Benoît Malon

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Benoît Malon

Benoît Malon, né à Précieux (Loire) le 23 juin 1841 et mort à Asnières-sur-Seine le 13 septembre 1893, est un militant ouvrier, communard, journaliste et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de paysans pauvres, il a le goût de l'étude : bon élève à l'école communale de Précieux, mais orphelin de père, il doit se placer comme ouvrier agricole à Neyrieux dans l'Ain. Malade, il revient en Forez, où il est recueilli par son frère Jean Malon, instituteur, et bénéficie pendant deux ans de ses leçons. Il est ensuite élève à Lyon d'une école cléricale qui prépare au petit séminaire. Cette formation explique comment il put devenir ensuite journaliste et écrivain.

Engagement socialiste[modifier | modifier le code]

Ayant perdu la foi, d'après certaines sources, Benoît Malon renonce à entrer au séminaire, gagne Paris en 1865 et trouve un emploi d'ouvrier teinturier dans une usine de Puteaux. Zéphyrin Camélinat le fait adhérer en 1865 à l'Association internationale des travailleurs (AIT). En 1866, à Puteaux, Malon organise la grève des ouvriers teinturiers et fonde une coopérative de consommation. Devenu avec son ami Eugène Varlin, l'un des dirigeants de la section française de l'AIT, qui avait été interdite, il est incarcéré à deux reprises, en 1868 et 1870. En 1870, devenu journaliste à La Marseillaise, le journal de Henri Rochefort, il rend compte, dans une série d'articles remarqués, de la grande grève des usines Schneider du Creusot. En 1870, lors du troisième procès de l'Internationale, il est condamné à plusieurs mois de prison.

Il est libéré par la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Pendant le Siège de Paris, il organise avec Eugène Varlin l'assistance publique pour les Parisiens les plus pauvres. Il est membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements et maire-adjoint du 18e arrondissement. En février 1871, il est élu député socialiste révolutionnaire de la Seine, mais il démissionne, avec Victor Hugo et d'autres députés républicains, pour protester contre la cession de l'Alsace-Lorraine.

La Commune[modifier | modifier le code]

Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune et devient maire de l'arrondissement des Batignolles, dont il organise la défense pendant la Semaine sanglante. Il siège à la commission du Travail et de l'Échange, et vote contre la création du Comité de Salut public. Après la Semaine sanglante, il s'exile à Lugano, en Suisse, puis en Italie, où il participe au mouvement ouvrier. En décembre 1871, il adhère à la Fédération jurassienne de tendance bakouniniste. Il publie La Troisième défaite du Prolétariat français.

Troisième République[modifier | modifier le code]

Groupe scolaire Benoît Malon à Puteaux
Une école maternelle de Livry-Gargan porte le nom de Benoit Malon.

Lors de son exil en Suisse, il devient le compagnon de la féministe André Léo, qu'il « épouse librement » en 1872. Rentré en France après l'amnistie de 1880, il préside le congrès socialiste de Saint-Étienne (1882), qui voit la rupture entre réformistes (possibilistes) menés par Paul Brousse, dont il fait désormais partie, et guesdistes (« marxistes »). Socialiste indépendant, il est le fondateur, avec Elie Peyron, et le premier directeur, de 1885 à sa mort, de La Revue socialiste qui fut, dans ses actes fondateurs, ouverte à toutes les tendances du socialisme français.

Benoît Malon publia de nombreux ouvrages, dont Le Socialisme intégral (1891), qui influença toute une génération de militants et dans lequel il prônait la création d'un ministère de l'Assurance sociale. À sa mort, 10 000 personnes accompagnèrent son corps au cimetière du Père-Lachaise, où il fut inhumé dans la 76e division. En 1913, un monument destiné à recueillir ses cendres fut érigé face au Mur des Fédérés et Jean Jaurès prononça un discours. Il reste un des symboles forts d'un socialisme marxisant.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Troisième défaite du Prolétariat Français (1871)
  • Spartacus ou la guerre des esclaves (roman historique) (1873) ; rééd. Jacques André, éditeur, préface de Gérard Gâcon « Benoît Malon et le roman historique », Lyon, 2008
  • Histoire du socialisme (1878)
  • Le parti ouvrier en France (1880/1882, réed.)
  • Le nouveau parti, 2 vol. (1881, 1882)
  • Histoire du socialisme depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (1882)
  • Manuel d'Économie sociale (1883)
  • Le socialisme réformiste (1885)
  • Morale sociale (1886, réédité aux éditions Le bord de l'eau, Latresne, 2007, sous le titre La morale sociale. Morale socialiste et politique réformiste)
  • Le socialisme intégral, Alcan, Paris (1891)
  • Précis historiques,théorique et pratique du socialisme (1892)
  • Fragment de Mémoires, Montbrison, Village de Forez (1984)
  • Une jeunesse forézienne, préface de Claude Latta, Jacques André éditeur, Lyon, 2008

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Noël, Dictionnaire de la Commune, Flammarion, collection Champs, 1978
  • Vincent K. Steven, Between Marxism and Anarchism: Benoit Malon and French Reformist Socialism, University of California Press, 1992
  • Claude Latta, Gérard Gâcon et Marc Vuilleumier (dir.), Du Forez à la revue socialiste Benoît Malon, 1841-1893, Publications universitaires de Saint-Étienne, 2000
  • Claude Latta (dir.), La Commune. L'événement, les hommes, la mémoire, Publications de l'Université de Saint-Étienne, 2004
  • Philippe Chanial, « L’« ère altruiste » ou le socialisme selon Benoît Malon », Revue semestrielle du MAUSS, 2008
  • Philippe Chanial, La délicate essence du socialisme. L'association, l'individu, la République, Ed. Le bord de l'eau, 2009
  • Michel Cordillot et Claude Latta, Benoit Malon, le mouvement ouvrier, le mouvement républicain à la fin du second empire, Jacques André Éditeur, Lyon, 2010
  • Gérard Gâcon, Claude Latta, Jean Lorcin, R-M Bourdier, Benoît Malon et La Revue socialiste, Jacques André éditeur, Lyon, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]