Kruth

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Kruth
Carte de localisation de Kruth
Pays France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Thann
Canton Saint-Amarin
Code Insee 68171
Code postal 68820
Maire
Mandat en cours
Claude Walgenwitz
2001-2008
Intercommunalité C.C. de la Vallée de Saint-Amarin
Latitude
Longitude
47° 55′ 54″ Nord
         6° 57′ 53″ Est
/ 47.9316666667, 6.96472222222
Altitude 468 m (mini) – 1 263 m (maxi)
Superficie 22,06 km²
Population sans
doubles comptes
1 010 hab.
(1999)
Densité 45 hab./km²

Kruth est une commune française, située dans le département du Haut-Rhin et la région Alsace. Ses habitants sont appelés les Kruthois.


Sommaire

[modifier] Géographie

Entrée du village de Kruth
La Thur traversant Kruth
Mairie de Kruth
Cimetière militaire de Kruth

Kruth est un village alsacien de 1038 habitants. Il est situé au cœur du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, dans une vallée du massif vosgien. Son ban communal s’étend sur 2200 hectares. Une partie de sa forêt (1250ha) est intégrée dans la Réserve Naturelle du Massif du Grand Ventron et également dans le réseau « Natura 2000 ».

Kruth fait partie du canton de Saint-Amarin et de l'arrondissement de Thann. La commune est située dans la haute vallée de la Thur, en contre-bas de la route des Crêtes. Elle est située au pied du Markstein (1266 m) et du Grand Ventron (1204 m). Kruth est également un carrefour de voies de communications routières vers Cornimont et La Bresse dans les Vosges d'une part et vers Thann et Cernay d'autre part. Elle est aussi reliée par voie ferroviaire vers Thann et Mulhouse en constituant le terminus de la ligne de pénétration vosgienne : Mulhouse-Cernay-Thann-Kruth.

[modifier] Lieux-dits et écarts

  • Le Frenz
  • Hof
  • Runschenseewald

[modifier] Cours d'eau

[modifier] Cascade du Bockloch

Ce torrent qui prend sa source du haut de la crête des Vosges, grossie par d'autres petits ruisseaux, se précipite dans le lac de Kruth-Wildenstein.

[modifier] Les villages proches

[modifier] Blason

D'or, à la terrasse ondée d'argent à deux fasce ondée d'azur, portant un mont de sinople surmonté d'une tour crénelée de gueules accostée de deux sapins de sinople, un écu d'azur au pal d'or chargé de trois chevrons renversés de gueules brochant sur la partition

[modifier] Histoire

Kruth se trouve sur la route de Saint-Amarin à Wildenstein et est un village plus récent, puisque son nom apparaît d'abord au XIVe siècle sous le nom de Gereuth. Le village a pu se constituer à l'emplacement d'anciennes fermes et de maisons isolées qui ont donné naissance à une agglomération. Au XVIIe siècle le village est appelé Grut. Ce n'est qu'à partir de 1775 que le nom actuel apparaît. L'endroit était certainement d'abord recouvert de vastes forêts dont les terres ont été défrichées par les premiers occupants. Il fut d'abord la propriété des nobles de Bollwiller qui y installent un château. Le village passe ensuite aux abbés de Murbach jusqu'à la Révolution. Son histoire est intimement liée à celles des autres villages du bailliage. Pendant la première guerre mondiale le village est évacué en raison de la proximité du front. En 1917, le roi Victor-Emmanuel vient inspecter le front et y passe une journée.

Village de montagne (altitude 490m) baigné par la Thur, Kruth a connu trois « vies ».

  • Sa première vie fut pastorale. Ses habitants, des paysans, vivaient de la culture et de l’élevage. Ils ont défriché, construit leurs maisons, créé les prés de fauche, les pâtures, les « kriter ». Ils ont ciselé le paysage, et ce, jusqu’au XVIIIè siècle.
  • Sa seconde vie fut textile. Nos ancêtres sont devenus ouvriers-paysans, travaillant par équipes en journée à l’usine, s’occupant de leurs vaches, cochons, poules et lapins le reste du temps. Malheureusement, le fil du textile s’est rompu en 1988 avec la fermeture de l’usine Rissler.
  • Sa troisième vie est touristique. Ses atouts paysagers sont nombreux et les collectivités locales oeuvrent afin de développer des lieux structurants, d’aménager des endroits de détente pour les visiteurs mais aussi pour les autochtones.

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
mars 2001 Claude Walgenwitz
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[1])
1871 1921 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999
1664 1423 1198 1192 899 1094 1012 1002 976 1010
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

[modifier] Château de Wildenstein

entré du château

En ruine depuis 1644, perché sur le sommet du Schlossberg

  • L'histoire du château

De nombreuses monnaies des IIIe et IVe siècles attestent d'une occupation du site dès l’époque romaine. Pour autant, ces faibles trouvailles ne permettent pas d'affirmer que Wildenstein était déjà un lieu fortifié en ces temps reculés. C'est dans une charte de 1312 que nous rencontrons pour la première fois le nom de Wildenstein (Le Rocher Sauvage). En cette année, le comte de Ferrette Ulrich III promet à son rival, l'abbé de Murbach, de ne construire aucun château sur les terres de l'abbaye à la condition de laisser Pierre de Bollwiller agir librement sur la montagne du Wildenstein.

Dans ce document, le château n’est pas expressément nommé, mais Pierre de Bollwiller n'a pas reçu la montagne en fief pour y cueillir des myrtilles ! La rivalité qui opposait ces deux grandes puissances féodales puisait en partie son origine dans le contrôle territorial de la vallée de Saint-Amarin. Le comte de Ferrette détenait le débouché de la vallée avec le château de l'Engelbourg et le péage de Thann. Le passage transvosgien par le col du Bussang était considéré à l'époque comme l'un des plus pratiquables et devenait une importante voie commerciale. L'abbé de Murbach possédait une grande partie de la vallée, le château et la ville de Saint-Amarin où il souhaitait lui aussi créer un péage. Il en avait obtenu le droit en accompagnant quelques années auparavant l’Empereur Frédéric II en croisade.

Pour le comte de Ferrette ceci était inconcevable. Il attaqua à plusieurs reprises les possessions de l'abbaye avant d'être contraint à la soumission face à l'autorité supérieure. Par la construction du château du Wildenstein, Ulrich III espérait bien réaliser son rêve hégémonique et posséder un jour toute la vallée. Mais son dessein ne se réalisa pas. En 1324, il décédait en ne laissant aucun héritier mâle.

Par le mariage de sa fille Jeanne avec Albert II le Sage, le comté de Ferrette devint possession autrichienne. Les Habsbourg, désormais suzerains du château de Wildenstein, n'avaient aucun intérêt particulier dans la vallée et ne continuèrent pas la politique menée par les Comtes de Ferrette, pas plus que les Bollwiller qui laissèrent tomber le château en ruines. Le fond de la vallée, appelé également haute vallée de la Thur, était occupé par les trois villages de Kruth, Fellering, et Oderen qui formaient la paroisse d'Oderen. Ils avaient un statut juridictionnel particulier qui échappait partiellement à la tutelle de l'abbé.

En 1536, Jean de Bollviller vendit la ruine du Wildenstein et des droits qui permirent à l'abbé Georges de Masevaux de renforcer son autorité dans ce fond de vallée. Le château resta cependant en ruine. Mais les évènements religieux et politiques qui secouèrent l'Europe au milieu du XVIe siècle furent à l'origine de la résurrection du Wildenstein.

En 1552, le roi de France Henri II s'impliqua personnellement dans la région en s'alliant avec des princes protestants opposés à l'autorité tentaculaire du parti catholique aux ordres de l'Empereur Charles Quint. A la suite de sa fulgurante chevauchée d'Austrasie, le roi de France occupa les évêchés de Toul, Metz, Verdun et plusieurs places fortes, rendant possible l'annexion du duché de Lorraine. Il s'apprêtait à traverser le Rhin quand les belligérants trouvèrent un règlement pacifique au conflit. On en resta momentanément là.

Charles Quint avait été pris au dépourvu par cette attaque. Il établit immédiatement un véritable plan de défense afin d'assurer une protection efficace des terres autrichiennes en Alsace contre une éventuelle incursion française. Dans ce dispositif, de nombreux châteaux vosgiens et jurassiens furent modernisés et pourvus en armes : Ferrette, Landskron, Morimont, l'Engelburg, Honnack, Haut-Koenigsbourg. L'’Empereur ordonna notamment à l'abbé de Murbach la reconstruction du Wildenstein afin de contrôler les routes et cols environnants.

C'est finalement du Nord que vint le danger quelques décennies plus tard, lors de la Guerre de Trente Ans. Ce conflit religieux et politique apporta une indescriptible misère dans la vallée de Saint-Amarin. En 1632, les troupes suédoises, alliées des Protestants, déferlèrent sur le Sundgau et investirent une à une les places fortes de la région. L'abbaye, craignant de voir tomber la forteresse, la cèda aux troupes du duc de Lorraine Charles IV, allié des impériaux pour un an. Elle demanda par la suite aux Français d'investir la place afin de la mettre sous la protection de leur roi. L'abbaye souhaitait surtout protéger les archives qu'elle avait placées au château ! Les Français encerclèrent Wildenstein et s'en emparèrent après un siège de plusieurs mois, en août 1633. Les lorrains purent se retirer librement du château avec les honneurs.

Pour les habitants de la vallée, la présence française ne changeait rien sur le fond. Mais une fois maître de la place, le colonel De la Bloquerie exerça dans la région une tyrannie sans pareil. Voici l'extrait d'un compte rendu donné à l'administrateur de l'abbaye de Murbach : « Il veut impérativement ses 119 Reichstaler. Il demande également 20 à 30 hommes pour les corvées, ainsi que tout le gibier et les poissons qui sont attrapés dans la vallée. S'il pouvait nous arracher la peau du dessus de la tête, il le ferait ». Le commandant exigeait également des administrateurs des trois villages de la vallée haute « qu'on approvisionne le château en bois sec, paille, foin, et farine ». Au début de l'année 1635, le duc Charles IV projetant de repasser en Lorraine pour s'y rétablir par la force, reprit l'offensive. Il entra en Alsace et reprit le château du Wildenstein après avoir taillé en pièces la garnison française qui le gardait. Enfin, en 1646, les Suédois reçurent l'ordre de s'emparer du dernier bastion impérial dans le Sundgau et enlevèrent le château du Wildenstein aux Lorrains. Cela se fit plutôt par la ruse que par la force des armes.

On raconte qu'un paysan de Kruth, maltraité par le gouverneur de la forteresse, aurait suggéré au commandant suédois de faire transporter des canons, la nuit, sur la "colline" faisant face au château et qui le dominait. Le général fit bon accueil à cette ruse et donna l'ordre de recouvrir le chemin qui menait à la montagne avec de la paille et du foin, et de faire recouvrir les roues des canons avec des chiffons. De leur position en surplomb ils tirèrent sur la forteresse. Les Lorrains jugèrent la résistance impossible. Ils quittèrent leur position dans l'obscurité et s'en retournèrent par l'escarpement de la forêt. Ils entendirent le bruit formidable du bombardement et des murs qui chutaient dans les profondeurs, que répercutaient les échos de la montagne. C'était le 7 avril 1646.

En 1693, les villages de Kruth, Oderen et Fellering furent autorisés à prendre les pierres de taille de la forteresse pour reconstruire l'église paroissiale d'Oderen, et d'autres, pour la construction de maisons à Kruth. En 1699, des maîtres-verriers sollicités par l'abbé de Murbach pour exploiter la forêt s’installèrent dans le fonds de la vallée. Le hameau se nommait au XVIIIe siècle "die Glasshütte hinter Wildenstein" (la verrerie derrière Wildenstein). Il sera érigé en commune indépendante en 1796.

  • La ruine

Le château occupe toute la plate forme sommitale du Schlossberg sur une longueur de plus de 200m. Les vestiges datent principalement du XVIe siècle. L'accès se fait par une barbacane. L'entrée est constituée d'une galerie de 20m de long creusée entièrement dans le rocher.

Elle a nécessité l'emploi de 10 mineurs durant une période d'un an ! Au milieu de la place est discernable l'emplacement de la chapelle. Une importante construction mitoyenne sur cave voûtée était probablement l'habitation de l'administrateur de la forteresse. Sur le coté Est, le château surplombe la route d'une centaine de mètres. Du coté Sud, la vue est superbe sur les villages environnants. Au Nord, se dessine le lac de Kruth - Wildenstein. Le département, propriétaire des ruines, s'est attaché à les restaurer durant quelques années. Des passerelles devraient être prochainement installées à l'emplacement de la Barbacane.

[modifier] Lac de Wildenstein

Le lac de Kruth-Wildenstein retrouve un aspect plus naturel avec la végétalisation des berges, la reconstruction de murets. Les activités nautiques et de pleine nature, les découvertes botaniques et historiques attirent un tourisme de proximité mais également des touristes venant de plus loin.

[modifier] Barrage

Kruth possède un barrage d'une capacité de 12 millions de m3, qui permet de réguler les eaux de la Thur.

[modifier] Église Saint-Wendelin (1837)

Église Saint-Wendelin
Intérieur de l'église
Statue de Notre Dame de Lourdes installée dans la roche
Tableau des 14 saints auxiliaires (1857) accroché dans l'église de Kruth

Kruth dépend jusqu'en 1789 de la paroisse d'Oderen. Dès le XVIIe siècle les habitants se rendent à la chapelle Saint Wendelin, considérée comme le protecteur des agriculteurs. La chapelle est ensuite agrandie car devenue trop petite. Elles est transformée en église qui très vite s'avère également trop petite. Une délibération du conseil municipal propose de construire une nouvelle église répondant au mieux aux propositions des paroissiens. Des coupes de bois extraordinaires ont lieu afin que le produit de la vente finance la nouvelle église. La population de la commune participe à ces coupes de bois. Le nouvel édifice est achevé en 1837 et béni le 8 juillet de la même année en présence de l'évêque de Strasbourg.

[modifier] Chapelle Saint-Nicolas

[modifier] Le Frenz

Le Frenz se veut devenir une station familiale quatre saisons, permettant de profiter en hiver des joies de la neige et de profiter en été des sentiers pédestres aménagés.

[modifier] Les feux de la Saint-Jean

  • Des origines à nos jours

Dans toutes les civilisation qui nous ont précédés, la vie des hommes a été bercée par un ensemble de rites ayant pour thème 4 éléments principaux : le feu, l’eau l’air, la terre. De tous temps, le feu glorifiait de dieu soleil (Amon-Rê chez les Égyptiens, Pachacamac chez les Incas...) Il symbolisait la victoire de la lumière sur les ténèbres. Il était l’élément positif, celui qui purifiait, qui préservait la nature et les hommes des influences maléfiques, qui chassait les esprits du mal. (Au Moyen-Age, n’était-ce pas par le feu que les sorcière coupables d’avoir pactisé avec les puissances occultes voyaient s’éteindre leur vie terrestre ?).Ces feux, symbolisés par des bûchers (Fackel) fêtaient le solstice d’été “la Sonnewenck” soit la journée la plus longue à l’inverse du solstice d’hiver, la journée la plus courte représentée par notre arbre de Noël. Et c’est pour christianiser ces croyances populaires que l’Église plaça près du solstice d’été la fête de Saint-Jean Batiste qui annonce le Messie et la lumière de sa révélation. C’est également lui qui baptisa avec l’eau, le baptême étant par définition même une purification. L’origine du non “le feu de la Saint-Jean” est donc un combiné de païen et chrétien. Au siècle dernier, les feux de la Saint-Jean avaient encore un caractère “apotropaïque”. Devant des bûcher pouvant atteindre une vingtaine de mètres de haut, les jeunes hommes récitaient une prière pour éviter tout danger, ou, comme à Oderen, chantaient des termes incohérents sur des airs de lamentation pour conjure les mauvais esprits. A ces rites, s’ajoutaient ceux des roues de feu (Feuerräder) et disques de bois enflammés (Schiweschlage) percés d’un trou en leur centre pour y enfiler une grande perche. Ils étaient enflammés au bûcher puis roulés le long de la pente ou lancés sur le sol par des moulinets qui, en ricochant, soulevaient des gerbes d’étincelles, le tout au son des accordéons ou des fanfares de village. Les reste calcinés de ces disques de bois étaient placés sous la charpente pour préserver la maison de la foudre. Pendant la crémation, des coups de mortier étaient régulièrement tirés par les conscrits-bâtisseurs. Enfin, sur le feu mourant, le feu mourant, les jeunes couples enjambaient d’un grand saut ces braises, signe d’un bonheur conjugal. Les jeunes filles à marier faisaient de même au risque de roussir leurs jupes. dans certains villages, même le bétail passait encore fumant por qu’il fut préservé de la maladie et autre maléfices. Tout ce mode se donnait ensuit rendez-vous aux hôtels et cafés du village pour y passer la nuit, chantant et dansant comme nos ancêtres. Si de nos jours, la construction d’un bûcher reste un acte toujours aussi périlleux, les feux d’artifice ont remplacé les tirs de mortier d’antan. la fête, qui se déplaçait autrefois dans le village et qui durait déja jusqu’au petit matin se passe principalement autour du bûcher (Fackel). dans la constrution de l’édifice même, les conscrits donnent libre cours à leurs in inspirations (fackel vrillé Tour-Eiffel, fackel octogonal, avec coupole...) C’est grâce à eux que le 24 juin dernier, jour de la St-Jean Baptiste, les flammes du brasier ont illuminé une fois encore les hauteurs du Sturtz, fascinant des centaines de spectateurs et perpétuant ainsi cette tradition millénaire qu’est le culte du feu.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes et références

  1. Kruth sur le site de l'Insee

[modifier] Bibliographie

[modifier] Liens externes


Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Kruth ».
Créer un livre