Fondation Maison des sciences de l'homme
| Fondation |
|---|
| Type | |
|---|---|
| Forme juridique |
Fondation reconnue d'utilité publique en France Fondation |
| Domaine d'activité |
Recherche-développement en sciences humaines et sociales |
| Objectif |
Promouvoir les sciences humaines et sociales au meilleur niveau international et pluridisciplinaire |
| Siège | |
| Pays |
| Fondateur | |
|---|---|
| Président |
Antonin Cohen (2023) |
| Président du Conseil de surveillance | |
| Site web |
| SIREN | |
|---|---|
| TVA européenne | |
| OpenCorporates |
La fondation Maison des Sciences de l'Homme (FMSH) est une fondation dont le but est de favoriser la diffusion des sciences humaines et sociales dans un cadre international favorisant les coopérations multilatérales[1].
Historique
[modifier | modifier le code]La fondation Maison des Sciences de l'Homme a été créée en 1963 en France sous le statut d'association loi de 1901, puis reconnue d’utilité publique l'année suivante[1]. Les statuts ont été modifiés par l'arrêté du 2 mars 2015[2]. Elle est liée au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
La Fondation Maison des Sciences de l'Homme est membre fondateur du Campus Condorcet.
Description
[modifier | modifier le code]Organisation
[modifier | modifier le code]Avant 2015
[modifier | modifier le code]La fondation est administrée par un conseil d’administration, qui élit en son sein un bureau, une commission des finances et une commission scientifique. Elle est dirigée par un « administrateur » nommé par le ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sur proposition du conseil d’administration. Pour la direction et la gestion des services communs, l’administrateur est assisté par un conseil des directeurs des centres et instituts de recherche installés dans les locaux de la fondation.
Après 2015
[modifier | modifier le code]La Fondation Maison des Sciences de l'Homme est une fondation reconnue d’utilité publique (FRUP), placée sous la tutelle du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Elle est dotée d’une gouvernance composée d'un Conseil de surveillance, qui nomme les membres du Directoire et agit comme instance de contrôle, d'un Directoire qui met en œuvre les orientations stratégiques et prend les décisions opérationnelles touchant au fonctionnement et à la gestion de l’institution et d'un Conseil scientifique qui donne son avis sur la politique scientifique et internationale et émet des propositions et recommandations sur les initiatives et projets mis en œuvre.
Administrateurs et présidents du Directoire
[modifier | modifier le code]- Fernand Braudel, directeur d'études à l'EHESS, qui a dirigé la FMSH jusqu’à sa disparition en 1985 ;
- Clemens Heller, qui l’avait assisté tout au long de cette entreprise, lui a succédé (de 1985 à 1992) et a poursuivi la même politique[3] ;
- Maurice Aymard (de 1992 à 2005), élève de Fernand Braudel et directeur d'études à l'EHESS, a particulièrement développé l'aspect international ;
- Alain d'Iribarne (de 2005 à 2009) eut à cœur de garder l'esprit de « modernité » de la fondation tout en l'accompagnant dans un temps charnière pour la recherche en sciences humaines et sociales ;
- Michel Wieviorka, également directeur d'études à l'EHESS, est l'administrateur de la FMSH depuis puis président du directoire à compter de 2015. Il démissionne en 2020[4].
- Hélène Velasco-Graciet (de 2021 à 2023), professeure de géographie à l'Université Bordeaux Montaigne
- Antonin Cohen (de 2023 à aujourd'hui), professeur des universités en science politique à l’Université Paris Nanterre, au sein de l’UFR Droit et Science Politique et de l’Institut des Sciences Sociales du Politique du CNRS
Missions
[modifier | modifier le code]Bâtie à l'origine sur le modèle institutionnel de la Fondation nationale des sciences politiques, la FMSH se distingue fondamentalement sur deux points : elle ne gère pas d'établissement supérieur d'enseignement (même si ses liens avec l'EHESS ont longtemps été très étroits) et ne dispose d'aucune équipe de recherche qui lui soit attachée en propre. Nœud de réseaux nationaux et internationaux, elle met en relation des institutions, des équipes ou des chercheurs, au service des activités de recherche de toutes les sciences humaines et sociales (SHS) sans distinction de discipline et sans limite territoriale.
La mission initiale de la FMSH est de "promouvoir à l'échelle du monde, l'étude des sociétés humaines et sociales pour elles-mêmes ainsi que dans leurs relations avec les autres champs du savoir." Ses objectifs principaux sont :
- l'accueil et le développement d'infrastructures et d'instruments collectifs de travail dont la vocation est de soutenir et de concourir à la production scientifiques ;
- l'internationalisation des sciences humaines et sociales qu'elle favorise au services des institutions d'enseignement supérieur et de recherche, des communautés scientifiques et des chercheurs ;
- la diffusion des connaissances et la valorisation de la recherche par tous les outils, compétences et moyens dont elle dispose ou qu'elle fédère
- l'accueil de fondations abritées qui ont un lien avec l'objet social de la FMSH[5].
Recherche
[modifier | modifier le code]Fondée en 1963 sur les principes d'une nécessaire interdisciplinarité pour faire face à la complexité des questions de sociétés, comme sur une nécessaire sortie de l'européano-centrisme pour faire face à la diversité des cultures, la vocation de la FMSH est de fonctionner comme « un incubateur, facilitateur, interdisciplinaire et international »[6].
Avec ses locaux, ses moyens techniques et ses programmes scientifiques, la FMSH assure ainsi une fonction de plateforme de coopération internationale, qu’elle met à la disposition de chercheurs et universitaires français aussi bien qu’étrangers. Toute université ou institution de recherche française est en effet éligible pour participer à ses programmes scientifiques, ou pour accueillir à travers elle des chercheurs étrangers.
La Maison Suger
[modifier | modifier le code]La Maison Suger accueille chaque année au 16 de la rue Suger, près de 200 chercheuses et chercheurs en sciences humaines et sociales, invités par des institutions de recherche franciliennes[7].
Ce lieu accueille également des rencontres scientifiques (ateliers, séminaires réguliers, colloques, écoles d'été), organisées par la FMSH ou des institutions partenaires, ou bien à l'initiative des résidents dans le cadre de leurs activités à Paris.
Le Collège d'études mondiales
[modifier | modifier le code]De 2011 à 2020, la FMSH a créé et porté le Collège d'études mondiales[8], qui comptait une quinzaine de chaires confiées à des titulaires étrangers et français.
Label
[modifier | modifier le code]En 2023, la FMSH obtient le label IDEAS, marque de la qualité de son engagement sociétal. Il atteste de sa démarche d’amélioration continue en matière de gouvernance, de gestion financière et d’évaluation de l’action[9].
Moyens
[modifier | modifier le code]La fondation bénéficie d'une aide de l'État particulièrement importante, notamment une dotation annuelle de plus de 10 millions d'euros, versée par le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, qui représente 61 % de ses ressources totales. Les bâtiments qu'elle occupe sont, pour l'essentiel, mis à sa disposition à titre gratuit par l'État[10].
La bibliothèque - de 1970 à 2020
[modifier | modifier le code]Inscrite dès l'origine (milieu des années cinquante) dans le projet de création d'un institut national des sciences sociales, qui allait devenir la maison des sciences de l'homme, la bibliothèque de la fondation Maison des sciences de l'homme a ouvert ses portes en 1970 au 54 boulevard Raspail, à Paris 6e, édifice de l’architecte Marcel Lods[11].
Ses fondateurs, Fernand Braudel et Clemens Heller, l'ont conçu comme un lieu de recherche spécialisée en sciences sociales et humaines à vocation internationale, axée sur l’inter et la pluridisciplinarité. La constitution du fonds, multilingue et multi-supports, s’élabore dans le respect de l’esprit qui a présidé à la naissance de la fondation : accompagner la recherche dans ce qu’elle a de novateur.
La bibliothèque met à la disposition d’un public français et étranger d'étudiants, d’enseignants et de chercheurs, plus de 500 000 documents imprimés et un nombre croissant de documents sous forme électronique, dans les domaines de l'histoire et de la sociologie en particulier.
Par ses fonds spécifiques, tels le fonds Autogestion issu du CICRA (Centre international de coordination des recherches sur l'autogestion) et le fonds Étude sur le genre (en anglais gender studies), la bibliothèque est partenaire du Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale (CODHOS).
Partie prenante du Système universitaire de documentation (SUDOC), le catalogue de la bibliothèque est interrogeable sur l’Internet sous le nom du catalogue collectif Babylone — qui regroupe des catalogues de centres de documentation de l’EHESS — en référence à la station de métro la plus proche de l'adresse historique de la fondation au 54 boulevard Raspail. Fin 2010, la bibliothèque s'est vu adjoindre une mission archives qui gère les archives intermédiaires et définitives de la fondation, constituant ainsi la mémoire écrite de cette dernière, un panorama sur la recherche des sciences humaines et sociales dans le monde.
La bibliothèque du 54 boulevard Raspail a fermé ses portes en 2020 pour rejoindre l'Humathèque (ex GED - Grand Équipement Documentaire) du Campus Condorcet à Aubervilliers.
Les Éditions de la Maison des sciences de l'homme
[modifier | modifier le code]Les Éditions de la Maison des sciences de l’homme (Éditions de la MSH) développent depuis 1978[12] un catalogue en sciences humaines et sociales riche de plus de 1200 titres. Elles apportent, par une posture critique et le décloisonnement des disciplines, des éléments de compréhension sur les évolutions de notre monde contemporain.
Marquées par l’héritage intellectuel de figures majeures comme Fernand Braudel, Edgar Morin ou Pierre Bourdieu, les Éditions de la MSH accompagnent les transformations des savoirs en tissant des liens entre disciplines, en documentant les avancées scientifiques, et en favorisant le dialogue international[13][source insuffisante].
En 2020, le magazine Marianne constate « la FMSH censée distribuer en librairie ouvrages et revues scientifiques ne distribuent plus rien, ou si peu et très mal depuis 2016. »[4]
Diffusion du livre SHS
[modifier | modifier le code]FMSH Diffusion-Distribution
[modifier | modifier le code]Créée en 1981 à la demande du Ministère de l’Éducation nationale, FMSH Diffusion-Distribution a pour mission de garantir la visibilité et la disponibilité de la production scientifique française et francophone en sciences humaines et sociales (SHS).
FMSH Diffusion-Distribution commercialise un catalogue de plus de 30 000 références proposées par des presses d’universités, des éditeurs institutionnels ou privés spécialisés dans les SHS. Chaque année, le service assure la promotion de près de 700 nouveautés (livres et numéros de revue).
Pour les professionnels (librairies généralistes comme spécialisées, grandes surfaces culturelles, sites de vente en ligne et bibliothèques), elle offre deux services distincts :
- le CID, qui diffuse et distribue les titres d’une soixantaine d’éditeurs.
- le SLU (Service du Livre Universitaire), qui distribue à titre exclusif les titres de longue traîne d’éditeurs scientifiques diffusés et distribués par d’autres pour leurs fonds plus vivants.
Le Comptoir des presses d’universités - lcdpu.fr
[modifier | modifier le code]Le Comptoir des presses d'universités est un site de vente en ligne[14] qui permet aux particuliers d'acquérir directement l'une des 30 000 références commercialisées par FMSH Diffusion. Spécialisé en sciences humaines et sociales, le fonds réunit actuellement les catalogues d'une soixantaine d'éditeurs (Les Éditions de l’EHESS, ENS Éditions, les Éditions du collège de France, les Presses de la Sorbonne nouvelle, les Presses universitaires de Bordeaux, de Caen, de Rennes, etc.) et propose plus de 30 000 ouvrages et numéros de revues relevant de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales : anthropologie, archéologie, ethnologie, histoire, littérature, psychologie, sociologie, sciences politiques.
Le Comptoir, relais physique du site marchand situé au 1er étage de la Fondation au 54 bd Raspail, inauguré en février 2023, permet l'achat direct d'une partie importante du fonds. Y sont également organisées des manifestations scientifiques, visant notamment à promouvoir la recherche en sciences humaines et sociales et les ouvrages des 60 éditeurs présentés. Entre 2011 et 2016, le Comptoir des presses d'universités a disposé d'un espace de vente rue Claude Bernard dans le Quartier latin.
Gestion et évaluations
[modifier | modifier le code]L'évaluation des actions de la FMSH est effectuée par le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Hcéres).
Ces rapports sont publics et disponibles en ligne sur le site de l'Hcéres[15]. Ils permettent d'évaluer les actions de l'institution et proposent des voies d'amélioration.
Rapport de la Cour des comptes
[modifier | modifier le code]Après la publication d'un rapport sévère de la Cour des comptes évoquant « une institution en crise, à la gouvernance défaillante et divisée »[10], Michel Wieviorka annonce sa démission en « en raison des désaccords existants » avec le ministère de la Recherche et le Campus Condorcet, qui regroupe désormais la recherche en sciences humaines et sociales. À la suite d’une tribune de Michel Wieviorka, parue dans Libération dans laquelle il explique les raisons de sa démission de la FMSH[16], paraît une seconde tribune dans Libération signée par Jean-François Balaudé, président de l’établissement public Campus Condorcet, Christophe Prochasson, président de l’EHESS, Michel Deneken, président de l’université de Strasbourg, Antoine Petit, président-directeur général du CNRS et Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d’université. Ils estiment que « la fondation Maison des sciences de l'homme (FMSH) est une institution en difficulté depuis des années, en raison d'une gestion régulièrement jugée opaque et hasardeuse ainsi que de graves dysfonctionnements et tensions au niveau RH ». Ils déplorent que « Michel Wieviorka passe sous silence sa responsabilité dans la crise que traverse la FMSH alors qu’il en assure la direction depuis plus de dix ans. »[17]
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Ligeo Archives, « Fondation maison des sciences de l'homme (Paris ; 1963-...) »
, sur Archives de l'Humatheque, campus Condorcet
- ↑ « Arrêté du 2 mars 2015 approuvant des modifications apportées aux statuts d'une fondation reconnue d'utilité publique », sur Légifrance,
- ↑ Lewis, Paul Clemens Heller, 85, Founder Of Postwar Salzburg Seminar New York Times 6 septembre 2002.
- Emmanuel Lemieux, Management autoritaire, gestion floue, stratégie désastreuse : Michel Wieviorka, à la tête de la FMSH, étrillé par la Cour des comptes, marianne.net, 21 juillet 2020
- ↑ « Statuts Fondation Maison des Sciences de l'Homme vu à la section de l'Intérieur le 10 février 2015 »
[PDF]
- ↑ « Fondation maison des sciences de l’Homme - Rapport Hcéres », HCERES, , p. 14 (lire en ligne)
- ↑ « La Maison Suger, lieu de résidence et de recherche | Canal U », sur www.canal-u.tv, (DOI 10.60527/77mk-jd32, consulté le )
- ↑ « Présentation du Collège d’études mondiales FMSH — Entretien avec Michel Wieviorka », sur Portail HAL Archives audiovisuelles de la recherche, (consulté le ).
- ↑ Institut IDEAS, « La Fondation Maison des Sciences de l'Homme obtient le Label IDEAS »
- La Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), ccomptes.fr, 16 avril 2020
- ↑ Eric Lapierre, Guide d’Architecture Paris 1900-2008, Paris, Pavillon de l’Arsenal,
- ↑ Marcel Fournier, « Introduction », dans La maison des sciences de l’homme de Paris, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, , 504 p. (ISBN 978-2-7351-3035-1, lire en ligne), p. 7-12
- ↑ « Open edition - Editions de la MSH »
- ↑ Site officiel du comptoir des presses d’universités.
- ↑ Hcéres, « Rapports d'évaluation de la FMSH »
- ↑ Michel Wieviorka: pourquoi je démissionne de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme, Tribune, libération.fr, 20 juillet 2020
- ↑ En finir avec les écrans de fumée à la fondation Maison des sciences de l'homme, Tribune, liberation.fr, 23 juillet 2020
Article connexe
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- (fr + en) Site officiel
- Ressources relatives à la recherche :
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- Collège d'études mondiales
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