Chronologie de la Commune de Paris (1871)
La Commune de Paris dure du 18 mars au 28 mai 1871
NB : la différence de date, qui peut être constatée, entre la chronologie ci-dessous et d'autres par ailleurs, surtout pour les décrets, peut être due à l'écart entre la prise de décision et son officialisation par sa publication, souvent le lendemain, au Journal Officiel.
De nombreux évènements qui se sont déroulés pendant le siège de Paris par les troupes prussiennes préparent les couches populaires parisiennes à l'idée de Commune et mettent en place des structures d'encadrement.
Sommaire |
Septembre 1870 [modifier]
- 7 septembre : le Gouvernement de la Défense nationale nomme les maires d'arrondissements.
- 13 septembre : création du Comité central républicain des Vingt arrondissements.
- 19 septembre : début du siège de Paris par les Prussiens.
Octobre [modifier]
- 8 octobre : Échec de la manifestation du Comité central républicain des Vingt arrondissements en vue d'obtenir des élections municipales à Paris.
- 31 octobre : Échec de la manifestation protestant contre la politique jugée capitularde du Gouvernement de la Défense nationale.
Novembre [modifier]
- 3 novembre : la politique du Gouvernement de la Défense nationale est approuvée par plébiscite.
- 5-8 novembre : déroulement des élections municipales à Paris.
Janvier 1871 [modifier]
- 6 janvier : Publication de la seconde Affiche Rouge, qui demande la création d'une Commune à Paris.
- 19 janvier : À Buzenval échec sanglant de l'offensive contre les Prussiens, que le général Trochu, gouverneur militaire de Paris et président du gouvernement provisoire, a imaginée pour "calmer" les Parisiens les plus bellicistes.
- 22 janvier : manifestation insurrectionnelle place de l'Hôtel de Ville. Les soldats du général Vinoy tirent et font une trentaine de morts parmi les manifestants.
- 26 janvier : les Allemands cessent le bombardement de Paris.
- 28 janvier : annonce officielle de l'armistice franco-prussien.
- 29 janvier : Paris capitule, l’armistice est proclamé
« CONVENTION Entre M. le comte de Bismarck, chancelier de la De la Confédération germanique, stipulant au nom de S. M. l'empereur d'Allemagne, roi de Prusse, et M. Jules Favre, ministre des affaires étrangères du gouvernement de la Défense nationale, munis de pouvoirs réguliers,
Ont été arrêtées les conventions suivantes:
- ARTICLE PREMIER.
Un armistice général, sur toute la ligne des opérations militaires eu cours d'exécution entre les armées allemandes et les armées françaises, commencera pour Paris aujourd'hui même, pour les départements dans un délai de trois jours; la durée de l'armistice sera de vingt et un jours, à dater d'aujourd'hui, de manière que, sauf le cas où il serait renouvelé, l'armistice se terminera partout le 19 février, à midi.
Les armées belligérantes conserveront leurs positions respectives, qui seront séparées par une ligne de démarcation. Cette ligne partira de Pont I'Ëvèque, sur les côtes du département du Calvados, se dirigera sur Lignières, dans le Nord-Est du département de la Mayenne, en passant outre Briouze et Fromentel en touchant au département de la Mayenne à Lignières, elle suivra la limite qui sépare ce département de celui de l'Orne et de la Sarthe, jusqu'au nord de Morannes, et sera continuée de manière à laisser à l'occupation allemande les départements de la Sarthe, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, du Loiret, de l'Yonne, jusqu'au point où, à l'Est de Quarré-les-Tombes, se touchent les départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre et de l'Yonne. À partir de ce point, le tracé de la ligne sera réservé à une entente qui aura lieu aussitôt que les parties contractantes seront renseignées sur la situation actuelle des opérations militaires en exécution dans les départements de la Côte-d'Or, du Doubs et du Jura. Dans tous les cas, elle traversera le territoire composé de ces trois départements, en laissant à l'occupation allemande les départements situés au Nord, à l'armée française ceux situés au Midi de ce territoire.
Les départements du Nord et du Pas de Calais, les forteresses de Givet et de Langres, avec le terrain qui les entoure à une distance de dix kilomètres, et la péninsule du Havre jusqu'à une ligne à tirer d'Étretat, dans la direction, de Saint Romain, resteront en dehors de l'occupation allemande.
Les deux armées belligérantes, et leurs avant postes de part et d'autre, se tiendront à une distance de dix kilomètres au moins des lignes tracées pour séparer leurs positions.
Chacune des deux armées se réserve le droit de maintenir son autorité dans le territoire qu'elle occupe, et d'employer les moyens que ses commandants jugeront nécessaires pour arriver à ce but.
L'armistice s'applique également aux forces navales des deux pays, en adoptant le méridien de Dunkerque comme ligne de démarcation, à l'Ouest de laquelle se tiendra la flotte française, et à l'est de laquelle se retireront, aussitôt qu'ils pourront être avertis, les bâtiments de guerre allemands qui se trouvent dans les eaux occidentales. Les captures qui seraient faites après la conclusion et avant la notification de l'armistice, seront restituées, de même que les prisonniers qui pourraient être faits de part et d'autre, dans des engagements qui auraient en lieu dans l'intervalle indiqué.
Les opérations militaires sur le terrain des départements du Doubs, du Jura et de la Côte-d'Or, ainsi que le siège de Belfort, se continueront indépendamment de l'armistice, jusqu'au moment ou l'on se sera mis d'accord sur la ligne de démarcation dont le tracé à travers les trois départements mentionnés a été réservé à une entente ultérieure.
- ARTICLE 2.
L'armistice ainsi convenu a pour but de permettre au gouvernement de la défense nationale de convoquer une Assemblée librement élue qui se prononcera sur la question de savoir : si la guerre doit être continuée, ou à quelles conditions a paix doit être faite. L'Assemblée se réunira dans la ville de Bordeaux.
Toutes les facilités seront données par les commandants des armées allemandes pour l'élection et la réunion des députés qui la composeront.
- ARTICLE 3.
Il sera fait immédiatement remise à l'armée allemande, par l'autorité militaire française, de tous les forts formant le périmètre de la défense extérieure de Paris, ainsi que de leur matériel de guerre. Les communes et les maisons situées en dehors de ce périmètre ou entre les forts pourront être occupées par les troupes allemandes, jusqu'à une ligne à tracer par des commissaires militaires. Le terrain restant entre cette ligne et l'enceinte fortifiée de la ville de Paris sera interdit aux forces armées des deux parties. La manière de rendre les forts, et le tracé de la ligne mentionnée formeront l'objet d'un protocole à annexer à la présente convention.
- ARTICLE 4.
Pendant la durée de l'armistice, l'armée allemande n'entrera pas dans la ville de Paris.
- ARTICLE 5.
L'enceinte sera désarmée de ses canons, dont les affûts seront transportés dans les forts à désigner par le commissaire de l'armée allemande (*).
(*) Dans le protocole, cette condition du transport des affûts dans les forts a été abandonnée par les commissaires allemands, sur la demande des commissaires français.
- ARTICLE 6
Les garnisons (armée de ligne, garde mobile et marins) des forts de Paris seront prisonnières de guerre, sauf une division de douze mille hommes que l'autorité militaire dans Paris conservera pour le service intérieur.
Les troupes prisonnières de guerre déposeront leurs armes, qui seront réunies dans des lieux désignés et livrées suivant règlement par commissaires suivant l'usage. Ces troupes resteront dans l'intérieur de la ville, dont elles ne pourront pas franchir l'enceinte pendant l'armistice. Les autorités françaises s'engagent à veiller à ce que tout individu appartenant à l'armée et à la garde mobile reste consigné dans l'intérieur de la ville. Les officiers des troupes prisonnières seront désignés par une liste à remettre aux autorités allemandes.
A l'expiration de l'armistice, tous les militaires appartenant à l'armée consignée dans Paris, auront à se constituer prisonniers de guerre de l'armée allemande, si la paix n'est pas conclue jusque là.
Les officiers prisonniers conserveront leurs armes.
- ARTICLE 7.
La garde nationale conservera ses armes. Elle sera chargée de la garde de Paris et du maintien de l'ordre. Il en sera de même de la gendarmerie et des troupes assimilées, employées dans le service municipal, telles que garde républicaine, douaniers et pompiers; la totalité de cette catégorie n'excède pas trois mille cinq cents hommes.
Tous les corps de francs tireurs seront dissous par une ordonnance du gouvernement français.
- ARTICLE 8.
Aussitôt après les signatures des présentes et avant la prise de possession des forts, le commandant en chef des armées allemandes donnera toutes facilités aux commissaires que le gouvernement français enverra, tant dans les départements qu'à l'étranger, pour préparer le ravitaillement et faire approcher de la ville les marchandises qui y sont destinées.
- ARTICLE 9.
Après la remise des forts et après le désarmement de l'enceinte et de la garnison stipulés dans les articles 5 et 6, le ravitaillement de Paris s'opérera librement par la circulation sur les voies ferrées et fluviales. Les provisions destinées à ce ravitaillement ne pourront être puisées dans le terrain occupé par les troupes allemandes, et le gouvernement français s'engage à en faire l'acquisition en dehors de la ligne de démarcation qui entoure les positions des armées allemandes, à moins d'autorisation contraire donnée par les commandants de ces dernières.
- ARTICLE 10.
Toute personne qui voudra quitter la ville de Paris devra être munie de permis réguliers délivrés par l'autorité militaire française, et soumis au visa des avant postes allemands. Ces permis et visas seront accordés de droit aux candidats à la députation en province et aux députés à l'Assemblée.
La circulation des personnes qui auront obtenu l'autorisation indiquée, ne sera admise qu'entre six heures du matin et six heures du soir.
- ARTICLE 11.
La ville de Paris payera une contribution municipale de guerre de la comme de deux cents millions de francs. Ce payement devra être effectué avant le quinzième jour de l'armistice. Le mode de payement sera déterminé par une commission mixte allemande et française.
- ARTICLE 12
Pendant la durée de l'armistice, il ne sera rien distrait des valeurs publiques pouvant servir de gages au recouvrement des contributions de guerre.
- ARTICLE 13.
L'importation dans Paris d'armes, de munitions ou de matières servant à leur fabrication, sera interdite pendant la durée de l'armistice.
- ARTICLE 14.
Il sera procédé immédiatement à l'échange de tous les prisonniers de guerre qui ont été faits par l'armée française depuis le commencement de la guerre. Dans ce but, les autorités françaises remettront, dans le plus bref délai, des listes nominatives des prisonniers de guerre allemands aux autorités militaires allemandes à Amiens, au Mans, à Orléans et à Vesoul. La mise en liberté des prisonniers de guerre allemands s'effectuera sur les points les plus rapprochés de la frontière. Les autorités allemandes remettront en échange, sur les mêmes points, et dans le plus bref délai possible, un nombre pareil de prisonniers français, de grades correspondants, aux autorités militaires françaises.
L'échange s'étendra aux prisonniers de condition bourgeoise, tels que les capitaines de navires de la marine marchande allemande, et les prisonniers français civils qui ont été internés en Allemagne.
- ARTICLE 15
Un service postal pour des lettres non cachetées sera organisé entre Paris et les départements, par l'intermédiaire du quartier général de Versailles.
En foi de quoi les soussignés ont revêtu de leurs signatures et de leur sceau les présentes conventions.
Fait à Versailles, le vingt huit janvier mil huit cent soixante et onze.
Signé : Jules Favre - Bismark »Février [modifier]
- 8 février : aux élections pour l'Assemblée nationale 4 députés socialistes révolutionnaires sont élus à Paris (sur 43 au total).
- 19 février : Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif, présente le nouveau gouvernement devant l'Assemblée nationale réunie à Bordeaux.
- 24 février : 2 000 délégués de la Garde nationale se réunissent au Vauxhall d'été. Manifestations place de la Bastille.
- 26 février : les canons inoffensifs (sans gargousses) de la Garde nationale sont rassemblés à Belleville et à Montmartre.
Mars [modifier]
- 1er mars : les Prussiens défilent sur les Champs-Élysées.
- 3 mars : création d'un Comité exécutif provisoire de la Garde Nationale.
- 6 mars : Thiers nomme le général Aurelle de Paladines, commandant en chef de la Garde nationale.
- 8 mars : échec de la tentative gouvernementale d'enlever les canons de la place Vendôme
- 10 mars : l'Assemblée nationale décide de se transférer de Bordeaux à Versailles, ce qui rappelle de très mauvais souvenir aux parisiens. Elle vote la fin du moratoire des dettes, des effets de commerce et des loyers, accablant ainsi la population parisienne sans le sou. Par le Pacte de Bordeaux, les députés ne tiennent pas pour acquis le maintien de la République.
- 11 mars : le général Vinoy, commandant en chef de l'armée de Paris, suspend 6 journaux républicains.
Auguste Blanqui et Gustave Flourens sont condamnés à mort par contumace pour leur participation à la tentative insurrectionnelle du 31 octobre à Paris. - 15 mars : création du Comité central de la Garde nationale.
- 16 mars : Thiers s'installe à Paris dans le but de "pacifier" la capitale. Il nomme le général Valentin à la Préfecture de Police.
- 17 mars : Blanqui est arrêté dans le Lot.
- 18 mars : Thiers, cherchant un prétexte pour agir, ordonne l'enlèvement par la troupe des canons de la Garde nationale, pourtant inoffensifs, une note datée du 16 mars, émanant du 61e bataillon de Montmartre et adressée à Clemenceau stipulant que la garde nationale était prête à restituer ces canons à l'autorité militaire.
Le 88e régiment d'infanterie de ligne refuse d'ouvrir le feu sur les parisiens, et met crosse en l'air.
Les parisiens des quartiers Est et Centre se soulèvent.
Exécution des généraux Lecomte et Clément-Thomas par leurs soldats. Thiers quitte Paris pour Versailles. - 19 mars : le Comité central de la Garde nationale annonce la tenue d'élections pour créer le Conseil de la Commune. Le gouvernement confie l'administration de Paris aux maires et députés de la capitale.
- 20-21 mars : à Versailles la délégation des maires en vue d'une conciliation se fait huer par l'Assemblée.
Jules Favre, vice-président du conseil des ministres insulte Paris. - 21 mars : les troupes versaillaises occupent le Mont-Valérien.
Manifestation des Amis de l'Ordre boulevard des Italiens, Porte Saint-Denis, rue Vivienne et place de la Bourse. - 22 mars : de l'Opéra à la place Vendôme, échec sanglant de la seconde manifestation des Amis de l'Ordre. Une partie de la population des quartiers chics, situés à l'Ouest, quitte Paris.
- 23 mars : proclamation des Communes de Marseille et de Lyon.
- 24 mars : proclamation des Communes de Narbonne et de Saint-Étienne. Fin de la Commune de Lyon.
- 25 mars : proclamation de la Commune de Toulouse.
- 26 mars : proclamation de la Commune du Creusot. Élections pour le Conseil de la Commune de Paris.
- 28 mars : installation du Conseil de la Commune de Paris à l'Hôtel de Ville. Proclamation de la Commune de Paris. Fin des Communes de Saint-Étienne, de Toulouse et du Creusot.
- 29 mars : la Commune décrète que les loyers dus depuis le moratoire du 13 août 1870, sont annulés; la vente des objets déposés au Mont-de-piété est suspendue. La conscription militaire et l'armée de métier sont abolies.
- 31 mars : fin de la Commune de Narbonne.
Avril [modifier]
- 2 avril : La Commune décrète la séparation de l'Église et de l'État, le budget des cultes est supprimé.
Les traitements des fonctionnaires ne pourront plus dépasser 6 000 francs annuels.
La Commune décrète la mise en accusation du gouvernement de Thiers.
À Courbevoie les troupes versaillaises attaquent les Communards qui se replient sur Neuilly. - 3 avril : les Communards lancent une attaque en direction de Versailles.
Gustave Flourens est assassiné à Rueil-Malmaison par un gendarme. - 4 avril : l'offensive des Communards échoue à Châtillon, environ 1 500 hommes sont emmenés prisonniers à Versailles.
Proclamation d'une Commune à Limoges, aussitôt étouffée.
Fin de la Commune de Marseille.
Gustave Paul Cluseret est nommé délégué à la Guerre. - 5 avril : la Commune suspend Le Journal des Débats et La Liberté journaux pro-versaillais
- 6 avril : la Commune vote le décret des otages.
Arrestation des personnes complices du gouvernement Thiers.
La Commune décrète le désarmement des Gardes nationaux anti-communards. - 8 avril : la Commune décrète le versement d'une pension à tous les blessés, il sera étendu aux veuves, aux orphelins des Gardes nationaux tués au combat(10 avril)
- 9 avril : le Conseil de la Commune réaffirme l'obligation de la déclaration préalable pour la presse.
- 11 avril : la Commune décide la création d'un conseil de guerre.
- 12 avril: la Commune décide de suspendre les poursuites judiciaires concernant les échéances(loyers, effets de commerce...).
L'archevêque de Paris, Georges Darboy, otage de la Commune, écrit à Thiers pour protester contre les exécutions sommaires de Communards prisonniers et proposer son échange contre Auguste Blanqui prisonnier à Morlaix sur ordre de Thiers.
La Commune interdit Le Moniteur Universel, journal considéré comme pro-versaillais. - 13 avril : la Commune décide la démolition de la Colonne Vendôme
- 14 avril : la Commune interdit les arrestations arbitraires.
Début du bombardement d'Asnières, où sont stationnées des troupes de la Commune, par les troupes versaillaises (il durera jusqu'au 17 avril) - 16 avril : la Commune fait recenser les ateliers abandonnés et favorise la création de coopératives ouvrières.
La Commune décide un délai de trois ans pour le remboursement des échéances et des dettes.
Élections complémentaires au Conseil de la Commune. - 18 avril : la Commune décrète que toute arrestation doit faire l'objet d'un procès-verbal
- 19 avril : la Commune fait une Déclaration au Peuple français où elle expose son programme.
- 20 avril : la Commune interdit le travail de nuit chez les boulangers (applicable le 27)
- 21 avril : les francs-maçons tentent une conciliation entre la commune et le gouvernement Thiers.
- 22 avril : la Commune organise les boucheries municipales
- 23 avril : Thiers organise le blocus du ravitaillement de Paris
- 25 avril : à Belle-Epine près de Villejuif, un officier de chasseur à cheval des troupes versaillaises exécute personnellement sans jugements quatre soldats communards prisonniers.
La Commune décide la réquisition des logements vacants pour y loger les victimes des bombardements faits par les troupes versaillaises.
La Commune décide de réorganiser les Poids et mesures - 28 avril : la Commune supprime le système des amendes par lesquelles les patrons pénalisaient leurs salariés.
Mai [modifier]
- 1er : création, par la Commune du Comité de Salut Public (sorte de gouvernement).
Louis Rossel est nommé Délégué à la Guerre après la révocation de Cluzeret. - 2 mai : la Commune abolit le serment politique et professionnel pour les fonctionnaires.
- 3 mai : Parution du numéro 4 du Père Duchêne illustré.
Les versaillais reprennent la redoute du Moulin de Saquet dans des combats qui feront 150 morts[1]. - 4 mai : la Commune interdit le cumul des traitements.
- 5 mai : la Commune supprime sept journaux parisiens considérés comme pro-versaillais et fait détruire la chapelle expiatoire commémorant la mort de Louis XVI
- 6 mai : Thiers refuse la tentative de conciliation entreprise par la Ligue d'Union républicaine des Droits de Paris.
Décret de la Commune autorisant le dégagement gratuit des objets déposés au Mont-de-Piété pour moins de 6 francs. - 7 mai : Parution du numéro 5 du Père Duchêne illustré.
- 8 mai : Thiers adresse un ultimatum aux Parisiens
- 9 mai : le fort d'Issy tombe aux mains des troupes versaillaises
- 10 mai : Charles Delescluze est nommé Délégué à la Guerre en remplacement de Rossel démissionnaire.
Les biens parisiens de Thiers sont saisis.
Parution du numéro 6 du Père Duchêne illustré.
La paix franco-allemande est signée à Francfort. Par le traité de Francfort, la France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine et doit verser 5 milliards de francs d'indemnités (4,9 sont récoltés par une souscription nationale ouverte le 27 juin). Suite à ce traité, environ 160 000 Alsaciens et Lorrains, refusant de devenir Allemands, quittent les provinces perdues et s'installent sur le territoire français. - 11 mai : décret de la Commune ordonnant la démolition de la maison parisienne de Thiers. La Commune supprime 5 journaux.
- 13 mai : Les troupes versaillaises occupent le fort de Vanves.
- 14 mai : Thiers refuse la proposition d'échanger les 74 otages de la Commune contre le seul Auguste Blanqui emprisonné à Morlaix.
Création du Territoire de Belfort à partir de l'unique arrondissement du Haut-Rhin non annexé par l'Empire allemand.
Parution du numéro 7 du Père Duchêne illustré. - 15 mai : Crise ouverte entre la majorité et la minorité du Conseil de la Commune. Les minoritaires publient un manifeste.
- 16 mai : La Commune met à bas la statue de Napoléon place Vendôme.
- 17 mai : Un sabotage provoque l'explosion de la cartoucherie de l'avenue Rapp.
La Commune décrète l'égalité des enfants légitimes ou naturels, des épouses et des concubines pour la perception des pensions.
Parution du numéro 8 du Père Duchêne illustré. - 18 mai : L'Assemblée nationale, siégeant à Versailles vote la ratification du traité de Francfort.
Le Comité de Salut public de la Commune supprime dix journaux. - 19 mai : La Commune décrète que les fonctionnaires ou les fournisseurs de la Commune qui seront accusés de concussion seront traduits devant une Cour martiale où ils risqueront la peine de mort. Arrestation des Dominicains du couvent d'Arcueil, soupçonnés d'aider les troupes versaillaises.
Le Comité central républicain des Vingt arrondissements disparaît. - 21 mai : Grâce à une trahison, les troupes versaillaises entrent dans Paris par la Porte de Saint-Cloud. C'est le début de la Semaine sanglante.
Parution du numéro 9 du Père Duchêne illustré. - 22 mai : Les troupes versaillaises contrôlent les Champs-Élysées, les quartiers Saint-Lazare et Montparnasse.
- 23 mai : Les troupes versaillaises occupent Montmartre.
Débuts des grands incendies qui vont ravager certains monuments parisiens (Palais des Tuileries).
Parution du dernier numéro du Père Duchêne (numéro 68). - 24 mai : Les versaillais contrôlent le Quartier latin et multiplient les exécutions sommaires.
L'Hôtel de Ville et la préfecture de Police sont incendiés.
Des Communards font exécuter six otages dont l'archevêque Georges Darboy.
Parution du dernier numéro (10) du Père Duchêne illustré. - 25 mai : Cinq dominicains d'Arcueil et neuf employés du couvent sont abattus dans une tentative de fuite.
Combats vigoureux Place du Château d'Eau.
Mort de Charles Delescluze. - 26 mai : Le Faubourg Saint-Antoine est contrôlé par les versaillais.
Rue Haxo, la foule massacre 11 religieux, 35 gendarmes et quatre mouchards du Second Empire.
Exécution, par les versaillais, de Jean-Baptiste Millière, fusillé à genoux sur les marches du Panthéon de Paris. - 27 mai : Durs combats dans Belleville, au cimetière du Père-Lachaise et aux Buttes-Chaumont.
- 28 mai : En début d'après-midi, fin des combats (rue Ramponneau).
Mort d'Eugène Varlin.
Exécution des défenseurs de la Commune de Paris devant le mur des Fédérés. - 29 mai : Capitulation du fort de Vincennes, dernier bastion communard.
Fin de la Commune de Paris.
Procès, exécutions et déportations de prisonniers communards vont commencer.
Novembre [modifier]
- 28 novembre : Exécutions de Louis Rossel, ancien délégué à la Guerre de la Commune, de Théophile Ferré, compagnon de Louise Michel, et du sergent Pierre Bourgeois au camp de Satory[2].
Articles connexes [modifier]
Notes, sources et références [modifier]
- Jacques Dimet, Vitry-sur-Seine d'hier et d'aujourd'hui, Éditions Messidor, 1989, 173 p. (ISBN 9782209061396), p. 101
- André Guérin, La Folle Guerre de 1870, Hachette, 1970, p. 333.