Société des usines Chausson

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Autobus Chausson de la RATP APU 53, au Pont de Neuilly à Neuilly sur Seine, actuellement propriété de l'AMTUIR.

La Société des usines Chausson est une ancienne entreprise française de pièces pour l'automobile, d'utilitaires et d'autocars, aujourd'hui disparue. Le dernier établissement, à Gennevilliers, cesse son activité en 2000.

Historique[modifier | modifier le code]

Elle est fondée à Asnières-sur-Seine en 1907 sous le nom d'Ateliers Chausson Frères par les frères Jules et Gaston Chausson pour d'abord produire des radiateurs à nid d'abeille à tubes et ailettes, des réservoirs et des tubulures d'admission ou d'échappement[1].

Spécialisée ensuite dans la construction automobile (carrosserie et échangeurs thermiques), elle est un acteur important de l'industrie des véhicules en France, tant comme actionnaire du constructeur automobile Chenard et Walcker à partir de 1936 qu'en tant que constructeur d'autocars dès 1942. Joseph Roos devient directeur du groupe en 1947.

Les usines Chausson sont ensuite sous-traitant de ses deux principaux actionnaires, les groupes Peugeot et Renault dont elle assure l'assemblage de véhicules utilitaires, par exemple pour Peugeot les J7, J9, 404 pick-up, Citroën C35, pour Renault, les R4 fourgonnette, Estafette, Trafic, plus épisodiquement de coupés (Opel GT, Citroën SM, Floride/Caravelle).

Pendant les années 1970, période de son plus important développement (environ 15 000 salariés), le groupe possède des usines à Asnières-sur-Seine, Gennevilliers, Meudon, Reims, Creil, Maubeuge, Laval. Il a absorbé ou filialisé d'autres sociétés du secteur automobile telles que Chenard et Walcker[2], ou encore Brissonneau et Lotz[1].

La marque est choisie par la RATP dans les années 1950 pour fournir 273 autobus "APU 53" à partir de 1954 pour Paris et sa banlieue.

Riche d'une histoire ouvrière presque centenaire, la restructuration du groupe, tout au long des années 1990 donne lieu à d'importants mouvements sociaux, provoqués par une logique d'alliance entre constructeurs automobiles décidée par les actionnaires, suivie du dépôt de bilan de l'entreprise en septembre 1993. De 1993 à 1995, trois plans sociaux conduisent au licenciement de 2 549 personnes et à la fermeture définitive du site de production installé dans la banlieue parisienne[3],[4],[5],[6],[7].

Le dernier établissement de Gennevilliers, cesse son activité en 2000 et est démoli en 2007, pour laisser place à un écoquartier, une coulée verte et un nouveau quartier[8]

Les autocars Chausson[modifier | modifier le code]

La Société des Usines Chausson produit des autocars de 1942 à 1959[9].

Elle est à l'origine de l'innovation importante de faire passer la construction des autocars et autobus d'un modèle dans lequel un châssis supporte une carrosserie au modèle de la carrosserie autoporteuse : le châssis-coque qui est la norme dans l'industrie automobile. Une caisse unique de tôles d'acier, nervurées et pliées, soudées entre elles, assure tout à la fois l’habitabilité de la structure et sa rigidité. Cette technique allège considérablement le poids du véhicule et le rend plus performant à puissance constante du moteur.

Les modèles produits[modifier | modifier le code]

  • K.O.M. Véhicule à gazogène dont le prototype date de 1942. Production de 15 véhicules de décembre 1944 à février 1945.
  • Modèle AP 1. Une seule version APE, 166 Véhicules produits de juin à novembre 1945.
  • Modèles AP 2. Versions : AH (essence), APH (diesel), 4 HL (huile lourde), APE. 63 véhicules produits de novembre 1945 à mars 1946.
  • Modèles AP 3. Versions : APE disparaît du catalogue. APH 1 (80 cv), APH 2 (100 cv). Série limité ABH moteur américain 60cv), AHE moteur Hotchkiss. 2856 exemplaires de mars 1946 à octobre 1949.
  • Modèle AP 48. Versions : ABH disparaît du catalogue, AH 48 APH 48, ASH 48. Produit à 2540 exemplaires d'octobre 1949 à avril 1952.
  • Modèles AP 52 et ANH. Les appellations commerciales se déclinent en : AH 52, APH 52, ASH 52, ET AHH 52. La version AN est conçue pour l'exportation. 1510 exemplaires d'avril 1952 à octobre 1953.
  • Modèles AP 521 et APU 53. Versions : AH 521, APH 521, ASH 521, AHH 521. Le AP 521 est produit jusqu'au 1er février 1956 2350 exemplaires dont 623 en version urbaine APU.
  • Modèles AP 522 et APV. 3000 autocars construits jusqu'au début de l'année 1959, dont 738 autobus APV.
  • Modèle ANG successeur du AN. 1153 cars et bus sont produits en 1957.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Société des Usines Chausson. Notice historique ou biographique », sur Archives nationales
  2. Jean-Michel Normand, « Tout est bon dans le Peugeot « Nez de cochon » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Martine Fournier, Pour réussir une restructuration, Échos des Recherches, Sciences humaines
  4. Site du Sénat : question écrite relative à la liquidation de l'usine Chausson d'Asnières
  5. « Vie des entreprises. Le constructeur de véhicules utilitaires vendu " par appartements ". Renault se déclare prêt à acquérir l'usine Chausson de Gennevilliers », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. « Vingt ans dans un carcan », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. « Peugeot condamné à reclasser 75 salariés de Chausson », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. Raphaëlle Besse Desmoulières, « À Gennevilliers, "si le PS s'y retrouve, il n'y a aucune raison de ne pas y aller ensemble" », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. La grande Aventure des Cars Chausson. Nicolas Tellier, Edijac, 1987

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Danièle Linhart, Perte d'emploi, perte de soi, City, Érès, (ISBN 2-749-20078-4).
  • Bernard Massera et Daniel Grason, Chausson : une dignité ouvrière, Éditions Syllepse, 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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