Tramway d'Épinal

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Ancien réseau
Tramway d'Épinal
Image illustrative de l’article Tramway d'Épinal

Situation Épinal, France
Type Tramway
Entrée en service 1906
Fin de service 1914
Longueur du réseau 7
Lignes 2
Écartement des rails Métrique
Propriétaire Commune d'Épinal
Exploitant Société des tramways électriques d'Épinal
Tramway sur le Pont Carnot

Le réseau de tramway d'Épinal est un ancien réseau de transport urbain desservant la ville d'Épinal, dans le département des Vosges. Il a fonctionné de façon éphémère de 1906 à 1914, dans le cadre de la réglementation de la loi du 11 juin 1880 relative aux voies ferrées d'intérêt local et aux tramways.

Fortement endommagé pendant la Première Guerre mondiale, le réseau ne fut pas reconstruit et la société concessionnaire, en faillite, fut dissoute en 1920.

Chronologie[modifier | modifier le code]

La création du tramway d'Épinal fut proposée à la municipalité par trois administrateurs de la Compagnie générale électrique, MM. Garnier, Hammer et Vicarino. La ville approuva une convention de concession avec ces investisseurs le 20 août 1904. Celle-ci fut rétrocédée à la société anonyme des Tramways électriques d'Epinal par décret du 27 mai 1905[1].

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Station de la rue Léopold-Bourg, avec son évitement permettant le croisement des rames.
La rue Léopold-Bourg.
Épinal en 1906 - Pont de la Loge Blanche, rue Thiers.
Épinal, Hôtel du Louvre, la rue de la gare vers 1908.

Les lignes[modifier | modifier le code]

Le réseau de 7,3 km de longueur était constitué à l'origine de 2 lignes :

  • Gare – Poissompré, par les voies suivantes, selon leur dénomination de l'époque : rue de la Gare, le quai des Bons-Enfants, le pont des Quatre-Nations, la rue Léopold-Bourg, le Grand-Pont, le quai Jules-Ferry, les rues de la Comédie et du Collège, la place des Vosges, la rue de l'Hôtel-de-Ville, la place des Vieux-Moulins, la rue Entre-Deux-Portes, la rue Saint-Michel et le faubourg Saint-Michel jusqu'au faubourg de Poissompré.
  • Pont de Golbey – Champ du Pin, par les voies suivantes, selon leur dénomination de l'époque : par la route nationale 57, les rues de Nancy et Boulay-de-la-Meurthe, l'avenue Dutac, la rue de la Gare, le quai des Bons-Enfants, le pont de la Xatte, la rue de la Bibliothèque, le pont et la rue Sadi-Carnot, la rue des Forts, la rue Thiers, le pont et l'avenue de la Loge-Blanche et la route nationale 57 jusqu'au chemin de Bénaveau.

Deux raccordements se trouvaient, l'un dans la rue de la Faïencerie, l'autre dans la rue d'Arches[2].

En 1914, une réorganisation du réseau en 3 lignes est mise en place, mais ne durera pas un an, puisque l'exploitation cessera définitivement à la déclaration de la Guerre :

  • Pont de Golbey – Préfecture ;
  • Gare – Champ du Pin ;
  • Place des Vosges – Poissompré.

Dépôt[modifier | modifier le code]

Le dépôt se situait rue de Nancy, à proximité de l'actuelle « maison romaine ».

Alimentation électrique[modifier | modifier le code]

Vestige d'un support pour l'alimentation électrique du tramway, 11 rue Saint-Michel

Alimentation électrique par ligne de trolley souvent fixée aux murs des maisons riveraines ; de nombreux supports sont encore visibles aujourd'hui.

La voie[modifier | modifier le code]

La rue Léopold-Bourg et sa voie unique. On distingue à l'extrémité l'évitement aménagé à une station.
Image d'un rail moderne de tramway, type Broca
Rail moderne de tramway, type Broca.

Le réseau était à voie unique et métrique, avec des évitements permettant le croisement des motrices. Le cahier des charges de la concession prescrivait que la voie serait posée avec des rails de type Broca, c'est-à-dire typiques des voies de tramways intégrées dans l'emprise des chaussées, en acier et de 35 kg/m. Les courbes ne devaient pas avoir de rayon inférieur à 20 m, et les rampes ne devaient pas excéder 60 ‰[2].

Dans les évitements, l'entrevoie, mesurée entre les bords extérieurs des rails, devait être de 1,50 m[2].

Le réseau urbain devait coexister, en ville, avec le réseau à voie de 60 cm que les militaires avaient mis en place autour de la ville afin de desservir les différentes composantes de la Place fortifiée d'Épinal ; aussi le service n'y était-il pas très fiable.

L'exploitation[modifier | modifier le code]

Motrice n°5 au terminus du Champ du Pin.
Motrice n°2au Pont-de-Pierre.
Motrice sur le Pont.
Motrices 4 et 5, rue de la Gare.

Le cahier des charges imposait à l'exploitant de réaliser au moins trente aller-retour journaliers sur chaque ligne. La vitesse des rames ne pouvait excéder 20 km/h[2].

Dispositions financières[modifier | modifier le code]

Compte tenu du trafic vraisemblablement limité du tramway, la ville s'engagea à verser au concessionnaire une garantie d'intérêt de son capital pendant les dix premières années d'exploitation, soit un montant maximum de 144 000 francs de l'époque, correspondant à 4 ou 5 % d'un capital investi plafonné à 600 000 francs. Une clause de la convention prévoyait le remboursement de cette subvention par imputation sur le quart des bénéfices qui seraient constatés par le concessionnaire au-delà de la onzième année d'exploitation[2].

Matériel roulant[modifier | modifier le code]

Le gabarit du matériel roulant était limité à 2 m de large et 3,30 m de hauteur. Les rames ne pouvaient dépasser quatre voitures et 35 m. de longueur[2].

Le matériel de la compagnie était le suivant :

  • 12 motrices à deux essieux ;
  • 2 remorques.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Décret du 27 mai 1905 portant substitution d'une société anonyme aux rétrocessionnaires primitifs du réseau des Tramways d'Épinal », Bulletin des Lois de la République française, no 2692,‎ , p. 946-947 (lire en ligne)
  2. a b c d e f g et h « Décret du 15 novembre 1904 relatif à la déclaration d'utilité publique des Tramways d'Épinal », Bulletin des lois de la République française, no 2697,‎ , p. 1153-1165 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dany Bass, « Une aventure éphémère : le tramway d'Epinal », dans La Jeunesse de l'électricité ; Les Vosges, mémoire électrique, Epinal, EDF-GDF services Vosges, , 64 p., p. 54

Catalogue d'exposition

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]