la distribution des formes végétales", Mémoires de Physique et de Chimie de la Société d'Arcueil, 16 (1821), 267-297.
  • "Indépendance des formations", in: Dictionnaire des Sciences naturelles, 23 (1822), 56-385.

Correspondance[modifier | modifier le code]

(par ordre chronologique de publication en français)

Études biographiques[modifier | modifier le code]

  • (de) Karl Christian Bruhns, Alexander von Humboldt, eine wissenschaftliche Biographie, 3 vol., Leipzig, 1872.
  • Aaron Sachs (2006). The Humboldt Current: Nineteenth-Century Exploration and the Roots of American Environmentalism, Viking (New York) : xii + 496 p.
  • Andrea Wulf (trad. de l'anglais par Florence Hertz), L'Invention de la nature : Les aventures d'Alexander von Humboldt [« The Invention of Nature: The Adventures of Alexander von Humboldt, the Lost Hero of Science »], Lausanne, Les éditions Noir sur Blanc, , 624 p., 15,2 x 3,8 x 23 cm (ISBN 978-2-88250-477-7, présentation en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Études[modifier | modifier le code]

  • Jean Théodoridès (1965). Une amitié de savants au siècle dernier : Alexander von Humboldt et Achille Valenciennes. Biologie médicale, Hors série,  : cxxix p.
  • Charles Minguet, Alexandre de Humboldt, Voyages dans l'Amérique équinoxiale, 2 vol., Paris : Maspero, 1980.
  • Alain Kerjean et Alain Rastoin, Aventures sur l’Orénoque dans les pas d’Alexandre de Humboldt, Éditions Robert Laffont, 1981
  • Pierre Gascar, Humboldt l'explorateur, Paris : Gallimard, 1985.216 p. (ISBN 2-07-070570-6)
  • Douglas Botting, Humboldt, un savant démocrate, Paris : Belin, 1988.
  • Jean-Paul Duviols et Charles Minguet, Humboldt : savant-citoyen du monde, Paris : Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (no 199), 1994.
  • Jean-Marie Pelt, "Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland en Amérique équinoxiale" dans La Cannelle et le panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, éd. Fayard 1999 (ISBN 978-2213-60466-4)
  • Thomas Gomez et Centre de recherches ibériques et ibéro-américaines, Humboldt et le monde hispanique: Actes du colloque international, 17-, Université Paris-X-Nanterre, 2002.
  • Christian Helmreich (2003, L'anthropologie dans l'œuvre américaine d'Alexandre de Humboldt, Revue Germanique Internationale, 21, p. 121-132.
  • (de) Gerard Helferich, Humboldt's Cosmos: Alexander von Humboldt and the Latin American journey that changed the way we see the world, New York, Gotham Books, , 1re éd., relié (ISBN 978-1-59240-052-2, OCLC 54758735, LCCN 2004042518)
  • Mireille Gayet, Alexandre de Humboldt : le dernier savant universel, Paris : Vuibert, 2006.
  • (es) Labastida, Jaime, Humboldt, ciudadano universal, Ciudad de México, Siglo Veintiuno Editores, coll. « El hombre y sus obras », , 392 p. (ISBN 978-607-03-0780-5)
  • Jean Clair (Académie française), De Humboldt à Hubble : Le cosmos et l'art moderne, Paris : L'Échoppe, 2008.
  • Eduardo Muratta Bunsen Las miradas de Alexander von Humboldt o la tensión entre Próspero y Calibán, Oliver Lubrich / Christine A. Knoop (eds.), Cumaná 1799, Bielefeld : Aisthesis Verlag 2012. (ISBN 978-3-89528-958-3)
  • Elisa Garrido, “Alexander von Humboldt and British artists: the Oriental Taste”, Culture & History digital journal 2(2), 2013. Texte PDF
  • Bénédicte Savoy, David Blankenstein (éd.), Les frères Humboldt. L'Europe de l'esprit, catalogue de l'exposition à l'Observatoire de Paris mai-, Paris, deMonza/PSL, 2014
  • Denis Thouard, Et toute langue est étrangère. Le projet de Humboldt, coll. « Encre marine », Éditions Les Belles Lettres, 2016.
  • Marie-Noëlle Bourguet, Le Monde dans un carnet. Alexander von Humboldt en Italie (1805), Le Félin, « Les marches du temps », 2017[88] Pour une présentation autour de cet ouvrage, site du LUHCIE, working papers, 2019 https://luhcie.univ-grenoble-alpes.fr/publications-travaux/ecrire-la-science-en-voyage/

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pelt, "Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland en Amérique équinoxiale" dans La Cannelle et le panda : les grands naturalistes explorateurs autour du Monde, éd. Fayard 1999 (ISBN 978-2213-60466-4)
  2. Alexander von Humboldt sur visitberlin.de
  3. Andrea Wulf (trad. de l'anglais par Florence Hertz), L'Invention de la nature : Les aventures d'Alexander von Humboldt [« The Invention of Nature: The Adventures of Alexander von Humboldt, the Lost Hero of Science »], Lausanne, Les éditions Noir sur Blanc, , 624 p., 15,2 x 3,8 x 23 cm (ISBN 978-2-88250-477-7, présentation en ligne) p. 37
  4. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 38.
  5. Julius Lowenberg, Robert Av-Lallemant, Alfred Dove, Life of Alexander Von Humboldt, New York, Cosimo, Inc., , 438 p. (ISBN 1605209228), p. 31
  6. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 43.
  7. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 44.
  8. Cité par Jean-Pierre Duviols et Charles Minguet, Humboldt savant-citoyen du monde, Gallimard, 1994, p. 15.
  9. a et b A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 46.
  10. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 52-69.
  11. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 70-71.
  12. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 75
  13. Duviols et Minguet, p. 20.
  14. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 77
  15. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 79
  16. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 87
  17. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 88-89
  18. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 90-91
  19. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 91-98
  20. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 99-102
  21. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 103
  22. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 113
  23. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 114
  24. Œuvres d'Alexandre de Humboldt, Tableaux de la nature, Volume 5, p.286-287.
  25. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 114-115
  26. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 118
  27. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 118-119
  28. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 122
  29. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 123
  30. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 125-130
  31. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 132
  32. Numa Broc, Les montagnes vues par les géographes et les naturalistes de langue française au XVIIIe siècle, CTHS, 1969
  33. Voir page 226 in Humboldt's Cosmos: Alexander Von Humboldt and the Latin American Journey that Changed the Way We See the World, Gerard Helferich, Gotham, 2004
  34. Visualiser la carte
  35. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 140-141
  36. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 141-142
  37. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 144
  38. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 145
  39. a b et c A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 151-162
  40. Sachs (2006) : 6.
  41. a et b A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 165
  42. Lucile Allorge et Olivier Ikor, La fabuleuse odyssée des plantes, Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, coll. « Essais et documents », , 700 p., 24 x 3,7 x 15,5 cm (ISBN 978-2709623278, présentation en ligne, lire en ligne)
  43. François-René de Chateaubriand, Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand., t. 12, Paris, Pourrat Frères, 1836-1839 (lire en ligne), p. 39
  44. Plaque commémorative sur la maison
  45. Duviols et Minguet, p. 60
  46. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 170
  47. Duviols et Minguet, p. 61
  48. Les Membres de l'Académie des sciences depuis sa création sur le Site de l'Académie des sciencesIn memoriam - Les membres de l'Académie des sciences
  49. Duviols et Minguet, p. 65
  50. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 174
  51. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 177-180
  52. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 182
  53. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 182-195
  54. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 195
  55. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 200-201
  56. Duviols et Minguet, p. 76
  57. Duviols et Minguet, p. 77
  58. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 231-244
  59. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 257-260
  60. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 268-270
  61. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 271-276
  62. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 277-280
  63. a et b Michel Espagne, Études Germaniques 2011/1 (n° 261), Klincksieck, (lire en ligne), « Le voyage en Russie d'Alexandre de Humboldt », p. 93 à 105
  64. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 281-284
  65. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 284-289
  66. Duviols et Minguet, p. 97
  67. a et b Alain Kerjean et Alain Rastoin, Aventures sur l'Orénoque : dans les pas d'Alexandre de Humboldt, Robert Laffont, , 293 p. (ISBN 978-2221008157, lire en ligne), p. 25
  68. Sébastien Velut (École normale supérieure), Humboldt : le retour d’un père de la géographie, 2002, compte-rendu de débat sur le site des Cafés Géographiques
  69. Emmanuel de Martonne, Traité de géographie physique, Paris, 1925, p. 124-125. Cité sur le site de la Société de géographie
  70. A. Wulf, L'Invention de la nature, p. 138.
  71. von Humboldt A (1817) Des lignes isothermes et de la distribution de la chaleur sur le globe. Perronneau.
  72. ex : Johann Jungclaus (de l'Institut Max Planck pour la Météorologie, de Hamburg, in : The Role of the Ocean Circulation in Shaping European Climate Variations over the Last Millennium ; 15 juin 2018 17:30 18:30 Collège de France ; Amphithéâtre Maurice Halbwachs (lien de téléchargement (mp4))
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Humb. est l’abréviation botanique standard de Alexander von Humboldt.

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