Station-service

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Station-service Total ouverte 24h/24 à Courtaboeuf.
Station-service et aire de repos, sous la forme d'une aire de service en bordure d'autoroute, ici en Italie.
Events permettant l'approvisionnement d'une station service, ici Total.

Une station-service, ou essencerie dans plusieurs pays d'Afrique francophone, aussi appelée station essence, station d’essence ou station à essence, est une infrastructure positionnée sur le bord d'une route ou d'une autoroute destinée principalement à fournir du carburant aux automobilistes. Le mot « station-service » est un calque de la locution anglaise (« service station »).

Outre les pompes à carburant, les stations les plus équipées offrent aussi des services nécessaires aux véhicules automobiles : boutique d'accessoires automobiles, station de gonflage des pneumatiques, petite mécanique et dépannage. Parfois, une carte carburant peut être utilisée comme moyen de paiement.
Elles proposent également des services à destination des automobilistes : toilettes, épicerie, restauration, téléphone public.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plus ancienne station-service, une pharmacie de Wiesloch, en Allemagne

D'après la marque Benz, La plus ancienne boutique ayant servi de station-service est une pharmacie de Wiesloch, en Allemagne, qui, en 1888, a fourni de l'éther de pétrole (ou benzine), à Bertha Benz, la femme de Carl Benz, lors de son voyage historique de Mannheim à Pforzheim[1]. Les pharmacies, jouaient en effet leur rôle de fournisseur à cette époque.

En France[modifier | modifier le code]

Station-service Orlen à Berlin (Allemagne).
Station-service en Islande.

Sur les autoroutes françaises, les stations-service offrent des aires de stationnement et de repos, avec souvent une boutique approvisionnée en nourriture (par 8 à Huit pour BP et Casino pour Total) et en produits de confort pour la route. Cependant, ces tarifs sont majorés en raison de l'ouverture permanente, d'une redevance autoroutière (les concessionnaires d'autoroute oblige les pompistes à prendre à leur charge certains travaux d'aménagement et d'entretien d'autoroute), l'obligation de disposer de carburants ainsi que le raccourcissement de la durée des concessions à quinze ans (contre vingt auparavant). À la suite de la fusion de Total avec Elf, l'État a cédé plusieurs concessions à Carrefour et E.Leclerc afin de réduire le quasi-monopole détenu par les compagnies pétrolières mais ces deux grands distributeurs renoncent dorénavant aux appels d'offres, jugeant ces stations peu rentables : avec la décroissance des volumes observée depuis 2005 et les changements irréversibles de consommation constatés depuis le pic des prix en 2008, la distribution de carburant a atteint un palier.

Sur l'ensemble du territoire en 2010, le nombre de stations a été divisé par trois en trente ans, du fait de la réorganisation du réseau routier et de la concurrence des grandes surfaces[2]. Ce sont les 1 400 indépendants (sur les 4 500 stations en France) qui souffrent le plus.

La grande distribution et son modèle « low cost » ne représente qu'un tiers du parc avec 4 902 stations mais 60,8 % du carburant vendu en France, contre seulement 12 % en 1980[3].

En 2006, les carburants disponibles en France sont essentiellement : les supercarburants sans plomb 95 et 98, le diesel, et le GPL. L'essence ordinaire a disparu dans les années 1991-1992 et le supercarburant (avec plomb) au début des années 2000.

La forte diminution du nombre de stations-service depuis les années 1980 s'explique notamment par l'essor de la grande distribution et la plus grande autonomie des véhicules (800 km dans les années 2010 en moyenne contre 400 km dans les années 1980), tandis que les stations rurales ont subi une réglementation de plus en plus lourde et difficilement soutenable financièrement. Alors que la grande distribution détenait 12 % du marché en 1980, en 2013 elle en possède 63 %, bien que fin 2012 les pétroliers et indépendants possèdent 6 175 sites sur 11 662, contre 4 947 à la grande distribution[4].

Évolution du nombre de stations-service en France[5][modifier | modifier le code]

Station-service ELF en Côte-d'Or, mars 2008.
1980 41 500
1985 32 000
1990 24 500
1995 18 406
2000 16 227
2001 15 498
2002 14 918
2003 14 219
2004 13 835
2005 13 504
2006 13 170
2007 12 929
2008 12 699
2009 12 522
2010 12 051
2011 11 798
2012 11 662
2013 11 476
2014 11 356

Stations-service et pollution[modifier | modifier le code]

Panneau indiquant la vente d'essence plombée au plomb tétraéthyle, un additif toxique inventé par Thomas Midgley Jr. et principalement fabriqué par la société américaine, Ethyl Corp. (de 1923 à nos jours, interdit depuis 2000 en Europe, mais encore utilisé dans des pays en développement[6] où il pose des problèmes sanitaires graves[7]). Ailleurs il est remplacé par du benzène ou des additifs qui restent toxiques comme le MMT.
Station-service Preem à Karlskrona en Suède.

Les « pompistes » étaient autrefois directement soumis aux vapeurs d'essence contenant des substances cancérigènes et susceptibles de causer des troubles de la vigilance. Ils ont été remplacés par des systèmes de self-service avec paiement par carte la nuit.

Les principaux problèmes environnementaux sont :

  • la pollution chronique et parfois accidentelle des sols et des nappes, par des fuites de cuves ou à partir de carburant déversé sur le sol ;
  • la pollution de l'air par les vapeurs nocives de carburant (contenant de puissants solvants organiques (COV), dont benzène cancérogène et mutagène) ;
  • l'émissions de gaz à effet de serre (légères pertes de méthane au débranchement du pistolet) ;
  • atteintes à la santé via l'exposition chronique à de faibles doses de benzène : une étude[8] française récente a conclu que pour un enfant, habiter près d'une station-service ou d'un garage automobile augmentait (de 60 %) le risque de leucémie aigüe chez l’enfant.

La Commission européenne a proposé un projet[9] le 4 décembre 2008 visant à garantir le captage et le recyclage des vapeurs de carburant nocives dans les stations-service, soit vers un réservoir de stockage souterrain aménagé sur le site de la station-service, soit directement vers la pompe à essence : le projet a été soumis au Conseil européen et au Parlement européen pour un examen (procédure de codécision). Le Parlement européen a voté un texte le 5 mai 2009[10], après accord préalable avec les États membres. Il doit encore être adopté par le Conseil européen.

Un système de la phase II de la récupération des vapeurs d'essence (ou PVR-phase II ; Petrol Vapour Recovery) sera obligatoire pour :

  • les pompes à essence de toutes les stations-service existantes, nouvellement bâties ou subissant une rénovation importante et dont le débit est supérieur à 500 m3 d'essence par an, ou dont le débit est au-dessus de 100 m3 par an et si elle est intégrée dans un bâtiment utilisé comme lieu permanent de travail ou d’habitation ;
  • les stations-service existantes de plus grande taille, dont le débit est supérieur à 3 000 m3 par an. Obligatoire avant le 31 décembre 2008 (anticipation de deux ans de la date initialement prévue par la Commission européenne[11]).

En France : installation classée pour la protection de l'environnement[modifier | modifier le code]

Selon la législation française, les stations-services sont des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). En effet, ce type d'installation est concerné par la rubrique no 1435 de la nomenclature des installations classées (« stations-service : installations, ouvertes ou non au public, où les carburants sont transférés de réservoirs de stockage fixes dans les réservoirs à carburant de véhicules à moteur, de bateaux ou d’aéronefs »)[12] :

  • Les installations distribuant un volume annuel de carburant supérieur à 20 000 mètres cubes sont soumises à autorisation préfectorale simplifiée (régime de l'enregistrement). Cette autorisation simplifiée est délivrée sous la forme d'un arrêté préfectoral qui impose à l'exploitant le respect d'un certain nombre de prescriptions techniques, notamment celles de l'arrêté ministériel du 15 avril 2010 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique no 1435[13].
  • Les installations distribuant un volume annuel de carburant supérieur à 100 mètres cubes d'essence ou 500 mètres cubes au total, mais inférieur ou égal à 20 000 mètres cubes doivent être déclarées. Les exploitants de ces installations doivent respecter les prescriptions techniques de l'arrêté ministériel du 15 avril 2010 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées pour la protection de l'environnement soumises à déclaration sous la rubrique no 1435[14].

Pour cette classification, l'essence est définie comme étant « tout dérivé du pétrole, avec ou sans additif d'une pression de vapeur saturante à 20° C de 13 kPa ou plus, destiné à être utilisé comme carburant pour les véhicules à moteur, excepté le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et les carburants pour l'aviation »[12].

L'instruction des demandes d'autorisation d'exploiter ainsi que le contrôle du respect des prescriptions techniques par les exploitants sont réalisés par l'inspection des installations classées[15].

À Paris, le nombre de stations-service diminue drastiquement dans les années 2010. En 2017, on en compte trois fois moins qu'en 1995, où il y en avait 280. Les raisons de ces disparitions sont nombreuses : réglementation sur la protection de l'environnement, projets d'aménagements urbains ou encore crise économique qui pousse les automobilistes à aller se fournir dans des hypermarchés de périphérie où l'essence est moins chère. La libéralisation des prix de l'essence en 1985 a également joué un rôle. Une décision de l'Union européenne de 2010, devant prendre effet en 2020, interdit aux stations-service d’être à moins de 13 mètres d'un immeuble, ce qui risque d'entraîner de nouvelles disparitions. Par ailleurs, la mairie de Paris préfère ne pas renouveler des concessions (comme le Total porte d'Italie, fermé en 2013), afin de privilégier des programmes immobiliers ou de création de ZAC[16].

Dispositif de distribution[modifier | modifier le code]

Les pompes à carburant sont équipées de pistolets distributeurs, qui sont pourvues d'un système d'arrêt automatique et de récupérateur de vapeur.

L'approvisionnement des stations se fait par camion citerne, à partir des entrepôts pétroliers.

Carburants en station-service et supermarché[modifier | modifier le code]

Dans la culture populaire, les carburants vendus dans les grandes surfaces seraient de moins bonne qualité que ceux proposés par les stations-services. Cela est dû qu'à l'époque les grandes surfaces commercialisaient les « fonds de cuves » rachetées à bas prix aux raffineries.

La différence majeure est que les pétroliers accordent beaucoup plus de temps pour la création de leurs carburants (gazole et essence) à la raffinerie ; et ajoutent plus d'additifs ce qui permet moins de consommation[17],[18].

En France, en 2014, la répartition des carburants routiers est la suivante[19].:

  • 12,7 millions de mètres cubes dans les stations de pétroliers;
  • 24,3 millions de mètres cubes en grande surface;
  • 2,2 millions de mètres cubes dans les stations indépendantes;
  • 3,6 millions de mètres cubes dans des enseignes "non identifiées".

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ?

Cinéma[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The world's first filling station », sur bertha-benz.de
  2. Les stations services disparaissent, Géomètres no 2082, juin 2011
  3. AFP, « Total lance ses deux premières stations-service à bas coût Total Access », sur Le Point, (consulté le 4 octobre 2011)
  4. Fabrice de Monicault, « Une activité très disputée », in Le Figaro, encart « Économie », jeudi 21 novembre 2013.
  5. Évolution du nombre de stations-service - France - Union française des industries pétrolières (UFIP)
  6. Tuakuilca J. & al. (2010) Blood lead levels in the Kinshasa population: a pilot study ; Arch Public Health. 2010; 68(1): 30–41. ; doi:10.1186/0778-7367-68-1-30 ; PMCID:PMC3436702 (résumé)
  7. Kitman JL (2000). The secret history of lead. Article du journal Nation New-York date du 20 mars 2000, 270(11), 11-11.
  8. Brosselin P. et al., Acute childhood leukaemia and residence next to petrol stations and automotive repair garages: the ESCALE study (SFCE), Occupational and Environmental Medicine (septembre 2009), vol.66, no 9 p. 598-606 ; (Résumé de l'étude conduite par Jacqueline Clavel et ses collègues de l’INSERM de Villejuif, de 2003 à 2004 sur 765 enfants victimes de leucémie aiguë et 1 681 cas contrôlés.
  9. La proposition de directive, COM (2008) 812
  10. Position de parlement européen
  11. Information de la Commission européenne
  12. a et b « 1435. Stations-service : installations, ouvertes ou non au public, où les carburants sont transférés de réservoirs de stockage fixes dans les réservoirs à carburant de véhicules à moteur, de bateaux ou d’aéronefs », sur www.ineris.fr (consulté le 6 juin 2016)
  13. « Arrêté du 15/04/10 relatif aux prescriptions générales applicables aux stations-service relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique no 1435 », sur www.ineris.fr (consulté le 6 juin 2016)
  14. « Arrêté du 15/04/10 relatif aux prescriptions générales applicables aux stations-service soumises à déclaration sous la rubrique no 1435 », sur www.ineris.fr (consulté le 6 juin 2016)
  15. « Missions », sur installationsclassees.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 6 juin 2016)
  16. Louis Clément, « Les stations-service, une espèce en voie de disparition dans la capitale », Le Figaro, samedi 22 / dimanche 23 juillet 2017, page 2.
  17. [1] Le carburant de la raffinerie à votre moteur sur Total.fr
  18. [2] Essai Comparatif essence : SP95, SP98, grande surface ou station, que choisir ? sur Moto-Station.com
  19. http://www.ff3c.org/index.php?pg=chiffres_par_activite

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]