Laurence Parisot

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Laurence Parisot
Laurence Parisot, le 5 février 2009.
Laurence Parisot, le 5 février 2009.
Fonctions
Présidente du MEDEF
5 juillet 20053 juillet 2013
(7 ans, 11 mois et 28 jours)
Prédécesseur Ernest-Antoine Seillière
Successeur Pierre Gattaz
Biographie
Date de naissance 31 août 1959 (55 ans)
Lieu de naissance Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône)
Nationalité Française
Diplômé de IEP de Paris
Nancy II
Profession Chef d'entreprise

Laurence Parisot, née le 31 août 1959 à Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône, est une dirigeante d'entreprise française. Après avoir été PDG de l'institut de sondage IFOP, PME dont elle demeure vice-présidente, elle devient en 2005 présidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF). Elle est réélue en juillet 2010 et quitte ses fonctions trois ans plus tard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Son grand-père Jacques Parisot, fondateur de la société et diplômé de l'école Boulle[1] et son père ont dirigé ce qui devient en 2002 le groupe Parisot, entreprise de meubles, société non cotée en Bourse, implantée à Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Saône), à Mattaincourt (Vosges)[2] et en Roumanie[3], actuellement dirigée par Jacques Cuehle après la démission de Thierry Resibois. Ses parents étaient parmi les deux cents familles les plus riches de France[4]. Le groupe Parisot est vendu en 2011 au groupe Windhurst Industries.

Diplômée en 1981 de l'Institut d'études politiques de Paris, elle obtient l’année suivante un DEA d'études politiques à Sciences Po ainsi qu'une maîtrise de droit public à l’université de Nancy II[5]. Elle est membre du club Le Siècle ainsi que du groupe Bilderberg[6].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Collaboratrice d’Alain Lancelot, président du CEVIPOF (Centre d'études de la vie politique française) de 1983 à 1985[7], elle entre en 1985 à l'institut de sondages Louis-Harris. L'année suivante, elle en devient directrice générale[8].

En 1990, elle prend la direction de l'institut de sondages IFOP, dont elle détient 75 % du capital[9]. Elle en demeure aujourd'hui vice-présidente[10].

Jusqu'en 2006, Laurence Parisot a également dirigé la société d'ameublement Optimum[11] qu'elle a cédée au fonds de pension luxembourgeois GMS[12].

Au MEDEF[modifier | modifier le code]

En 2002, elle entre au conseil exécutif du MEDEF[13].

Premier mandat de présidente (2005-2010)[modifier | modifier le code]

À la fin de la présidence d'Ernest-Antoine Seillière, Laurence Parisot est donnée favorite pour sa succession[14] : elle reçoit le soutien de plusieurs fédérations professionnelles du MEDEF comme la banque, les assurances, la santé et le bâtiment, ainsi que celui d'Ernest-Antoine Seillière[15].

Opposée à Yvon Jacob, Hugues-Arnaud Mayer et Francis Mer[16], elle est élue le 5 juillet 2005 dès le premier tour de scrutin à la majorité absolue avec 271 voix, lors de l'assemblée générale extraordinaire du MEDEF, devançant ainsi Jacob (150 voix) et Mayer (85 voix)[17]

Après quelques déclarations iconoclastes (« La liberté de penser s'arrête là où commence le code du travail » [18] ou « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »[19],[20],[21]), elle a voulu apaiser le débat en déclarant vouloir prouver que « libéral ne veut pas dire antisocial ». Elle a également déclaré qu'elle voulait que sa présidence soit sous le signe de la lutte contre le chômage et placer « l'entreprise au cœur de la société française »[22] pour en faire « le moteur de l'ascension sociale »[23].

Depuis son accession à la tête du mouvement patronal, Laurence Parisot s'est ainsi prononcée pour une « modernisation » du code du travail[24] et l'abandon de la durée légale du temps de travail[25]. Elle est également régulièrement intervenue sur la question de la fiscalité des entreprises[26] et sur la réforme du système de retraites, soutenant la mise en place de la retraite par capitalisation[27]. Aspirant à moderniser l’image du MEDEF, elle mène la campagne[28] affirmant une volonté de favoriser la diversité en entreprise et de renforcer les liens entre patronat et société civile[29].

Second mandat de présidente (2010-2013)[modifier | modifier le code]

Laurence Parisot à l'Assemblée générale du MEDEF, au théâtre Mogador, en février 2009.
Le président russe Dmitri Medvedev avec Laurence Parisot le 2 mars 2012.

Seule candidate à sa succession, Laurence Parisot est réélue par l'Assemblée générale du MEDEF pour un mandat de trois ans, avec 93,85 % des voix[30]. Lors de son intronisation, la présidente du MEDEF met l'accent sur la « compétitivité équitable »[31] et souligne la nécessité de réduire les déficits et développer l'entreprenariat en France[30].

À l’hiver 2012-2013, elle participe aux négociations avec les syndicats de salariés, qui aboutissent à un accord début 2013, portant notamment sur davantage de flexibilité pour les chefs d’entreprise et une couverture sociale étendue pour les salariés[32].

En janvier 2013, elle se porte candidate à un troisième mandat, bien que les statuts du MEDEF ne le permettent pas[33] : elle demande pour cela la saisine du comité statutaire du syndicat patronal pour étudier une réforme de ces statuts visant à harmoniser la durée des mandats à la tête de l'organisation, deux mandats étant actuellement possibles (le premier de cinq ans, le second de trois) ; elle souhaite ainsi établir deux mandats de cinq ans, ce qui prolongerait alors, si cela devait se faire, le sien jusqu’en 2015[34].

Le 28 mars 2013, le MEDEF rejette à une voix près la proposition de changement des statuts[35]. Pierre Gattaz lui succède le 3 juillet suivant. Lors du dernier congrès du MEDEF, Pierre Gattaz célèbre les « années magnifiques » de son mandat. Est notamment porté à son crédit son rôle pendant la crise économique, le dialogue social qu'elle a introduit dans l'organisation patronale, et ses idées devenues lois, comme la rupture conventionnelle ou la représentativité syndicale afin de rendre plus légitimes les représentants des salariés. Elle a aussi été la première à évoquer un report de l'âge de départ à la retraite pour réduire les déficits, a défendu la compétitivité des entreprises et a mis au point le nouveau code AFEP-MEDEF sur la rémunération des patrons. En sus de critiques misogynes auxquelles elle a dû faire face dans un monde entrepreneurial essentiellement masculin[non neutre], il lui est toutefois reproché son « exercice solitaire du pouvoir » et « son inclination pour les sujets sociétaux (parité, diversité) » ; sa tentative de modifier les statuts à la veille du scrutin a également été critiquée[36].

Autres engagements[modifier | modifier le code]

Début 2014, Laurence Parisot soutient les centristes aux élections européennes, lors d'un meeting à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Elle déclare : « sortir de l'euro serait une sortie mortelle »[37].

Autres fonctions et distinctions[modifier | modifier le code]

Mandats sociaux[modifier | modifier le code]

Depuis 2006, Laurence Parisot est membre du conseil d'administration de BNP Paribas[38] et de celui de la COFACE[39].

Elle appartient également au conseil de surveillance de Michelin[40].

Elle est également membre du conseil économique, social et environnemental.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Laurence Parisot est officier de l'ordre national du Mérite et chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur[41].

Controverses[modifier | modifier le code]

Plainte contre les dirigeants de l'UIMM[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'affaire de l'UIMM fin 2007, Laurence Parisot porte plainte le 17 mars 2008 pour diffamation contre Daniel Dewavrin et Denis Gautier-Sauvagnac, dirigeants de l'UIMM[42]. Cette plainte s'inscrit dans le cadre d'une lutte d'influence pour la direction du syndicalisme patronal, entre les leaders historiques que sont les représentants des entreprises industrielles et ceux issus d'entreprises du secteur tertiaire[réf. nécessaire]. En mars 2010, la Cour d'Appel de Paris a débouté Laurence Parisot de sa plainte[43] retenant la « bonne foi » de Daniel Dewavrin et jugeant les faits insuffisants à prouver le grief[43].

Affaire Optimum[modifier | modifier le code]

Dans son livre Allez-y, on vous couvre ! Un barbouze au service de l'État, Patrick Baptendier affirme qu'à l'époque où Laurence Parisot dirigeait l'entreprise Optimum, elle aurait mandaté le cabinet anglo-saxon d'intelligence économique Kroll pour surveiller les abords de la société et enquêter sur le passé de certains salariés[44]. Si Laurence Parisot confirme avoir mandaté ce cabinet pour éclaircir des affaires de vols jamais élucidés, elle conteste, de même que le cabinet, toute enquête sur la vie privée des salariés[45].

Art[modifier | modifier le code]

Collectionneuse de tableaux, Laurence Parisot est passionnée par l'art surréaliste[46]. En 2008, elle a ainsi acheté à l'artiste QUIK, spécialisé dans l'art du graffiti, une toile qui trône au-dessus de son bureau[47].

Publications[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la campagne présidentielle de 2007, Laurence Parisot a rédigé un ouvrage de propositions économiques et sociales, intitulé Besoin d'Air, publié aux éditions du Seuil et destiné à alimenter la réflexion des candidats[48].

En septembre 2011, elle publie chez Calmann-Levy Un piège bleu Marine, livre qu'elle cosigne avec Rose Lapresle[49] et dans lequel elle critique le programme économique du Front national[50]. Marine Le Pen, après lui avoir proposé plusieurs débats publics refusés par Laurence Parisot, dans une lettre destinée aux 45 membres du comité exécutif du Medef, se déclare indignée par les propos de celle-ci, argumentant que cette prise de position politique serait contradictoire avec les principes du Medef, notamment le refus d'ingérence dans le débat électoral[51].

Divers[modifier | modifier le code]

En juin 2008, elle a fait l'objet d'une biographie, Laurence Parisot, une femme en guerre, parue aux éditions l'Archipel, sous la plume de la journaliste Fanny Guinochet[52].

Selon plusieurs sites appartenant au courant altermondialiste, Laurence Parisot aurait été invitée aux réunions du groupe Bilderberg, à Istanbul, les 31 mai – 3 juin 2007, à Washington, le 8 juin 2008 et en Grèce en 2009[53],[54].

Laurence Parisot est le sujet de planches dessinées, sous la plume d'Isa, publiées dans la revue Fluide glacial, dont notamment La Vie sentimentale de Laurence P., qui fait l'objet d'un album[55],[56].

Références[modifier | modifier le code]

  1. historique
  2. Mattaincourt - MVM en redressement judiciaire, lorraine.france3.fr, 7 novembre 2012
  3. Page du groupe.
  4. [1] Éric Verhaeghe, ancien membre du MEDEF, auteur du livre Au cœur du Medef, dans l'émission Ménard sans interdit sur iTélé le 6 octobre 2011
  5. Biographie de Laurence Parisot, sur le site de France 5.
  6. « Dîners du Siècle : les femmes s’invitent à la table du pouvoir », dans Madame Figaro, 15 mai 2011 (source)
  7. Biographie de Laurence Parisot sur le site du Sénat, novembre 2009
  8. Bio Express : Laurence Parisot, L'Express, 29 août 2006.
  9. Medef : Laurence Parisot aux commandes, les Échos, 2005.
  10. Présentation des dirigeants sur le site de l'IFOP
  11. Optimum quitte le giron de la famille Parisot, la Dépêche, 21 mars 2006.
  12. Parisot cède Optimum à un fond luxembourgeois, le Moniteur, 16 mars 2006.
  13. Biographie de Laurence Parisot sur le site de Larousse
  14. Parisot, super-favorite pour la présidence du Medef, le Parisien, 31 mai 2005.
  15. Une patronne pour les patrons, RFI, juillet 2005
  16. Laurence Parisot - Une femme à poigne pour les patrons, Le Point, 7 juillet 2005.
  17. Laurence Parisot élue présidente du Medef, la Croix, 5 juillet 2005
  18. Parisot condamnée aux prud'hommes, actualité Mariane]
  19. « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »
  20. Medef : «L'amour est précaire. Le travail doit l'être aussi»
  21. « La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? »
  22. Discours prononcé lors de l'Assemblée générale 2005 du MEDEF
  23. ibid.
  24. Une patronne pour les patrons, op.cit.
  25. Laurence Parisot propose de supprimer la durée légale du travail, Le Point, 21 novembre 2007
  26. Laurence Parisot lance une offensive sur la fiscalité, Le Point, 16 novembre 2010
  27. Le Medef rappelle les «vertus» de la capitalisation, le Figaro, 18 mai 2010
  28. L’entreprise, c’est la vie, L'université d'été du MEDEF à l'heure des réformes, la Voix Eco, 24 août 2007.
  29. Laurence Parisot tente d'imposer son style à l'assemblée générale du Medef, le Monde, 17 janvier 2006].
  30. a et b Laurence Parisot réélue à la tête du Medef, le Monde, 1er juillet 2010.
  31. Réélue pour trois ans, Laurence Parisot défendra une « compétitivité équitable », 2 juillet 2010
  32. Marc Landré, « Syndicats et patronat sont enfin parvenus à un accord », lefigaro.fr, 11 janvier 2013.
  33. La cartomancienne Parisot dans les pas de Ceaucescu, Nicolas Gauthier, bvoltaire.fr, 4 mars 2013
  34. « Laurence Parisot "heureuse" dans son job », in latribune.fr, 15 janvier 2013.
  35. [http://www.20minutes.fr/economie/1127405-20130328-medef-reforme-statuts-rejetee
  36. Marc Landré, « Après huit dans de règne sans partage, Laurence Parisot laisse derrière elle un bilan mitigé, mais aura marqué l'histoire du MEDEF », in Le Figaro, jeudi 4 juillet 2013, p. 18.
  37. Le Monde, mardi 20 mai 2014, « Parisot-Gattaz : deux façons de défendre les patrons », page 12.
  38. Gouvernement d'Entreprise | Banque BNP Paribas.
  39. Conseil d'administration sur le site de la COFACE.
  40. Michelin : Laurence Parisot reconduite au Conseil., Boursorama, 10 mai 2010.
  41. Biographie de Laurence Parisot sur Voici.fr
  42. Parisot porte plainte pour diffamation contre Denis Gautier-Sauvagnac, Libération, 8 mars 2008.
  43. a et b Parisot à nouveau déboutée de sa plainte en diffamation, le Figaro, 10 mars 2010
  44. Patrick Baptendier, Allez-y, on vous couvre ! Un barbouze au service de l'État, éditions du Panama, 2008
  45. Odile Plichon et François Vignolle, « Laurence Parisot accusée d'avoir fait espionner ses salariés », Le Parisien, 27 mai 2008
  46. Laurence Parisot : le style dada, Le Point, 17 janvier 2007
  47. L'Express
  48. Laurence Parisot interpelle les candidats, Marianne, 25 janvier 2007.
  49. Qui est vraiment la conseillère de Laurence Parisot?, Corinne Lhaïk et Marie Huret, lexpress.fr, le 22 janvier 2009
  50. Pour Parisot, Marine Le Pen est un « danger » pour la France, 20 minutes, 13 septembre 2011
  51. Marine Le Pen réplique à Laurence Parisot, francesoir.fr, 17 octobre 2011
  52. Laurence Parisot. Une femme en guerre par Fanny Guinochet, Alternatives Economiques, septembre 2008.
  53. Tract Bilderberg.
  54. Bilderberg 09 : La liste non officielle des membres de la réunion secrète de 2009.
  55. Marc Landré, « Laurence Parisot, héroïne (malgré elle) de BD », Alternatives économiques,‎ octobre 2012 (consulté le 5 novembre 2012)
  56. Michel Abhervé, « Laurence Parisot héroïne de bande dessinée » (consulté le 5 novembre 2012)

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