Tramway de la Trinité à Étel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Tramway de la Trinité à Étel
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies La Trinité-sur-Mer, Étel
Historique
Mise en service 1901
Réécartement 1922
Fermeture 1935
Concessionnaires Tw de la Trinité à Étel (1901 – 1922)
Régie départementale (1922 – 1934)
Ch. de fer du Morbihan (à partir de 1934)
Caractéristiques techniques
Écartements Voie étroite (600 mm) et
voie métrique (1,000 m)
Électrification Non électrifiée
Nombre de voies Anciennement à voie unique

Le tramway de la Trinité à Étel est une ancienne ligne de chemin de fer d’intérêt local à voie de 60 cm puis métrique du département du Morbihan, longue de 21 km, reliant la Trinité-sur-Mer à Étel, et croisant à Plouharnel l’antenne vers Quiberon du P.O.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Dates importantes de ce réseau[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le réseau morbihannais à son apogée

À l’origine, cette ligne a été construite à l’écartement de 60 cm. Elle fut ouverte en 1901 et exploitée par la « société du tramway de la Trinité à Étel » (TTE), rétrocessionnaire de la concession accordée par le département à M. Payot. Cet entrepreneur envisageait, à la même époque, la construction d’une ligne de tramway similaire sur Belle-Île, entre la pointe des Poulains et les aiguilles de Port-Coton par Le Palais, mais ce projet ne fut pas réalisé[2]. Pressé, il n’attendit pas la déclaration d’utilité publique, qui n’intervint qu’après la première saison de service, et ne fit qu’entériner un état de fait.

Le choix de l’écartement inhabituel de 60 cm s’explique par la publicité que faisait à l’époque Decauville pour cette technique ; de nombreux chemins de fer et tramways côtiers utiliseront cet écartement[3]. Cependant, cet écartement ayant été plébiscité par l’Armée, la ligne connut un funeste sort pendant la Première Guerre mondiale, le génie militaire ayant réquisitionné le matériel et déposé la voie. De plus, le concessionnaire ayant revendu le matériel que l’Armée lui avait rendu afin d’éponger ses dettes, l’exploitation ne peut pas reprendre après la guerre.

Face à cette situation, le département décide le rachat de la concession, et la reconstruction de la ligne. Après avoir hésité sur l’écartement à utiliser et d’éventuelles extensions à construire, la ligne est finalement reconstruite suivant son strict itinéraire originel mais à l’écartement métrique.

L’exploitation ne reprend qu’en 1922 par la « régie du tramway d’Étel à La Trinité », les chemins de fer du Morbihan n’étant pas volontaires. En 1934, après plusieurs autres tentatives infructueuses, l’exploitation est finalement confiée à la « compagnie des Chemins de fer du Morbihan », mais est rapidement transférée sur route, et tout trafic est arrêté en novembre 1935.

Exploitation[modifier | modifier le code]

Avant 1914, il existait trois à cinq courses quotidiennes et en toute saison. Le service augmenta après la reprise de la ligne en régie, atteignant sept aller-retour vers La Trinité et quatre vers Étel.

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

À voie de 60[modifier | modifier le code]

Le concessionnaire originel disposait de six locomotives pour assurer le service :

  • trois locomotives de type 021T Decauville,
  • trois locomotives 030T Orenstein & Koppel nos 1 à 3, ces trois dernières venant remplacer les Decauville rapidement usées. Elles furent ensuite revendues à la poudrerie de Bergerac pour la desserte de son usine.

Le matériel remorqué était constitué de :

  • sept voitures Decauville à bogies :
    • quatre fermées,
    • trois ouvertes ;
  • dix wagons de marchandises.

À voie métrique[modifier | modifier le code]

Le département utilisa, pour la reconstruction de la ligne, la locomotive 030T Pinguély no 29 des chemins de fer du Morbihan, et du matériel remorqué loué à cette compagnie et à celle du tramway de Lorient.

Il fit ensuite l’acquisition de :

Enfin, afin d’essayer de contrer la concurrence routière, la régie fit l’acquisition en 1930 d’un autorail De Dion-Bouton de type JM3 no 101.

Ce matériel fut en partie réutilisé ultérieurement sur le réseau des chemins de fer du Morbihan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. l’encyclopédie générale des transports, p. 56.9
  2. D’après Henri Domengie, op. cit., p. 250.
  3. À proximité, on peut penser au tramway de Rothéneuf.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Domengie, Les petits trains de jadis — Ouest de la France, éditions du Cabri, Breil-sur-Roya, 1990 (ISBN 2-903310-87-4)
  • Collectif, Encyclopédie générale des transports - Chemins de fer, éditions de l’Ormet, Valignat, 1992
  • Yannic Rome, « Enfin une réalisation : le tramway d'Étel à La-Trinité-sur-Mer », dans Grandes et petites histoire des tramways et petits trains en Morbihan, Liv'éditions, Le Faouet, 2005 (ISBN 2-84497-070-2), p. 40–52

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Étel - l'arrivée du tramway, carte postale ancienne (voir).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voie métrique

Voie normale

Liens externes[modifier | modifier le code]