Ventron

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Ventron
L'ermitage Frère Joseph
L'ermitage Frère Joseph
Blason de Ventron
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Épinal
Canton Saulxures-sur-Moselotte
Intercommunalité Communauté de communes de la Haute Moselotte
Maire
Mandat
Jean-Claude Dousteyssier
2014-2020
Code postal 88310
Code commune 88500
Démographie
Gentilé Véternat(e)s
Population
municipale
936 hab. (2011)
Densité 37 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 56′ 28″ N 6° 52′ 24″ E / 47.941111111, 6.8733333333347° 56′ 28″ Nord 6° 52′ 24″ Est / 47.941111111, 6.87333333333  
Altitude 631 m (min. : 570 m) (max. : 1 202 m)
Superficie 24,97 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ventron.fr

Ventron (prononcer Vèn-tron) est une commune du nord-est de la France, dans le département des Vosges et le canton de Saulxures-sur-Moselotte. Elle fait partie de l'aire urbaine de La Bresse et de la communauté de communes de la Haute Moselotte.

Ses habitants sont appelés les Véternats.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située à 6 km de Cornimont dont elle partage le code postal, à 13 km du Thillot, à 30 km de Remiremont et 30 km de Thann. Le col du Page (957 m) permet de rejoindre Bussang par une route forestière. Ventron est aussi limitrophe de l'Alsace, relié à la vallée de la Thur par le col d'Oderen. Son point culminant est le Grand Ventron, à 1 202 m d'altitude, où le large panorama s'accompagne d'une table d'orientation. Le point le plus bas accuse 570 m, en direction de Travexin. Le ruisseau qui traverse le village est simplement nommé le Ventron, il est affluent gauche de la Moselotte.

Communes limitrophes de Ventron
Cornimont Kruth
Cornimont Ventron Fellering
Le Ménil Bussang

Toponymie[modifier | modifier le code]

On trouve les formes anciennes suivantes au XVIe siècle : Winterau, Wynterau (dans un document datant de 1579), Winteraw pour le Grand Ventron en 1582, Wintheraw pour Ventron en 1594. Ensuite, la localité est attestée au XVIIIe siècle sous les formes Ventus rotundus en 1768, et Vennetron ou Ventron sur la carte de Cassini. La prononciation de Ventron est « Vèn-tron ».

La forme alémanique tardive Winterau s'interprète a priori comme un composé reposant sur les éléments Winter- signifiant « hiver » et -au « prairie, pré », d'où le sens global de « prairie, pré d'hiver ». La forme moderne Ventron résulte d'un phénomène de francisation.

Cependant, les spécialistes ne tiennent pas compte de ces formes tardives qu'ils rejettent comme étant liées à l'étymologie populaire. Peut-être s'agit-il du nom de personne germanique Winther, suivi du suffixe -onem[1] mais le toponymiste François de Beaurepaire considère que les noms de personnes germaniques ne sont jamais suivis du suffixe -onem[2]. Il pourrait s'agir encore du nom de personne germanique Wineraus pris absolument et remplacé plus tard par le nom de personne germanique Wintro(n)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines de Ventron remonteraient à l'époque des défrichements effectués après le Xe siècle par des pâtres venus du versant oriental et qui élevèrent des huttes et des étables d'hiver.

En 1571, M. d’Elley de Maillanne, seigneur de Ventron, affranchit les habitants du droit de mainmorte vis-à-vis des héritages immobiliers. En 1617, Jean des Porcellets de Maillane, évêque et comte de Toul, seigneur de Ventron, étend cette dérogation aux biens meubles et immeubles. Il fait également ériger une chapelle sous l’invocation de saint Claude. Celle-ci est agrandie et convertie en église en 1730. Détruite, elle est remplacée en 1842 par l’église actuelle.

Ventron dépendait, jusqu’au début du XVIIIe siècle du bailliage des Vosges et du ban de Vagney. En 1751, la commune dépendait du bailliage de Remiremont et en 1790, du district de Remiremont et du canton de Cornimont.

L’ancienne mairie, sous le nom de corps de garde, date de 1790. En 1824, la commune achète un immeuble, qui abrite à la fois l’école mixte, la mairie et le presbytère. Pour remplacer la précédente tombée en ruine, une nouvelle mairie, comprenant une nouvelle école, un bureau de poste et télégraphe, est construite en 1880.

Au fil de son histoire, de par sa position stratégique au pied du col d'Oderen, frontière allemande jusque 1914, le village a connu et subi de nombreux conflits. Lors de la dernière guerre, en 1940, la crête secondaire qui passe par le Grand Ventron, le Felsach, le col d'Oderen est souvent citée comme un itinéraire privilégié par les soldats français qui fuyaient du nord vers la zone libre. À cette occasion, à la chaume du Grand Ventron, le chalet du club alpin français cachait, restaurait, habillait cette armée en fuite avec la complicité du village.

En septembre 1944, les troupes de libération s'infiltraient et prenaient position sur les sommets nord de la commune : Tomteux, Écharges. Les forces allemandes s'arc-boutaient sur le massif sud du col d'Oderen à la Ronde Brûche, entre les deux, dans la vallée, les habitants : hommes, femmes, enfants, pour échapper aux tirs dont ils étaient les objets, s'installèrent et organisèrent leur vie dans les caves des maisons sur la période qui couvre la mi-octobre 1944 au 8 novembre. Les combattants des deux camps ne supportaient aucun mouvement dans la vallée, et les victimes civiles furent nombreuses qui sortaient imprudemment en pleine journée. Cette vie souterraine s'interrompit le 8 novembre par la déportation des hommes valides en Allemagne et par l'évacuation, le lendemain, des femmes, des enfants et des vieillards en zone libérée, à l'ouest du département des Vosges. Cette évacuation qui s'est déroulée sous les bombes, dans une tempête de neige, laissait à l'abandon, pour de longs mois, habitats, mobiliers, cheptels aux mains des occupants, des libérateurs, des trafiquants, mais elle mettait aussi en évidence la capacité d'entre-aide des communes de l'Ouest vosgien en faisant naître des amitiés jamais démenties : Tignécourt, Blevaincourt... Au retour, au printemps 1945, toutes les familles du village étaient ruinées, les biens anéantis. Alors, Ventron s'est remis au travail.

Pour ces raisons, le 27 mai 1952, la commune de Ventron a été citée à la croix de guerre avec étoile d'argent : « Petite commune de la montagne qui s'est trouvée pendant plusieurs semaines en pleine zone de combat. A payé un lourd tribut à la cause de la Liberté. Sa population a fait preuve d'un magnifique courage et du plus pur patriotisme.»

Blason Blasonnement :
Taillé : au premier d’argent à la crosse épiscopale issante de sable, au second d’azur au lion léopardé d’or.
Commentaires : La crosse rappelle que Jean des Porcellets, évêque de Toul, affranchit les habitants du lieu en 1617. Le lion léopardé est extrait des armes de Charles François, comte de Serre, qui donna ses forêts aux habitants de Ventron en 1704 ; ce meuble se retrouve sur le blason de Pagny-sur-Moselle.

Sports d'hiver[modifier | modifier le code]

La station de sports d'hiver de Frère-Joseph, dont le domaine empiète sur la commune du Ménil, est située juste au-dessus de Ventron. Elle comporte un télésiège et huit téléskis qui desservent une douzaine de pistes de ski dont une noire. Le domaine est également traversé par 16 km de pistes de ski de fond et des chemins de randonnée à pied ou en raquettes.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le musée du textile
L'église Saint-Claude
Le hameau du Petit Chéty

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Jean-Claude Dousteyssier SE Cadre BTP retraité
mars 2001 mars 2008 Jacques Lambert PS  
mars 1989 mars 2001 Fernande Gillet    
mars 1977 mars 1989 Maurice Mailly (1919-2009)   Retraité de l'Armée
mars 1950 mars 1977 Claude Germain   Industriel
mars 1947 1950 Marcel Dessieux    
mars 1933 1947 Claude Germain   Industriel
mars 1904 1933 Paul Victor Germain    
mars 1896 1904 Désiré Constant Louis    
entre déc. 1731 et mai 1734 av. jan. 1735 Jacque Thomas[6]    
av. fév. 1733 av. fév. 1733 Claude Géhin [6]    
entre mai et déc. 1731 av. mai 1734 Michel Valroff[6]    
av. nov. 1730 entre mai 1731 et déc. 1731 Nicolas Claude Colin [6]    
av. déc. 1729 av. déc. 1729 Dominique Géhin [6]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 936 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
1 019 1 075 1 130 1 166 1 324 1 346 1 292 1 403 1 306
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 405 1 333 1 340 1 344 1 346 1 396 1 469 1 451 1 443
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
1 380 1 269 1 232 1 205 1 232 953 1 049 1 016 970
1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011 -
915 970 900 979 930 928 926 936 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Événements[modifier | modifier le code]

  • Janvier
  • Juillet
    • Feu de la Saint-Jean tous les derniers samedis de juillet, organisé par les conscrits.
    • Le dernier dimanche du mois de juillet, pèlerinage en plein air devant la chapelle de l'Ermitage Frère Joseph.
  • Août
    • Marché artisanal tous les premiers dimanches d'août avec une affluence moyenne de 5000 visiteurs.
    • Course du Grand Tétras avec arrivée à proximité de la station de ski.
  • Septembre
  • Décembre
    • Marché de Noël.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Ventron est jumelé avec Plounéventer, commune du Finistère, depuis le 24 mai 1990.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean des Porcellets de Maillane, de la célèbre et illustre Maison de Provence du même nom.
  • Pierre-Joseph Formet (1724-1784), ermite plus connu sous le nom de Frère Joseph. Le pape Léon XIII l'a décrété vénérable le 22 avril 1903.
  • Les trois sœurs, Thérèse, Marguerite et Anne-Marie Leduc, skieuses de l'équipe de France aux JO de Squaw Valley (É.-U.) en 1960, sont véternates. Elles sont les benjamines d'une fratrie de onze ayant tous participé à des compétitions de haut niveau. Thérèse Leduc a donné son nom à une piste de ski bleue du domaine skiable.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicole Lemaître, Montagnes sacrées d’Europe. Actes du colloque « Religions et montagnes », Tarbes,‎ 2005, 427 p. (ISBN 2-85944-516-1)
    Actes du colloque "Religion et montagnes", Tarbes, 30 mai-2 juin 2002 / textes réunis et publiés par Serge Brunet, Dominique Julia et Nicole Lemaître. Pages 109 à 119, par Marie-Hélène Colin – Université de Nancy 2 : L’ermite des montagnes ? L’érémitisme dans la France du Nord-Est : Joseph Formet dit frère Joseph, choisit en 1751 les sommets dominants du village de Ventron (88) dans les Hautes-Vosges comme lieu de retraite pp 227 à 234

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 705b
  2. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard,‎ 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 114
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) [1]
  4. « Notice no PA00125547 », base Mérimée, ministère français de la Culture Ermitage du frère Joseph inscrit par arrêté du 5 avril 1993
  5. (fr) Le musée du textile
  6. a, b, c, d et e Archives départementales des Vosges
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011