Gare de Nantes-État

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 Cet article concerne une ancienne gare ferroviaire de Nantes. Pour la gare principale, voir Gare de Nantes. Pour toutes les autres gares française du Réseau de l'État, voir Liste des gares de France.
Nantes-État
Image illustrative de l'article Gare de Nantes-État
Façade de l'ancienne gare de l'État de Nantes, aujourd'hui maison des syndicats.
Localisation
Pays France
Commune Nantes
Coordonnées géographiques 47° 12′ 15″ nord, 1° 33′ 34″ ouest
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF
Exploitant SNCF
Services Fret SNCF
Caractéristiques
Ligne(s) Segré à Nantes-État
Nantes-État à La Roche-sur-Yon par Ste-Pazanne
Voies Une trentaine de voies de service
Altitude 8 m

Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique

(Voir situation sur carte : Loire-Atlantique)
Nantes-État

Géolocalisation sur la carte : Nantes

(Voir situation sur carte : Nantes)
Nantes-État

La gare de Nantes-État (actuellement maison des syndicats) est une ancienne gare ferroviaire française de Nantes située sur l'île de Nantes, sur une partie de l'ancienne île de la Prairie au Duc, et qui était le terminus nantais du réseau de l'État.

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare de Nantes-État est située au point kilométrique 397,1 de la ligne de Segré à Nantes-État. Elle est également l'origine de la ligne de Nantes-État à La Roche-sur-Yon par Sainte-Pazanne. Son altitude est de 8 m.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Six lieux étaient envisagés, en 1870, pour l'implantation de la gare destinée à être le terminus de la « ligne du Pays de Retz ». L'expérience des problèmes urbanistiques engendrés par l'installation de la gare d'Orléans sur la prairie de Mauves, qui a provoqué un remodelage de l'ensemble des quais empruntés par la suite par la ligne de chemin de fer lorsqu'elle a été prolongé vers l'ouest, a poussé les décideurs à s'éloigner du centre-ville. L'île Saint-Anne répond, à cette époque, à ce critère. De plus, ce site est bordé par la Loire, entouré d'entreprises, notamment industrielles, installées sur la « Prairie-au-Duc », où des bassins ont été récemment aménagés, ou sont en passe de l'être. Ce quartier étant récent, des aménagement de voirie sont possibles, les rues ayant été pensées suffisamment larges. Les îles de Nantes présentent encore des terrains non bâtis. Enfin, le secteur est éloigné de l'hospice de Nantes. Toutes ces raisons poussent le conseil municipal à créer la gare à cet endroit, décision prise le [1].

Elle est d'abord baptisée « gare de Nantes-Prairie-au-Duc », et est exploitée à partit du par la Compagnie des Chemins de fer nantais, ce qui lui vaut également le nom de « gare des Chemins de fer nantais »[1]. Elle est le terminus de la ligne de Nantes à La Roche-sur-Yon, qui finissait depuis l'année précédente à la gare de Rezé-Pont-Rousseau[2]. Elle est bordée au nord par la « grande rue de la Prairie » (qui deviendra boulevard Babin-Chevaye puis boulevard de la Prairie-au-Duc dans le courant des années 1930), et au sud par une voie baptisée « rue latérale ». Les passagers sont accueillis dans un bâtiment provisoire en bois[1]. La ligne qui la dessert a été prolongée, franchissant la Loire via le pont ferroviaire de Pirmil, et rejoignant son nouveau terminus sur une voie double réhaussée au moyen d'un remblai à la cote 8,19 mètres, niveau le plus jamais élevé atteint lors d'une crue, relevé en 1872. Deux viaducs de 36 m chacun sont nécessaires pour franchir les boires des Récollets et de Toussaint[3]. En 1878, la Compagnie des Chemins de fer nantais fait faillite, et est rachetée par l'État[2].

Des bâtiments en pierre sont érigés à partir de 1884, sur la partie ouest de ce qui s'appelait alors le boulevard Babin-Chevaye, et sont inaugurés le , sous le nom de « gare de Nantes-Etat »[4], et est couramment appelée « gare de l'État ». Le bâtiment des voyageurs est monumental ; avec ses deux annexes latéraux, il s'étend sur 126 m de long. Le pavillon central est sur trois niveaux[1]. Un tronçon ferroviaire de 4,9 km, construit entre 1883 et 1886, permet la jonction avec la gare d'Orléans exploitée par la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans.

Elle est desservie par une seconde ligne, la ligne de Segré à Nantes-État, à partir du [5].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le , Gaston Doumergue est accueilli dans la gare[6].

Le 23 septembre 1943, la gare de l'État est atteinte par les bombardements alliés[7]. En 1959, il est décidé de transférer l'activité « voyageurs » vers la gare d'Orléans (devenue « Gare de Nantes »)[3]. Cette modification s'accompagne de la mise en service, en 1960, du viaduc ferroviaire qui supprime les passages à niveaux sur l'île de Nantes et qui permet une liaison directe vers la gare de Rezé-Pont-Rousseau sans passer par la gare de Nantes-Etat[6],[8]. La gare de Nantes-Etat est dès lors dédiée au fret[3]. Le bâtiment gardera son activité administrative et commerciale jusqu'en 1980[réf. nécessaire], date à laquelle celui-ci sera définitivement fermé.

Réhabilitation et projets[modifier | modifier le code]

Bâtiment[modifier | modifier le code]

Sans affectation, le bâtiment fait l'objet d'une demande de permis de démolition déposé par la SNCF le . Une campagne, menée notamment par l'historien nantais André Péron, empêche l'opération, préservant ainsi une partie des derniers bâtiment ferroviaires du XIXe siècle encore debout dans la ville[3].

Au début des années 1990, la municipalité nantaise est à la recherche de locaux permettant de regrouper au sein d'une maison des syndicats, l'ensemble des organisations syndicales sur un seul site. Le choix de la gare de l'État, lieu symbolique de la lutte ouvrière, permet de satisfaire la volonté de loger les organisations concernées, et de donner une seconde vie aux édifices menacés de destruction. Ce projet est décidé avant le lancement du projet urbain « île de Nantes ». Deux ensembles de trois bâtiments ont été créés par le cabinet nantais « Forma 6 », chaque ensemble étant raccordé à la partie centrale[9]. Si les bâtiments du XIXe siècle ont globalement été restaurés dans leur état d'origine, les ailes ont été légèrement modifiées au niveau de la toiture, qui a été légèrement « décollée » pour permettre de créer des ouvertures au niveau des combles, permettant un gain de lumière. Des espaces communs en sous-sols se situent sous la place centrale[10].

Les immeubles, livrés en 2001, sont pourvus de patios intérieurs aménagés par le paysagiste Jacques Le Bris. Le tout est articulé autour d'une esplanade, la place de la Gare-de-l'Etat, dont la réalisation est confiée à l'atelier d'Alexandre Chemetoff[9] et Jean-Louis Berthomieu[10].

En 2002, le projet a reçu le 1er prix départemental de Loire-Atlantique d'architecture[9].

Autres infrastructures[modifier | modifier le code]

Cependant, les infrastructures ferroviaires, désormais isolées du bâtiment par le nouveau boulevard de l'Estuaire, sont toujours utilisées par la SNCF, bien que ces activités soient amenées à être transférées, à l'horizon 2020-2023, vers l'ancienne gare de triage du Grand-Blottereau dans le quartier de Doulon, qui sera transformée à cette date en plate-forme multimodale.

À l'horizon 2030, ces terrains doivent laisser la place : à un parc paysager de 15 hectares (en lieu et place du bassin dit de la Loire Maritime, initialement prévu par le projet Chemetoff et abandonné par ses successeurs, Marcel Smets et uapS (Anne Mie Depuydt et Erik Van Daele) et à un nouveau « quartier de la Prairie-au-Duc » aménagé entre l'ancienne gare et le boulevard des Antilles[11], à l'emplacement des anciens hangars du Sernam dont la démolition a débuté le pour se terminer en février 2013[12]. Le Centre hospitalier universitaire qui devait également s'y installer, sera finalement implanté entre la partie sud du Marché d'intérêt national et la Loire[13].

Place de la Gare-de-l'État[modifier | modifier le code]

Localisation : 47° 12′ 16″ N, 1° 33′ 34″ O

L'ancien parvis de gare, longé au nord par le boulevard de la Prairie-au-Duc, a été pavé, et ouvert à la circulation uniquement pour le stationnement. Arborée sur la plus grande partie de sa superficie avec des bassins plantés de roseaux du genre Cortaderia, la place est également équipée de bancs publics.

Service des marchandises[modifier | modifier le code]

Cette gare est ouverte au service du fret[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jacqueline Tusques et Jean Tusques 1986, p. 7-8.
  2. a et b Bernard et Sigot 1997, p. 59.
  3. a, b, c et d Bernard et Sigot 1997, p. 64.
  4. Bernard et Sigot 1997, p. 61.
  5. « Rapports et délibérations, année 1885-08 », Conseil général de la Loire-Atlantique (consulté le 29 septembre 2016)
  6. a et b Bernard et Sigot 1997, p. 62.
  7. Catherine Decours, Le port de Nantes a 3000 ans, Giotto, , 114 p. (ISBN 2-910561-24-0)
  8. André Meynier, Gilbert Le Guen, « Chroniques armoricaines », Norois, , p. 268.
  9. a, b et c « maison des syndicats », Samoa (consulté le 2 octobre 2016).
  10. a et b « Maison des Syndicats », sur pss-archi.eu (consulté le 2 octobre 2016).
  11. « Nouvelles phases de travaux sur l'île de Nantes », sur entreprises.ouest-france.fr, (consulté le 2 octobre 2016).
  12. « À l'ouest de l'île, on rase avant la métamorphose », Ouest-France, (consulté le 2 octobre 2016).
  13. « Le CHU de Nantes, regroupé sur l’île en bord de Loire », Ouest-France, (consulté le 2 octobre 2016).
  14. Site Fret SNCF : la gare de Nantes-État.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bernard et Jacques Sigot (dir.), Nantes - Le Train, Montreuil-Bellay, Édition CMD, coll. « Mémoire d'une ville », , 144 p. (ISBN 2-909826-53-8), p. 60-65.
  • Jacqueline Tusques et Jean Tusques, « La gare de Nantes-État », Les Annales de Nantes et du pays nantais, Nantes, Société académique de Nantes et de la Loire-Atlantique, no 222,‎ , p. 7-8 (ISSN 0991-7179, lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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