Sofia Kovalevskaïa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Sofia Kovalevskaïa

Description de l'image  Sofja Wassiljewna Kowalewskaja 1.jpg.
Naissance
Moscou (Russie)
Décès (à 41 ans)
Stockholm (Suède)
Nationalité Drapeau de la Russie Russie
Champs Mathématicienne
Institutions université de Heidelberg
Renommé pour Théorème de Cauchy-Kowalevski
Distinctions Nom de l'astéroïde (1859) Kovalevskaya
cratère Kovalevskaya Lune
Sofia Kovalevskaya Award

Sofia Vassilievna Kovalevskaïa (également Sonia, Sofa ; en russe : Со́фья Васи́льевна Ковале́вская ; en français et en allemand, elle signe Sophie Kowalevski) est une mathématicienne russe née à Moscou le 15 janvier 1850 et décédée à Stockholm le 10 février 1891.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sofia Vassilievna Kroukovskaïa est née à Moscou en 1850. Son père était un officier d'artillerie, un de ses grands-pères, le général Schubert, avait fait des mesures géodésiques (pour calculer les axes de la terre). Sa famille avait une intense vie culturelle et fréquentait notamment Dostoïevski ; ce dernier demanda même sa sœur ainée, Anna, en mariage. La jeune Sofia révèle un goût pour la science et dépasse rapidement son précepteur de sorte que sa famille doit lui en trouver un autre.

Toutefois, pour pouvoir suivre des études scientifiques à l'étranger, elle doit contracter un mariage blanc, avec un biologiste, nihiliste comme elle, Vladimir Kowalevski.

Elle s'inscrit à l'université de Heidelberg en 1869. Elle y suit des cours de Hermann Ludwig von Helmholtz et de Leo Königsberger. Devant ses possibilités, ses professeurs lui conseillent d'aller à Berlin suivre les cours de Karl Weierstrass. Ne pouvant entrer à l'université de Berlin du fait de son sexe, elle suit des cours privés donnés par Weierstrass, de qui elle devient une des élèves préférées.

Elle travaille sur les équations aux dérivées partielles, corrigeant et améliorant un résultat de Cauchy (énonçant et démontrant ce que l'on appelle aujourd'hui le théorème de Cauchy-Kowalevski). Elle écrit un mémoire sur les intégrales abéliennes (en). Enfin, un troisième mémoire porte sur la forme des anneaux de Saturne. Pour ces trois mémoires, elle obtient le titre de docteur de l'université de Göttingen en 1874, la première femme à obtenir ce titre en Allemagne, mais pas au monde (Maria Gaetana Agnesi en avait obtenu un à Bologne au XVIIIe siècle). Chacun des trois mémoires aurait suffi pour une thèse, a dit Weierstrass. La thèse se passe in absentia.

Elle retourne alors en Russie où elle ne trouve pas de moyen d'exercer son métier de mathématicienne. Le couple vit dans des conditions matérielles difficiles et a une fille. Après quelques années d'interruption, elle se remet aux mathématiques mais son mari sous-estime ses qualités scientifiques. Elle part alors à Paris avec sa fille lorsqu'elle apprend le suicide de son mari dans des conditions horribles (ingestion de formol).

Elle est nommée en 1884 Privatdozent à l'université de Stockholm grâce à l'influence de Gösta Mittag-Leffler. Elle étudie la rotation d'un corps solide autour d'un point fixe, un problème si difficile que l'Académie des sciences de Berlin avait pu, vers 1850, proposer un prix pour sa résolution sans obtenir aucune contribution. Elle détermine un nouveau cas dans lequel on peut résoudre les équations, et elle les résout. C'est ce que l'on appelle aujourd'hui la toupie de Kowalevski. Pour son travail original et novateur sur ce sujet, elle obtient le prix Bordin de l'Académie des sciences de Paris (1888) puis le prix de l'Académie des sciences de Stockholm l'année suivante. Elle obtient alors un poste permanent de professeur à l'université de Stockholm, devenant ainsi une des premières femmes professeur d'Université en Europe. Elle participe activement à la rédaction de la revue Acta Mathematica fondée par Mittag-Leffler.

Elle participe avec sa sœur Anna à la Commune de Paris. Anna est mariée à Victor Jaclard, qui fut - six mois auparavant - un membre important de la Commune de Lyon avant de s'illustrer lors de la Commune de Paris.
Avec son mari, traducteur de Darwin en russe, Sofia va en Angleterre où elle fait notamment la connaissance de George Eliot et de Herbert Spencer.

Elle est l'auteur de souvenirs d'enfance, de pièces de théâtre (en collaboration avec Anne-Charlotte Leffler) et d'un roman partiellement autobiographique : Une nihiliste (1890).

Elle meurt d'une pneumonie à l'âge de 41 ans (1891).

En son honneur[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Souvenirs d'enfance de Sophie Kovalewsky écrits par elle-même et suivis de sa biographie par Mme A. Ch. Leffler, duchesse de Cajanello, Librairie Hachette et Cie, 1895
  • (en) Sofia Kovalevskaïa. A Russian Childhood, Springer-Verlag (1978), (ISBN 3-540-90348-8).
  • (fr) Sofia Kovalevskaïa, Une nihiliste (1890) - traduction de Michel Niqueux aux Éditions Phébus (2004) : 175 p. (ISBN 2-85940-954-8).
  • (en) Ann Hibner Koblitz. A Convergence of Lives. Sophia Kovaleskaia : Scientist, Writer, Revolutionary. Boston: Birkhauser, 1983. (ISBN 0-8135-1963-2).
  • (en) Le film Hill on the Dark Side of the Moon (1983) est une biographie romancée.
  • (fr) Le cas de Sophie K. (pièce de théâtre), texte et mise en scène de Jean-François Peyret (2006).
  • (fr) Jacqueline Détraz (1993). Kovalesvskaïa, l'aventure d'une mathématicienne. Belin (Paris), collection : Un savant, une époque : 279 p. (ISBN 2-7011-1458-6).
  • (de) Reinhard Bölling (1993). Briefwechsel, Karl Weierstrass, Sofja Kowalewskaja . Akademie Verlag (Berlin).
  • (fr) Michèle Audin (2008). Souvenirs sur Sofia Kovalevskaya. Calvage et Mounet (Paris), collection: "Orizzonti": 290 p. (ISBN 978-2-916352-05-3).
  • (fr) Arvède Barine, La Rançon de la gloire — Sophie Kovalevsky, Revue des deux Mondes, , p. 348-382 ; texte sur wikisource.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]