Ancien tramway de Tours

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Ancien tramway de Tours
Image illustrative de l’article Ancien tramway de Tours

Situation Drapeau : France Tours (Indre-et-Loire, Centre-Val de Loire)
Type Tramway
Entrée en service
Fin de service

L'ancien tramway de Tours est un ancien réseau de tramway urbain et périurbain qui a desservi l'agglomération française de Tours (Indre-et-Loire) et ses environs entre 1877 et 1949.

Un nouveau réseau, envisagé dès les années 1990, a été mis en service à l'été 2013.

Le lancement du projet en 1874[modifier | modifier le code]

En 1874, le maire de Tours, Eugène Goüin, terminait son mandat et voulait engager le projet du tramway avant son départ[1].

Deux entreprises ont fait leurs offres de service. Frédéric de la Hault, fondateur de la Compagnie générale française des tramways envoie les propositions de son entreprise le 21 août et Monsieur Léon Marsillon, pour la Compagnie des tramways du Nord, envoie les siennes le 9 septembre.

Le , les deux candidats sont reçus à la mairie par la commission municipale chargée du tramway. C'est sur le budget global que le choix de l'exploitant sera fait. Le concessionnaire devra déposer une caution qui lui sera en partie rendue une fois les travaux terminés, ainsi qu’une redevance annuelle pour chaque voiture. En échange, il percevra le montant des tickets.

En 1875, c’est Dieudonné Belle qui est élu maire. Le , le choix officiel est annoncé, et le 25 juillet, Frédéric de la Hault devient concessionnaire du tramway de Tours pour 40 ans. Il versera 50 000 francs de caution et 300 francs par an et par voiture[1].

L'inauguration du premier tramway à chevaux[modifier | modifier le code]

Le tramway électrique avenue de Grammont, en 1912.

Au XIXe siècle, le tramway arrivait à Tours. Le , « A 9 heures du matin, l’administration municipale a pris place dans une voiture ornée de drapeaux et a parcouru les différentes lignes. Pendant le restant de la journée, une foule de personnes ont fait usage de ce moyen de transport, toutes les voitures étaient au grand complet. ». Le lundi , Le Journal d’Indre-et-Loire rendait compte de l’inauguration du nouveau tramway qui avait eu lieu la veille.

La ligne sera ouverte dans sa totalité le . Le Journal d’Indre-et-Loire annonce l’ouverture avec ce texte : « Malgré les pronostics fâcheux des opposants, on constate qu’il n’y a eu aucun accident. ». Quelques jours plus tard, le journaliste rapporte un témoignage : « Le tramway est de mode, une promenade de tramway est une véritable partie de plaisir qu’on se paierait comme une chope de bière. Exemple : à la barrière de Grandmont, dimanche soir, au signal, personne ne descend. Tout le monde repart et les 50 personnes qui attendaient restent en plan. »[2].

Barrière de Vouvray - barrière de Grammont[3][modifier | modifier le code]

La première ligne, longue de 3,9 km, conduisait de la barrière de Vouvray (l’actuel arrêt Île-Aucard, près du débouché nord du pont de Fil) à la barrière de Grandmont (Verdun, au pont sur le Cher). De courtes extensions ont très vite été créées vers l’actuel pont Napoléon d’une part, et la gare d’autre part.

Ce premier réseau était exploité par la Compagnie générale française de tramways, association de la Banque française et italienne et de l’entrepreneur belge Frédéric de la Hault, qui est l’arrière-grand-mère de Veolia Transport[4].

Hôtel de ville de Tours - Vouvray[modifier | modifier le code]

Croisement de tramways, place du Palais de justice, 1910

En 1881, Monsieur Davenat, entrepreneur de voitures publiques, propose au préfet le prolongement de la ligne de tramway longeant la Loire sur la rive droite jusqu’à Vouvray.

La nouvelle ligne exploitée par la Société de Tramways à Vapeur de Tours à Vouvray partait de la place de l’Hôtel-de-ville (actuelle place Anatole-France) en empruntant les voies déjà construites et utilisées par le concessionnaire de la ligne de Tours.

Elle est ensuite prolongée de 7,6 km , depuis le dépôt de la Compagnie générale française de tramways, là où se terminait la ligne à traction animale. Elle partage un peu plus d’un kilomètre avec cette ligne existante.

Le matériel devait comprendre quatre voitures sans impériale, deux avec impériale, deux wagons de messageries et une balayeuse qui doivent assurer le service avec 15 chevaux : « Traction avec des chevaux et plus tard avec des machines si, par le progrès de l’industrie, on arrive à pouvoir s’en servir sans danger. ».

La traction mécanique fut adoptée dès l'ouverture de la ligne en 1889.

Les trains étaient constitués de deux voitures et un fourgon, pour une longueur maximum de 25 mètres, avec quatre départs par jour dans les deux sens en hiver et six départs par jour dans les deux sens en été[5].

Le trajet coûtait 30 centimes jusqu’à Marmoutier, puis dix centimes de plus jusqu’à Rochecorbon et dix encore pour atteindre Vouvray : soit 50 centimes pour parcourir les 9,350 km de la nouvelle ligne. Les passagers devraient s’acquitter de 5 centimes par bagage.

La liaison Tours - Saint-Avertin[modifier | modifier le code]

Évitement à l'entrée du Pont Wilson.

En 1889, le préfet évoque une ligne Tours - Saint-Cyr-sur-Loire - Fondettes. En mai 1890, c'est le maire de Saint-Avertin qui fait voter une subvention, à laquelle s'ajoute une souscription faite auprès des habitants, pour étudier le projet d'une ligne de Tours à Saint-Avertin.

Une brochure avait même été réalisée. On y expliquait que la ville de Saint-Avertin, au bord du Cher, était la promenade la plus fréquentée des environs de Tours « parce qu'on s'y rend par trois routes différentes qui permettent de faire une excursion charmante. ». Les marcheurs longeaient le canal de la Loire au Cher par les deux côtés, ou empruntaient le tram jusqu'au Cher et allaient à pied « à travers les prairies » de l'avenue de Grammont à Saint-Avertin.

Sur les trois itinéraires, le maire de Saint-Avertin avait prévu 8 900 voyageurs par semaine en août et 6 400 en décembre. Le premier trajet, 5 700 mètres de ligne envisagé, passait par le boulevard Heurteloup, la rue de la Fuie, enjambait le canal côté Cher, puis suivait la levée de Rochepinard. Le second projet, de 3 km, suivait l'avenue de Grammont puis longeait le coteau jusqu'à Saint-Avertin. Le budget de première solution était de 270 000 francs, celui de la seconde 157 000.

Peu de temps après, le préfet reçu, du syndicat des loueurs de voitures de Tours, une pétition contre le tramway et en faveur du développement du chemin de fer départemental[6]. La ligne sera créée en 1899.

La Compagnie des tramways de Tours[modifier | modifier le code]

La nouvelle Compagnie des tramways de Tours reprend l’exploitation du réseau.

En 1900, il est long de 20 km, possède deux écartements et quatre modes de traction différents.

Entre 1900 et 1901, tout le réseau est transformé à l'écartement métrique. La traction électrique a remplacé les chevaux.

Le réseau s’accroît alors très rapidement, pour atteindre sa longueur maximale en 1911. La traction vapeur disparait l’année suivante, et les plots Diatto en 1914.

Durant Première Guerre mondiale, en 1916 certains tronçons sont abandonnés. Les lignes suburbaines ferment en 1932[4] devant la concurrence routière des autobus privés.

La fin du premier réseau de tram[modifier | modifier le code]

Le réseau de tram, déjà bien usé, est presque anéanti pendant la Seconde Guerre mondiale : les quartiers du bord de la Loire sont dévastés, le pont de Pierre saute, le dépôt est détruit par un bombardement[4].

Après la libération de Tours, en septembre 1944, la compagnie remet rapidement en état les installations endommagées : le , les premiers tramways circulent sur la ligne A. Le lendemain, les autobus se remettent en service. Le pont de Pierre étant détruit, le réseau est coupé en deux et un autobus assure la liaison entre les deux parties en traversant un pont provisoire. Cette situation dure jusqu'au .

Mais le matériel de tramway est dans un état de délabrement important. Il cesse de circuler définitivement le [7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « 1875 : la bataille du rail », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ (lire en ligne)
  2. « 8 juillet 1877 : l'inauguration », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ (lire en ligne)
  3. orthographié Grandmont à l'époque
  4. a b et c Jean Robert, Histoire des transports dans les villes de France, Imprimerie Fabre Bon Petit, , 529 p.
  5. « La liaison Tours-Vouvray », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ (lire en ligne)
  6. « Tout le monde veut son tram ! », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ (lire en ligne)
  7. Mathis Navard, « Les premiers tramways », (consulté le 5 avril 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]