4e régiment de tirailleurs tunisiens
| 4e régiment de tirailleurs tunisiens | |
Insigne régimentaire du 4e régiment de tirailleurs tunisiens (1er modèle) |
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| Période | Décembre 1884 – 1956 |
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| Pays | |
| Branche | Armée de terre |
| Type | Régiment de tirailleurs |
| Rôle | Infanterie |
| Ancienne dénomination | 4e régiment de tirailleurs algériens |
| Devise | Sous la garde d'Allah ou Sous la protection d'Allah |
| Inscriptions sur l’emblème | Casablanca 1908 Guise 1914 Artois 1915 Champagne 1915 Verdun 1917 L'Aisne 1918 Picardie 1918 Somme-Py 1918 Le Belvédère 1944 Garigliano 1944 Vosges 1944 Stuttgart 1945 Indochine 1947-1954 |
| Guerres | Campagne du Maroc Première Guerre mondiale Seconde Guerre mondiale Guerre d'Indochine |
| Batailles | Chemin des Dames Verdun |
| Fourragères | Légion d'honneur avec une olive aux couleurs de la Médaille militaire |
| Décorations | Légion d'honneur Croix de guerre 1914-1918 6 palmes et 1 étoile de bronze Croix de guerre 1939-1945 4 palmes Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs 1 palme Mérite chérifien Ordre du Nichan Iftikhar |
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Le 4e régiment de tirailleurs tunisiens (4e RTT) était un régiment d'infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l'armée de terre française.
En activité entre 1884 et 1956[1], il est l'un des régiments les plus décorés de l'armée française[2]. Il se distingue particulièrement lors de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est cité six fois à l'ordre de l'Armée et obtient la Légion d'honneur, puis lors de la Seconde Guerre mondiale, notamment lors de la campagne d'Italie au sein du corps expéditionnaire français du général Juin ; il est à nouveau cité quatre fois à l'ordre de l'Armée.
Sommaire |
Historique[modifier]
À l'origine, les régiments de tirailleurs algériens et tunisiens sont « fondus » en un seul système de numérotation, sans doute lié au fait que les territoires correspondants ont été soustraits de la même tutelle ottomane dont les responsables sont le dey d'Alger et le bey de Tunis. Ce sont souvent leurs anciennes troupes qui sont recrutées dans un premier temps pour constituer la base des premiers régiments. De là vient certainement le surnom de « Turcos » donné à ces unités. Selon d'autres sources, les tirailleurs gagnent leur surnom lors de la guerre de Crimée[3].
Créé le 14 décembre 1884, sous le nom de 4e tirailleur, il est constitué essentiellement de soldats tunisiens et de cadres français, ces derniers représentant entre 20 et 30 % des effectifs. Il compte en 1899 six bataillons de 600 hommes chacun[1].
En octobre 1900, le premier bataillon est envoyé au Tonkin alors qu'en 1907 et 1908, les 2e et 4e bataillons sont engagés dans la campagne du Maroc avec le 3e bataillon bientôt rejoint en Chaouia par le 4e bataillon[1]. D'octobre 1911 à septembre 1912, six des douze bataillons que compte alors le 4e RTT sont également engagés dans des combats contre les tribus hostiles au nouveau protectorat français[1]. Dans un message adressé au bey de Tunis, le 22 avril 1911, Eugène Regnault, ambassadeur de France au Maroc, souligne alors « la valeur, la discipline et le dévouement […] au-dessus de tout éloge » dont font preuve les tirailleurs tunisiens[1].
En 1921[4], la différenciation s'opère entre tirailleurs algériens et tunisiens : il n'existe plus de 4e régiment de tirailleurs algériens, ni de 8e, 12e ou 16e régiment, les numéros multiples de quatre étant alors attribués aux tirailleurs tunisiens, les autres l'étant aux tirailleurs algériens.
Le 1er régiment de tirailleurs est recréé le 21 mai 1994 ; sa 4e compagnie garde la mémoire du 4e régiment de tirailleurs tunisiens en conservant ses traditions.
Chefs de corps[modifier]
- Lieutenant-colonel Albert Joseph Marie Daugan, commandant le régiment à titre temporaire le 29 septembre 1914, puis à titre définitif le 25 décembre 1914 et ce jusqu'au 19 janvier 1916
- Lieutenant-colonel Georges Ernest Maurice, commandant le régiment du 20 janvier au 24 février 1916
- Lieutenant-colonel Heni Louis Victor Dardenne, commandant le régiment du 25 février 1916 au 28 juillet 1916
- Lieutenant-colonel Charles Joseph Aubertin, commandant le régiment du 29 juillet 1916 à 1919
- Colonel Jacques Roux (1943-1944 ; tué au combat le 27 janvier 1944 au Belvédère)
- Colonel Guillebaud (1944-1945)
Campagnes militaires[modifier]
Première Guerre mondiale[modifier]
Au début de la Première Guerre mondiale, la France mobilise en Tunisie 62 461 musulmans, contre 9 000 Français de Tunisie, en plus des 24 442 « travailleurs coloniaux », soit un total 86 903 hommes[1]. Engagés pour la première fois le 23 août 1914 à Hanzinelle (Belgique), les soldats ne tardent pas à découvrir la guerre des tranchées.
Le 2 août 1914, le 4e régiment de marche (4e RMT) est formé en Tunisie. Il est initialement composé des 6e et 1er bataillons du 4e RTT. Le 29 octobre 1914, le 4e RMT reçoit le 5e bataillon du 4e RTT en provenance du régiment de marche de tirailleurs de la division marocaine. D'abord rattaché à la 38e DI, le 4e RMT passe à la division marocaine le 24 novembre 1914, aux côtés des RMLE, 7e RTA ainsi que du 8e RMZ. Le 4 août 1918, il intègre la 2e division marocaine.
Les faits d'armes des tirailleurs tunisiens du Chemin des Dames à Verdun leur valent, en plus de la Croix de guerre et la Légion d'honneur, six citations à l'ordre de l'armée pour le régiment et sept pour les bataillons ainsi qu'une participation au défilé du 14 juillet 1919[1]. Selon Ridha Kéfi, le ministère français de la Guerre rapporte le chiffre de 16 509 Tunisiens tombés au champ d'honneur sur un total de morts maghrébins estimé entre 28 et 36 000[1] ; une autre source militaire indique 10 500 tués sur un total de 63 000 combattants tunisiens[5].
Après l'armistice de 1918, les bataillons tunisiens sont redéployés dans d'autres théâtres d'opérations : Maroc, Sud tunisien ou Dardanelles mais aussi Syrie où ils aident à mater la révolte du Djebel druze en 1925-1926[1].
Seconde Guerre mondiale[modifier]
Bataille de France (1939-1940)[modifier]
Le 16 juin 1940, lors de combats entre les troupes allemandes et le 4e RTT de la 84e division d'infanterie d'Afrique, 63 soldats sont tués à Ablis[6] et à Houville-la-Branche (Eure-et-Loir), où un cimetière militaire est aménagé après le conflit[1]. Parmi les tués se trouve le soldat Mohamed Amar Hedhili Ben Salem Ben Hadj dont le corps sera transféré en novembre 1945 au Mont Valérien. Son corps est inhumé dans le caveau no 13 de la crypte du mémorial[7].
Campagne de Tunisie (1943)[modifier]
Lors de la campagne de Tunisie, équipés d'un matériel de fortune et dépourvus d'une véritable intendance, ils se battent aux côtés d'autres Français, d'Américains et de Britanniques, et aident à arrêter l'avance de l'Afrika Korps.
Campagne d'Italie (1943-1944)[modifier]
En 1944, pendant la campagne d'Italie, le 4e RTT est commandé par le colonel Jacques Roux puis par le colonel Guillebaud. Il constitue, avec les 3e et 7e régiments de tirailleurs algériens, l'infanterie de la 3e division d'infanterie algérienne commandée par le général de Monsabert au sein du corps expéditionnaire français. Il combat dans la région de l'abbaye du Mont-Cassin, réussit à franchir la ligne Gustave et s'empare du Belvédère[1]. Durant ces combats, qui durent du 25 janvier au 4 février 1944, le bilan est lourd[1] : la moitié des effectifs du régiment et les trois quarts de ses cadres, dont le colonel Jacques Roux, sont tués ou blessés (207 morts, 75 disparus et 1 090 blessés). Selon le général Charles de Gaulle, lors de ces combats du Belvédère, « le 4e régiment de tirailleurs tunisiens accomplit un des faits d'armes les plus brillants de la guerre au prix de pertes énormes »[8].
Il faut attendre l'ouvrage de Jean-Christophe Notin sur la campagne d'Italie, publié en 2002, pour que cet épisode tragique sorte des oubliettes de l'histoire. Le général René Chambe avait pourtant écrit un ouvrage complet sur les combats du Belvédère dès 1953 ; un autre ouvrage de référence est constitué par la biographie écrite par le général Douceret sur le commandant Gandoet. Deux officiers ont joué un rôle central dans les combats du Belvédère : le commandant Gandoet et le lieutenant Jordy. Tué le dernier jour des combats, à l'âge de 29 ans, le 4 février 1944, Jordy fut l'utilisateur du ravin Gandoet dans lequel il lança sa 11e compagnie, le 26 janvier, le jour où il enfonce la ligne Gustave. Le maréchal Alphonse Juin lui rendit un hommage dans son ouvrage sur la campagne d'Italie.
Campagnes de France et d'Allemagne (1944-1945)[modifier]
Après le Belvédère, bien que décimé, le régiment est reconstitué et participe après le débarquement de Provence, en août 1944, à d'autres combats décisifs contre les forces allemandes, dans le Doubs, les Vosges, en Alsace puis en Allemagne. Ainsi, l'adjudant-chef Ahmed El Abed est le premier militaire de l'armée française à pénétrer en Allemagne en 1945[1] : il franchit les eaux glacées de la rivière Lauter avec quelques dizaines de combattants et s'empare, le 14 mars, du village de Scheibenhardt.
Dans son journal de guerre, Ahmed Farhati, soldat du 4e RTT, note à la date du 25 août 1944[1] :
« Paris est libre. Nous les Tunisiens, Marocains, Algériens et Sénégalais pouvons être fiers de nous : nous nous sommes battus pour la France comme si elle était notre patrie. J'espère que lorsque je rentrerai, enfin si je rentre en Tunisie, nous pourrons être considérés par les Français comme des frères et non comme des colonisés. »
Bilan des pertes[modifier]
Du 10 janvier 1944 au 24 avril 1945, le 4e RTT a subi 1 009 tués (575 en Italie, 342 en France et 92 en Allemagne), 879 disparus et 4 053 blessés[9]. Plus largement, sur les 26 000 Tunisiens qui ont pris part aux combats, 1 700 sont morts à la fin de la guerre et 450 sont portés disparus[1].
Guerre d'Indochine[modifier]
Aussitôt la guerre finie, la France fait de nouveau appel au régiment pour rétablir sa souveraineté en Indochine. Le 4e RTT est donc reconstitué dès le 1er février 1949[1] et l'expédition des 2e et 3e bataillon au Cambodge puis au Sud-Viêt Nam dure jusqu'en 1955.
Indépendance de la Tunisie[modifier]
Au retour des tirailleurs dans leur pays, celui-ci est sur le point d'accéder à l'indépendance qui est proclamée le 20 mars 1956. Expérimentés, ces derniers s'intégrent à la nouvelle armée nationale aux côtés des effectifs de la garde beylicale et des anciens fellagas[1]. Néanmoins, le régiment subsiste jusqu'en septembre 1958 avec l'apport d'Européens et de tirailleurs tunisiens ayant choisi de servir la France. Il se reconstitue en 4e régiment de tirailleurs qui rejoint l'Algérie (Territoires du Sud) le 18 septembre 1958[10]. Implantation du régiment dans la région de Gafsa 1956-1957, colonel de sal, médecin du régiment,capitaine Bernard pécout.
Symboles du 4e RTT[modifier]
Drapeau du régiment[modifier]
Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[11] :
Décorations[modifier]
- Croix de la Légion d'honneur (1919)
- Croix de guerre 1914-1918 avec six palmes et une étoile de bronze
- Croix de guerre 1939-1945 avec quatre palmes
- Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec une palme
- Fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur avec une olive aux couleurs de la Médaille militaire.
- Ordre du Mérite chérifien
- Ordre du Nichan Iftikhar
Comme le 7e régiment de tirailleurs algériens, il porte la fourragère rouge.
Citations[modifier]
Pour l'ensemble des deux guerres mondiales, le 4e RTT a obtenu 32 citations à l'ordre de l'Armée (dix pour le régiment, huit pour les bataillons et quatorze pour les compagnies)[12].
Première Guerre mondiale
- Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la croix de chevalier de la Légion d'honneur au drapeau du 4e RMT[13]
« Est décoré de la croix de chevalier de la Légion d'honneur, le drapeau du 4e régiment de marche de tirailleurs indigènes tunisiens. Drapeau glorieux. A flotté sur tous les champs de bataille de la Grande Guerre. Le 23 août 1914, à Hanzinelle, en Belgique, le 30 août à Ribemont et Villers-le-Sec, les tirailleurs brisent l'ennemi. Du 6 au 13 septembre 1914, ils poursuivent l'adversaire jusqu'au Chemin des Dames. Le 16 juin 1915, en Artois, ils enlèvent près du Cabaret Rouge quatre lignes de tranchées ; en Champagne, le 25 septembre 1915, ils prennent le Bois Sabot. Le 17 avril 1917, le régiment attaque près d'Auberive, atteignant tous ses objectifs ; le 20 août 1917, à Verdun, il emporte la Côte de l'Oie et le Bois de Cumières. Le 12 Juin 1918, près de Soissons, il résiste héroïquement à la poussée de l'ennemi, maintenant intégralement toutes ses positions. Du 30 août au 3 septembre 1918, sur l'Ailette, il pénètre dans des positions défendues désespérément et force l'ennemi à la retraite. Les 26, 27, 28 et 29 septembre, il contribue à l'enlèvement de la Butte du Mesnil, passe la Dormoise, s'empare du Plateau de Grateuil, franchit l'Alin et prend pied sur les pentes du sud du massif de Marvaux. Au cours de ces actions, le drapeau du 4e régiment de marche de tirailleurs indigènes conquiert la fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur ; il est glorieusement blessé le 18 septembre 1914 à Paissy, par éclat d'obus. »
— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la croix de chevalier de la Légion d'honneur au drapeau du 4e RMT - Président de la République
- Texte des six citations à l'ordre de l'Armée obtenues au cours de la Première Guerre mondiale[14]
« Après avoir pris part à toute la campagne du Maroc et assuré héroïquement en 1912 la défense de Fez, a fait preuve constamment, depuis le début de la campagne, d'une parfaite discipline et de l'esprit d'offensive le plus énergique. Le 16 juin, sous les ordres du lieutenant-colonel Daugan, a enlevé de la façon la plus brillante et au prix de lourdes pertes, quatre lignes de tranchées ennemies et s'y est maintenu malgré un feu violent et des contre-attaques répétées. »
— Ordre général n°104 de la Xe Armée du 16 septembre 1915
« Le 25 septembre 1915, opérant en deux détachements, s'est rué à l'assaut du Bois Sabot, a enlevé la position d'un seul élan malgré l'explosion de trois fourneaux de mine sous les pas des assaillants et l'organisation formidable de la position, faisant plus de 400 prisonniers dont 11 officiers et prenant de nombreuses mitrailleuses, des minenwerfer et un matériel considérable. »
— Ordre général n°478 de la IVe Armée du 30 janvier 1916
« Régiment de tout premier ordre et remarquablement entraîné. A donné le 20 août 1917, sous les ordres du lieutenant-colonel Aubertin la preuve de sa haute valeur en enlevant, sur une profondeur de trois kilomètres, une série de puissantes organisations ennemies en conservant l'ordre le plus parfait. Arrivé au terme de ses objectifs, s'est emparé, par une brillante et vigoureuse action, d'une batterie ennemie encore armée, puis, prêtant son concours au régiment voisin, a poussé ses reconnaissances jusqu'aux nouvelles lignes ennemies, pénétrant dans un village encore occupé et fouillant les batteries abandonnées par l'ennemi, où il a recueilli du personnel et effectué des destructions. A fait 400 prisonniers et capturé 6 canons, 11 mitrailleuses et 2 minenwerfer. »
— Ordre général n°900 de la IIe Armée du 20 septembre 1917
« Superbe régiment qui vient, sous le commandement du lieutenant-colonel Aubertin de faire preuve une fois de plus, au cours de la période du 28 mai au 17 juin, de son remarquable moral et de son parfait entraînement. Le 12 juin, après les dures fatigues des combats précédents, a reçu, sur un front de plus de 2 kilomètres, une violente attaque allemande menée par des effectifs quatre fois supérieurs en nombre, appuyée par une intense préparation d'artillerie et précédée des troupes spéciales d'assaut ; par la vaillance de ses unités, la soudaineté et la vigueur de ses contre-attaques, a maintenu intégralement sa position, faisant éprouver à l'ennemi des pertes considérables. »
— Ordre général n°341 de la Xe Armée du 20 septembre 1918
« Régiment d'élite parfaitement entraîné et d'une cohésion remarquable. Sous les ordres du lieutenant-colonel Aubertin, au cours d'une progression victorieuse marquée par des combats acharnés sur un terrain particulièrement difficile, a su mener à bien la tâche qui lui incombait. Chargé, les 26, 27, 28 et 29 septembre 1918 de la conquête de la partie ouest de la butte du Mesnil puis du plateau de Grateuil et des pentes au sud de Marvaux, a progressé sans arrêt, manœuvrant avec autant de science que de vigueur les obstacles qui lui étaient opposés. A atteint tous ses objectifs et capturé, au cours de cette avance de 11 kilomètres 838 prisonniers dont 11 officiers, 29 canons, 12 minenwerfer et de nombreuses mitrailleuses. »
— Ordre général du 10 novembre 1918
« Régiment d'élite au passé glorieux. A sous le commandement du lieutenant-colonel Aubertin, au cours des opérations du 30 août au 3 septembre 1918, donné à nouveau la mesure de sa ténacité et de son héroïsme ; prenant la suite d'un régiment d'infanterie dont l'attaque avait été enrayée dès le début avec les plus lourdes pertes, il a pu, malgré les nombreuses mitrailleuses ennemies restées intactes et un tir de barrage d'une violence toute particulière, mordre dans les positions ennemies occupées par un adversaire résolu, l'obligeant à la retraite, réalisant ainsi par la suite une avance de 4 kilomètres. »
— Ordre général du 25 décembre 1918
Seconde Guerre mondiale
« Le 4e Régiment de Tirailleurs Tunisiens, magnifique régiment qui a su jusqu'à la dernière minute, sous les ordres du colonel Bessères et des chefs de bataillon Roche, Schler, Galaup et Germain, se montrer digne de son passé. Engagé sur l'Oise à peine débarqué en France, il contient la ruée ennemie entre l'Isle-Adam et Persan Beaumont avec quelques éléments dont le sacrifice permet aux restes des grandes unités, retraitant depuis la Somme, de se reformer. Constamment harcelé par l'ennemi, il couvre au cours des journées des 13, 14 et 15 juin 1940, les mouvements de repli. Le 16 juin, il se fraye un passage à travers les éléments motorisés adverses qui, débouchant de Paris vers Versailles, lui barraient la route vers la région de Rambouillet et reprend sa place dans le dispositif pour faire face à l'avance adverse. Le 16 juin, à Ablis, pris en tête, de flanc et sur les arrières, submergé par une attaque massive d'engins blindés et d'infanterie, il se bat jusqu'à l'épuisement de ses moyens, perdant 90 % de ses effectifs, ajoutant ainsi par son héroïsme et son esprit de sacrifice, animant d'un même souffle Français et Tunisiens, une page nouvelle à ses traditions et son faste guerrier. »
— 1ere citation à l'ordre de l'Armée, Juin 1940
« Régiment héritier d'un lourd passé de gloire, le 4e Régiment de Tirailleurs Tunisiens, sous les ordres du colonel Roux, s'est montré digne de sa légendaire réputation. Dans une action magnifique d'audace, a percé le 25 janvier 1944 la position allemande Gustave assise sur un terrain qui paraissait la rendre imprenable. D'un seul élan, s'est emparé le même jour de la position-clé du Belvédère. A poussé ensuite sans répit pour élargir la brèche malgré de furieuses contre-attaques allemandes incessamment répétées et l'afflux de réserves ennemies. S'est ensuite accroché au terrain avec une énergie farouche malgré les pertes subies et la fatigue ressentie. A vengé ainsi la mort de son colonel tombé au champ d'honneur dont l'esprit du devoir et de sacrifice exprimait les qualités mêmes de son régiment. S'est emparé de nombreux prisonniers et d'un important matériel. »
— 2e citation à l'ordre de l'Armée attribuée après la bataille du Belvédère (25 janvier au 4 février 1944); Ordre général n°96 du 25 mars 1944 par le général Giraud[15]
« Régiment d'élite, le 4e Régiment de Tirailleurs Tunisiens a terminé la campagne d'Italie par la prise de Sienne et, dès le débarquement en France, a affirmé de nouveau ses qualités militaires. Le 5 septembre 1944, lancé de nuit par son chef, le colonel Guillebaud, a traversé les lignes de retraite ennemies, a coupé à Baume-les-Dames les colonnes allemandes se repliant de Besançon, capturant de nombreux prisonniers, détruisant plusieurs chars et faisant sauter un train de munitions et de troupe. Après avoir dans un terrain très difficile, devant un ennemi tenace et mordant, brillamment résisté aux contre-attaques ennemies appuyées de chars lourds, s'est maintenu sur la rive Sud du Doubs, permettant ainsi par son action audacieuse l'encerclement de Besançon. Le 12 septembre 1944, s'est emparé de Pont-de-Roide après de durs combats, a résisté pendant deux jours à des contre-attaques menées jusqu'au corps à corps, infligeant à l'ennemi de lourdes pertes et obligeant à abandonner la partie. S'est emparé de nombreux prisonniers et d'un important matériel. »
— 3e citation à l'ordre de l'Armée, Mars 1945
« Magnifique régiment, le 4e Régiment de Tirailleurs Tunisiens qui, sous les ordres du colonel Guillebaud, n'a cessé d'ajouter à sa gloire au cours de l'âpre lutte soutenue dans les Vosges par la 3e DIA, d'octobre à décembre 1944. Les 6 et 7 octobre, il s'empare de Ramonchamp, de Lettraye, âprement défendus. Le 17 octobre, il maintient, contre les efforts acharnés de l'ennemi en subissant de lourdes pertes, ses positions à l'est de Vagney. Après un séjour prolongé en ligne dans de très mauvaises conditions atmosphériques, il repart à l'attaque et conquiert Rochesson et la ferme Xatis les 3, 4 et 5 novembre. Le 17 décembre, il enlève d'assaut Orbey après de farouches combats, détruisant ou capturant un bataillon ennemi. En janvier 1945, il couvre Strasbourg. Remis en ligne dans la tête de pont d'Oberhoffen, il subit pendant vingt jours les tirs d'artillerie et de mortiers. Le 15 mars, jaillissant de ses positions, il enlève le camp d'Oberhoffen puissamment couvert de champs de mines, ouvrant ainsi la voie à la poursuite qui achève de libérer la basse Alsace. Reprenant la tête de la division, le 4e RTT bouscule le 17 mars les arrière-gardes ennemies qui couvrent la ligne Siegfried et franchit d'un rapide élan la Lauter à Lauterbourg et Scheibenhardt, et conquiert ainsi Phonneur d'être la première unité française à fouler le sol allemand. Engagé pour la bataille sur le Neckar sous les ordres du colonel Goutard, il a remarquablement manœuvré pour faire tomber le môle de résistance de Lechelberg, coupant ainsi la retraite de la 198e VGD. Il enlève successivement Lauffen le 7 avril, Rettiegheim le 9. Il participe en flèche à la manœuvre de Stuttgart en forçant le 7 avril la position allemande au Sud de l'Enz, s'empare de Pforzheim, capturant plus de 1000 prisonniers. Dans un élan irrésistible, il atteint la capitale du Wurtemberg où il entre le 21 avril 1945. Il clôture ainsi glorieusement au cœur de l'Allemagne la longue série de ses victoires de Tunisie, d'Italie, des Vosges et de l'Alsace. »
— 4e citation à l'ordre de l'Armée, Janvier 1946
Le 10 avril 1945, le Département de la Guerre américain cite, au nom du président, le 3e bataillon du 4e RTT pour la prise d'Orbey, en Alsace, les 15 et 16 décembre 1944[16]:
« Le 10 décembre 1944, par ordre du Corps d'Armée, le 4e RTT avait été retiré du secteur de Wildenstein et placé en réserve de division. Pendant la période où le bataillon avait été engagé et quoique le combat n'eût pas été sévère, l'action avait été menée par temps de gel et dans une neige épaisse. Ces conditions avaient été très pénibles pour les Tunisiens qui ne sont pas acclimatés aux températures glaciales. Le chef de bataillon avait demandé que son unité soit relevée pour être mise au repos. Au même moment, les plans pour l'opération contre Colmar étaient achevés et avant que le Bataillon ait pu être relevé pour ce repos amplement nécessaire, il était immédiatement regroupé avec le reste du régiment et porté dans le secteur du Bonhomme, où il se prépara sans tarder pour l'attaque imminente. Le 15 décembre, sous les ordres du commandant Robert Achte, le Bataillon attaqua, appuyé par un léger détachement blindé. En dépit de la résistance opiniâtre et exaspérée de l'ennemi, et quoique le degré de fatigue fut très proche de l'épuisement, il réussit à forcer sa résistance au col de Bermont. Malgré les lourdes pertes subies au cours de l'attaque, le Bataillon, inspiré par son chef, poursuivit son avance sans désemparer. Au cours d'un féroce combat de maisons à maisons, il s'empara d'Orbey, ville clef et solide bastion dont chaque maison avait été aménagée en véritable blockhaus. Bien que considérablement affaibli du fait des lourdes pertes, il poursuit son attaque et réussit, le 16, dans un sauvage corps à corps, à se ruer dans le village de Faing et à l'enlever. Au cours de cette opération, d'importantes pertes furent infligées à l'ennemi, 317 prisonniers et une quantité considérable de matériel furent capturés. L'héroisme extraordinaire, la détermination exceptionnelle de surmonter l'épuisement et la bravoure du 3e Bataillon du 4e RTT à s'élancer contre une résistance particulièrement forte de l'ennemi, malgré de lourdes pertes, reflètent les plus hautes traditions de l'Armée Française. »
— Extrait de l'Ordre général n°27 du 10 avril 1945 par le général Marshall
Insignes[modifier]
Personnalités ayant servi au 4e RTT[modifier]
- Aspirant Robert Séguin (1922-1944), père de Philippe Séguin (1943-2010)[17]
1956-1957 lieutenant puis capitaine bernard Pécout, médecin chef du 1er bataillon puis médecin du régiment.Région de Gafsa
Références[modifier]
- (fr) Ridha Kéfi, « Aux armes Tunisiens ! », Jeune Afrique, 12 février 2006
- Paul Nicolas, Sidi Brahim des neiges… Sur les traces du 4e régiment de tirailleurs tunisiens, éd. MC-Éditions, Carthage, 2008, p. 18
- Grand Larousse encyclopédique, vol. 10, éd. Librairie Larousse, Paris, 1964, p. 345
- Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, éd. Albin Michel, Paris, 1994, p. 303
- Charles Mangin, Regards sur la France d'Afrique, éd. Plon, Paris, 1924, p. 107
- Synthèse des relevés à Ablis sur memorial-genweb.org
- Le soldat Hedhili, symbole d’une mémoire commune, Ambassade de France à Tunis, 28 juin 2010
- Charles de Gaulle, Mémoires de guerre. L'unité. 1942-1944, vol. II, éd. Plon, Paris, 1960, p. 267
- Paul Nicolas, op. cit., p. 125
- (fr) Site sur le régiment en Algérie de 1958 à 1962
- Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007
- Paul Nicolas, op. cit., p. 118
- Bulletin des lois de la République française, éd. Imprimerie royale, Paris, 1919, p. 2028
- R. Drevet, L'Armée tunisienne, éd. Imprimerie Ch. Weber, Tunis, 1922
- Paul Gaujac, L'armée de la victoire : de Naples à l'île d'Elbe. 1943-44, éd. Charles-Lavauzelle, 1985, p. 48
- Ordres généraux n°27 cités par Paul Nicolas, op. cit., p. 121
- Patrick Girard, Philippe Séguin : biographie, éd. Ramsay, Paris, 1999, p. 36
Bibliographie[modifier]
- René Chambe, Le Bataillon du Belvédère, éd. Flammarion, Paris, 1953
- Éric Deroo et Pascal Le Pautremat, Héros de Tunisie. Spahis et tirailleurs d'Ahmed Bey 1er à M. Lamine Bey. 1837 - 1957, éd. Cérès, Tunis, 2005
- Marius Mennerat, Tunisiens héroïques au service de la France : l'épopée du 4e tirailleurs sur la front français. Guerre 1914-1918, éd. Berger-Levrault, Paris, 1939
- Paul Nicolas, Sidi Brahim des neiges… Sur les traces du 4e régiment de tirailleurs tunisiens, éd. MC-Éditions, Carthage, 2008
Voir aussi[modifier]
Articles connexes[modifier]
- Liste des régiments français
- Armée d'Afrique
- Tirailleurs algériens
- Corps expéditionnaire français en Italie
- Division marocaine
- 3e division d'infanterie algérienne
- Bataillon de marche
- Régiment de marche
Liens externes[modifier]
- Unité militaire française historique
- Troupe coloniale française
- Tunisie (Protectorat)
- Unité de l'armée française
- Guerre d'Indochine
- Régiment décoré de la Légion d'honneur
- Régiment décoré de la Fourragère aux couleurs du ruban de la Légion d’honneur (1914-1918)
- Régiment décoré de la Croix de guerre 1914-1918
- Régiment décoré de la Croix de guerre 1939-1945
- Unité d'infanterie française dissoute