Tramway de Fontainebleau

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Tramway de Fontainebleau
Image illustrative de l'article Tramway de Fontainebleau
Rame du tramway dans la Grande Rue, avant la Première Guerre mondiale

Type Tramway
Entrée en service 1896
Fin de service 31/12/1953
Longueur du réseau 12 km
Lignes 3
Écartement des rails 1 mètre
Propriétaire Ville de Fontainebleau
Exploitant Cie des tramways de Fontainebleau
(groupe Omnium lyonnais de chemins de fer et tramways)

Image illustrative de l'article Tramway de Fontainebleau
Plan du tramway de Fontainebleau en 1940

Le tramway de Fontainebleau est un réseau de tramways électriques qui a desservi l'agglomération française de Fontainebleau, en Seine-et-Marne au sud-est de Paris. Il est mis en service le 29 septembre 1896 et supprimé le 31 décembre 1953.

Histoire[modifier | modifier le code]

Rames sur l'évitement de la place de l'Étape.
Tramway à l'entrée de Samois.

Le réseau est concèdé à la Compagnie des tramways de Fontainebleau, filiale du groupe l'« Omnium lyonnais de chemins de fer et tramways ». Son siège se situe 39 rue Thomassin à Lyon[1]. La compagnie a été fondée par Marcel Delmas, directeur de la Compagnie nouvelle d'électricité[2].

La première ligne, d'une longueur de trois kilomètres, est inaugurée le 29 septembre 1896 et relie le Palais à la gare. La deuxième ligne, mise en service le 20 août 1899, consiste en un prolongement de la première, vers Vulaines-sur-Seine[3]. La troisième ligne, ouverte en 1913, dessert Samois-sur-Seine.

En 1937, les deux lignes desservant Samois et Vulaines sont supprimées. La première ligne continue à assurer le trafic, mais ne fait l'objet d'aucune modernisation durant quinze ans. Puis, à son tour, le 31 décembre 1953, cette ligne est fermée et le service assuré par des autobus[4],[5].

Le réseau est l'un des trois réseaux franciliens à survivre à la Seconde Guerre mondiale, avec le tramway de Versailles et celui de Villiers-le-Bel. Pour précipiter la disparition du tramway, ses détracteurs le surnommèrent le « péril jaune » à cause de sa couleur[6].

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Tramway au milieu de la voie, devant le marché.
Tramway de Fontainebleau, motrice no 4, vers 1909.
À la même époque, tramway circulant sur la Grande Rue...
... et devant l'Hôtel de Ville

Le tramway de Fontainebleau est équipé d'une voie métrique, électrifiée dès son origine en courant continu 550 volts[7].

La voie est construite sur la chaussée ou en accotement.

Exploitation[modifier | modifier le code]

Matériel roulant moteur[modifier | modifier le code]

Matériel livré neuf

Le parc initial consistait en huit motrices de tramways à deux essieux construites à Belfort par la S.A.C.M. , portant les nos 1 à 8. Ces motrices pouvaient transporter 37 passagers (dont 21 assis, sept en première classe et quatorze en seconde).

Elles possédaient une prise de courant par archet et étaient équipées de deux moteurs de 25 CV, soit une puissance relativement normale.

  • La motrice no 4 est vendue au réseau de Cannes le 22 Juin 1909.

Trois motrices nos 9, 10 et 11 sont arrivées sur le réseau entre 1909 et 1913.

  • La motrice no 9 est une motrice de type Brill, construite aux U.S.A au début du siècle et livrée au réseau de Cannes sous le no 25. Cette motrice fut mutée à Fontainebleau en 1913 et circula sous le no 25, puis sous le no 9.
  • Les motrices nos 10 et 11 sont du même type, mais construites chez C.I.M.T CARDES à Bordeaux.
  • En 1913, trois motrices, numérotées 12 à 14, montées sur trucks BRILL de 2,40 m d'empattement, construites chez C.I.M.T CARDES ont été achetées. Elles pouvaient transporter 39 passagers. Elles sont identiques aux motrices nos 26 à 30 du réseau de Cannes, livrées en février et mai 1913[8].
Matériel complémentaire

En 1924, la compagnie achète quatre motrices au réseau des tramways de Melun ; elles sont ultérieurement revendues à Cannes après qu'un incendie eut détruit une partie du parc.

L'une d'entre elles, la (no 4), est rachetée à ce réseau (no 4), en 1933, avec trois autres motrices d'origine cannoises (nos 17 à 19 renumérotées 17 à 15 pour Fontainebleau).

La motrice no 4 (ex-Melun puis Cannes) a été mutée ensuite sur le réseau des tramways de Bourges, vers 1941, où elle conserve le no 4. Elle fut réformée en 1949 et vendue à un ferrailleur chez qui elle survécut jusqu'à sa démolition le 11 avril 1968.

À la fermeture de la ligne, le matériel restant a été repris par les sablières Guignon, qui transformèrent les caisses en remorques routières afin de servir de bungalow de chantier[9].

Matériel remorqué[modifier | modifier le code]

À l’origine, en 1898, six remorques, les nos 11 à 16 sont commandées :

  • Les remorques nos 11 à 14 (origine) sont des voitures ouvertes à plateforme arrondie et séparation.
  • Les remorques nos 15 et 16 figurent en 1928 comme des modèles fermés à six glaces, à plateforme ouverte et droite.

Après la guerre et jusqu'à la fermeture, le réseau dispose des matériels suivants :

  • Remorque no 10 « construction Blanc Misseron », fermée avec cinq glaces arrondies dans leur partie haute, grande plateforme et tablier droit. Elle a été mutée d'un autre réseau du groupe.
  • Remorque no 11 « construction S.C.M.T », ouverte avec plateforme et tablier à angles arrondis et quatre travées.
  • Les remorques nos 12 et 13 « construction La Buire » sont des baladeuses entièrement ouvertes à quatre travées, avec plateforme ouverte à tablier droit.
  • Remorque no 14, voiture fermée identique à la no 10.
  • Remorque no 15, voiture fermée à six glaces hautes, plateformes ouvertes et tabliers droit.
  • Remorque no 16, baladeuse, identique aux nos 12 et 13.
  • Remorques nos 17 et 18, identique à la no 11.
  • Remorque no 19, baladeuse, identique aux nos 12, 13 et 16.

La remorque no 15 est la seule originaire de Fontainebleau. Les remorques nos 12, 13, 16 et 19 proviennent du réseau de Pau. Les remorques nos 11,17 et 18 proviennent de Melun.

Matériels préservés[modifier | modifier le code]

Le musée des transports urbains, interurbains et ruraux (AMTUIR) préserve :

  • la remorque no 11, construite vers 1900 pour le tramway de Melun et rachetée en 1914 par le tramway de Fontainebleau, où elle circula jusqu'en 1945 et survécut au dépôt jusqu'à la fermeture.
    Caractéristiques :
    • Longueur : 6,74 m ; largeur : 2,04 m ; hauteur : 3 m ; masse à vide : 2 t ;
    • Remorque baladeuse ouverte à plates-formes cloisonnées ;
    • Capacité : 26 places assises et 20 places debout, 10 sur chaque plate-forme ouverte, banquettes transversales réversibles ;
    • Frein à main ;
    • Constructeur : Société de Construction de Matériel de Transports de Douai[10].
  • la remorque no 19, construite par les Ateliers de la Buire à Lyon en 1896, pour un réseau du groupe. Elle a servi jusqu'à la fin de l'exploitation.
    Caractéristiques :
    • Remorque totalement ouverte, type « baladeuse » ;
    • Longueur : 7,50 m ; largeur : 2,08 m ; hauteur : 2,83 m ; masse à vide : 2 t ;
    • Capacité : 26 places assises et 12 places debout, banquettes transversales ;
    • Frein à main[11].

Les caisses des motrices nos 10, 14 et 17 (ex-no 17 Cannes) existent toujours de nos jours (2015).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Situation financière des départements, 1907, sur Google livres. Consulté le 12 juillet 2011.
  2. L'industrie électrique, revue de la science électrique et de ses applications industrielles, 1896, sur Google livres, consultée le 12 juillet 2011.
  3. Décret du 12 juin 1900, in Bulletin des lois de la République française, deuxième semestre de 1900, sur gallica.bnf.fr, consulté le 24 novembre 2011.
  4. Jean Robert, Histoire des transports dans les villes de France, op. cit. en bibliographie p. 501.
  5. « Les Chemins de Fer Secondaires de France : Département de Seine-et-Marne », FACS,‎ (consulté le 26 juin 2011).
  6. « Anciens trains sud seine et Marnais et Gâtinais », Artefactix (consulté le 26 juin 2011).
  7. « Histoire générale des transports : 1891 - 1899 », AMTUIR (consulté en 26 juin 2011).
  8. Deux motrices identiques nos 25 et 31 sont livrées le 14 mai 1919, au réseau de Cannes.
  9. « Fontainebleau - Tramways », AMTUIR (consulté le 26 juin 2011).
  10. « Fontainebleau - Tramway - Remorque n° 11 (1900) », AMTUIR,‎ .
  11. « Fontainebleau - Tramway - Remorque n° 19 (1896) », AMTUIR,‎ (consulté le 26 juin 2011).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Robert (préf. Pierre Giraudet), Histoire des transports dans les villes de France, Neuilly-sur-Seine, Distribué par l'auteur,‎ , 529 p.
  • René Courant, Le Temps des tramways,1982, éditions du Cabri (ISBN 290331022X)
  • Collection et archives de JJ Doerflinger

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens[modifier | modifier le code]