Kilstett

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Kilstett
Maison alsacienne.
Maison alsacienne.
Blason de Kilstett
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Arrondissement Strasbourg-Campagne
Canton Brumath
Intercommunalité C.C. de Gambsheim-Kilstett
Maire
Mandat
Gabriel Muller
2014-2020
Code postal 67840
Code commune 67237
Démographie
Population
municipale
2 423 hab. (2011)
Densité 351 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 40′ 35″ N 7° 51′ 24″ E / 48.676389, 7.856667 ()48° 40′ 35″ Nord 7° 51′ 24″ Est / 48.676389, 7.856667 ()  
Altitude Min. 126 m – Max. 131 m
Superficie 6,9 km2
Localisation

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Kilstett

Kilstett est une commune française située dans le département du Bas-Rhin, en région Alsace.

Ses habitants sont appelés les Kilstettois et Kilstettoises.

Géographie[modifier | modifier le code]

Kilstett est situé à environ 15 km au nord de Strasbourg. Le village possède une gare SNCF sur la ligne Strasbourg - Lauterbourg, entre La Wantzenau et Gambsheim. Il est situé sur la Véloroute Rhin EV 15 (1 320 km) qui relie la source du Rhin, située à Andermatt en Suisse, à son embouchure à Rotterdam.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bataille de Kilstett (janvier 1945)[modifier | modifier le code]

En janvier 1945, pendant la Seconde Guerre mondiale, une contre-offensive lancée par l'armée allemande pour tenter de reprendre Strasbourg fut stoppée lors de la bataille de Kilstett.

« Le 3 janvier au matin, alors que la 1re armée française est tout entière au contact dans la poche de Colmar, de Lattre, ayant reçu l'ordre d'inclure Strasbourg dans la zone de son armée, décide aussitôt d'y envoyer le général Guillaume avec sa 3e DIA. Mais cette grande unité, alors sur la ligne des crêtes vosgiennes, ne pourra rejoindre que le 5 janvier en fin de journée. Or la menace sur Strasbourg se précise. Dans la nuit du 4 au 5 - selon un renseignement F.F.I. -, l'ennemi a entrepris la construction d'un pont devant Gambsheim afin de permettre à ses blindés de traverser le Rhin. Le général Schwartz, gouverneur militaire de Strasbourg, affirme qu'il se battra jusqu'au bout. Il ne dispose cependant que de très faibles forces : 4 escadrons de la garde républicaine médiocrement armés, à effectif très réduit (moins de 350 hommes) et des F.F.I. strasbourgeois. Les 4 unités de la garde républicaine (...) constituaient, sous les ordres du chef d'escadron Daucourt, un groupement articulé en 2 sous groupements :

  • le 3e et le 5e escadron d'une part ;
  • le 4e et le 8e escadron d'autre part.

Chaque escadron avait créé un groupe franc qui patrouillait la nuit ou tenait des observatoires avancés vers le Rhin.

Pour cette mission très dangereuse, le chef d'escadron Daucourt désigne les 4e et 8e escadrons, renforcés par un peloton du 5e escadron, soit à peine 200 hommes. Liaison est aussitôt prise avec les F.F.I. locaux et avec un élément américain qui se trouve encore là en arrière-garde du repli amorcé. (...) La progression aidée par les F.F.I. de Kilstett démarre à 15 h 15, sur un terrain découvert et absolument plat. À 600 mètres du premier objectif - Bettenhoffen - les premiers éléments sont pris sous le feu d'armes automatiques. Plusieurs gardes républicains sont blessés. Malgré l'absence totale de feux de soutien ami, la progression continue sous un violent tir d'artillerie et de mortiers. Le lieutenant Cambours, commandant le 4e escadron, tombe mortellement frappé. Son adjoint, le lieutenant Perré est grièvement blessé. Les escadrons manœuvrent pour déborder la résistance allemande. Vers 16 h 30, les tirs d'artillerie ennemis s'intensifient, tuant 3 gardes républicains et en blessant encore plusieurs autres. Malgré tout, la progression se poursuit. 2 blessés refusent de se faire évacuer. Il s'agit du garde Barjolet, le visage ravagé par un éclat d'obus et du garde Martin, qui, un œil crevé et un bras fracassé, doit faire l'objet d'un ordre ferme pour aller se faire soigner. En dépit de l'opposition acharnée de l'ennemi, les abords de Bettenhoffen sont atteints. Cependant, devant la supériorité écrasante des tirs adverses et la diminution inquiétante des munitions, le repli est décidé. Les gardes décrochent sous un feu d'enfer et viennent se réinstaller défensivement devant Kilstett, ramenant avec eux les blessés et mourants. La nuit tombe, troublée de rafales de mitrailleuses et d'explosions d'obus, tandis que de menaçants grondements de chars ennemis laissent présager l'attaque au petit jour. Celle-ci ne se produira cependant pas. Les Allemands ont été « bluffés » par l'ardeur combative des gardes et par ailleurs, l'artillerie américaine alertée, a détruit le pont en construction devant Gambsheim, interdisant ainsi aux panzers la traversée du Rhin. En lieu et place d'une attaque allemande, c'est une compagnie américaine arrivée le 6 janvier à 7 h qui tente aussitôt, avec 3 chars et la garde républicaine en accompagnement, de poursuivre l'opération commencée la veille. Cette colonne ne peut percer mais ramène une centaine de prisonniers allemands. Les gardes les font parler et apprennent avec stupéfaction - mais non sans fierté - qu'avec 200 hommes à peine ils ont réussi à tenir en échec la tête de pont ennemie comprenant 1 600 combattants aguerris (...). Ce renseignement exalte le moral de tous sans cependant estomper le lourd tribut des pertes subies :

  • 1 officier tué : lieutenant Georges Cambours ;
  • 3 gardes tués : Émile Barbin, Fernand Kember et Irénée Lannoy ;
  • 1 officier très grièvement blessé : lieutenant Perré (devenu général en 1977) ;
  • 15 gradés et gardes blessés, la plupart grièvement.

(...) La gendarmerie a fait élever, avec le concours des habitants du village, une stèle solennellement inaugurée le 23 janvier 1949 et devant laquelle la gendarmerie d'Alsace célèbre chaque année les combats de janvier 1945 par une prise d'armes commémorative. »

— Extrait de l'article rédigé par le lieutenant colonel (er) Lallemant Claude "Kilstett, 5 janvier 1945, La gendarmerie gardienne du serment de Koufra", SNAAG Magazine no 274, avril 2006, p. 17-18)

Contrairement à ce qui est dit ci-dessus, ce n'est pas une compagnie américaine qui est arrivée en renfort au matin du 6 janvier mais des éléments de la 8e compagnie de marche du Tchad, unité de la 2e D.B. du général Leclerc. Au cours des combats furent tués, entre autres, l'adjudant Groetz et le caporal Saussier. À l'origine, la 8e compagnie du régiment de marche du Tchad fut créée avec une unité de F.F.I. du XVe arrondissement de Paris nommée "Escadron de Vaugirard".

À l'issue de la bataille, le général de Lattre de Tassigny, commandant en chef de la 1re Armée Française, cite à l’ordre de l'Armée le 2e bataillon du 3e régiment de tirailleurs algériens de la 3e DIA et à l'ordre du corps l'armée, son 3e bataillon :

« Magnifique bataillon qui, sous les ordres du chef de bataillon de Reyniès, s’est montré aussi ardent et manœuvrier dans l’attaque qu’obstiné et inébranlable dans la défense. [...] Les 7 et 16 janvier 1945, s’est résolument porté à l’attaque de Bettenhoffen défendu par un ennemi puissamment retranché. Est parvenu au prix de pertes sévères à mordre dans les défenses avancées du village, à faire 53 prisonniers. Bloqué par des tirs violents des armes automatiques ennemies, ne s’est retiré de ses positions de départ que sur ordre et dans un ordre parfait, en brisant net les tentatives de poursuites de l’ennemi. Dans la nuit du 21 au 22 janvier 1945, renforcé par la 6e compagnie, a résisté victorieusement dans Kilstett, à l’attaque de deux bataillons allemands appuyés par des chars ‘Panther’ et une puissante artillerie. Complètement encerclé, a résisté maison par maison, permettant ainsi à la contre-attaque menée dans la matinée du 22 janvier 1945 d’arriver à temps pour rétablir notre position. Aussitôt dégagé a participé, malgré sa fatigue, au nettoyage de Kilstett et de ses abords. A été ainsi l’un des meilleurs artisans de la déroute du régiment de Marbach, qui a laissé de nombreux cadavres et 4 chars sur le terrain, et 250 prisonniers entre ses mains. Par sa résistance farouche, par son ardeur, a mis définitivement un terme aux ambitions allemandes sur Strasbourg. »

— Citation à l'ordre du Corps d'Armée attribuée au 3e bataillon du 3e R.T.A. lors de la bataille de Kilstett et de la défense de Strasbourg

« Magnifique Bataillon qui, sous les ordres du chef de bataillon Destremau, n'a cessé de se distinguer par son habileté manoeuvrière et sa ténacité. [...] Vient à nouveau de prouver sa valeur dans la région nord de Strasbourg. Le 22 janvier 1945, en dégageant au cours d'une brillante contre-attaque le 3/3 R.T.A. encerclé dans Kilstett par deux Bataillons allemands appuyés par des panzers. Le 31 janvier 1945, en s'emparant de Gambsheim à la suite d'une remarquable manœuvre d'infiltration, a permis ainsi de mettre définitivement Strasbourg à l'abri des visées allemandes. »

— Citation à l'ordre de l'Armée attribuée au 2e bataillon du 3e R.T.A. lors de la bataille de Kilstett et de la défense de Strasbourg, Ordre n° 1064 le 20 août 1945

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Gabriel Muller[1]    
mars 2001 mars 2008 Gabriel Muller    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 423 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
468 490 540 670 737 730 800 771 791
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
752 758 795 799 811 777 804 780 789
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
812 848 883 891 933 1 004 1 007 1 003 1 063
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 161 1 257 1 548 1 510 1 406 1 923 2 270 2 369 2 423
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Mémorial de la bataille
  • Monument à la mémoire des Combattants de la Bataille de Kilstett, rue des Hirondelles.
  • Monument des 5 Disparus, place du Souvenir-français.
  • Monument de la Garde, à l'entrée sud du village.
  • Plaque en mémoire à la Task force Linden, rue de la Forêt.
  • L'église Saint-Jean.
  • Les calvaires.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Kilstett

Les armes de Kilstett se blasonnent ainsi (depuis 2003) :
« Coupé : au 1er d’argent au crampon en forme de S de sable, au 2e de gueules plein. » [4],[5]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]