Chemins de fer nogentais

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La station de la mairie de Rosny-sous-Bois vers 1910, avec son kiosque aux voyageurs.
Le dépôt des Nogentais et la centrale électrique à la Maltournée.

La Société des chemins de fer nogentais est une société de tramways qui exploitait un important réseau dans la banlieue est de Paris depuis la porte de Vincennes, entre 1887 et 1921.

Histoire et caractéristiques du réseau[modifier | modifier le code]

Le décret portant déclaration d'utilité publique et concession de la 1re ligne de Vincennes à Ville-Évrard date du 18 novembre 1885. La « Compagnie des chemins de fer nogentais » constituée dans ce but fut autorisée à figurer au décret de concession le 13 mars 1886.

Le 21 août 1887, le Chemin de fer nogentais (CFN) ouvrit 11,6 km de voie de tramway entre Vincennes et Ville-Évrard (Neuilly-sur-Marne) en passant par Pont de Mulhouse et La Maltournée (Neuilly-Plaisance)[1].

Au début de son exploitation, le Nogentais utilisait des motrices Mékarski à air comprimé, à l'instar des tramways Nord de Paris[2] et des tramways de Nantes. Cette ligne eut un grand succès, dans la mesure où elle facilita le trafic mais permit aussi aux Parisiens de visiter le Bois de Vincennes le dimanche.

La voie ferrée fut modifiée le 27 décembre 1888, avec un embranchement de Nogent-sur-Marne (Pont de Mulhouse) vers Bry-sur-Marne, et une seconde voie le 1er décembre 1894 de La Maltournée à Rosny-sous-Bois.

En 1892, la ligne fut prolongée de Vincennes à Paris (Porte de Vincennes).

En 1900, le Nogentais électrifia par lignes aériennes ses voies et créa de nouvelles lignes ayant leur terminus au métro, à Porte de Vincennes.

Les Chemins de fer nogentais ont fusionné le 1er janvier 1921 avec les autres compagnies de tramways parisiens au sein de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), ancêtre de la RATP, mais on continuera longtemps à parler des lignes « du Nogentais ».

Le réseau[modifier | modifier le code]

En 1902, le réseau CFN était constitué des lignes suivantes[3] :

En 1904, le terminus de la porte de Vincennes fut déplacé sur le cours de Vincennes, afin de donner une correspondance aisée avec la ligne (1) du métro de Paris. Inversement, les lignes furent raccourcies le 25 mars 1934 à Château de Vincennes, lorsque le métro y fut prolongé.

Une ligne 10 (122) sera créée le 12 octobre 1911 entre Cours de Vincennes et Fontenay-sous-Bois, en utilisant un ancien tronçon de la ligne 2 de la Compagnie des tramways de l'Est parisien.

Fin du réseau des Nogentais[modifier | modifier le code]

Le Cours de Vincennes était l'un des terminus des Nogentais.
Après la reprise des Nogentais par la STCRP, on voit au premier plan le tramway 121 (ex-9) en direction de Gagny, et un bus BA de la ligne Fontenay (Les Rigollots) - Mairie de Vincennes - Opéra - Rue Taitbout.

Comme l'ensemble du premier réseau de tramway parisien, les lignes du Nogentais furent transformées par la STCRP en lignes de bus dans les années trente :

  • 113 (ex-1) le 15 février 1937
  • 114 (ex-2) le 14 mai 1934
  • 115, ligne créée par la STCRP en 1924 (Porte de Vincennes - Mairie de Montreuil et prolongée à la Porte des Lilas en 1925, supprimée le 11 février 1935.
  • 116 (ex-4) le 15 février 1937
  • 117 (ex-5) le 5 novembre 1922
  • 118 (ex-6) le 18 mars 1935
  • 119 (ex-7) le 14 mai 1934
  • 120 (ex-8) le 14 mai 1934
  • 121 (ex-9) le 18 mars 1935
  • 122 (ex-10) le 25 juin 1934.

Le tracé actuel du réseau de bus RATP dans le secteur rappelle encore aujourd'hui le tracé de ces lignes du Nogentais.

Matériel moteur[modifier | modifier le code]

Motrice impériale « type Mekarski »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Louis Mékarski.
  • Motrice mécanique à air comprimé
  • 19 véhicules
  • Capacité de 50 voyageurs (20 à l’intérieur, 24 sur l’impériale, 6 sur la plate-forme)
  • Châssis à deux essieux de 1,90 m d’empattement
  • Voie à écartement normal de 1,44 mètre
  • Longueur : 7,53 m
  • Poids à vide : 10 t

Motrice impériale « type 54 places »[modifier | modifier le code]

  • Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 51 véhicules numérotées nos 1 à 51
  • Capacité de 54 voyageurs
  • Châssis à deux essieux de 2,13 m d’empattement
  • Moteur « type TH2 »

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Motrice impériale « type 74 places »[modifier | modifier le code]

L'arrêt des Nogentais aux Rigollots. La motrice est la no 65.
  • Motrice électrique alimentée par fil aérien, caniveau ou accumulateurs
  • 41 véhicules numérotés nos 52 à 93
  • Capacité de 74 voyageurs
  • Châssis à deux bogies portant chacun un moteur
  • Moteur « type TH2 »

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Motrice « type 150 »[modifier | modifier le code]

Motrice 202 attelée à des remorques ouvertes, à Neuilly-Plaisance.
  • Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 14 véhicules numérotés nos 150 à 163
  • Capacité de 44 voyageurs
  • Châssis à deux essieux de 3,40 m d’empattement
  • Longueur : 10,15 m
  • Poids à vide : 14,5 t
  • Moteur « type TH523 »
  • Portes en bout

Motrice « type 202 » (prototype)[modifier | modifier le code]

  • Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 1 seul véhicule
  • Châssis à deux essieux
  • Longueur : 7,92 m
  • Poids à vide : 10,5 t
  • Moteur « type TH2 »
  • Portes aux extrémités

Motrice « type 250 » (prototype)[modifier | modifier le code]

  • Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 1 seul véhicule
  • Châssis à deux bogies
  • Portes en bout

Motrice « du service funéraire »[modifier | modifier le code]

Tramway funéraire en service entre l'église et le nouveau cimetière de Vincennes.
  • Motrice électrique alimentée par fil aérien
  • 1 seul véhicule
  • Châssis à deux essieux
  • Pouvait contenir deux cercueils

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) www.tramwayinfo.com - Le chemin de fer nogentais
  2. AMTUIR, Les tramways à air comprimé
  3. Après le numéro de la ligne dans l'exploittaion par le CFN figure, entre parenthèses, le numéro qu'elle portera après 1921, dans l'exploitation de la STCRP.
  4. NOTA : la ligne 114 (ex-2) fut prolongée à Châtelet le 6 octobre 1924, puis le service entre Château de Vincennes et Châtelet supprimé le 25 mars 1934, peu de temps avant la transformation en ligne de bus du tronçon banlieue de la ligne
  5. NOTA : la ligne 117 (ex-5) a été supprimée par la STCRP en novembre 1922

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Berrier, En souvenir des Chemins de fer Nogentais, article publié dans la revue Chemins de fer régionaux et urbains no 199 (1987) édité par la FACS-UNECTO
  • Jean Robert, Les tramways parisiens, ed. Jean Robert, 3e édition 1992

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]