Johann Gottlieb Fichte

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Johann Gottlieb Fichte
penseur allemand

XIXe siècle

Description de l'image  Johann Gottlieb Fichte.jpg.
Naissance (Rammenau en Lusace)
Décès (à 51 ans) (Berlin)
École/tradition Idéalisme allemand
Principaux intérêts Métaphysique, théologie, religion, éthique, politique
Idées remarquables Moi absolu
Œuvres principales Doctrine de la science[1],
Doctrine du droit,
Discours à la nation allemande
Influencé par Platon, Jean, Machiavel, Descartes, Spinoza, Rousseau, Kant, Jacobi
A influencé Romantisme allemand, Hölderlin, Hegel, Schelling, Michel Bakounine, Kierkegaard, Xavier Léon, Bernard Bourgeois

Johann Gottlieb Fichte (, Rammenau en Lusace - , Berlin) est un philosophe allemand du XIXe siècle. Il fut un des fondateurs du mouvement philosophique connu sous le nom d'idéalisme allemand, qui tira son origine des écrits théoriques et éthiques d'Emmanuel Kant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Johann Gottlieb Fichte est né en Saxe, à Rammenau en 1762. Il est le premier des huit enfants de Christian Fichte, né en 1737 et décédé en 1812, et de Dorothea, née Schurich, née en 1739 et décédé en 1813[2]. Fichte est issu d'un milieu très modeste. Son père, simple mercier et fabriquant de rubans, ne pouvait lui assurer une éducation. En revanche, le duc Ernst Haubold von Miltitz, apparenté à la famille du poète-philosophe Novalis, prit le jeune garçon en charge après l'avoir entendu réciter par cœur l'intégralité du dernier sermon fait au village par le pasteur. Il l'envoya d'abord auprès du curé Gotthold Leberecht Krebe, puis il l'envoya à l’école de Meissen, et en 1774, à l'école de École régionale de Pforta proche de Naumburg[2], où il eut des aventures tumultueuses.

Il fit par la suite des études de théologie à Iéna afin de devenir pasteur et découvre la philosophie avec passion à la même époque. Il se fait bientôt précepteur à Königsberg, et y rencontre la philosophie de Kant dont il se dit subjugué. Il étudie alors l'intégralité de son œuvre critique avec une rigueur et une ferveur inégalée à l'époque. Il se pénètre à ce point de sa pensée qu'il doit son premier succès à un malentendu : son premier ouvrage, intitulé Essai d'une critique de toute révélation (1792), qui se voulait une modeste application de la philosophie transcendantale au problème de la Révélation religieuse, est publié anonymement par erreur de l'éditeur. Le public, qui croit lire une quatrième Critique de Kant l'attribue à ce dernier. Une fois l'erreur signalée au grand public, Fichte se fait connaître et est bientôt acclamé comme le nouvel espoir de la philosophie allemande.

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Fichte est fasciné par la Révolution française, dont il suit de très près les inflexions. Dès 1789, il demande une place de prédicateur auprès des armées françaises et pense s'installer en France. Il prend part aux débats concernant la révolution française dans les années 1793-1794 où sont publiés  :

  • Revendication pour la liberté de penser à l'attention des princes qui l'ont opprimée
  • Contributions pour rectifier le jugement du public sur la Révolution française.

Ces textes soutiennent les évènements français et soulignent par ailleurs la dignité de l'homme, ses droits, et la faculté qu'a le peuple de modifier la constitution du pays auquel il appartient. Fichte s'oppose aux privilèges de l'Ancien Régime et se montre assez subversif, aux yeux des autorités, pour les inquiéter dès le début des années 1790. C'est en écrivant son ouvrage sur la Révolution qu'il déclare recevoir les premiers pressentiments de son système philosophique[3].

Enseignement philosophique[modifier | modifier le code]

En 1793, Fichte est nommé Professeur de philosophie à Iéna, où il succède à Karl Leonhard Reinhold, qui était lui aussi un disciple important de Kant et une source d'influence pour Fichte. Ce dernier suscite très vite un enthousiasme considérable par son éloquence, par la fulgurance et la nouveauté de ses idées, mais aussi par le caractère en apparence énigmatique, voire hermétique de sa pensée. La publication, par feuillets, de la Grundlage der gesamten Wissenschaftslehre (selon les traductions : les Principes de la Doctrine de la science ou bien l'Assise fondamentale de la Doctrine de la science en son entièreté), en 1794-95, lui assure une renommée dans toute l'Allemagne et même en dehors (Madame de Staël le fait connaître en France). Ce texte est la seule version de la Doctrine de la science qui sera publiée par Fichte de son vivant. Il ne la renie jamais, mais remet sans cesse la Doctrine de la science sur le métier. Seuls ses disciples en profitent, du moins avant la publication des premières éditions critiques de ses œuvres après sa mort. D'un niveau d'abstraction incroyable, d'une difficulté maintes fois soulignée tant par les disciples que par les détracteurs de Fichte, de son vivant même, cette première œuvre spéculative marque déjà l'écart qui sépare Fichte de son maître Kant (lequel se désolidarise officiellement de la pensée fichtéenne en 1799), en dépit des affirmations de Fichte lui-même, qui prétend transformer la lettre du transcendantalisme pour mieux en conserver l'esprit. Elle est en tout cas considérée comme la première œuvre de l'idéalisme allemand.

Fichte est très vite soucieux de systématicité. Pour cette raison, mais aussi dans la mesure où il est guidé par les idéaux émancipateurs de la Révolution, il cherche, dès le début, à tenir ensemble et à développer aussi bien une philosophie première (continuellement réécrite et renouvelée jusqu'à sa mort) qu'une philosophie appliquée (une philosophie du droit, de l'État, de l'éthique, de l'économie, de l'éducation, etc.), et même une philosophie dite « populaire », plus immédiatement militante. Hanté par la question de l'altérité, il est à certains égards le fondateur de la philosophie de l'éducation moderne, et le premier philosophe postkantien à proposer un système conjuguant avec autant de puissance théorique que de souci pragmatique une pensée de l'action politique et une réflexion spéculative et conceptuelle[4]. Tandis que ses cours prodigués à Iéna deviennent célèbres, il écrit :

  • en 1794, Leçon sur la destination du savant (all. Über die Bestimmung des Gelehrten) ;
  • en 1796, Fondements du Droit naturel (deuxième partie du livre publiée en 1797) (all. Grundlage des Naturrechts) ;
  • en 1798, Système d'éthique (all. System der Sittenlehre).

Parallèlement, il développe sa philosophie première dont il propose une nouvelle version, alors seulement enseignée et non publiée : la Wissenschaftslehre Nova Methodo, dont il existe aujourd'hui des versions tirées de cahiers de cours de certains auditeurs de Fichte. En 1798 on propose à Fichte un poste dans un nouveau type d'école centrale à Mayence sous le patronage de la République française. Fichte esquisse alors le projet d’un institut pédagogique purement scientifique mais il ne donne pas suite à cette invitation[5].

En 1799 a lieu la célèbre Atheismusstreit (Querelle de l'athéisme). Fichte est accusé d'athéisme et férocement critiqué par des personnalités qui, en réalité, guettaient toutes les occasions d'évincer Fichte (parfois surnommé le « Robespierre allemand » par ses adversaires) de la vie intellectuelle allemande, ou au moins de diminuer son influence politique en raison de sa complaisance avec la Révolution française et de son orientation démocratique. Au cœur de la tourmente, Fichte rédige un Appel au public contre l'accusation d'athéisme. Il choisit de démissionner et de quitter la ville d'Iéna. Il ne retrouve plus jamais la gloire de ses premières années d'activité. Après son départ, en effet, c'est le jeune Schelling qui attire tous les regards à l'Université d'Iéna. De plus, les attaques de nature strictement philosophique se multiplient aussi  : tandis que ses disciples, notamment la jeune génération romantique mais aussi le jeune Schelling et le jeune Hegel (qui s'opposent par la suite à son système), soulignent le caractère révolutionnaire de sa pensée, les recensions critiques de ses textes pleuvent, accusant l'opacité ou l'hermétisme de cette pensée. Fichte n'y voit qu'une somme de malentendus et en souffre considérablement.

Il publie en 1800 L'État commercial fermé, un traité d'économie politique qui influença Karl Marx, dont la recherche récente a découvert et souligné l'influence du Fichte militant sur la pensée[6]. Il écrit une nouvelle version de sa philosophie fondamentale : la Wissenschaftslehre 1801-02, uniquement enseignée.

Entre 1804 et 1805, Fichte, qui a retrouvé une chaire universitaire, expose quatre fois, à Berlin puis à Erlangen, sa Doctrine de la science. Elle y atteint des sommets métaphysiques, mais elle est professée devant un public de disciples toujours plus restreint. Il y développe une nouvelle explication de sa philosophie (tout en restant fidèle à ses principes généraux), couramment appelée la Bildlehre (ou doctrine de l'image), qui prend une inflexion fort néoplatonicienne. Avec le Caractère de l'époque actuelle, ses Discours à la nation allemande rencontrent à nouveau le succès et font brièvement resurgir sa figure auprès du public allemand, dans le contexte des guerres napoléoniennes.

Il enseigne à Berlin où il devient en 1811 Recteur de l'université. Son caractère inflexible et sa dureté lui attirèrent certains ennuis dans cette fonction, notamment avec Schleiermacher. Alors Recteur, il est le premier à interdire le duel à mort dans l'Université allemande. Il remanie encore sa Doctrine de l'État, son éthique et sa philosophie juridique, tout en poussant dans ses ultimes accomplissements la Doctrine de la science (exposée encore et à chaque fois reprise depuis le début en 1807, 1810, 1811, 1812, 1813 et 1814). Mais elle n'existe plus que pour un cercle de disciples désormais confidentiel, dans l'ombre, non plus seulement de Schelling, mais aussi de Hegel. Car la Phénoménologie de l'Esprit, publiée par Hegel en 1807, éclipse tous ses concurrents dans l'idéalisme allemand. Schelling et Hegel, d'ailleurs, ne suivent délibérément plus l'évolution de la pensée de Fichte depuis le tournant du siècle.

Sa dernière Doctrine de la science est interrompue par sa mort dans l'oubli, en 1814, au cours d'une épidémie de typhus.

La Nation et l'État[modifier | modifier le code]

Alors que le jeune Fichte est prêt à combattre contre ses compatriotes pour la République française, il change progressivement de position à partir des guerres napoléoniennes. Napoléon, qu'il surnomme « l'homme sans nom » (« der Mensch ohne Name »), lui apparaît comme le tueur des idéaux de la Révolution. Il estime que la France n'apporte plus la liberté mais la tyrannie. Lors de l'invasion de la Prusse par Napoléon, il prononce ses fameux Discours à la nation allemande, en 1807, qui raniment vivement l'esprit public contre la France. Ces discours sont longtemps mal interprétés comme un pangermanisme agressif. À y voir de plus près, cependant, il s'agit d'une œuvre complexe dans laquelle Fichte renouvelle ses projets éducatifs (prenant position sur des sujets concrets de pédagogie, sous l'influence de Pestalozzi) tout en déployant une réflexion originale sur la langue, qui l'amène à revoir ses premières réflexions à ce sujet (l'essai De la faculté linguistique et de l'origine du langage de 1795). Les Discours ne sauraient s'apparenter aux récupérations idéologiques dont ils ont fait l'objet bien plus tard (notamment sous le IIIème Reich, qui déforma pour son propre compte la pensée de Fichte comme de nombreux autres auteurs, par exemple Nietzsche), Fichte n'ayant jamais renié ses idéaux universalistes, démocratiques et progressistes de jeunesse. Les Discours cherchent d'abord un moyen de résister à ce qu'il vit comme une agression, à savoir le risque d'une dangereuse uniformisation de la culture européenne par la France napoléonienne, et d'un écrasement des spécificités culturelles, dont la langue est l'organe le plus important.

Déçu par la franc-maçonnerie, dont il fut membre brièvement (y cherchant là encore un moyen d'agir concrètement sur le peuple dans une perspective d'éducation de masse), il opposa à la réalité de la franc-maçonnerie de son temps l'idéal maçonnique, à savoir celui d'une élite dont la mission est de propager le modèle d'une organisation nouvelle de l'humanité, de se risquer à la réalité sociale et historique, et non de se replier sur elle-même et ses certitudes en promouvant le secret. Il donne notamment une série de conférences devant la loge Royal York de l'Amitié (Berlin) en 1800, qu'il publie en 1802 sous forme de lettres[7].

La Nation s'incarne dans l'État, lequel représente et décide « l'orientation de toutes les forces individuelles vers la finalité de l'espèce[8] ». L'État doit être démocratique, assurant la liberté de chacun, et la possibilité pour chacun d'avoir une vie heureuse et profitable, en assurant une distribution équitable des richesses. L'homme « doit travailler sans angoisse, avec plaisir et joie, et avoir du temps de reste pour élever son esprit et son regard au ciel pour la contemplation duquel il est formé... C'est là son droit puisque enfin il est homme[9] ».

Doctrine de la science[modifier | modifier le code]

Tombe de Fichte et de son épouse (à gauche) au cimetière de Dorotheenstadt de Berlin

La recherche sur la philosophie fondamentale de Fichte a suivi une évolution remarquable. L'influence écrasante de Hegel régna sans partage, et pour longtemps, sur la réception de l'idéalisme allemand en général. Tel est le cas tant chez les adversaires de Hegel, qui mirent Fichte et Schelling dans le même panier, que chez les hégéliens eux-mêmes. Ainsi, les commentateurs les plus neutres ne purent, jusqu'à la première moitié du XXe siècle incluse, se départir des grilles de lecture proposées par Hegel lui-même de ses prédécesseurs et du prétendu accomplissement, par ses soins, de tout l'idéalisme. Dans ce cadre, Fichte n'aurait été que le simple précurseur de Hegel, avec sa pensée, qualifiée ou stigmatisée d'« idéalisme subjectif » pendant très longtemps. En d'autres termes, sa pensée n'aurait été qu'une hyperbolisation du sujet moderne. Plusieurs travaux importants furent consacrés très tôt à Fichte, que ce soit en allemand ou en français. Xavier Léon, le fondateur de la Revue de métaphysique et de morale, est le premier à faire droit à la spécificité de sa pensée (cf. le monumental Fichte et son temps, paru chez Armand Colin en plusieurs volumes de 1922 à 1927), plus encore que son successeur Martial Guéroult, qui proposa un premier découpage significatif des œuvres et de leurs mouvements, sans sortir vraiment de l'horizon hégélien (cf. L'évolution et la structure de la Doctrine de la science chez Fichte paru pour la première fois en 1930, et réédité chez Olms en 1982). En Allemagne, Reinhard Lauth va proposer de nouvelles lectures de Fichte, parallèlement à l'édition, sous sa responsabilité, des œuvres critiques complètes (édition de l'Académie de Bavière). Par la suite, en France, Alexis Philonenko va également jouer un rôle considérable. Avec La Liberté humaine dans la philosophie de Fichte (Vrin, 1980), il propose une lecture entièrement kantienne de Fichte, critiquant les récupérations hégéliennes et montrant, à travers une analyse serrée de la Grundlage, la maestria de Fichte  : en effet, réécrivant complètement la Critique, ce dernier partirait de la Dialectique transcendantale (c'est-à-dire des illusions de la raison) pour justifier, à travers la déconstruction progressive de l'illusion, un système de la liberté pratique du moi, dont le système du droit est l'accomplissement. Ce commentaire produira des remous chez les spécialistes de la philosophie classique allemande et provoquera un nouveau dynamisme de la recherche fichtéenne. Des lecteurs de Fichte comme Alain Renaut resteront fidèle à cette compréhension de la Doctrine de la science que la majorité des commentateurs après Philonenko récuseront, dans la mesure où elle ne fait pas droit à des notions aussi importantes que l'intuition intellectuelle ou le moi absolu. S'il est désormais acquis que Fichte reste fidèle au projet d'une philosophie transcendantale jusqu'au bout, la plupart des fichtéens allemands, français, italiens ou belges montreront plutôt comment ce projet parvient à « faire système » chez Fichte, et comment il s'enracine dans l'intuition intellectuelle, par le moi, de sa propre activité réfléchissante (là où l'intuition intellectuelle, selon Philonenko, ne devait être qu'une notion vide). On rend ainsi cohérent le passage d'une Doctrine de la science à l'autre en même temps que l'on accède à chacune d'entre elles, jusqu'à la Bildlehre (l'école de Philonenko jugeant au contraire seule digne d'intérêt la philosophie d'Iéna, la philosophie ultérieure n'étant à ses yeux qu'une retombée dans le dogmatisme pré-kantien et un retour à la théologie). Parmi les commentateurs importants de l'après-Philonenko, en France, il y a Jean-Christophe Goddard, Alexander Schnell ou encore Isabelle Thomas-Fogiel.

Influences[modifier | modifier le code]

Fichte, l'idéalisme allemand et le romantisme allemand[modifier | modifier le code]

Fichte eut un grand nombre de disciples, parmi lesquels Schelling, qui devint ensuite son adversaire, puis Hegel qui prit sa succession à l'université de Berlin. L'un et l'autre empruntèrent énormément de choses à Fichte et ne caractérisèrent leur propre technique spéculative qu'en regard de la sienne. Très tôt, la première génération des romantiques allemands (la Frühromantik), dont le chef-lieu était aussi la ville d'Iéna, fut aussi captivée par la philosophie de Fichte. Ainsi, la première Wissenschaftslehre exerça une influence considérable sur des personnalités comme Novalis ou Friedrich Schlegel. Cette influence s'exerça aussi sur Hölderlin, son auditeur direct à Iéna en 1794 - 1795. Les écrits militants influencèrent Marx bien plus tard comme aussi Bakounine. Husserl fut marqué par certains textes de Fichte, et Heidegger fit cours sur sa pensée, également rencontrée par d'autres phénoménologues par la suite.

Fichte et la France[modifier | modifier le code]

Fichte connut une première réception en France pendant la Révolution française de 1789. Il est lu comme un philosophe pour sans-culottes. Parmi ses étudiants, il compte le Français Claude Camille Perret en 1793[10]. En 1795, Fichte est cité avec Kant dans le Moniteur universel.

Madame de Staël rend Fichte populaire dans son livre De l'Allemagne. Victor Cousin le mentionne dans ses cours. Mais Fichte ne commence à être traduit qu'au milieu du XIXe siècle par Grimbolt, F. Bouilier, Jules Barni[11]. C'est seulement sous la Troisième République que Fichte trouve en France sa pleine réception en particulier avec Xavier Léon. Jaurès écrit deux livres sur Fichte.

Il fut considéré, à tort, comme l'un des initiateurs du mouvement pangermaniste par Victor Delbos, Emile Boutroux ou Charles Andler. Mais Xavier Léon et Victor Basch ont montré au contraire son attachement aux valeurs rationalistes, républicaines et démocratiques.

La pensée de Fichte, relue à l'aune d'exigences philosophiques nouvelles, a une influence considérable sur plusieurs auteurs, que ce soit en philosophie du langage, en philosophie politique ou en métaphysique. Certains philosophes comme Marc Richir ou Alexander Schnell s'en inspirent directement pour leurs propres recherches phénoménologiques.

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Colonne en mémoire de Fichte dans le parc du château de Rammenau
Plaque sur la colonne

(Bernard Bourgeois, Fichte, Éditions Ellipses, 2000, p. 55-62)

  • Agir
  • A priori / a posteriori
  • Concept
  • Conscience de soi
  • Conditionner / Déterminer
  • Déduction / Dérivation
  • Doctrine de la science
  • Être
  • Genèse
  • Hiatus
  • Idéalisme / Réalisme
  • Intuition intellectuelle
  • Moïté (Ichheit)
  • Pratique / Théorique
  • Synthèse quintuple

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liste de ses œuvres[modifier | modifier le code]

  • Essai d'une critique de toute révélation (1792), trad. Jean-Christophe Goddard, Vrin, 1988, 220 p.
  • Considérations sur la Révolution française (1793), trad. Jules Barni (1858), rééd. Paris, Payot, 1974
  • Méditations personnelles sur la philosophie élémentaire (hiver 1793), trad. Isabelle Thomas-Fogiel, Vrin, 1999, 210 p. "Brouillon". La première des "quinze versions de la Doctrine de la science [WL]" (Wissenschaftslehre) (selon Isabelle Thomas-Fogiel)
  • Conférences sur la destination du savant (1794), trad. Jean-Louis Vieillard-Baron, Vrin, 1969, 2° éd. corrigée 1980, 166 p.
  • Sur le concept de la Doctrine de la science ou de ce que l'on appelle philosophie (1794-1798), trad. L. Ferry et A. Renaut, in Essais philosophiques choisis, Vrin, 1984 [2]. Écrit programmatique.
  • Les principes de la Doctrine de la science (Grundlage der gesamten Wissenschaftslehre, juin 1794), trad. A. Philonenko, in Œuvres choisies de philosophie première, Vrin, 1980, p. 11-180 [3]. Trad. partielle Jean-Christophe Goddard : Assise fondamentale de la Doctrine de la science, Ellipses, 1999, p. 34-51. Première des trois WL-sources selon I. Thomas-Fogiel.
  • Destination de l'homme de lettres (Über die Bestimmung des Gelehrten, 1794), trad. Michel Nicolas, 1838 ; Conférences sur la destination du savant, trad. Jean-Louis Vieillard-Baron, Paris, Vrin, 1969, revue 1980* Précis de ce qui est propre à la Doctrine de la science au point de vue de la faculté théorique (1795), trad. in Œuvres choisies de philosophie première, p. 181-238. [4]
  • Sur l'esprit et la lettre dans la philosophie (1795, 1re éd. 1800), trad. in Essais philosophiques choisis, Vrin, 1984. Application de la Doctrine de la science à l'esthétique.
  • Fondement du droit naturel selon les principes de la Doctrine de la science (1796-1797, Grundlage des Naturrechts), trad. Alain Renaut, Paris, PUF, 1984. Application de la Doctrine de la science au droit.
  • Première introduction à la Doctrine de la science (1797), Seconde introduction à la Doctrine de la science (1797), trad. (de la première version) A. Philonenko in Œuvres choisies de philosophie première, Vrin, 1972, p. 265-312. Philosophie populaire de la Doctrine de la science
  • La Doctrine de la science Nova Methodo (1798), trad. I. Radrizzani, Lausanne, L'Âge d'homme, 1989. Trad. I. Thomas-Fogiel, Livre de poche, 2000, 310 p.
  • Nouvelle présentation de la Doctrine de la science (1797-1798), trad. I. Thomas-Fogiel, Paris, Vrin, 1999, 192 p. Avant-propos + Première introduction (deuxième version) + Seconde introduction (deuxième version) + Essai d'une nouvelle présentation de la Doctrine de la science, suite.

[5]

  • Le système de l'éthique selon les principes de la Doctrine de la science (System der Sittenlehre, mars 1798), trad. P. Naulin, Paris, PUF, 1986. Application de la Doctrine de la science à l'éthique
  • "Sur le fondement de notre croyance en une divine Providence" (janv. 1798), "Appel au public contre l'accusation d'athéisme" (1799), et la querelle de l'athéisme (Atheismusstreit, 1797-1800) : La Querelle de l'athéisme et divers textes sur la religion, trad. J.-C. Goddard, Vrin, 1993, 296 p. [6]
  • La destination de l'homme (Die Destimmung des Menschen, 1800), trad. Auguste Théodore Hilaire Barchou de Penhoën, 1832; trad. J.-C. Goddard, Paris, Garnier-Flammarion, 1995. Philosophie populaire de la Doctrine de la science.
  • L'État commercial fermé 1800, trad. Daniel Schulthess, Lausanne, L'Âge d'homme, 1980
  • Rapport clair comme le jour. Sur le caractère propre de la philosophie nouvelle [(de) Sonnenklarer Bericht an das grössere Publicum über das eigentliche Wesen der neuesten Philosophie, 1801], trad. A. Valensin et P.-Ph. Druet, Vrin, 1986, p. 13-98. Philosophie populaire de la Doctrine de la science.
  • Doctrine de la science (exposé de 1801-1802) (Darstellung der Wissenschaftslehre), trad. A. Philonenko : Écrits de philosophie première", Vrin, 2° éd. 1972, 2 vol. Philosophie populaire de la Doctrine de la science [WL].
  • La Philosophie de la maçonnerie et autres textes (1802-1803), trad., Vrin, « Bibliothèque des Textes Philosophiques », 240 p. ISBN 978-2-7116-1241-3
  • La théorie de la science (exposé de 1804) (Die Wissenschaftslehre), trad. Didier Julia, Aubier-Montaigne, 1967
  • La Doctrine de la science de 1805, trad. I. Thomas-Fogiel, Cerf, 2006, 210 p. Deuxième des trois WL-sources selon I. Thomas-Fogiel.
  • Le Caractère de l'époque actuelle (Grundzüge des gegenwärtigen Zeitalters, 1805), trad. I. Radrizzani, Paris, Vrin, 1990, 274 p. Philosophie populaire de la Doctrine de la science [7]
  • Méthode pour arriver à la Vie heureuse (1806) [(de) Anweisung zum seeligen Leben], trad. François Bouillier, 1845 [8], rééd. Éditions Sulliver, 2000 ; Initiation à la vie bienheureuse, ou La doctrine de la religion, trad. M. Rouché, Paris, Aubier, 1944. Application de la Doctrine de la science à la religion.
  • Discours à la nation allemande (Reden an die deutsche Nation, 1807-1808), trad. Alain Renaut, Paris, Imprimerie Nationale, 1992
  • Silhouette générale de la Doctrine de la science (Die Wissenschaftslehre in ihrem allgemeinen Umrisse, 1810), trad. Pierre-Phippe Druet (1977) in Rapport clair..., Vrin, 1999, p. 159-173. Résumé de la Doctrine de la science.
  • Doctrine de la science. Exposé de 1812 (janv.-mars 1812), trad. Isabelle Thomas-Fogiel, PUF, 2005, 214 p. Troisième des trois WL-sources selon I. Thomas-Fiegel.
  • La doctrine de l'État (Staatslehre, 1813), trad., Vrin, 256 p.
  • Diarium : journal philosophique (mars 1813-août 1814), in Reinhard Lauth, Ultima Inquirenda. Fichtes Bearbeitungen der Wissenschaftslehre im Winter 1913-1814, Stuttgart, 2001. Quinzième et dernière version de la Doctrine de la science [WL].

Éditions, anthologies[modifier | modifier le code]

  • Une Vie de Fichte a été publiée en 1830 par son fils, Immanuel Hermann von Fichte, professeur à Bonn : Johann Gottlieb Fichtes Leben und literarischer Briefwechsel (1830–31). 2 volumes. Oxford
  • I. H. von Fichte a aussi publié les œuvres complètes de son père : Sämmtliche Werke, Berlin, 8 volumes in-8, 1845-1856.
  • Gesamtausgabe der Bayerischen Akademie der Wissenschaften, édi. par R. Lauth et H. Jacob, Stuttgart, éd. Frommann, depuis 1962, 28 vol. prévus, en 4 séries : I) Werke, II) Nachgelassene Schriften, III : Briefweschsel, IV : Kollegnachscriften
  • Œuvres choisies de philosophie première. Doctrine de la science (1794-1797), trad. A. Philonenko, Vrin, 1980, 336 p. [9]
  • Écrits de philosophie première. Doctrine de la science (1801-1802), et textes annexes, trad. A. Philonenko, Vrin, 1964, 2° éd. corrigée 1972, 2 vol., 432 p. [10]
  • Essais philosophiques choisis (1794-1795) : Sur le concept de la Doctrine de la science, Sur l'esprit et la lettre dans la philosophie, De la faculté linguistique et de l'origine du langage, trad. L. Ferry et A. Renaut, Vrin, 1984, 156 p. [11]

Études sur Fichte[modifier | modifier le code]

  • Bernard Bourgeois, L'idéalisme de Fichte, Paris, PUF, 1968, rééd. Vrin, 1995
  • Augustin Dumont, L'opacité du sensible chez Fichte et Novalis. Théories et pratiques de l'imagination transcendantale à l'épreuve du langage, Grenoble, Jérôme Millon, coll. "Krisis", 2012.
  • J.-C. Goddard, M. Maesschalck, Fichte, la philosophie de la maturité, Paris, Librairie Philosophique J. VRIN 2003, version numérique sur Fichte Online, 2010.
  • Martial Guéroult, L'évolution et la structure de la Doctrine de la science chez Fichte, Strasbourg, 1930, rééd. 1982
  • Xavier Léon, Fichte et son temps, 3 vol., Paris, Armand Colin, 1922-1927, rééd. 1958-1959
  • Alexis Philonenko, L'œuvre de Fichte, Paris, Vrin, 1984, ISBN 2-7116-0866-2
  • Alexis Philonenko, La liberté humaine dans la philosophie de Fichte, Paris, Vrin, 1996
  • Alain Renaut, Le système du droit, Paris, PUF, 1986
  • Manuel Roy, La doctrine de la science de Fichte: idéalisme spéculatif et réalisme pratique, Paris, L'Harmattan, 2010.
  • David W. Wood, 'Mathesis of the Mind': A Study of Fichte's Wissenschaftslehre and Geometry. Amsterdam/New York, Rodopi, 2012 (Fichte-Studien-Supplementa, volume 29).

Articles sur Fichte[modifier | modifier le code]

  1. 52e année, no 4, mars-avril 2002, p. 35- 55: dossier Fichte. Contient : Christine Noel: "Fichte et le droit au travail" (p. 35) et Olivier Lahbib: "L'éducation chez Fichte d'après les Discours à la nation allemande" (p. 47).
  2. 57e année, no 1, septembre-octobre 2006, p. 13-28 : Henri Dilberman, "L'Éducation entre liberté et contrainte, selon le Fondement du droit naturel de Fichte".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wissenschaftslehre, en abrégé WL.
  2. a et b http://www.europhilosophie.eu/recherche/IMG/pdf/Biographie_Fichte_IFG_fr_.pdf
  3. Martial Guéroult, Études sur Fichte, Aubier, 1974, p. 262
  4. Cf. Marc Maesschalck, Droit et création sociale chez Fichte. Une philosophie moderne de l'action politique, Louvain, Peeters, 1996.
  5. Johann Gottlieb Fichte: Lettres et témoignages sur la Révolution française J. Vrin, 2002, ISBN 2-7116-1559-6
  6. Cf. en particulier les travaux de Franck Fischbach
  7. J. G. Fichte, Philosophie de la maçonnerie et autres textes, Paris, Vrin, 1995
  8. Sämtliche Werke, Berlin 1845, tome VII, p. 144.
  9. L'État commercial fermé, Paris 1940, p. 73.
  10. Claude Camille Perret (1769-1834), natif de Dijon, étudiant à Iéna en 1793, secrétaire du général Clarke en Italie puis secrétaire de Napoléon Bonaparte. Il revoit Fichte en 1802 à Berlin. Cf. Fichte, Lettres et témoignages sur la Révolution française, Vrin [1]
  11. Michel Espagne, Les Transferts culturels franco-allemands, PUF, 1999, "Lectures françaises de Fichte".

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources partielles et liens externes[modifier | modifier le code]

  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Johann Gottlieb Fichte » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • Sur Fichte et l'idéalisme allemand, Hölderlin (voir aussi réf. plus précises: note 7): Roseline Bonnellier, Sous le soleil de Hölderlin: Œdipe en question - Au premier temps du complexe était la fille, Paris, L'Harmattan, Collection "Études psychanalytiques" , 2010, ISBN 978-2-296-10411-2 ; ainsi que Roseline Bonnellier, « De Hölderlin et la question du père à la théorie de la séduction généralisée de Jean Laplanche : Avancée paradoxale de la traduction d’Œdipe en psychanalyse », thèse du doctorat de psychologie, université Paris-XIII, 2007. Cet ouvrage sur "Hölderlin et la psychanalyse" est également consultable en Allemagne aux Archives de Hölderlin, Bibliothèque du Land de Wurtemberg à Stuttgart Internationale Hölderlin-Bibliographie online Id.-Nr.: 26088052007.0170 [12]. Thèse reproduite par l'Atelier national de reproduction des thèses (diffusion ANRT), 2008. [13],Domaine Universitaire du Pont de Bois, BP 60149, 59653 Villeneuve d’Ascq Cedex France, ISBN 978-2-7295-7070-5.