Tissu conjonctif

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Les tissus conjonctifs (TC) sont des tissus dont les cellules sont séparées par de la matrice extracellulaire, contrairement aux épithéliums où les cellules sont jointives. Ces tissus constituent la majorité de la masse du corps des animaux (deux tiers du volume total chez l'homme), excepté dans certains groupes d'animaux au plan corporel moins complexe, chez lesquels ils sont absents. Ils sont impliqués dans les fonctions de soutien, de protection, de nutrition, de liaison, de réparation des tissus, de mouvement, de réponse immunitaire, de croissance et de stockage. Le tissu conjonctif possède une origine mésodermique.

Éléments constitutifs[modifier | modifier le code]

Tous les tissus conjonctifs sont formés par une association de trois éléments : les éléments cellulaires, les substances fondamentales et les fibres.

Éléments cellulaires[modifier | modifier le code]

Les cellules indigènes :

  • les fibroblastes, ont un aspect en faisceau avec de nombreux prolongements. Ils sont riches en organites car ils ont un rôle de synthèse important. Ce sont eux qui élaborent les deux autres constituants de ces tissus ;
  • les fibrocytes, qui sont des fibroblastes au repos ;
  • les adipocytes de la graisse blanche, isolés ou dans une population, ils sont impliqués dans le stockage des corps gras, dans la sécrétion de protéines (dont la leptine) et dans la protection thermique ;
  • les adipocytes de la graisse brune, de forme sphérique. Ils sont innervés de manière autonome par une terminaison nerveuse amyélinique et permettent la conversion de l'énergie en chaleur chez le nourrisson.

Les cellules en transit, lesquelles appartiennent principalement au système immunitaire de l'organisme :

Substances fondamentales[modifier | modifier le code]

Les fibroblastes produisent des substances endogènes : des protéines associées à des chaînes glucidiques: les protéoglycanes. Ce sont des molécules de liaison capable de piéger des molécules d'eau. Ces protéoglycanes ont une forme de brosse, avec un axe central formant le manche de la brosse et des glycosaminoglycanes formant les dents. Les glycosaminoglycanes peuvent être sulfatés (kératane sulfate, chondroïtine sulfate, dermatane sulfate, héparane sulfate ou héparine, liés de manière covalentes, ils représentent 95 % du poids du protéoglycane), ou non (acide hyaluronique, qui lui est lié de manière non covalente). On y retrouve également des protéases, qui détruisent la substance fondamentale et permettent ainsi son renouvellement. Elles sont sécrétées par le fibroblastes et les macrophages. Le rôle nutritif est assuré par de l'eau, des sels minéraux et des protéines que l'on trouve en quantité abondante. Ces substances contribuent aussi à la protection contre les chocs et les compactions que pourraient subir les organes.

Fibres[modifier | modifier le code]

On trouve dans les tissus conjonctifs trois types de fibres :

  • les fibres de collagène (1 à 12 micromètres de long et 0,2 à 0,5 micromètres de diamètre)
    C'est une substance constituée d'une molécule de base : le collagène; celles-ci peuvent s'agglomérer entre elles et donnent des fibres de collagène longues et sinueuses présentant une grande résistance sans élasticité ;
  • les fibres de réticuline (0,2 à 2 micromètres de diamètre)
    Éléments fibrillaires qui peuvent être bifurqués et apparaître anastomosés (sans l'être réellement), denses inextensibles et souples (richesse en ciment : glycoprotéine) où l'on retrouve des fibrilles élémentaires de collagène de type III. Elles sont argirophiles et sont donc visibles en microscopie électronique ;
  • les fibres élastiques (0,2 à 1 micromètres de diamètre)
    Elles offrent une capacité d'extension et de contraction (120 à 150 %), tout en conservant une grande résistance. On observe deux constituants :
    • un composant amorphe : l'élastine, scléroprotéine, polymère insoluble, hydrophobe, précurseur de la tropoélastine,
    • ainsi qu'un composant fibrillaire : fibres oxytalanes, renfermant du collagène VI et des lipoprotéines.

Classification[modifier | modifier le code]

Les tissus conjonctifs sont constitués de cellules et de matrice extracellulaire, qui est elle-même composée de fibres (collagène, réticuline, fibronectine ou élastine) et de substance fondamentale. On classe les tissus conjonctifs selon la prédominance d'un de ces trois constituants :

Tissus conjonctifs à prédominance de cellules[modifier | modifier le code]

Ces tissus sont à prédominance cellulaires et sont intéressants car renfermant des propriétés d'excrétion de substance venant des fibres de collagènes, ex. : tissu palléal du sein.

Tissus conjonctifs denses[modifier | modifier le code]

Ces tissus sont à prédominance fibrillaires et assurent un rôle mécanique.

  • Prédominance de collagène  : tissus conjonctifs fibreux.
    • non orienté, ex. : derme profond,
    • orienté
    • semi-orienté, c'est-à-dire mêlant des zones de tissu conjonctif dense fibreux orienté et des zones de tissu conjonctif dense fibreux non orienté. Exemple  : le derme, et plus précisément , la partie superficielle (papillaire) du derme en contact avec l'épiderme, par opposition au derme profond.
  • Prédominance de réticuline  : tissus conjonctifs réticulaires. Exemple  : organes hématopoïétiques

2.Les fibres réticulaires (fibres de réticuline) (type III collagène)

Elles forment les charpentes des organes et des tissus. Elles peuvent être mises en évidence par des colorations argentiques ou par réaction à l’acide périodique (PAS).

Tissus conjonctifs œdémateux[modifier | modifier le code]

Ces tissus sont à prédominance de substance fondamentale. La gelée de Wharton en est un exemple.

Tissus conjonctifs adipeux[modifier | modifier le code]

Il est constitué de nombreux adipocytes contenant une énorme vacuole lipidique, appelé lobules. On le retrouve dans le derme ou le mésentère.

Il joue trois rôles :

  • protection thermique (les lipides sont de bons isolants contre le froid) ;
  • protection mécanique (amortisseurs des chocs) ;
  • réserve énergétique ;
  • et il sert aussi d'emballage.

Principaux tissus conjonctifs[modifier | modifier le code]

Ces tissus comprennent :

  • les mésenchymes ou tissus conjonctifs de soutien. Comme leur nom l'indique, ces tissus sont purement de soutien. Leur cellule caractéristique est le fibroblaste, ainsi nommée car elle secrète la plus grande part de la matrice extracellulaire existant dans l'organisme. Ces tissus constituent de grandes membranes, riches en fibres de collagène et limitées par une couche de type épithélial sur chaque face (le mésothélium). Ils séparent les différents compartiments du cœlome des animaux et possèdent également une fonction de soutien : ils sont enroulés autour des organes et les maintiennent en place ;
  • le cartilage est un tissu conjonctif riche en collagène II. Du fait de sa solidité, il sert de squelette chez les vertébrés primitifs (poissons chondrichtyens) ;
  • l'os a une matrice extracellulaire contenant notamment du collagène I qui garantit sa cohésion et des cristaux d'hydroxyapatite qui garantissent sa solidité. Il constitue le squelette léger et très résistant qui caractérise la majorité des vertébrés et est certainement en très grande partie responsable de leur succès évolutif. Il a aussi comme fonction de constituer une réserve de calcium (ion fondamental pour le fonctionnement cellulaire), ce qui explique le fonctionnement dynamique (avec destruction et reconstruction perpétuelle) de l'os chez les vertébrés ;
  • le sang est un tissu conjonctif liquide. Il circule à l'intérieur des vaisseaux sanguins et permet d'amener les différentes molécules de l'organisme du lieu où elles sont disponibles vers celui où elles sont utilisées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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