Eugène Varlin

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Eugène Varlin

Louis Eugène Varlin, né le 5 octobre 1839 à Claye (Seine-et-Marne) et mort le 28 mai 1871 à Paris, est un militant socialiste et libertaire, membre de la Commune de Paris et de la Première Internationale.

Internationale, coopératives et grèves[modifier | modifier le code]

Eugène Varlin. Portrait par Félix Vallotton paru dans La Revue blanche en 1897.

Eugène Varlin naît dans une famille de paysans pauvres. Il est apprenti peintre en 1862, puis devient artisan relieur à Paris. Il découvre alors Proudhon, dont il lit les œuvres. En 1857, il participe à la fondation de la société de secours mutuels des relieurs. En 1864-1865, il anime la grève des ouvriers relieurs parisiens. Il devient président de la société d'épargne de crédit mutuel des relieurs qu'il a aidée à créer (partisan de l'égalité des sexes, il y fait entrer à un poste élevé Nathalie Lemel).

En 1864 est créée l'Association internationale des travailleurs, souvent connue sous l’appellation de « Première Internationale ». Varlin y adhère en 1865 et participe, avec son frère Louis et Nathalie Lemel, à la première grève des relieurs. Il est délégué en 1865 et 1866 aux premiers congrès de l'AIT, à Londres et à Genève, où il défend contre la majorité des autres délégués le droit au travail des femmes.

À la même époque, il crée la Société de solidarité des ouvriers relieurs de Paris, dont les statuts évoquent la nécessité de « poursuivre l'amélioration constante des conditions d'existence des ouvriers relieurs en particulier, et, en général, des travailleurs de toutes les professions et de tous les pays, et d'amener les travailleurs à la possession de leurs instruments de travail. » Ses efforts contribuent à la création, le 14 novembre 1869, de la Fédération parisienne des sociétés ouvrières, qui plus tard passe à l'échelle nationale et devient ultérieurement la Confédération générale du travail. Varlin participe à la création d'une coopérative, La Ménagère, en 1867, et à l'ouverture, en 1868, d'un restaurant coopératif, La Marmite. Ce dernier compte 8 000 adhérents et ne ferme qu'après la Commune.

En 1868, 1869 et 1870, Varlin est arrêté et emprisonné plusieurs fois en raison des grèves poussées par l'AIT en France. En 1870, la section parisienne de l'AIT publie un manifeste contre la guerre. Eugène Varlin constitue des sections de l'Internationale à Lyon, au Creusot et à Lille.

À la chute de l'Empire, Varlin fait partie, en septembre 1870, du comité central républicain des Vingt arrondissements de Paris et devient membre du comité central de la garde nationale au titre du 193e bataillon, dont il est le commandant. Il est révoqué de son commandement après l'insurrection du 31 octobre contre la politique menée par le gouvernement de la Défense nationale. Pendant l'hiver et le siège de Paris par les Prussiens, il s'occupe de l'alimentation des nécessiteux en fournissant les « marmites de Varlin » avec l'aide, notamment, de Nathalie Lemel et devient secrétaire du conseil de l'AIT pour la France. Le 8 février 1871, il est candidat, sans succès, comme socialiste révolutionnaire aux élections pour l'Assemblée nationale.

La Commune[modifier | modifier le code]

L'exécution de Varlin, Maximilien Luce.

Lors du 18 mars 1871, Varlin participe à la prise de la place Vendôme. Le 24 mars, il participe à la rédaction du manifeste-programme des sections parisiennes de l'AIT. Il est élu triomphalement le 26 mars au conseil de la Commune par les VIe, XIIe et XVIIe arrondissements, et nommé à la commission des finances. Il assure la liaison entre la Commune et les sociétés ouvrières.

Le 1er mai, Varlin, comme la majorité des internationalistes, s'oppose à la création du comité de salut public et signe le manifeste de la minorité. Pendant la Semaine sanglante, il tente en vain de s'opposer à une exécution d'otages, rue Haxo, et participe aux combats à Belleville.

Emplacement de la dernière barricarde de la Commune
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Le 28 mai, au dernier jour de la Semaine sanglante, terrible répression menée par l'armée des Versaillais, Eugène Varlin, reconnu par un prêtre rue Lafayette, est arrêté et amené à Montmartre où il est lynché, éborgné par la foule et, finalement, fusillé par les « lignards »[1].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Plusieurs écoles portent le nom d'Eugène Varlin, ainsi que des voies publiques, notamment une rue du 10e arrondissement de Paris.Il y a une avenue Eugène Varlin dans le quartier historique de Saint Sauveur à Lille (Lille-centre).Une place à son nom a été inaugurée le 21 juin 2006 dans le 3e arrondissement de Lyon, entre la bourse du travail et le palais de justice. Eugène Varlin est né dans une maison de la rue Berthe, dans le quartier Voisin de l'actuelle Claye-Souilly, rue qui aujourd'hui porte son nom. Une rue de Saint-Junien (Haute-Vienne), près de la place Lénine, au chevet de la collégiale et de la bourse du travail, porte le nom de Varlin depuis 1932. Les villes de Limoges en Haute-Vienne, Malakoff (Hauts-de-Seine), à Douchy-Les-Mines (Nord), à Avion (Pas-de-Calais), Limeil-Brevannes (Val-de-Marne) et à Villejuif (Val-de-Marne) portent chacune une rue à son nom. Un annexe et une salle de la Bourse du travail de Paris ont également été baptisées en son honneur.

Citation[modifier | modifier le code]

« Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d'un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. »[réf. souhaitée]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bernard Noël, Dictionnaire de la Commune, Flammarion, coll. Champs, 1978
  • Jean Bruhat, Eugène Varlin, militant ouvrier, révolutionnaire et communard, Paris, EFR et Club Diderot, 1975
  • Michel Cordillot, Eugène Varlin, chronique d'un espoir assassiné, Éditions de l'Atelier, coll. La part des hommes, 261 p., 1991

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jugement déclaratif de décès du Tribunal Civil de la Seine transcrit à Paris XVIIIe le 11 mars 1878 (A.D. Paris, cote V4E 4987, vue 5/31).

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