Serge Dassault

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Serge Dassault
Parlementaire français
Naissance 4 avril 1925 (84 ans)
Décès
Mandat Sénateur
Début du mandat septembre 2004
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Circonscription Essonne
Groupe parlementaire UMP
Ve République

Serge Dassault, né Serge Bloch le 4 avril 1925 à Paris, est un chef d'entreprise et homme politique français, sénateur et ancien maire de Corbeil-Essonnes.

En 2009, selon le magazine Forbes, il est le 90e homme le plus riche du monde[1].

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Origines et études

Alors qu'ils s'appelaient Bloch (un nom d'origine juive[2]), ses parents, son frère et lui furent arrêtés par la Gestapo puis internés à Montluc et ensuite à Drancy. Son père, Marcel Dassault, est déporté à Buchenwald en août 1944, pour avoir refusé d'apporter aux nazis son savoir-faire aéronautique. Les Dassault sont sauvés huit mois plus tard par Marcel Paul, membre du Parti communiste, et Albert Baudet.

Serge Dassault effectue ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly puis au lycée Saint-Louis[3], et intègre l'École polytechnique en 1946. Par la suite, il entre à l'École nationale supérieure de l'aéronautique et de l'espace, d'où il sort diplômé (promotion 1951).

[modifier] Carrière industrielle

À peine sorti de SUPAERO, il entre à Générale Aéronautique Marcel Dassault comme ingénieur au bureau d’études des avions de série. En 1955, il est nommé directeur des essais en vol (premier vol du Mirage I) et six ans plus tard, il est nommé directeur de l’exportation et lance le Mystère 20 à l’exposition de la National Business Aviation Association à Pittsburg, en 1962.

Après avoir exercé plusieurs fonctions de direction dans le groupe, il est nommé, en 1987, président-directeur général de Dassault Industries, devenue depuis, le Groupe Dassault. En 2000, il devient président d’honneur de Dassault Aviation.

[modifier] Patron de presse

Serge Dassault suit l’exemple de son père, éditeur en son temps de Jours de France.

Le 8 juillet 2004, il devient président de la Socpresse, groupe de presse publiant Le Figaro, ainsi que les magazines du groupe Express-Roularta, qui ont depuis changé de propriétaire. À ce titre, il devient l'actionnaire principal du Football Club de Nantes jusqu'à l'été 2007, et la relégation du club en Ligue 2 ; il revend alors le club à l'homme d'affaires franco-polonais Waldemar Kita pour une somme estimée entre 8 et 10 millions d'euros[4].

[modifier] Carrière politique

Issu d'une famille proche de celle de Jacques Chirac[5], il adhère au Centre national des indépendants et paysans, en janvier 1974. Il se présente pour la première fois aux élections municipales de 1977 à Corbeil-Essonnes, où il affronte le député-maire sortant, Roger Combrisson. Dans cette ville communiste de longue date, ce dernier est confortablement réélu dès le 1er tour de scrutin. Malgré cet échec, Serge Dassault décide de briguer les suffrages des électeurs lors des élections législatives de 1978, mais il est battu d'une courte tête par Combrisson. De nouveau candidat en 1981, il essuie un nouvel échec, puisque le socialiste Michel Berson est élu député de la 1re circonscription de l'Essonne.

Il décroche son premier mandat à l'occasion des élections municipales de 1983, où la liste de droite qu'il conduit obtient 47 % des voix et neuf sièges au conseil municipal de Corbeil-Essonnes. Ayant tenté sans succès de conquérir un siège de conseiller général en 1985 et de député en 1986, il est néanmoins élu conseiller régional grâce au scrutin proportionnel, le 16 mars 1986. Le mois suivant, Dassault rejoint les rangs du RPR, et annonce la mise en sommeil de son « Parti libéral ».

En 1988, il remporte de justesse les élections cantonales dans le canton de Corbeil-Essonnes-Est, face à la candidate communiste sortante. Aussi, il décide de briguer une troisième fois la mairie de Corbeil-Essonnes. Après une campagne active, il subit une nouvelle défaite, plus sévère, et démissionne de son mandat de conseiller municipal. Après avoir envisagé de se retirer de la vie politique, il est réélu au conseil régional d'Île-de-France en 1992 et au conseil général en 1994.

Dix-huit ans après sa première candidature, il est élu maire de Corbeil-Essonnes aux élections municipales de 1995 avec plus de 55 % des voix ; il abandonne alors son mandat de conseiller régional. Durant son premier mandat municipal, il lance de grands projets immobiliers, tels que la construction de 400 logements construits en bord de Seine...

Il est réélu à la tête de la mairie en mars 2001, dès le 1er tour de scrutin. En 2004, il décide de briguer un mandat sénatorial sous l'étiquette UMP : malgré la dispersion des voix de droite, il parvient à conquérir son premier mandat national, le 26 septembre 2004, à 79 ans. Son mandat de sénateur est contesté, car estimé incompatible avec la direction de la société Dassault Aviation. Mais le 23 décembre 2004[6], le Conseil constitutionnel considère qu'il n'est pas établi qu'il contrôle cette société. Après son élection au Sénat, il démissionne de ses fonctions de conseiller général.

Reconduit dans ses fonctions de maire en 2008[7], la réélection de Serge Dassault est cependant remise en cause par l'opposition communiste, qui argue du fait que certains habitants auraient reçu des sommes d'argent de la part de la municipalité sortante, en échange de leurs votes. Le 8 juin 2009, le Conseil d'État invalide le scrutin municipal de mars 2008 à Corbeil-Essonnes, pour irrégularités des comptes de campagne des deux listes menées par Serge Dassault et son adversaire communiste Bruno Piriou, et prononce une inéligibilité d'un an au mandat municipal à leur encontre, reconnaissant notamment l'existence de dons d'argent de la part de Serge Dassault à destination des habitants de la commune de nature à altérer la sincérité du scrutin[8].

En septembre 2008, après les élections sénatorialesPaulette Brisepierre ne se représentait pas, Serge Dassault devient le doyen du Sénat, à l'âge de 83 ans[9]. À ce titre, il préside la séance d'élection du président, le 1er octobre 2008[10].

[modifier] Situation familiale

Marié le 5 juillet 1950 à Nicole Raffel[11], ils ont quatre enfants : Olivier Dassault, député de l'Oise ; Laurent, chargé des investissements du groupe Dassault dans le domaine de la viticulture et président du Conseil d'Artcurial ; Thierry, spécialisé dans l'intelligence économique ; Marie-Hélène, responsable de la communication et du mécénat[12].

[modifier] Polémiques

Le journal Marianne, à la une de son premier numéro (1997), dénonce Serge Dassault comme « l'empereur tricolore de la corruption ». Ce dernier obtient la saisie du journal après trois jours de vente[13].

En 1998, il est condamné en Belgique à deux ans de prison avec sursis pour corruption dans le cadre de l'affaire Agusta[14].

Les relations de Serge Dassault avec les journalistes ont souvent été difficiles. Ainsi par exemple, Serge Dassault a expliqué[15], que les journaux doivent diffuser des « idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ». « J'espère que vous allez cesser de former des journalistes de gauche ! » avait ainsi lancé Serge Dassault, nouveau patron de la Socpresse (70 titres), à des responsables du Centre de formation des journalistes (CFJ), rue du Louvre à Paris[16].

Il refuse que son journal publie, en août 2004, un entretien avec Andrew Wang, dans le cadre de l'Affaire des frégates de Taïwan (l'entretien est finalement publié dans le magazine Le Point du 9 septembre 2004). À la suite de ses propos sur la subordination du journal à son propriétaire, des troubles surgissent pendant quelques mois au sein de la rédaction[17]. En octobre 2008, le journal Le Monde rapporte[18] des témoignages de journalistes du Figaro qui se plaignent de la pression exercée par Serge Dassault sur la rédaction.

En février 2008, Pascale Pascariello, journaliste de France Inter, est prise à partie par le service d'ordre, après avoir posé des questions lors d'une réunion publique organisée par Serge Dassault[19].

Le 19 juin 2008, Serge Dassault déclenche une nouvelle polémique en déclarant qu'il juge « anormal » d’aider les chômeurs, « des gens qui ne veulent pas travailler[20],[21] ».

En juillet 2008, dans une émission diffusée sur i>Télé, il fait part de son admiration pour l'organisation chinoise du travail, se désole de l'existence des grèves et des syndicats et soutient une plus grande flexibilité pour les entreprises[22].

[modifier] Décoration

[modifier] Annexes

[modifier] Notes et références

  1. (en) The World's Billionaires 2009 sur le site du magazine Forbes, 11 mars 2009
  2. http://www.lepoint.fr/actualites-region/2007-01-17/corbeil-essonnes-politoscopie-serge-dassault/1556/0/10836
  3. « CV de stars - Serge Dassault »], VSD, 27 décembre 2007
  4. « Le FC Nantes vendu à Waldemar Kita », Le Nouvel Observateur, 25 juin 2008
  5. Émission Droit d'inventaire du 25 février 2009, France 3
  6. Décision n° 2004-19 I - 23 décembre 2004 - Requête tendant à la mise en oeuvre de l'article L.O. 151 du code électoral relatif aux incompatibilités parlementaires
  7. Élections municipales de 2008 - résultats définitifs à Corbeil-Essonnes sur le site du Figaro
  8. « Décision du Conseil d'État du 8 juin 2009 », sur son site officiel
  9. « Le Sénat se féminise », L'Express, 22 septembre 2008
  10. « Séance du 1er octobre 2008 (compte rendu intégral des débats) » sur le site du Sénat, publié au Journal officiel
  11. La famille Dassault sur le site d'Olivier Dassault
  12. Son mari, Benoît Habert, est directeur général adjoint du groupe Dassault, en charge de la stratégie et du développement
  13. « Comment Dassault veut tuer « Marianne » », marianne2.fr
  14. L'Humanité du 24 décembre 1998
  15. France Inter, le 10 décembre 2004, d'après Le Monde du 13 décembre
  16. Le Nouvel Observateur, 30 septembre 2004
  17. «Le Figaro» cherche une parade à Dassault, Libération du 10 septembre 2004
  18. « La rédaction du "Figaro" dénonce l'omniprésence de Serge Dassault », Le Monde, édition électronique du 1er octobre 2008
  19. Une journaliste malmenée par les gorilles de Dassault, rue89.com
  20. Dassault juge «anormal» d’aider les chômeurs, «des gens qui ne veulent pas travailler»
  21. Un rapport de la DARES, paru le 2 juin 2008, indiquait que « seules 2 % des personnes se déclarant au chômage ne souhaitent pas travailler à l’avenir, essentiellement pour des raisons de santé : [pdf] Rapport de la DARES N°2008-24.1, en page 2
  22. « Serge Dassault invente l'hypra libéralisme », Marianne, 10 juillet 2008

[modifier] Sources

  • « Oui au libéralisme social » par Vianney Aubert, Hervé Bentegeat et Yves Messarovitch, Le Figaro Économie, 28 mai 1997
  • Le charme discret d’un anti-conformiste, par Jean-Marie Rouart, Paris Match, 10-16 septembre 1998
  • Serge Dassault « Si riche et pas si bête », par Airy Routier, Le Nouvel Observateur, 10-16 septembre 1998
  • Entretien : Ce sont les clients qui dirigent l’entreprise, pas le gouvernement. Par Catherine Nay et Patrice Merites, Le Figaro Magazine, 1er avril 2000
  • Le libéral œcuménique (par Michel Cabinot), La Tribune, 11 septembre 2001
  • Frégates de Taïwan : L'interview d'Andrew Wang, Le Point, 9 septembre 2004 (par Jean Guisnel)
  • Soupçons sur les contrats des Mirage à Taiwan, Le Parisien, 22 octobre 2003
  • Serge Dassault « L’homme qui aimait la presse », par Dominique Gallois et Pascale Santi, Le Monde, 21 septembre 2004
  • Le « Figaro » de Papy, Le Nouvel Observateur, 23 septembre 2004
  • Dassault ressort les ciseaux au « Figaro », Libération, 22 septembre 2004
  • « Le Figaro » cherche une parade à Dassault, Libération, 10 septembre 2004
  • « Les nouveaux habits de Dassault », par Jean-François Polo , 5 avril 2005

[modifier] Liens externes

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[modifier] Bibliographie

  • J'ai choisi la vérité - Plon (1983)
  • Un projet pour la France - Éditions Valmonde (2001)
  • Serge Dassault 50 ans de défis de Claude Carlier - Éditions Perrin (2002)
  • Serge Dassault. Armes, presse, politique par Anne-Marie Rocco - Flammarion (avril 2006)


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