Herbignac

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Herbignac
Herbignac
L'entrée du château de Ranrouët.
Blason de Herbignac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Arrondissement Saint-Nazaire
Intercommunalité Communauté d'agglomération de la Presqu'île de Guérande Atlantique
Maire
Mandat
Christelle Chassé
2020-2026
Code postal 44410
Code commune 44072
Démographie
Gentilé Herbignacais
Population
municipale
6 822 hab. (2017 en augmentation de 10,48 % par rapport à 2012)
Densité 96 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 26′ 59″ nord, 2° 18′ 58″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 55 m
Superficie 71,43 km2
Élections
Départementales Canton de Guérande
Législatives Septième circonscription
Localisation
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Liens
Site web herbignac.com

Herbignac est une commune de l'Ouest de la France, située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire. Elle fait partie du pays de Guérande, un des pays traditionnels de Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation

Herbignac (7 194 ha) est situé au nord-ouest du département, à proximité des marais de la Brière, à 16 km au nord de Guérande et 9 km au sud de La Roche-Bernard. La commune est limitrophe du département voisin du Morbihan, en région Bretagne.

Herbignac et ses communes limitrophes.

Deux lieux-dits, Marlais et Arbourg, sont limitrophes de Saint-Lyphard ; Pompas, autre hameau d’Herbignac, se situe sur l'axe routier Guérande-Herbignac.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Irbiniac en 1217, Herbignac en 1287, Yvrignac en 1426[1], Erbignac en 1441[2],[3].

Il s'agit d'une formation toponymique gauloise ou gallo-romaine en -(i)acum[3], suffixe d'origine gauloise -acon (celtique commun *-āko, britonnique *-ōgon), localisant à l'origine, puis marquant la propriété.

Le premier élément Herbi(g)n- correspond sans doute un anthroponyme[3] selon le cas général. Albert Dauzat suggère le nom de personne latin Arbinius[3] (porté par un autochtone). Dans cette perspective, il compare avec le nom de lieu Arbigny (Haute-Marne, Arbigney) dans lequel le suffixe -acum a régulièrement évolué en -ey / -y, comme dans la plupart des régions traditionnellement de langue d'oïl. Cependant, à la rubrique Arbigny, il propose une version un peu différente de cet anthoponyme, à savoir Arbennius[3], d'aspect gaulois. Plus haut encore, il renvoie Arbéost à Arbigny, en citant une hypothèse initialement formulée par Gerhard Rohlfs qui voit dans ce toponyme le nom de personne gallo-romain Arvenius[3], d'origine gauloise. Outre cette incertitude dans l'identification exacte du nom de personne, les formes anciennes ne montrent pas le passage de [ar-] à [ir-] qui reste possible phonétiquement mais hypothétique.

Remarques : Herbignac était situé sur la frontière linguistique, le parler gallo-roman qui a donné le gallo, était parlé plus à l'est dans les communes voisines. Le suffixe -acum n'a pas évolué en zone bretonnante comme en zone romane (exemple : Savenay, Saviniacum). On parlait breton dans le Pays de Guérande - dont Herbignac - jusqu'au XVIIe siècle. La langue bretonne a même été parlée jusqu'au début XXe siècle dans les marais salants voisins (voir les travaux de Gildas Buron, conservateur du musée de Batz-sur-Mer). Jean-Yves Le Moing estime à 61,8 % le taux de toponymes d'origine bretonne sur la commune d'Herbignac[4].

Herbignac possède donc un nom en gallo, la langue d'oïl des communes voisines : Arbigna (graphie ABCD)[5], Èrbinyac (graphie ELG)[6] et Èrbigna ou ·Rbignâ (graphie MOGA)[7].

Herbignac a été plus récemment traduit en breton par Erbigneg[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La présence humaine sur la commune est attestée dès le Néolithique (dolmen du Riholo).

Peu de renseignements subsistent de la période gallo-romaine (ancienne voie romaine, tessons de poterie).

Vers le Xe siècle, la juridiction seigneuriale d'Herbignac est l'une des plus importantes de la région. Dès lors, l'histoire d'Herbignac se confond avec celle des familles seigneuriales qui possèdent le château du lieu : Ranrouët. Vers 1125, les seigneurs d'Assérac, descendants de Vikings fixés dans la région depuis le Xe siècle, érigent une motte féodale où ils s'installent après avoir quitté leur domaine d'Assérac. Fédor, fils de Richard premier seigneur d'Assérac connu, pourrait être le bâtisseur de Ranrouët. Une charte de l'abbaye de Blanche-Couronne (1210) mentionne Wilhem comme propriétaire de Ranrouët. Cette construction initiale sera remplacée par un château en pierre dans la seconde moitié du XIIIe siècle sous l'impulsion d'Alain d'Assérac, seigneur des lieux[8].

Thibaud de Rochefort, baron d'Ancenis et vicomte de Donges, prend possession de Ranrouët par alliance en 1275. Mort en 1295, il ne laisse pas d'héritier direct. Sa nièce, Jeanne de Rochefort, mariée en 1374 (ou 1378) à Jean II de Rieux (compagnon de Jeanne d'Arc et maréchal de France), transmet alors Ranrouët à son fils Pierre de Rieux, troisième du nom.

Jean IV de Rieux (1447-1518), né à Ranrouët, devient maréchal de Bretagne en 1470 puis est nommé tuteur de la duchesse Anne de Bretagne. Celle-ci lui fournit 100 000 écus d'or pour qu'il reconstruise Ranrouët après la destruction de 1488. Il combat aussi en Italie aux côtés du roi Charles VIII.

En 1574, sous le règne de Henri III, les châtellenies de Ranrouët et de Faugaret sont réunies et érigées en marquisat en faveur de Jean de Rieux. Le marquis a « en sa ville d'Herbignac » un marché tous les lundis et quatre foires par an : le lundi de la mi-carême et aux fêtes de Saint-Jean-portes Latine (6 mai), saint Cyr et sainte Julitte patrons de la paroisse (16 juin) et sainte Catherine (25 novembre), anniversaire de la dédicace de l'église d'Herbignac.

Durant les guerres de religion, Jean VIII de Rieux rejoint la Ligue et est pendu en 1593. Le château de Ranrouët devient ensuite un refuge pour des soldats qui subsistent en se livrant aux pillages dans les environs. En 1618-1620, le démantèlement partiel de Ranrouët est ordonné par Louis XIII. Cependant, Jean IX de Rieux (ou Jean-Emmanuel de Rieux), frère de Jean VIII, décide de reconstruire son château. Les travaux s'achèvent vers 1639 ; les tours sont réaménagées. Criblé de dettes, Pierre-Emmanuel de Rieux doit, avant de mourir, vendre une partie de ses terres dont le marquisat d'Assérac au surintendant des finances Nicolas Fouquet en 1656 qui en fait l'année suivante hommage au roi. La veuve du défunt marquis, Jeanne-Pélagie de Rieux, parvient à reprendre possession d'Assérac et en fait à son tour hommage au roi dès 1658. Dès 1679, son fils Jean-Gustave de Rieux (1649-1713) est à son tour contraint de céder son marquisat à René de Lopriac, baron de Coëtmadeuc. Félicité de Lopriac, épouse du marquis de Kerhoent, est la dernière marquise d'Assérac : elle est guillotinée à Paris en 1794.

En 1793, lors des chouanneries, une armée républicaine envoyée dans la presqu'île guérandaise pour éliminer les contre-révolutionnaires, incendie et détruit le château. Bien que réduit à l'état de ruines, celui-ci servira pendant la tourmente révolutionnaire à l'abbé Durand de local pour les messes clandestines. Laissé à l'abandon, le site sert de carrière de pierres[8].

Alors que la Loire-Inférieure est libérée au cours du mois d'août 1944 (Nantes le 12, le sud Loire le 30), Herbignac est une des communes de la poche de Saint-Nazaire, qui reste occupée par les Allemands jusqu'au .

L'après-guerre est marqué par la présence à la tête de la municipalité de Jacques Chombart de Lauwe, commandant des FFI de Loire-Inférieure en 1944-45, député de 1945 à 1951, directeur du journal nantais L'Avenir de l'Ouest de 1945 à 1948.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1963 1970 Marc Lefèvre d'Argencé   général
1970 1989 Pierre Siret   pharmacien
1989 2008 Charles Moreau PS arboriculteur - conseiller général
2008 2020 Pascal Noël-Racine[Note 1] PS puis DVG retraité de l'enseignement
2020 En cours Christelle Chassé   enseignante
Les données manquantes sont à compléter.

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21[9].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le classement établi par l'Insee, Herbignac est une ville isolée qui est le centre d'un bassin de vie. Elle fait partie de l'aire urbaine et de la zone d'emploi de Saint-Nazaire[10]. Toujours selon l'Insee, en 2010, la répartition de la population sur le territoire de la commune était considérée comme « peu dense » : 92 % des habitants résidaient dans des zones « peu denses » et 8 % dans des zones « très peu denses »[11].

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[13].

En 2017, la commune comptait 6 822 habitants[Note 2], en augmentation de 10,48 % par rapport à 2012 (Loire-Atlantique : +6,21 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 7552 0861 9992 9203 1753 1103 1763 3273 555
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 4783 6723 7843 8953 9644 1524 1534 2194 199
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 1724 1504 1103 5403 4433 4163 3253 1223 028
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
3 0373 0783 2393 7784 1754 3505 1176 0546 719
2017 - - - - - - - -
6 822--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Les données suivantes concernent l'année 2013. La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (21,2 %) est en effet inférieur au taux national (22,6 %) et au taux départemental (22,5 %)[16],[17],[18]. À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (50,9 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %)[16],[17],[18].

Pyramide des âges à Herbignac en 2013 en pourcentage[16]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,1 
90 ans ou +
1,1 
4,7 
75 à 89 ans
7,9 
14,1 
60 à 74 ans
14,4 
19,8 
45 à 59 ans
19,1 
22,6 
30 à 44 ans
21,2 
15,4 
15 à 29 ans
15,1 
23,4 
0 à 14 ans
21,2 
Pyramide des âges de la Loire-Atlantique en 2013 en pourcentage[17]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,4 
90 ans ou +
1,3 
5,8 
75 à 89 ans
9,1 
13,5 
60 à 74 ans
14,6 
19,6 
45 à 59 ans
19,2 
20,8 
30 à 44 ans
19,6 
19,4 
15 à 29 ans
17,7 
20,5 
0 à 14 ans
18,5 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Herbignac compte deux écoles publiques et une privée, et deux collèges, un public et un privé.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Selon le découpage de la région Bretagne fait par Erwan Vallerie, Herbignac fait partie du pays traditionnel de la Brière et du pays historique du Pays Nantais.

Langues[modifier | modifier le code]

La langue bretonne était parlée dans cette commune jusqu'au début du XIXe siècle. Le gallo est encore connu de nos jours, il a d'ailleurs gardé plusieurs mots bretons comme une añnouyère pour une génisse, du breton annoar.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le dolmen du Riholo, lieu-dit le sapin vert.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De sinople au château d'or donjonné de trois tours, crénelé, maçonné et ouvert de sable ; à la bordure gironnée d'or et d'azur de huit pièces.
Commentaires : Le château est celui de Ranrouet ; le champ de sinople représente la Brière ; le blason est borduré du gironné du marquisat d'Assérac (gironné d'or et d'azur de huit pièces). Délibération municipale du .

Personnalités notables liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jacques Chombart de Lauwe (1905-1975), dit « Colonel Félix » dans la Résistance, député et conseiller général de la Loire-Atlantique, mort à Herbignac ;
  • Jules Paressant (1917-2001), peintre et sculpteur natif d'Herbignac ;
  • René Leroux, né à Herbignac en 1952, homme politique français, député de la Loire-Atlantique de 1997 à 2002.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fernand Guériff, Les potiers d'Herbignac : l'art du feu dans un coin de Bretagne, monographie historique, La Baule, Éditions des Paludiers, coll. « Folklore guérandais », , 100 p. (notice BnF no FRBNF35317701)
  • J. de Kersauzon, Herbignac. Histoire civile, histoire ecclésiastique., Paris, Le Livre d'histoire, , 59 p. (ISBN 2-84373-807-5, présentation en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Réélu en 2014.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (br) Vallerie, Erwan., Diazezoù studi istorel an anvioù-parrez, Le Relecq-Kerhuon, An Here, , 256 p. (ISBN 2-86843-153-4 et 978-2-86843-153-0, OCLC 614197178, lire en ligne), p. 78
  2. a et b Office Public de la Langue Bretonne, « Kerofis »
  3. a b c d e et f Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 349a
  4. Jean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne : Jean-Yves Le Moing, Coop Breizh (Spézed), , 480 p. (ISBN 2-903708-04-5, OCLC 963221846, lire en ligne), p. 357
  5. Régis Auffray, Le Petit Matao, Rue des Scribes, 2007, Broché, p. 90
  6. « Villes bretonnes, noms gallo », Geobreizh (consulté le 18 mars 2013)
  7. http://www.chubri-galo.bzh/chubri-galo_dictionnaire-gallo-francais_ChubEndret-toponymie__fr.htm
  8. a et b Loire-Atlantique, le magazine du département, juin 2009, p. 20-21
  9. FICHE | Agenda 21 de Territoires - Herbignac, consultée le 26 octobre 2017
  10. « Commune d'Herbignac (44072) », Insee (consulté le 30 août 2017).
  11. « La grille communale de densité », Insee (consulté le 30 août 2017), données récupérées dans un fichier téléchargeable sous format Excel.
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  16. a b et c « Chiffres clés Évolution et structure de la population - Herbignac - POP T0-T3 - Population par sexe et âge en 2013 », sur insee.fr, Insee (consulté le 22 septembre 2016).
  17. a b et c « Résultats du recensement de la population de la Loire-Atlantique - POP T0-T3 - Population par grandes tranches d'âges », sur insee.fr, Insee (consulté le 22 septembre 2016).
  18. a et b « Résultats du recensement de la population française - POP T0-T3 - Population par grandes tranches d'âges », sur insee.fr, Insee (consulté le 22 septembre 2016).
  19. « jardins de Kermoureau », Comité des parcs et jardins de France (consulté le 23 mai 2016).