Ancien tramway de Nantes

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le tramway qui a fonctionné de 1879 à 1958. Pour l'actuel réseau de tramway à Nantes, voir Tramway de Nantes.
Ancien réseau
Tramway de Nantes
Image illustrative de l'article Ancien tramway de Nantes

Situation Drapeau : France Nantes (Loire-Atlantique, Pays de la Loire)
Type Tramway
Entrée en service 1879
Fin de service 1958
Lignes 20
Écartement des rails Standard
Exploitant Compagnie des tramways de Nantes

L’ancien tramway de Nantes est le premier réseau de tramway de la ville de Nantes entre 1879 et 1958. Elle devint alors la première ville de France à se doter de ce nouveau type de transport en commun.

Il faudra attendre 27 ans pour qu'un nouveau tramway circule dans l'agglomération nantaise.

Historique[modifier | modifier le code]

Tramway à impériale tracté par une locomotive à air comprimé, devant le Château.
Le succès des tramways Mékarski est tel qu'au début de l'exploitation, la compagnie se voit obliger de mettre en service les dimanches et jours de fêtes deux rames constituées de deux voitures à impériales de 45 places chacune, tractées par des locomotives sur la ligne des quais, conformément à une décision préfectorale de juillet 1879[1].
Un Tramway Mékarski à air comprimé sur la place du Commerce vers 1895.

En 1875, la municipalité opte pour le tramway à traction mécanique. La réalisation en est confiée à la Société des moteurs à air comprimé dont le promoteur est l'ingénieur Louis Mékarski.

Le , la ville autorise Louis Mékarski à exploiter une ligne de tramway reliant Doulon à la gare maritime, via le point central : la place du Commerce.

La Compagnie des tramways de Nantes (CTN) est alors créée le 16 novembre 1876, chez maitre Dufour, notaire à Paris, pour en assurer l'exploitation. Le 21 août 1877 est déclaré d'utilité publique un réseau de tramway à traction mécanique[2]. Le premier président du conseil d'administration est un ancien colonel du génie et polytechnicien Jacques Philippe Henri Usquin.

Le , Nantes devient ainsi la première ville à exploiter ce nouveau genre de locomotion en guise de transport collectif.

En 1898, suppression des omnibus à chevaux dont Nantes a été précurseur avec Stanislas Baudry 70 ans auparavant.

Le , le maire Paul Bellamy, annonce l’électrification du réseau[3]. Les 94 véhicules à air comprimé qui étaient alors en service[4] sont donc remplacés à partir de 1913 par un matériel électrique[5] que l'on surnomma bientôt le « Péril jaune »[6] en raison de la couleur des véhicules et des risques d’accidents liés à une surfréquentation chronique dû à son succès[7],[8].

En 1917, les derniers tramways à air comprimé sont retirés du service[9].

En , les travaux d'électrification s’achèvent. Ceux-ci avaient pris du retard du fait de la guerre.

Après la Seconde Guerre mondiale, le tramway nantais a durement souffert des bombardements. En 1946, la municipalité hésite devant les travaux de reconstruction d'un certain nombre de lignes qui sont alors converties à l'autobus. Dès 1949, la décision de remplacer la totalité des tramways par des autobus, est prise.

Le , le tramway, tombé en désuétude, circule une dernière fois sur la ligne « Pont de Cens - Saint-Joseph », victime de son obsolescence et de la concurrence de l'automobile[10]. Son dernier trajet fait l'objet d'un reportage télévisé[11].

Réseau[modifier | modifier le code]

Tramways Mékarski au croisement de la rue de Strasbourg et de la rue du Général-Leclerc-de-Hauteclocque, en direction de la Cathédrale

En 1879, après l'inauguration de la première ligne de 6 km de long, qui reliait Doulon (alors commune indépendante) à la gare maritime, via la place du Commerce, la municipalité nantaise se pencha sur le projet d'une seconde ligne nord-sud traversant les ponts de la Loire.

Puis trois autres lignes viendront s'y ajouter à partir de 1897[12].

Ainsi, jusqu'au début du XXe siècle, le tramway dessert les principales sorties de la ville[3] :

En 1905, le réseau compte 27,5 km de lignes.

Jusqu'en 1910, il n'existait pas de « station », l'usager montait et descendait de la rame selon son désir, en ayant pris soin cependant d'en avertir le receveur, ce qui entraînait des ralentissements sur la chaussée[3].

En 1911, ce sont 39 km de lignes réparties en étoile autour de la place du Commerce qui desservent la ville et transportent déjà douze millions de voyageurs par an[5].

En 1914, 49 % du réseau est électrifié et 84 % l'année suivante[3], soit 8 lignes électrifiées en service.

En 1932, le tramway nantais est à son apogée, disposant d’un réseau de 20 lignes desservant 14 itinéraires bien distincts[5].

Matériel[modifier | modifier le code]

Tramway à air comprimé, Motrice no 22 puis renumérotée 18. Mise en service en 1879 à Nantes et retiré de la circulation en 1917, conservé à l'AMTUIR.
Motrices MEKARSKI à air comprimé (modèle 1879)
  • Longueur : 6,95 m
  • Largeur : 2,22 m
  • Hauteur : 3,48 m
  • Masse à vide : 6,8 t
  • Capacité : 18 places assises + 18 places debout
  • Châssis à 2 essieux de 1,75 m d’empattement dont un seul moteur
  • Voie à écartement normal de 1,44 mètre
  • Moteur à air comprimé réchauffé à 100 °C par une bouillotte d'eau surchauffée
  • Réservoirs d'air de 2,8 m3 à 30 puis 60 bars (à partir de 1898)
  • Bouillotte d'eau chaude (160 °C) de 120 litres
  • Construction :
Motrice n°127 de 1913
Maquette d'une motrice électrique de la Société Franco-Belge accompagnée d'une baladeuse (à gauche), prise au musée d'histoire de Nantes.
Motrices électriques livrées en 1913
  • Longueur : 9,65 m
  • Largeur : 2,04 m
  • Hauteur : 3,50 m
  • Capacité : 18 places assises + 30 places debout
  • Puissance: 2 moteurs 30 cv : Société Jeumont
  • Construction :

Galerie de photos[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Rault, ouvrage cité en bibliographie, page 35
  2. Bulletin des lois de la République française : Lois et décrets d'intérêt public et général, vol. XII, t. 5, Paris, Imprimerie Nationale, deuxième semestre 1877 (lire en ligne), p. 564
  3. a, b, c et d L’Histoire des transports à Nantes pages 17 à 20
  4. (en) tramwayinfo.com – Nantes
  5. a, b et c Pierre-François Gérard et Éric Cabanasv, Nantes, une ville et ses transports de 1879 à nos jours, Éditions Victor Stanne,
  6. Expression également employée pour l'ancien tramway de Brest
  7. Les 30 ans du tramway nantais
  8. Saint-Joseph et le « Péril jaune » par Louis Le Bail, 28 octobre 2010
  9. AMTUIR Nantes 1917
  10. Historique du tram de Nantes sur le site du Musée des transports urbains, interurbains et ruraux.
  11. Ouest en mémoire (Ina) - Dernier voyage du tramway à Nantes
  12. « Annales Ponts et Chaussées – Tramway de Nantes p. 629 et suivantes » (consulté le 17 mars 2013).
  13. http://www.amtuir.org/01_musee/collection/fiches_tw/fiche_nantes_tramway_motrice_127.htm
  14. Motrice 144 sur « Tanexpress »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Nantes à travers cent cinquante ans de transports en commun - 1825-1975, Nantes, CNTC, , 50 p.
  • André Péron, Nantes et son tramway, Quimper, Ressac, , 32 p. (ISBN 2-904966-06-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif, Un témoin du passé : La motrice 144, SEMITAN, , 16 p.
  • Jean-Pierre Rault, Nantes - Le Tramway, Montreuil-Bellay, CMD, coll. « Découverte d'un patrimoine disparu », , 116 p. (ISBN 2-909826-43-0)
  • Pierre-François Gérard et Eric Cabanas, Nantes - Une ville et ses transports, de 1879 à nos jours, Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, Victor Stanne, , 108 p. (ISBN 2-911330-07-2)
  • « L'histoire des transports à Nantes », Les Annales de Nantes et du Pays Nantais, no 294,‎ (ISSN 0991-7179, lire en ligne)
    • Marcel Rumin : Les omnibus nantais
    • Claude Kahn : Les bateaux sur la Loire
    • Jacques Javayon : Le chemin de fer à Nantes
    • Claude Kahn et Marcel Rumin : Le tramway nantais
    • Claude Kahn : Les autobus
    • Georges Gayrard : Transports et espace urbain à Nantes de 1920 à 1940
    • Claude Kahn : La TAN aujourd'hui

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]