Milliardaire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Un milliardaire, ou billionnaire dans les pays qui utilisent l'échelle courte, est une personne qui a une situation nette d'au moins un milliard d'unités d'une monnaie, généralement en dollar américain, euro ou livre sterling. Le magazine Forbes publie chaque année une liste des milliardaires en dollars du monde. Au 7 juin 2010, il y avait officiellement 1 011 milliardaires en dollars dans le monde[1]. En 2013, le monde compte 1 426 milliardaires, ces milliardaires représentent réuni un total de 5 400 milliards de dollars[2].

Le poids des milliardaires dans l'économie mondiale est non négligeable : 400 milliardaires représentent le produit intérieur brut d'un État comme l'Inde, comptant plus d'un milliard d'habitants[3].

Histoire  : un concept relatif[modifier | modifier le code]

Le concept de « milliardaire », c'est-à-dire d'une personne privée détenant un patrimoine net comptable équivalant à 1 milliard d'unités, apparait en Occident à la fin du XIXe siècle : auparavant, c'est la notion de multi-millionnaire qui se met en place, et ce, dès le début du XVIIIe siècle : elle est liée à la montée du mercantilisme et du libéralisme. Cela ne veut pas dire qu'il n'exista point de grosses fortunes privées au cours des siècles précédents : par exemple, un homme politique français comme Mazarin transmit par testament à l’État[4] une fortune évaluée à 30 millions de livres[5] quand le budget du Royaume de France était de deux ou trois centaines de millions en 1650. La fortune d'un roi, ou ici d'un serviteur de l’État, n'est pas vraiment dissociable du domaine royal et de la chose publique, elle fait corps avec la richesse de la nation, et ce, bien avant les principes énoncés par la Révolution française : dire donc qu'un souverain, qu'un prince, est fortuné tient parfois du pléonasme ou d'une vision biaisée de l'Histoire.

Une autre difficulté tient à l'évaluation : la notion de capital personnel est relativement récente, elle s'est longtemps heurtée aux lois somptuaires. L'historien peut appréhender la fortune d'un individu du passé grâce aux documents notariées, et non sur la seule prétention. Il doit aussi tenir compte de l'inflation, là aussi phénomène relativement récent, et de la corrosion du capital (crise financière, taux d'intérêt, etc.).

Un patrimoine pouvait être constitué de biens immobiliers (immeubles, terrains, navires, mines, etc.) mais aussi d'objets et de numéraire : après la mort d'une personne riche, bien souvent le notaire procédait à une liquidation des dits biens, afin, d'une part de payer les dettes (apurer le passif) puis d'autre part d'assurer une répartition entre les éventuels héritiers. La notion de patrimoine est donc fondamentale : par le jeu des transmissions (le mariage), des alliances (fratrie, cousinage), les fortunes pouvaient grossir sur plusieurs générations. Au XVIIIe siècle se met en place le capitalisme industriel et financier : la Bourse permet par exemple de détenir d'importantes parts dans une entreprise privée ou publique sous forme d'actions ou d'obligations, qui n'étaient pas systématiquement transmissibles (« au porteur »).

En résumé, il n'existe pas officiellement de fortune à caractère privé dépassant le milliard d'unités comptables avant le début du XXe siècle.

Le premier milliardaire américain officiellement reconnu comme tel est John D. Rockefeller en 1916 qui fit fortune dans le pétrole[6]. L'époque du Gilded Age vit fleurir aux États-Unis d'immenses fortunes et participa à la construction du mythe américain, du « self made man ».

Après la Première Guerre mondiale, et généralement durant les périodes d'inflation (comme celle que connut la France entre 1790 et 1797 ou l'Allemagne entre 1922 et 1924), la valeur du patrimoine doit être relativisée en fonction d'une unité comptable stable : ainsi l'or métal servit longtemps d'étalon pour mesurer la valeur réelle des biens d'une personne. De nos jours, avec l'apparition des changes flottants, le dollar américain, la livre sterling, puis l'euro, constituent des échelles de valeur référentes mais doivent être néanmoins relativisées : posséder 100 millions de dollars en 1900 n'a pas le même impact économique qu'un siècle plus tard, et il convient donc de comparer les niveaux de fortunes à l'aide de facteurs tels que le niveau moyen des salaires, le coût de la construction, le volume structurel du patrimoine, etc.

Cette situation fut illustrée de façon humoristique par une scène du film Austin Powers : la demande de rançon énoncée par le Docteur Denfer se fait en dollars de 1967 parce qu'il se réveille d'un sommeil cryogénique trente ans plus tard ; réclamant 1 million, il provoque l'hilarité de l'assemblée.

Répartition[modifier | modifier le code]

Les États-Unis ont en 2010 le plus de milliardaires dans le top 10[Combien ?], mais l'Inde devrait dépasser les États-Unis dans les années qui viennent[7][réf. insuffisante].

En Russie les milliardaires les plus riches des 20 dernières années (Lisin, Mikhail Prokhorov, Alisher Usmanov, Oleg Deripaska, Roman Abramovich, Alexei Mordashov, etc. ) ont fait leur fortune dans le domaine de la métallurgie, souvent en achetant à bon compte les anciennes usines d'Etat lors des vagues de privatisation, plus encore que dans le gaz ou le pétrole, sauf trois : Vaguit Alekperov (du groupe pétrolier Lukoil), Mikhail Fridman (d'Alfa Group), et Suleiman Kerimov (qui contrôle le holding énergétique Nafta Moskva) qui tire sa fortune de l'or et de la potasse[8].

En France[modifier | modifier le code]

La France compte une trentaine de milliardaires et environ cinq cents millionnaires possédant plus de 40 milliards d'euros d'actifs financiers[9].

En 2013, les milliardaires français sont[10]:

Évolution[modifier | modifier le code]

Après le recul connu en 2008, le nombre de personnes fortunées a augmenté de 17,1 % et leur patrimoine est estimé à 39 000 milliards de dollars en 2009[11].

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : jet set.

Malgré un contexte économique difficile en 2009, les investissements passions « l'art et les diverses danseuses » des ultra-riches représentent plus de 32 % de leurs dépenses[12].

Philanthropie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Giving Pledge et Philanthropie.

Les milliardaires ont tendance à préférer la charité volontaire plutôt que l'impôt redistributif, il faut savoir que ceci n'a pas les mêmes conséquences sur le choix des causes philanthropiques soutenues[13],[14].

Conséquences sociétales[modifier | modifier le code]

Selon l'idéologie du néolibéralisme les personnes très riches auraient un effet bénéfique sur la société car elles dépenseraient ensuite leur argent. Il s'agit de la théorie du ruissellement dont les fondements sont mis en doute.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Matthew Miller et Luisa Kroll, « Bill Gates No Longer World's Richest Man », Forbes,‎ (consulté le 7 juin 2010)
  2. « Le monde compte un nombre record de milliardaires », Figaro,‎ (consulté le 2 juin 2013)
  3. Pourquoi les milliardaires français sont « pingres », LCI, 11/8/2010.
  4. « Testament de monseigneur le cardinal Mazarin au régime de la Congrégation de Saint-Maur », sur Gallica : il s'agit ici du deuxième testament.
  5. Dont un lot important de diamants tels le Sancy.
  6. (en)« The Rockefellers: The Legacy Of History's Richest Man » par Carl O'Donnell, in Forbes, 7 novembre 2014.
  7. Luisa Kroll On Wealth & Celebrity, Forbes, 1/2/2008.
  8. [1]
  9. d'après le World Wealth Report de Merrill Lynch et Cap Gemini 2009 cité par Aymeric Mantoux dans Voyage au pays des ultra-riches, Éditions Flammarion Capital, 2010, ISBN 978-2-8104-0287-8, page 8.
  10. (en) http://www.forbes.com/billionaires/list/#page:1_sort:0_direction:asc_search:_filter:All%20industries_filter:France_filter:All%20states
  11. World Wealth Report 2010
  12. Aymeric Mantoux, Voyage au pays des ultra-riches, Éditions Flammarion Capital, p. 7.
  13. Contre la charité, par Gérard Mordillat 05/10/2012
  14. Tant qu’il y aura de la charité, il y aura de l’injustice par Gérard Mordillat 05/10/2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]